Archive du 9 décembre 200509.12.2005
Notre laïcité est une valeur d’avenirEn célébrant le centenaire de la loi de séparation de l’Église et de l’État et en réaffirmant l’importance de la laïcité aujourd’hui, la République rappelle ses valeurs, sans exclusive et dans un souci de concorde nationale. Comme le souligne Monseigneur Ricard « une juste séparation des pouvoirs n’empêche pas connaissance mutuelle, relations et dialogue ». La loi de 1905, initialement perçue comme une loi de combat a été appliquée avec un esprit d’apaisement qui a permis la liberté religieuse : laïcité n’est pas laïcisme. Le Grand Rabbin Sitruk le réaffirme également avec force : « il n’y a pas d’opposition entre la laïcité à la française et la foi ». Bien au contraire, comme le souligne pour sa part Jean-Arnold de Clermont, la laïcité est gage de liberté et assure l’égalité de tous devant la loi. C’est ce même esprit de dialogue et d’apaisement manifesté par l’ensemble des responsables religieux qui a permis de traverser plusieurs épreuves marquantes pour la cohésion sociale. Lire le reste de cet article »Pour l’Eglise catholique il est difficile de limiter le débat sur la laïcité au seul texte de la loi de 1905. Il faudrait parler aussi de la loi de 1907, qui ne réservait plus l’exercice du culte aux associations cultuelles, ou encore des accords de 1923-1924, conclus après la reprise des relations diplomatiques entre la France et le Saint Siège en 1920. De nombreuses autres dispositions législatives et réglementaires sont venues compléter le dispositif juridique sur des questions précises, comme par exemple la loi sur l’enseignement privé en 1959. Une abondante jurisprudence a permis d’affiner la mise en œuvre de ces divers textes. Si la loi de 1905 n’est donc pas seule à s’appliquer en la matière, elle n’en demeure pas moins le texte fondateur de la séparation des Eglises et de l’Etat. Et, à l’occasion de son centenaire, il n’est pas inutile de se demander si ses dispositions sont toujours adaptées à la situation actuelle en France. Faut-il, par exemple, maintenir l’interdiction totale de subventions aux cultes prévue à l’article 2 alors que d’autres associations peuvent recevoir des subventions ? Et est-ce que ce mot « cultes », par lequel la loi de 1905 désigne les religions, n’est pas passablement réducteur ? La vie de l’Eglise ne se limite pas aux seules célébrations liturgiques. A propos de la laïcité, le Président de la République introduisait les travaux de la Commission Stasi (2003) en ces termes : "il n’y a pas en France de règle supérieure aux lois de la République. On ne peut accepter que l’affirmation d’appartenance ethnique ou religieuse soit érigée en acte politique". Et il poursuivait : "la laïcité, c’est l’égalité, la fraternité, la liberté d’expression, la liberté de croire ou de ne pas croire. C’est l’égalité des citoyens sans distinction de religion ; c’est enfin la volonté de vivre ensemble dans une collectivité dépassant tous les communautarismes". Ces quelques lignes définissent l’essentiel des principes éthiques de la pensée laïque telle que la lente maturation des idées sociales l’a dégagée depuis la Révolution française, fondatrice des droits de l’Homme et du citoyen. Pour l’Islam de France, la laïcité représente certainement le cadre institutionnel et légal de la liberté religieuse, mais elle se définit également comme une étape essentielle dans l’évolution de la pensée humaniste conduisant à la modernité. Le Protestantisme français a toujours été comme « poisson dans l’eau » dans la laïcité. Il faut dire qu’il a tout fait pour cela ; majoritairement républicain, dreyfusard, il était proche de ceux qui militaient pour la séparation des Eglises et de l’Etat. Louis Méjean tenait la plume d’Aristide Briand, rapporteur de la loi de 1905. Quelques uns s’inquiétaient seulement que cette loi puisse servir de levier à des manœuvres antireligieuses. Un siècle plus tard il a gardé le même attachement à la loi de séparation ; elle est gage de sa liberté (Art. 1) ; elle assure l’égalité de tous devant la loi (Art. 2). La laïcité, comprise comme l’absence de références religieuses s’estompe devant celle qui prône la liberté religieuse, et lorsque le 17 décembre 2003 le Président de la République précisa que nul n’avait à s’excuser pour une absence ayant un motif religieux, nous passions bien en un siècle d’une laïcité négative à une laïcité positive, du rejet à la liberté. Pour le judaïsme, il n’y a pas d’opposition entre la laïcité française et la foi, et il s’agit pour nous plutôt de défendre la vision laïque de la France, c’est à dire celle qui fait sa grandeur. Oui, c’est la grandeur de la France de ne forcer personne à faire un choix entre sa foi et sa citoyenneté. C’est la vocation de la France de faire en sorte que tous puissent vivre ensemble, donnant corps au verset de psaume 133, « Qu’il est bon et agréable de voir des frères résider ensemble ». Lire le reste de cet article » |
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Commentaires
le 05/01 à 12:16
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le 05/01 à 02:17
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le 04/01 à 08:07
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le 03/01 à 15:03
Bonjour Crochemore, "De la transparence et de la responsabilité" Un très beau voeu, sera-t'il [...]
le 02/01 à 22:44
Bonjour tout simplement vous souhaitez mes meilleurs vœux pour 2009, et vous dire que vous faites [...]