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20.12.2005
Quelques mots sur l’Allemagne…Alors que s’achève sans heurt la période post-électorale ouverte en Allemagne au lendemain du 18 septembre, je tiens à saluer l’action du Chancelier Gerhard Schröder qui a été pour moi un partenaire loyal, doué d’un sens politique exceptionnel et surtout francophile sincère. Je me souviens qu’il me disait il y a quelques mois, alors qu’il était au plus bas dans les sondages "je suis en retard, à 15 %, mais grâce à mes réformes, la victoire se jouera au sprint". Il lui a peut-être manqué une semaine.
Le chancelier Schröder a toujours placé son amitié pour la France au-dessus de ses intérêts partisans. Il était venu co-présider à Poitiers une rencontre entre les régions françaises et les lander allemands, malgré les pressions du Parti socialiste qui lui demandait de s’abstenir. Avec Jacques Chirac, la priorité des relations franco-allemandes s’est imposée aux autres priorités de chaque côté du Rhin. Je n’oublierai pas la joie profonde de Gerhard Schröder, le 22 janvier 2003, lors de la cérémonie solenelle au Château de Versailles pour célébrer le 40ème anniversaire de la réconciliation franco-allemande, dont l’un des temps forts avait été la signature du Traité de l’Elysée en 1963, entre le général de Gaulle et Konrad Adenauer. Pendant trois ans, j’ai pu mesurer la loyauté franco-allemande sur tous les grands sujets de la période : Irak, Union européenne, politique agricole, ITER,… Le processus de Blaesheim, qui permet au Président français et au Chancelier allemand d’harmoniser très régulièrement les positions des deux pays, explique ce partenariat d’exception. L’enjeu aujourd’hui est de poursuivre cette méthode, en confiance. C’est possible. A l’issue des négociations, un gouvernement de réformes a été mis sur pieds. Ce sont 70 % des Allemands qui ont voté pour la poursuite des réformes. Seule diffère vraiment la vitesse souhaitée. Les chances de succès de la grande coalition existent. L’erreur française serait de mésestimer cette démarche et de sous-estimer la nouvelle Chancelière. Comme nous le dit Théo Weigel, "ce n’est pas une débutante". Je lui souhaite le succès. Nous devons faire le pari de la réussite pour l’Allemagne, pour la France et pour l’Europe. En l’absence de nouvelle Constitution, l’Europe va fonctionner durablement selon les règles de Nice. Il nous faut donc revalider l’accord franco-allemand sur les grandes questions (budget, évolution des politiques communes, agenda de Lisbonne, croissance dans la zone euro, OMC…). Il nous faut aussi, comme le proposait récemment Hubert Védrine dans Les Echos, "des projets concrets qui seront les Airbus et les Erasmus de demain". Ministre des Afffaires étrangères, Dominique de Villepin a beaucoup milité pour le rapprochement des politiques allemandes et françaises. Face aux exigences de réformes que tous les pays européens doivent assumer, le temps des réformes franco-allemandes, concertées et harmonisées, n’est plus éloigné. La réforme est un bon moteur européen. jpr Laisser un commentaire |
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