Sur le chemin de Saint-Jacques se crée une société de l’amitié. Le marcheur d’à côté est présumé sincère. Ici on ne se méfie pas de son voisin. On se parle, on se questionne, on s’écoute… Les pieds de l’autre deviennent une préoccupation personnelle. Il n’y a pas de hiérarchie, sur le chemin, 1=1. C’est une petite société, voire une petite République : liberté, égalité, fraternité. Chacun choisit, le menu ou la carte. Celui qui souffre en chemin reçoit compassion, aide, encouragement. A l’arrivée, le sac est rempli d’une gratitude générale et de quelques « clausules » plus particulières. Au bout de deux étapes on est amis, à la troisième on est frères. L’échange chemine de la banalité à la densité, du temporel au spirituel, naturellement. Quelques belles homélies éclairent le camino, quelques belles voix le font chanter. Les habitants aux bords du chemin ont placé des oranges, des bananes ou du café sur un muret, à portée de main. Le chemin est affectif, on semble lui faire confiance. Personne ne semble avoir peur, même ceux dont le cœur hésite dans les côtes. Chance pour les uns, grâce pour les autres. La marche est personnelle, le mouvement est collectif. Dans la Cathédrale les cœurs suivent le mouvement du « Bota fumero ». À gauche, à droite et finalement au centre.
Pour nos deux dernières étapes nous avions invité des amis, proches, pour partager avec nous la joie et l’émotion de l’arrivée. L’idée fut heureuse. Sans remettre en cause les liens, si forts, entre pèlerins, l’entrée en scène du regard, amical mais extérieur, est particulièrement fertile. L’œil du dehors révèle à chacun le chemin intérieur parcouru, il assure le retour de notre réel dont « la société du chemin » nous tenait quelque peu isolé, il observe, il interroge et, finalement, il partage.
Arriver à Compostelle ce n’est pas fermer un dossier, atteindre une limite, c’est plutôt franchir un col, ouvrir une fenêtre, changer d’amure et découvrir un nouveau paysage, un nouvel horizon, une nouvelle bouée à virer. Le chemin, pour le Pèlerin, est toujours neuf. Avec les Amis c’est aussi bâtir un nouveau projet. L’amitié vit d’échanges, et survit grâce aux projets.
jpr


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A 50 km, des Amis se joignent à nous pour partager la joie de l’arrivée à Saint-Jacques. Depuis Le-Puy-en-Velay, nous avons parcouru environ 1650 km, en une soixantaine de jours de marche, répartis sur 7 ans. Le chemin donne de multiples bonheurs et laisse quelques cicatrices. Ces dernières sont encore un peu douloureuses deux jours avant l’arrivée. Mais bientôt elles ne seront que la marque, la trace, d’un morceau de vie, ouvert sur la Vie. A Saint-Jacques-de-Compostelle la ligne d’arrivée, ouvre sur un nouveau départ.
jpr
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Une semaine de vacances parlementaires passée sur le chemin de Saint Jacques. L’arrivée en Galice annonce maintenant la destination finale, sept ans après le départ du Puy-en-Velay. La joie du finistère et l’inquiétude de la fin se mêlent comme les vagues de l’Océan.
- 1650 km à pieds, pourquoi ?
Parce que la marche est le meilleur ennemi de la peur. Peur de la longueur, peur de la profondeur, peur de ne pas être à la hauteur, peur de l’ennui, peur du monde, peur des rencontres, peur de la Rencontre, peur des ruptures…
« Notre vie est une marche », c’est une bonne réponse.
La marche est personnelle sans être solitaire, elle est communicante sans être bavarde, elle peut être douloureuse et aussi joyeuse, elle est physique et spirituelle, elle exige mais elle donne, elle réconcilie le pas avec l’horizon, elle rassure plus qu’elle n’inquiète, elle est équilibre, elle transforme le randonneur en Pèlerin, elle rappelle que l’Espagne est aussi atlantique…
Le Pèlerin arrive en Galice, face au vent, en vue de Saint-Jacques… en Paix avec lui-même et avec l’autre, celui, visible ou invisible, qui marche à côté de lui. Il a appris la confiance. Cela ressemble plus à la conquête d’une « assurance » qu’à l’affirmation d’ une performance. Ultreia.
jpr

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Le voyage de François Hollande en Chine a posé les bases de la confiance. C’est la constance qui peut maintenant créer la confiance . La sagesse chinoise veut que l’on ne peut simultanément » semer et récolter ».
Les chinois ont envoyé des bons signaux, François Hollande a donné de bonnes paroles. Les actes devront suivre.
Ce ne sera pas facile. Les chinois sont très exigeants, nos concurrents sont hyper présents, et là-bas comme ailleurs la croissance se tasse. Nos grandes entreprises sont au front mais nos PME ont trop de difficultés chez nous pour être conquérantes à l’extérieur. Heureusement il y a des contre exemples.
Le marché chinois reste un atout mondial majeur mais aujourd’hui les financements chinois à l’étranger sont tout aussi déterminants pour notre croissance. Grâce à l’épargne populaire, la Chine dispose de réserves considérables, elle cherche des placements fiables. L’enjeu pour nous est d’attirer en France, des investissements créateurs d’emplois. Il faudra plus qu’un voyage éclair pour rétablir, aux yeux du monde, l’attractivité française.
Dans cette perspective, l’offensive socialiste contre l’Allemagne est particulièrement nulle. En Asie comme ailleurs l’Allemagne fait figure de Pays sérieux. Attaquer l’Allemagne et sa chancelière est singulièrement contre productif, cela place la France dans le camp des pays plus velléitaires que solides. Vu de Chine, contester la réussite allemande c’est avouer sa faiblesse. Pendant que François Hollande rame en Chine pour crédibiliser sa politique, le PS dérive à contre courants.
Jpr
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La crise et les échecs socialistes nous imposent des devoirs. Le pays est en crise grave. Les fractures s’ajoutent les unes aux autres : économique, sociale, sociétale et morale. De nombreux Français ont le sentiment que le pouvoir s’en prend aux trois piliers de notre société : la famille , l’entreprise et la commune. L’exécutif est affaibli et la rue gronde. Tout est possible dans ce climat délétère. Tout sauf l’éclatement de l’opposition. Nous ne sommes plus dans les temps où il s’agissait des se partager le pouvoir. Aujourd’hui l’enjeu c’est la crédibilité. Donc l’unité. Les ambitions personnelles doivent avoir la décence de rester discrètes. La division de l’UMP serait un service rendu au Front national.
Ne mésestimons pas la montée parallèle des fronts. La protestation prend aujourd’hui la place de la réflexion, ce qui rend la situation dangereuse.
Le projet d’alternance de l’UMP n’a de sens que dans l’unité, protectrice de notre diversité.
jpr
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Le Président français fera les 25 et 26 avril son premier voyage en Chine. Il sera le premier chef d’Etat reçu à Pékin par la nouvelle équipe chinoise. Au moins, les pages de son journal personnel sont blanches. Là-bas et maintenant, les rencontres sont essentielles pour entendre, comprendre et défendre. Une dizaine d’enjeux marqueront cette première rencontre entre les nouveaux dirigeants français et chinois :
- Etablir une ligne directe de communication présidentielle
La différence des cultures, des régimes et la complexité du Monde exigent que les Présidents français et chinois se parlent directement et souvent. Leur dialogue est à la fois « global et stratégique ». Pour cela, il faut qu’ils s’apprivoisent, s’écoutent et se comprennent. Avec Nicolas Sarkozy Il a fallu 2 ans pour construire une relation de grande qualité notamment au sein du G20.
- Confirmer notre vision commune du Monde : « l’Equipolarité »
« La paix du Monde ne se gagne pas par la domination d’un État sur les autres mais par l’équilibre des pôles ». En tant que membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, nous échangeons de manière quasi-quotidienne. La Corée, l’Iran, la Syrie… sur ces crises la Chine est généralement dans le camp de la stabilité. Là aussi, la confiance est un préalable à l’influence.
- Prolonger le dialogue politique par le débat culturel
Nos deux vieilles civilisations ont appris à se respecter et la dimension culturelle est fondatrice de la proximité des deux peuples. Partageons davantage nos choix de valeurs, ici, Liberté , Égalité, Fraternité et laïcité et, là-bas, Unité, Progrès, Paix et Harmonie.
- Multiplier les initiatives pour les 50 ans de la déclaration de de Gaulle
Le 27 janvier 2014 nous célébrerons le 50ème anniversaire de la reconnaissance de la République Populaire de Chine par la France. C’est la meilleure date d’anniversaire de notre Amitié. Cette vision du Général a donné un grand avantage à la France dans les cœurs chinois. Nous devons faire vivre cet heureux héritage notamment par l’apprentissage des langues mais aussi les échanges de jeunes.
- Clarifier la stratégie française en matière de nucléaire
Les Chinois comprennent mal le choix allemand contre l’énergie nucléaire. Pour eux, le nucléaire est la seule véritable alternative à leur hypertrophique consommation de charbon. Ils veulent connaître quel sera l’avenir du nucléaire en France. Ils s’interrogent aussi sur notre volonté de partager, à l’avenir, cette industrie pour laquelle la France est un leader mondial très respecté. Cette attente concerne aussi l’amont et l’aval de la filière.
- Impliquer les entreprises françaises au cœur de la croissance chinoise
Notre principal enjeu économique est de porter nos échanges économiques au niveau de notre dialogue politique. Les grandes entreprises françaises sont très présentes en Chine mais toutes demandent un plus large accès au marché chinois. De même, des entreprises chinoises ont le sentiment de ne pas être toujours bienvenues en France (ex: ZTE). L’expression chinoise « gagnant-gagnant » se dit en français réciprocité.
- Corriger notre faiblesse en Chine, la taille des PME
La meilleure façon de faire grandir les PME, c’est de les internationaliser. Pour ce faire, elles ont besoin de capitaux, il faut donc que des fonds d’investissement binationationaux financent leur croissance dans les deux pays. L’exemple du fonds Cathay construit avec la Caisse des Dépôts et la China Development Bank pour aider ces PME doit être maintenant démultiplié. Des projets de nouveaux fonds métisses existent. Plusieurs initiatives publiques et privées soutiennent, globalement, les actions des PME française en Chine, telles qu’Ubifrance ou France-Emergeants-Entreprises (FÉE).
- Attirer les investisseurs chinois en France
Les capitaux étrangers sont aujourd’hui nécessaires à l’économie de la zone Euro. GDF-Suez, le Club Med et beaucoup d’autres ont bénéficié de tels investissements d’avenir. L’énergie, les transports, les services, la ville durable, (l’Harmonicité)… offrent des perspectives de projets communs, franco-chinois. Le premier levier de l’attractivité des capitaux, c’est la confiance . La France doit convaincre ses partenaires qu’elle est mobilisée pour sa compétitivité et donc qu’elle mérite leur confiance.
- Promouvoir les échanges d’étudiants
L’accueil d’étudiants étrangers est un formidable investissement culturel mais aussi économique. Il est fréquent de constater que, le plus souvent, se trouve, à la base d’une réussite de la coopération sino-française, une personnalité biculturelle. L’importance des réseaux dans la culture chinoise imposera à nos futurs leaders d’intégrer des Chinois, dans leurs réseaux mondiaux. La Fondation pour la Prospective et l’innovation développe plusieurs programmes de coopération dans cette direction.
- Jeter les bases d’une coopération franco-chinoise en Afrique
La Chine connaît quelques déboires dans son approche du continent africain. Pourtant l’Afrique est un partenaire essentiel de son avenir, elle y investit beaucoup. La France a moins de moyens, mais plus d’influence. Un trilogue Afrique-France-Chine pourrait être fertile pour toutes les parties.
Évidemment, les ambitions de la coopération franco-chinoise sont encore plus larges en ce début de XXIème siècle, mais les venues probables de Xi Jinping et Li Keqiang en France dans un avenir proche seront certainement l’occasion d’approfondir et d’élargir cette coopération.
jpr
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La première violence dans notre société est sociale, elle est causée par le chômage qui ne cesse d’augmenter, mois après mois. Un avis de tempête industriel nous est annoncé, nous en mesurons déjà les effets, notamment dans l’automobile, Heuliez par exemple. Il y aujourd’hui dans de nombreux départements de France des dossiers explosifs.
À cela s’ajoute la crise morale, générée par l’affaire Cahuzac, et si mal gérée par le gouvernement. Au lieu de nous dire pourquoi le Président n’a pas été protégé dans cette affaire et donc quel est le service qui fut défaillant on jette le discrédit sur l’ensemble des corps intermédiaires du Pays.
Pourquoi dans ce contexte ajouter une rupture societale ?
L’accélération du calendrier pour l’adoption du texte sur le mariage est perçue comme un coup de force. Les crispations sont grandissantes, la spirale Conscience, Conviction, Colère est engagée. Le Gouvernement doit faire attention à l’humiliation de ses adversaires. Déjà des attitudes passées ont blessé les familles engagées contre le mariage gay : accusations d’homophobie, incompétence du CESE face à une pétition de 700 000 personnes, prévision de 100 000 manifestants quand ils seront au moins dix fois plus…. et maintenant coup de force parlementaire.
Évidemment, le gouvernement est maître de son calendrier mais je veux dire ici mon sentiment : contrairement aux autres textes difficiles la contestation populaire du mariage homosexuel ne s’arrêtera pas le jour du vote définitif. Le gouvernement est responsable de la cohésion sociale du pays, il n’est pas innocent de la violence que sa gouvernance génère.
Je mesure que les gestes d’apaisement sont nécessaire de toute part, personnellement je condamne toute violence, d’où qu’elle vienne. Mais la violence d’Etat conduit le plus souvent à l’inacceptable.
Le gouvernement est légitime dans son engagement pour ses projets, projets eux mêmes soutenus par des Français qui méritent aussi le respect, mais il doit éviter les divisions, les ruptures et les fractures dans la Nation. On ne gouverne pas en opposant les uns aux autres. La démocratie s’est le gouvernement de la majorité, mais la République c’est 1=1. Chacun a droit au respect et n’a pas a être humilié.
Il est donc urgent que le gouvernement fasse un geste fort d’apaisement.
Le geste minimal c’est le retour au calendrier parlementaire initial !
La précipitation serait une provocation.
Jpr
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J’ai rencontré le nouveau Président Chinois à 3 reprises au cours du forum de Boao. L’homme est direct et chaleureux. Il a le contact facile. Tout est fait pour que Xi Jinping renforce l’image de ses premières semaines : « Homme proche des gens ». D’évidence, il veut contrer certaines critiques sur l’arrogance, la distance ou la puissance. La Chine exprime clairement qu’elle souhaite la réussite de la visite du Président François Hollande les 25 et 26 avril. Avec son épouse, l’atout charme du régime, le Président Xi Jinping se montre disponible et attentif à ses hôtes, une quinzaine de leaders mondiaux venus s’exprimer devant lui.
Le président du Pérou met en avant son Pays en insistant sur l’immigration asiatique, le Mexique assure la promotion de son jeune Président de 37 ans ! La Zambie, l’Algérie , la Mongolie, la Nouvelle Zélande… ont fait, à cette occasion, un appel aux investissements chinois dans leur pays. Le Président du Kazakhstan a tiré partie de la géopolitique pour s’affirmer comme un Pays « passerelle » entre l’Asie et l’Europe. Deux leaders,selon moi, se sont distingués : Julia Eilen Gillard, la Première Ministre d’Australie, qui a fait une belle plaidoirie pour l’écologie responsable et Sauli Niinistō, le Président de Finlande, qui a, courageusement, vanté davantage les mérites de l’Europe que ceux de son pays.
La délégation d’entrepreneurs européens, que je conduisais avec la « Fondation pour la Prospective et l’Innovation » a su jouer groupée pour tenter de redonner confiance aux asiatiques. Laurent Burelle, Jean Louis Beffa, Jean Pascal Tricoire, Bernard Charles et plusieurs autres… ont su convaincre leurs interlocuteurs. Pour l’Europe il est clair que le discours des entrepreneurs est plus crédible que celui des leaders politiques ! Exception faite de Christine Lagarde qui sait se faire entendre dans ce genre de conférence internationale. Sur ces sujets, l’ancien Président du Parlement européen Enrique Baron Crespo a porté la parole du sud de l’Europe de manière à la fois responsable et sympathique.
Je retiens de mes rencontres plusieurs propos du Président Xi Jinping :
- « Jamais, dans l’histoire les intérêts de la Chine n’ont été aussi liés à ceux du Monde, pour le développement comme pour la Paix. »
- « Dans cette période d’incertitudes mondiales, l’Asie fait bonne figure en représentant 50% de la croissance mondiale. »
- » le renforcement de la coopération asiatique est nécessaire à l’Asie et utile pour tous. »
- « La Chine reste très attachée à une politique de bon voisinage. Personne ne peut prendre le risque de fracturer la communauté asiatique. » Ce message peut s’adresser autant à la Corée du Nord qu’à ceux qui pourraient être tentés de diviser l’Asie, les USA ?
- « Le développement de La Chine sert aussi les intérêts du monde »
- « Notre objectif principal est de multiplier par deux le revenu moyen pour atteindre 10.000$ en 2020. »
- « Notre projet est de construire une société de moyenne prospérité ».
L’ensemble des débats à été très libre. Chacun a pu évoquer ses sujets de préoccupation. Au total 2500 personnes ont participé à ce Davos de l’Asie et 1000 journalistes en ont suivi les travaux. La France tient son rang dans ce grand rendez-vous mondial. J’ai été, lors de l’édition 2013 du « Boao Forum for Asia », réélu membre du Board du BFA pour 3ans (activité non rémunérée).
Prochaine étape de la relation franco-chinoise : la visite du Président de la République les 25 et 26 avril prochains. Bien préparée par les deux diplomaties, elle devrait être une réussite.
jpr
Nb : Après un week-end asiatique, dès ce lundi, je reprends ma place au Sénat pour débattre de chacun des articles du projet de loi sur le mariage homosexuel.
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L’air est irrespirable à Paris. Je m’envole pour 3 jours, direction le forum asiatique de Boao où j’ai été invité à conduire une délégation de chefs d’entreprises européens. Notre mission est de tenter de redonner confiance aux investisseurs asiatiques quant à l’avenir de la zone euro. J’y mettrai toute mon énergie, mais je mesure les difficultés. Je rencontrerai, à cette occasion, le nouveau Président chinois Xi Jinping et une quinzaine de chefs d’État et de gouvernement.
Les grands acteurs de l’économie asiatique sont ainsi rassemblés (3000 personnes) à l’occasion de ce rendez vous auquel je participe tous les ans. Cette année, je mettrai aussi en valeur la visite officielle que le Président français doit effectuer dans 15 jours en Chine et la préparation du 50ème anniversaire de la reconnaissance par le Général de Gaulle de la République populaire de Chine.
jpr
NB. Je serai de retour dès lundi pour participer, jours et nuits, aux débats et aux votes du projet de loi sur le mariage.
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Le retour de la bataille Copé-Fillon serait absurde.
On peut comprendre que la Presse ait intérêt à relancer une querelle qui peut générer de l’actualité politique. Mais ce n’est pas l’intérêt de l’UMP.
Contrairement à de nombreux échos, l’ambiance au parti est redevenue « normale ». Bien sûr, chacun s’observe, mais ce n’est pas très nouveau dans un parti politique ! La commission des statuts est bien conduite et le climat y est serein. D’ailleurs François Fillon et Jean-François Copé sont, le plus souvent, d’accord pour une vision assez bonapartiste du Parti, ce sont les libéraux les plus contestataires. Le mardi matin le petit déjeuner du comité politique est un lieu fertile d’échanges, libres et utiles. La commission d’investitures est au travail et procède à des décisions soit par consensus soit par vote, à bulletin secret !
Bien sûr, les rivalités sont multiples, mais franchement ce n’était guère différent avant. Le pluralisme est vivant.
Cette bataille n’a aucun intérêt pour François Fillon qui doit construire avec les Français un dialogue apaisé. Évidemment, certains supporters trouvent quelques intérêts à continuer les bagarres qui ont renforcées leur identité politique personnelle. Mais il n’y aura guère d’avenir pour rassembler les Français pour celui qui divisera l’UMP.
Certains disent à Jean-François Copé que c’est dans les batailles qu’on se construit. Moi, je pense que le Président de l’UMP est face à une seule et grande exigence : conduire la famille à la victoire aux Municipales. C’est évidemment une étape de son destin.
En concluant un accord en décembre dernier, les deux protagonistes avaient mesuré les dégâts de la crise de novembre.
Le fait nouveau, plus surprenant qu’attendu, c’est la très grande faiblesse de l’exécutif socialiste. Pouvoir d’achat, chômage, dette, déficit, croissance, tous les paramètres sont en échec. La dégradation s’accélère. Le rendez vous des Français avec l’opposition se rapproche, l’UMP est davantage observée, écoutée, attendue. Notre éthique de responsabilité doit être aussi renforcée.
La crise nous impose le rassemblement. Les querelles de personnes seront jugées très sévèrement par l’opinion. Chassons l’absurde.
A Pâques, au printemps, l’essentiel c’est la victoire sur l’hiver.
jpr
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- La Justice spectacle n’est pas la meilleure Justice.
- Il est possible de dire son soutien à Nicolas Sarkozy sans injurier la Justice.
- L’exécutif a tort de mépriser les foules que la famille mobilise.
- La taxe à 75% a déjà fait son œuvre néfaste contre l’attractivité du Pays.
- Le Front de Gauche semble rechercher le parallélisme des Fronts.
- Port du voile : chacun ses responsabilités. L’Etat, dans l’espace public, est à sa place.
- C’est à Chypre que les Européens devraient discuter de leur soutien. On ne négocie plus à distance dans notre monde moderne.
- Quel paradoxe que d’envoyer nos armées au Mali et de réduire leur budget.
- Oise : si les électeurs du PS votent FN, la gauche morale est très mal.
- Mieux vaut rassembler la France contre les records du chômage, plutôt que de la diviser sur le mariage .
jpr
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La manif pour tous du 24 mars doit être particulièrement pacifique. Soyons vigilants. Depuis le 13 janvier, en deux mois, la situation du Pays s’est détériorée sur le plan politique, économique et social. La popularité de l’exécutif s’est effondrée et la société devient plus nerveuse (chômage, impôts…). Les Familles se sentent régulièrement mises en cause. Le débat, récent, sur la fiscalisation des allocations familiales ajoute à la crispation ambiante. Les pouvoirs publics, la préfecture de police, se raidissent comme le montrent les tergiversations sur le lieu de la manifestation ! Les comptages sur le rassemblement de janvier ont exaspéré les participants ! Les accusations d’homophobie sont ressenties comme injustes par l’écrasante majorité des acteurs de la manif pour tous. Le cœur du sujet c’est l’enfant, pas le statut des parents.
Je serai avec les familles dimanche, calmement mais profondément.
jpr
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La question qui nous est imposée par les circonstances, économiques et budgétaires, est simple : comment développer davantage nos territoires tout en faisant des économies ?
Les quartiers urbains, les grandes métropoles, les villes moyennes, les périphéries rurbaines, les intercommunalités, les communes rurales… sont l’objet d’approches de développement multiples et différenciées. Cependant, je crois pouvoir dire que c’est sur la ruralité que le déficit d’attention est le plus fort. L’Etat rêve d’un Grand Paris, les Régions concentrent la part la plus importante de leur budget sur les villes, l’action locale de l’Europe est peu lisible, il n’y a guère que le département pour défendre la ruralité par l’équilibre de son territoire.
Mon expérience m’amène à conclure aujourd’hui que quiconque veut défendre la ruralité doit défendre le département.
Si on renforce le potentiel d’action des départements où peut-on faire des économies ?
Le gisement d’économies réside, selon moi, dans les chevauchements de compétences et les doublons qui caractérisent la relation, concurrentielle, qui existe entre départements et régions.
Dans de nombreuses régions, la collectivité région n’est qu’un gros département supplémentaire (dont le budget est généralement inférieur à celui du département le plus important). Depuis quelque temps on assiste à une cantonalisation de l’action régionale, les conseils régionaux se posant souvent en concurrents des conseils généraux. Le tourisme est sans doute le secteur où la compétition est la plus vive et les doublons les plus massifs, mais il n’est pas le seul.
La solution est de changer la région de dimension. En divisant par deux le nombre de régions, on donne à chacune la dimension européenne et on réalise des économies de gestion. La nouvelle grande région, en se concentrant sur les questions majeures de développement et d’infrastructures économiques, technologiques et scientifiques, n’aura plus la tentation de marcher sur les terres du département qui, lui, pourra se consacrer à la cohésion sociale et territoriale (dont la ruralité).
À la région les choix stratégiques au département la proximité.
Le débat vient bientôt au Sénat, votre contribution nous sera très utile.
jpr
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Dans son malheur (la crise de novembre 2012), l’UMP a une chance : ses différents leaders ont décidé de s’aligner dans des courses différentes.
- Jean-François Copé a choisi une course de haies. Il fait un parcours d’obstacles. Après la Présidence de l’UMP, il lui faut sauter la haie des municipales. Si la vague est bleue, il passera à l’étape d’après : devenir le 1er des opposants.
- François Fillon fait une course de fond. Il court à la rencontre des Français pour construire un projet qui devra entrer en résonance avec le Pays d’ici une trentaine de mois.
- Nicolas Sarkozy ne veut pas d’une course politique. Il attendra le dernier tour et quand la cloche des circonstances sonnera il appréciera la situation, avec courage.
Chacun de nos champions est dans son couloir et challenge les socialistes. Il y a tant à faire. Nous serons plusieurs à veiller a ce que chacun reste dans sa course. On ne se rabattra sur la piste commune qu’en 2016, d’ici là nous avons besoin de tout le monde. Il n’y a pas d’urgence à nous diviser ; nous avons le temps, y compris pour qu’un autre concurrent apparaisse…
En 2016 naturellement nous nous rassemblerons derrière le meilleur. Le meilleur sera celui qui à la fois tirera les leçons des 10 dernières années et mobilisera les Français pour l’avenir de la France.
jpr
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