Carnet de Jean-Pierre RAFFARIN

7 commentaires

  1. Lionel dit :

    Bonsoir,

    Wilde ? Sweig ? De lumineux auteurs. Je découvre le nom des autres en vous lisant.

    Bien sincèrement,

    Lionel

  2. David S dit :

    Il est difficile de se reconnaître dans ces « êtres de feu », consumés par une soif d’absolu souvent destructrice, pour eux-mêmes comme pour leur entourage.

    J’admets le caractère esthétique du parcours des trois écrivains d’exception évoqués par TODOROV, mais pour autant je ne saurais les ériger en exemple pour régler la vie d’un particulier. N’est pas WILDE qui veut, et c’est heureux car la vie en société serait sans doute épouvantable si nous n’étions entourés que d’assoiffés d’absolu. Je ne fais pas là l’apologie de la médiocrité tranquille contre le génie tourmenté, mais il me semble que les écrivains dont nous parlons furent en quelque sorte le jouet de leur passion, fut-elle géniale. La passion qui n’est pas tempérée par la raison livre sa victime à de terribles tribulations, à d’indicibles souffrances dont l’art se nourrit parfois avec délectation.

    Julien GREEN avait déjà bien montré les conséquences de ce feu dévorant dans son célèbre roman : « Moïra », où le héros, livré à une quête d’absolu, s’isole peu à peu du monde qui l’entoure (dans une attitude de suffisance intransigeante). Au terme de cet isolement, en proie à d’incessants bouillonnements intérieurs, il finit par supprimer l’être qui s’interpose entre lui et cet absolu inatteignable. Il est alors plongé dans un univers d’hébétude et de souffrances.

    Le bonheur, qui a besoin de quelque sérénité pour s’épanouir, est définitivement absent de ce type d’existence. Il est étonnant de constater que très souvent, les assoiffés d’absolu créent eux-mêmes les conditions de leurs tourments intérieurs (souvent pour la plus grande gloire de la littérature). Ainsi, l’intransigeance de Marina TSVETAEVA a contribué incontestablement à son isolement. Ces êtres considèrent-ils finalement que la souffrance est une étape nécessaire sur la route de l’absolu. La souffrance permet notamment ce dépouillement que nombre d’entre eux recherchent. Jouent-ils avec elle ? Hélas, elle est souvent la plus forte et Marina TSVETEANA se pendra en 1941.

    Ces figures sont bien évidemment attachantes et l’élévation dont elles font souvent preuve peut forcer l’admiration. Il en est ainsi lorsque Marina TSVETEANA écrit :

    « Dieu veut faire de moi un dieu (ou un poète) or moi, je veux parfois être un être humain et je me débats et je prouve à Dieu qu’il a tort.
    Et Dieu, en souriant, me relâche : « Va, vis un peu ! »
    C’est ainsi qu’il m’a laissée près de vous – une petite heure durant. »

    Par contraste, lorsqu’on plonge dans leur biographie, nombre de leurs petitesses déçoivent et montrent qu’au-delà de leur passion dévorante et de leur génie artistique, ces personnages de feu ont des silhouettes d’hommes.

  3. JpopGE dit :

    Merci Monsieur le Premier Ministre, vous êtes l’un des rares à élever ainsi le débat au niveau philosophique ! La France a besoin de vous !

    http://jpopgrandesecoles.hautetfort.com

  4. MEG dit :

    « Sans créature, point de créateur. Sans relatif, point d’absolu. Sans corps universel, point d’esprit universel. Toute matière est aimable et admirable car elle est la souffrance et la limitation qui permettent la paix et l’infinitude. Si je n’aime pas le corps, si je méprise la matière, je hais l’Etre créateur et son énergie de prospérité me fuira. Ne confonds pas illusion et mépris. Ne confonds pas limites et mépris. Ne juge pas. Le bas permet le haut. » (Frank Hatem, Métaphysicien et Docteur en Ontologie).

    Quand on est idéaliste et que l’on s’inspire d’idéalistes, cela n’aide pas spécialement à avoir les pieds sur terre.

    Pendant près de trois ans, j’ai recherché la perfection. En vain. La seule chose que j’ai réussi à faire, c’est de me blinder mentalement contre l’incompréhension des autres, c’est-à-dire de me retrouver toute seule ou presque avec moi-même. J’ai confondu solitude intérieure et solitude physique.

    Mais voyons le bon côté des choses. Il faut faire des erreurs pour changer. Tout le monde fait des erreurs et tout le monde change. Même si la plupart des gens n’en ont pas conscience. L’inconscient, lui, enregistre tout. Et c’est bien là le problème car il ne fait pas la différence entre le bien et le mal.

    Entre celui qui refuse d’avancer par peur de se tromper et celui qui recherche son idéal au risque de se retrouver tout seul, il y a un équilibre à trouver. Mais cet équilibre ne peut se trouver qu’après avoir réellement fait connaissance avec soi-même. C’est-à-dire après avoir rencontré l’Absolu en soi.

    Du mouton de panurge à l’être humain ou comment apprendre à avoir confiance en soi. Je ne suis pas un corps, je suis un esprit dans un corps. Nuance.

    Tant qu’un être humain n’a pas appris à se connaître lui-même, il ne peut apprendre à se faire confiance. Et parce qu’il n’a aucune confiance en lui, il s’en remet aux autres pour décider de SA vie à SA place. C’est le meilleur moyen de passer toute sa vie à côté de soi-même sans jamais s’en rendre compte. Comment peut-on trouver le bonheur dans ces conditions ? Et si je suis malheureuse, comment puis-je donner du bonheur aux autres ?

    Il a de l’humanism’,
    Le libéralisme !
    Ils suivent leurs idéaux,
    Viv’ les libéraux !

    (à chanter sur l’air de « Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons »)

    Il vaut mieux faire rire que pleurer. Il vaut mieux aussi être illuminé que déprimé, c’est meilleur pour la santé !

    Dans le tarot de Marseille, le spirituel est représenté par la couleur « bleu » et le matériel, par la couleur « rouge ». En France et sur l’échiquier politique, la droite est représentée par la couleur « bleu » et la gauche, par la couleur « rouge ». Matérialisme rime avec socialisme quand il ne rime pas avec communisme ! (petite vengeance personnelle)

  5. Christian PRADEL dit :

    Bonjour Mr Raffarin,

    Nous pouvons aussi en prolongement de votre lecture partagée, parcourir le livre de Tzvetan Todorov, « L’esprit des lumières » ( éd. Laffont, Paris, 2006, 133p) et de le réfléchir avec ce livre aussi passionnant de Bruno Latour qui pensait que la France n’a jamais suivi les traces de la modernité « Nous n’avons jamais été modernes ».

    « C’est en critiquant les Lumières que nous leur restons fidèles ».

    Chaleureusement,

    Christian Pradel

  6. DESVIGNES dit :

     » Dieu seul suffit  » ( Ste Thérése d Avila )
    le but de la vie est de rechercher l oméga, le soleil de la parousie
    le reste n’a pas d’importance

  7. DESVIGNES dit :

     » la haine c’est de l’amour qui n a pas réussi  »
    connaissez vous  » dialogues avec l’ange  » de Gitta Mallasz ?
    c est brulant !

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