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09.05.2006
9 mai : quelle relance pour l’Europe ?Le non français au traité constitutionnel, il y a un an, m’a davantage meurtri que surpris. Les peuples d’Europe nous expriment de mille manières leur désaccord sur la nature de l’Europe que nous construisons. Il ne s’agit pas d’un sujet franco-français ; pensons qu’une majorité de jeunes luxembourgeois, européens au cœur de l’Europe, a également voté non, comme l’aurait fait un grand nombre de peuples, si le choix référendaire leur avait été proposé. Europe distante et bureaucratique, trop complexe et pas assez protectrice, si peu subsidiaire, bien peu solidaire et trop influente dans le monde… Les critiques sont fortes mais elles portent davantage sur le chemin que sur la destination. Les déséquilibres de la planète nous confirment bien l’urgence de l’Europe, mais d’une Europe qui écoute les européens. Je suis d’accord sur ce point avec l’interview donnée aujourd’hui par François Bayrou dans Le Figaro. D’abord, l’Union doit revenir à ses promesses initiales, la citoyenneté et la paix. La citoyenneté de l’Europe se définit à la fois par une identité européenne mais aussi par une différence avec les autres espaces continentaux. L’Europe n’a pas suffisamment parlé à ses concitoyens, ils s’en sont plaints. La citoyenneté à venir des européens se définira pas un « socle commun de droits sociaux ». Un socle qui répondra à la fois à l’exigence publique de l’intérêt privé, le souci de la vie quotidienne et à l’identification spécifique de l’Europe sur la planète. C’est par son attachement à ses droits sociaux que l’Europe pérennisera sa différence au sein de la globalisation. Face à l’Asie où à l’Amérique, les droits sociaux feront de l’Europe un espace géopolitique non soluble dans la mondialisation. Parmi les droits sociaux qui peuvent devenir communs à toute l’Europe, je pense notamment au revenu minimum et à la retraite minimum des salariés, définis en pourcentage du salaire minimum national qui existe maintenant dans une majorité de pays dans l’Union. Il nous faut une voie européenne de la construction de l’Europe. La paix au XXIème siècle ne se résume pas aux relations franco-allemandes. Mais pour la paix de demain, l’Europe est tout aussi indispensable que pour la paix d’hier. Quel est le continent qui aujourd’hui peut proposer un dialogue laïc à l’Islam pour éviter le choc des civilisations ? Quel est l’espace géopolitique qui peut proposer aux 1,3 milliards de chinois une « émergence pacifique » parce qu’elle doit être équilibrée ? Sur ces sujets et sur d’autres comme la paix au proche orient et aux frontières de l’Union, l’Europe doit proposer et agir. Les inquiétudes qui montent dans l’opinion publique à propos de l’Iran confirment que la paix reste une aspiration fondamentale des européens. Revenue sur ses bases, l’Europe pourra développer ses grands projets qui dans des domaines aussi divers que les transports ou la santé, la recherche et l’environnement, la défense ou l’aide au pays du sud… mobiliseront à nouveau l’opinion européenne. Ainsi se construira cette souveraineté européenne qui, seule, nous permettra de répondre à la double aspiration des Françaises et des Français quant à l’Europe : des projets mais aussi des protections. Avec ce type d’ambition, il deviendra possible à nouveau de parler de gouvernance européenne, de loi fondamentale pour mieux gouverner l’Europe, montrant ainsi que le débat institutionnel n’est pas un a priori, mais une conséquence du nouveau projet européen : faire de l’Europe une force pour le XXIème siècle. jpr 3 commentairesLaisser un commentaire |
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S'abonnerCommentairesJacques d'Hornes dans Crise financière : la comprendre pour l'affronter le 19/11 à 05:57 Bonjour à tous, Monsieur le Premier Ministre, Cette réunion ne manquera pas d’intérêts. Nous a [...] jany guiot dans Crise financière : la comprendre pour l'affronter le 19/11 à 05:14 Un état démocratique, une démocratie sociale et de progrès a besoin de fonds pour exister. Longte [...] jany guiot dans Crise financière : la comprendre pour l'affronter le 18/11 à 17:56 Les risques de la crise... Avec cette crise économique qui s'est déclarée soudainement, il y a un [...] AP dans Sarkozy éclaire la réforme territoriale le 18/11 à 10:34 Étonnamment, ces sorties de Nicolas Sarkozy sur sa vision de la réforme des collectivités territoria [...] Jacques d'Hornes dans Nous n'échapperons pas à un plan de relance le 17/11 à 20:44 Bonjour Jany, Mon enthousiasme pour le carnet de Monsieur le Premier Ministre n’a pas changé. J’a [...] |
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9 mai 2006 à 21:33
Monsieur le Premier Ministre,
“Communiquer, c’est mettre en commun. Mais qu’avons-nous à mettre en commun ? Soit nos différences, soit nos ressemblances”. Cette phrase est extraite du livre “Si je m’écoutais, je m’entendrais” de Jacques Salomé.
Jacques Salomé m’a appris une chose très importante, c’est que pour avoir un problème relationnel, il faut au moins être deux.
L’Europe, c’est comme une famille. Une grande famille où chacun doit pouvoir trouver sa place sans se sentir dévalorisé par rapport aux autres.
Pour ne pas se sentir dévalorisé par rapport aux autres, il faut apprendre à avoir confiance en soi et pour apprendre à avoir confiance en soi, il faut apprendre à se connaître soi-même et à s’estimer soi-même.
Dans une famille, il y a les parents et il y a les enfants. Si les parents décident de l’avenir de leurs enfants à leur place, il y a risques de conflits de génération. Parce que tôt ou tard, les enfants finissent toujours par se rebeller pour trouver leur véritable identité.
Cela veut dire que si nous voulons construire une Europe forte et solidaire, il va falloir que les parents, c’est-à-dire les dirigeants, apprennent à comprendre leurs enfants, c’est-à-dire les peuples. Il va falloir apprendre à nous faire confiance les uns les autres et apprendre à décider ENSEMBLE.
Je pense que les peuples auraient eu moins peur de l’Europe si ses dirigeants avaient consolidé l’Europe politique avant de vouloir faire l’Europe économique.
Mais tous les chemins mènent à Rome et ce qui est fait est fait. L’essentiel, maintenant, c’est que chacun trouve sa place au sein de la famille Europe. Que chacun soit libre d’être ce qu’il est réellement au plus profond de son être. Dans l’intérêt de chacun et de tous.
Suis-je française ou suis-je européenne ? Les deux, mon Capitaine ! Mais sur ma carte d’identité, il est noté que je suis de nationalité française. A quand la carte d’identité européenne, Monsieur le Premier Ministre ?
15 mai 2006 à 16:09
L’Europe va-t-elle s’inviter dans le prochain débat autour des présidentielles 2007 ? Il y a fort à parier que la parenthèse du “non” au référendum se referme d’ici quelques mois. Et que resurgissent les partisans du “non” plus nombreux à gauche qu’à d…
28 mai 2006 à 0:53
cher Monsieur Raffarin,
la relance de l’Europe passe d’abord par un changement clair de la politique démagogique des gouvernants français qui accusent l’Europe de tous les maux en oubliant de signaler tous les bienfaits, les subventions -agricoles, pour des équipements structurels, des infrastructures, etc.
Ce changement doit s’incarner dans des hommes de bonne volonté neufs dans l’esprit car il ne s’agit pas de faire du jeunisme bêta et stérile.
A l’échelle européenne il faudrait établir un diagnostic de la situation économique, démographique, militaire, sociale. Si l’on parvient à établir un consensus volontariste - et non pas le consensus mou tant pratiqué par les élites françaises depuis 20 ans- alors on pourra proposer des politiques publiques européennes qui se tiennent et qui seront efficaces. Enfin, nous pourrons envisager l’Europe comme puissance internationale et non comme puissance supplétive de tel ou tel acteur pleinement dynamique des relations internationales -Etats-Unis, Chine, Moyen-Orient, Afrique.
Nous ferions bien de prendre en exemple pour une fois nos voisins allemands, qui nous montrent le chemin avec la “grosse Coalition”.
Relancer l’Europe, c’est AGIR, se mettre autour d’une table et faire bouger les clivages et peut-être faire ressortir les contradictions, démasquer les tricheurs, les démagogues, les populistes.
Comme l’a dit la chancelière mme Angela MERKEL, il faut montrer que l’Europe est porteuse de valeurs saines et qu’en son sein, le citoyen est central.
Et peut-être peut-on dire aux tenants du NON au traité constitutionnel -qu’ils soient de droite ou de gauche- qu’ils se sont trompés, qu’ils nous -les européens- ont mis dans un beau pétrin mais que malheureusement ils n’ont aucune solution sérieuse à proposer.
Connaissant vos valeurs pour avoir vu votre entretien avec KTO lors du décès de Jean-Paul II, je pense que vous en conviendrez, il nous faut de toute urgence pour nous relancer, un langage de Vérité, du courage pour dénoncer ce qui relève du Bien pour l’Europe et ce qui relève du Mal pour celle-ci. Le raisonnement binaire n’est pas suffisant certes, mais il doit permettre le discernement dans des domaines très variés.