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La laïcité, comprise comme l’absence de références religieuses s’estompe devant celle qui prône la liberté religieuse, et lorsque le 17 décembre 2003 le Président de la République précisa que nul n’avait à s’excuser pour une absence ayant un motif religieux, nous passions bien en un siècle d’une laïcité négative à une laïcité positive, du rejet à la liberté. Pour le judaïsme, il n’y a pas d’opposition entre la laïcité française et la foi, et il s’agit pour nous plutôt de défendre la vision laïque de la France, c’est à dire celle qui fait sa grandeur. Oui, c’est la grandeur de la France de ne forcer personne à faire un choix entre sa foi et sa citoyenneté. C’est la vocation de la France de faire en sorte que tous puissent vivre ensemble, donnant corps au verset de psaume 133, « Qu’il est bon et agréable de voir des frères résider ensemble ». Nous devrions passer d’un temps où, comme beaucoup malheureusement dans la société d’aujourd’hui, nous nous demandons ce que l’Etat peut faire pour nous à un temps où nous nous dirions : que pouvons nous faire pour l’Etat. Le judaïsme professe depuis toujours qu’il ne porte que sa vérité et que les autres formes de religiosité portent leur part de vérité dans la mesure où elles ne sombrent pas dans l’idolâtrie. La laïcité fournit en France la possibilité de mettre toutes les religions sur le même plan et de leur permettre ainsi un dialogue réel qui n’aurait aucune chance d’exister si l’une d’entre elles avait une prééminence sur les autres. Cette nouvelle idée de dialogue entre les religions et même d’action inter religieuse est l’occasion d’écrire une autre histoire, faite de connaissance réelle des autres, de reconnaissance mutuelle, du souci de préserver la différence de l’autre, du désir d’entente avec ceux qui professent une autre foi et avec ceux qui ne se retrouvent dans aucune religion mais pour qui l’homme est bien la centralité de tout. Le temps des conversions est supplanté par celui du dialogue. C’est notre laïcité. Tous les jours, des textes sont débattus au parlement ou dans les enceintes européennes pour régir notre vie dans des domaines aussi divers et fondamentaux que la souffrance, l’éthique, la morale, la mort, tous sujets touchant de très près à la foi. Nous devons pouvoir nous exprimer et faire entendre la voix de la religion dans ces débats et y apporter, si ce n’est notre foi, tout au moins, notre connaissance de l’homme et de ses aspirations. Il ne s’agit pas d’affirmer que les hommes et les religions se doivent d’être uniformes, bien au contraire, ils se doivent de lutter pour l’unité, ce qui est l’opposé de l’uniformité. Si cette dernière vise à mettre tous les hommes dans le même moule, l’unité vise, elle, à conjuguer les différences, les forces et les faiblesses de chacun pour aller dans une direction commune. Et oui, il y a des différences entre les hommes, et heureusement, mais ces différences doivent nous rendre curieux l’un de l’autre plutôt qu’effrayé par l’autre. Joseph Sitruk Grand Rabbin de France Laisser un commentaire |
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Commentaires
le 19/11 à 05:57
Bonjour à tous, Monsieur le Premier Ministre, Cette réunion ne manquera pas d’intérêts. Nous a [...]
le 19/11 à 05:14
Un état démocratique, une démocratie sociale et de progrès a besoin de fonds pour exister. Longte [...]
le 18/11 à 17:56
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le 18/11 à 10:34
Étonnamment, ces sorties de Nicolas Sarkozy sur sa vision de la réforme des collectivités territoria [...]
le 17/11 à 20:44
Bonjour Jany, Mon enthousiasme pour le carnet de Monsieur le Premier Ministre n’a pas changé. J’a [...]