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10.05.2006
L’efficacité selon François JullienJ’ai été très intéressé par un petit livre passionnant de François Jullien, philosophe et sinologue, « Conférence sur l’efficacité », paru dans la collection « libelles » au PUF (2005). Il s’agit d’une conférence donnée par l’auteur devant un public de managers confrontant la pensée européenne et la pensée chinoise. Le point de départ est l’indépendance des sources de ces deux pensées : « la Chine me paraît être la grande civilisation qui s’est développée hors de la pensée européenne ». C’était déjà la conviction de Montaigne, de Pascal et de Montesquieu.
L’ambition de François Jullien n’est pas la recherche de l’exotisme mais une prise de distance avec la pensée européenne pour profiter du passage par la Chine pour « relancer la philosophie ». D’un côté la pensée européenne est liée à l’articulation de la fin et des moyens, la force de l’action est sa cohérence avec la finalité, de l’autre la pensée chinoise qui, s’appuyant sur « le potentiel de situation », privilégie la transformation sur l’action sans éclat, voire sans événement. François Jullien compare ainsi l’efficacité européenne à l’efficience chinoise. En Europe « la forme modélisée une fois posée comme but, nous recherchons le moyen le plus économique à notre portée conduisant à la fin visée » alors qu’en Chine « je ne me fixe pas un but, car celui-ci serait une entrave au regard de l’évolution de la situation ; mais j’exploite une disposition ». Le grand général européen est celui qui remporte des victoires héroïques, le grand général chinois est celui qui décontenance, qui fait perdre sa contenance à son adversaire, celui dont la victoire est facile. Dans le parcours du Général de Gaulle l’auteur voit les mérites réunis des deux « philosophies ». Le Général de Gaulle a su se retirer à Londres couplant ainsi «l’héroïsme mobilisateur du Non » avec « l’intelligence stratégique de ce qu’était alors le potentiel de situation, sa conduite fut effectivement celle d’un grand homme ». Plus tard au prix d’une « résolution à la patience », de Gaulle a su « attendre que la situation vienne le chercher ». Il a su ainsi se « garder de l’impatience comme de l’inertie ». Le livre se termine par ce message d’espoir pour l’Europe pour peu qu’elle sache tirer profit de « son exigence des questions de sens ». jpr 4 commentairesLaisser un commentaire |
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S'abonnerCommentairesMistral dans Trois livres pour penser la mondialisation le 21/11 à 21:47 Et j'en remet une couche :) Je suis allé sur le net pour en savoir plus sur ce monsieur. Je me [...] Mistral dans Trois livres pour penser la mondialisation le 21/11 à 20:47 Etant parti en vacances quelques jours, j'ai lu le livre de ce monsieur Todd. Sa théorie sur le p [...] Daniel SINTèS dans Crise financière : la comprendre pour l'affronter le 21/11 à 14:59 Mon cher Jean-Pierre, Bien que je ne sois pas tout à fait formé pour comprendre et entrer dans [...] renaud zheng dans Trois livres pour penser la mondialisation le 21/11 à 10:46 nous vous remercions de nous les faire connaître. merci vient de la Chine [...] Claude SIMONNET dans Nous n'échapperons pas à un plan de relance le 20/11 à 22:22 Monsieur le Premier Ministre, La relance par l'investissement public sera peut-être nécessaire, m [...] |
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17 mai 2006 à 16:22
Cher Jean-Pierre,
Ta reprise de l’analyse de François Julien est essentielle pour la compréhension des conditions de ce dialogue entre ces deux grandes civilisations, européenne et chinoise.
C’est ce que fait aussi magnifiquement François Cheng, de l’Académie Française, dans son petit opuscule “Le Dialogue” où il exprime son bi-linguisme et donc sa bi-culturalité, non pas comme un métissage, un mix, mais au contraire comme les deux cotés d’une même pièce, deux cotés qui se parlent, se répondent mais ne se confondent pas même s’il s’enrichissent.
Si tu veux le lire: facile, je l’ai offert à Anne-Marie !
Amitiés
Pierre SIMONET
17 mai 2006 à 20:34
analyse critique des futurs programmes
Les programmes des differents partis, même avec difficultés seront prochainement proposés à la sagacité des futurs électeurs.Si tous les candidats s’accordent sur une nécessaire rupture avec le passé récent, si les objectifs seront les mêmes,les méthodes qui seront proposées devront être analysées avec une grille de lecture pragmatique. demain “on ne rasera pas gratuitement” ce sera donc sur la ou les méthodes de l’adaptation de notre pays que les électeurs devront fonder leurs choix en 2007 au risque de grandes incompréhensions.ci jointe une fiche publiée en décembre qui semble toujours d’actualité
analyse critique des futurs programmes fiche de décembre 2005
30 juin 2006 à 11:59
Superlivre sur l’histoire de la Chine, je vous recommande "Il était une fois la Chine : 4.500 ans d’histoire", le livre de José Frèches. Un livre superbe, clair, dense qu’on a envie d’offrir après l’avoir dévoré. Livre également pédagogique, je
24 août 2006 à 9:10
Permettez-moi d’ajouter à votre liste de lecture sur l’histoire de la Chine “le monde chinois” de Jacques Gernet. Une mine de connaissances….dans laquelle on peut puiser de précieux outils pour décoder la Chine d’aujourd’hui.
Cordialement,
Estelle