J’ai accordé aujourd’hui un entretien au journal La Nouvelle République que vous trouverez reproduit ci-dessous.
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- L’UMP a présenté au début de la semaine son projet législatif. Y retrouvez-vous vos propositions?
"Oui, mais j’espère que le projet du candidat sera plus humainement ambitieux. C’est un projet utile. J’ai fait part de mon accord en émettant deux réserves. La première, c’est que j’ai trouvé le diagnostic de la société française trop sombre. Il n’est pas nécessaire d’assombrir la France de maintenant pour éclairer la France d’après. Je partage les positions d’Alain Juppé
Deuxièmement, ce projet est un hymne à l’action, ce qui en fait sa force. Mais il faut renforcer la part réservée à notre pensée politique, celle de l’humanisme, pour donner davantage de sens à l’action."
- Nicolas Sarkozy, avez-vous dit, devra se comporter en "personne de rassemblement" avec un "entourage équilibré". N’est-ce pas contradictoire avec la "rupture" ?
"Je ne suis absolument pas en contradiction avec Nicolas Sarkozy, je suis en complémentarité. Je m’engagerai dans cette campagne présidentielle, dès que notre candidat sera connu, avec deux missions : rassurer-rassembler.
En ce qui concerne la rupture, je pense qu’elle est forcément partielle, elle ne peut pas être globale. Une politique responsable, c’est une partie de continuité, par exemple en politique étrangère, pour la politique de baisse du chômage, pour des actions comme la sécurité routière…" et une partie de changement.
- Quels points du projet législatif discutez-vous?
"Nous avons un débat sur la part de proportionnelle que nous souhaitons dans la vie politique. Nous discuterons aussi des institutions.
Et puis il y a cette question très importante sur la vision que nous avons de la France. Notre projet place l’action comme valeur numéro 1. Et pour moi, la valeur numéro 1, c’est la France. Je ne vois l’action qu’au service de la France. Nos compatriotes doivent percevoir que le Président de la République a une vision claire de l’avenir de la France et une vision claire de son rôle, qui est pour moi, de protéger les Français des désordres du monde. Tout ceci doit être bien clarifié pour qu’on ne fasse pas de lui seulement un manager, mais aussi celui qui passe avec le pays un contrat de perspective, un contrat de vision."
- Nicolas Sarkozy envisage de demeurer président de l’UMP pendant la campagne et d’en rester le président d’honneur s’il accède à l’Elysée. N’est-ce pas contraire à la tradition de la Ve République?
"Je suis un peu concerné par cette question parce qu’il m’a proposé d’être candidat à sa succession à l’UMP. Je pense que le candidat devra aller au-delà de l’UMP dans sa campagne. C’est à lui d’organiser la complémentarité entre son message personnel et le message de la famille politique.
En ce qui concerne la fonction présidentielle, nos institutions ne font pas du président de la République le chef d’un clan. Il est le président de tous les Français. Le chef de la majorité est le Premier ministre. On ne peut sur ce point-là modifier l’héritage gaulliste qui est le nôtre sans quelques risques."
- Que devient la proposition de Nicolas Sarkozy?
"Je ne suis pas demandeur, j’ai déjà beaucoup donné….. Mais je comprends bien qu’il soit nécessaire dans une campagne électorale – et pour la suite d’ailleurs – d’afficher la diversité de l’UMP. Je pense que c’est dans cet esprit que Nicolas Sarkozy réfléchit."
- Vous avez déploré les "caricatures" qu’on a faites de lui. A quoi faisiez-vous référence?
"Je pensais surtout aux raccourcis qui ont été faits, à propos de "racailles" par exemple. Une réponse à une personne sur le vif apparaît d’un seul coup comme une sorte de doctrine, d’attitude générale, ce qui est profondément injuste. Il en va un peu de même de la vidéo de Mme Royal. En volant des mots, en volant des images, on fait des campagnes qui ne sont pas dignes d’une démocratie du XXIe siècle."
- Comment jugez-vous le parcours de Ségolène Royal ?
"Mme Royal, à ce jour, s’est montrée bonne militante, mais pas bonne présidente, à mes yeux. Ségolène Royal est un pari très risqué pour le Parti socialiste. Assurément, elle est la plus nature, elle n’est pas la plus "sécure".
- Le PS ne choisit-il pas la candidate la mieux à même de battre Nicolas Sarkozy, selon les sondages?
"Nous verrons les résultats au mois de mai. Il faut toujours inviter les uns et les autres à se méfier des sondages de l’automne. Car entre l’automne et le printemps, il y a un long hiver politique qui change souvent la donne."
- Dans la "vidéo d’Angers", Ségolène Royal annonce des options qu’elle refuse de "crier sur les toits". Beaucoup de responsables politiques n’agissent-ils pas comme elle? Par exemple, les 30 propositions de l’UMP restent discrètes sur la réforme des retraites.
" A coup sûr, la partie la plus sympathique de Ségolène Royal, c’est la partie droite. Je vois que sur certains sujets, elle s’écarte des positions de gauche. Je le note. En ce qui concerne les régimes de retraite, le projet de l’UMP dit clairement que nous respecterons la clause de" revoyure" qui est dans la loi des retraites de 2003."
- Vous récusez les "formes brutales" de la politique et demandez de la "sérénité". N’est-ce pas le discours de François Bayrou?
"François Bayrou a lui-même été, vis-à-vis de Nicolas Sarkozy comme vis-à-vis de Ségolène Royal, parfois brutal. Sur ce sujet, je suis vraiment pour une démocratie apaisée. La politique, c’est vivre ensemble, ça n’est pas opposer les uns contre les autres. J’essaierai dans cette campagne de développer une attitude de respect des uns et des autres. Pour le respect, il y a beaucoup de croyants. Il faut aussi quelques pratiquants. Ce soir à Loches, aux cotés de JJ.Descamps, je serais un pratiquant de la "démocratie apaisée".
15 novembre 2006 à 21 h 38 min
C’est la voie de la sagesse que l’on entend dans cet entretien. Cependant vous restez en « deça ». On attend de l’homme d’expérience que vous êtes, un peu plus d’engagement.
Il nous manque aussi des appréciations sur la gouvernance du Poitou-Charentes. Ne nous laissez pas sur notre faim!
Yves Pouponnot
16 novembre 2006 à 18 h 12 min
Désolé M. Raffarin, mais ce « rassurer / rassembler » me fait trop penser à » Dormer tranquille : tout va bien et on s’occupe de tout pour vous ! « .
Où est l’expression d’une ambition pour la France et tous les français ? Où est l’espoir que demain sera meilleur qu’aujourd’hui ? Où est l’appel à s’engager et à construire ? Si le message de rupture qui vous déplaît passe bien auprès d’une part importante des électeurs de Droite, c’est parce que les hommes politiques qui se revendiquent de la Droite ne font pas la politique qu’on attend d’eux. S’il y a à rasurer et à rasembler, c’est dans la cohérence entre les engagements et les actes. Sinon: pipeau ! A quoi sert de voter si les élus, une fois élus, gèrent tranquillement le temps pour ratisser large et perdurer?
21 novembre 2006 à 23 h 40 min
LUTTE CONTRE LA DELINQUANCE – DE LA VIOLENCE DES MOTS AUX SOINS DES MAUX – AGIR EN PROFONDEUR SANS SOUCI DES ELECTIONS
Alors qu’à l’Assemblée Nationale, viennent de débuter les débats sur le projet de Loi de prévention de la délinquance, il me semble important d’encourager les actions qui existent déjà depuis de nombreuses années.
Réguler les situations conflictuelles, réduire les degrés de violence dans les affrontements, faire émerger la parole dans les différends sont des enjeux essentiels.
Alors que la violence se caractérise comme une réaction rapide et brutale, l’alternative non-violente nécessite l’effort du recul, le recours à un élément tiers, la prise en compte d’un contexte.
La violence n’est pas l’apanage des mineurs. Il suffit d’assister à un débat à l’Assemblée Nationale pour en avoir la preuve. Vous me soutiendrez qu’en ce lieu elle se limite à l’utilisation du verbe.
Pouvons-nous oublier le passé de certains militants extrémistes de droite ou de gauche? Parmi eux, beaucoup ont donné dans le « coup de poing », ont participé directement ou indirectement à l’attaque de policiers et ont à la mise en flamme de voitures.
- Patrick Devedjian, très proche de Nicolas Sarkozy. – Gérard Longuet, conseiller politique de Sarkozy – Alain Madelin, député UMP. – William Abitbol, conseiller de Charles Pasqua, parrain en politique de Nicolas Sarkozy le débutant et soutien à Jean-Pierre Chevènement en 2002. – Jacques Bompart, maire d’Orange, soutien à l’OAS (Organisation armée Secrète, groupe terroriste)ancien FN, aujourd’hui MPF de Philippe de Villiers. – Claude Goasguen, député de Paris UMP. – Alain Krivine – Alain Geismar Inspecteur Education Nationale puis membre du cabinet de Lionel Jospin. – Daniel Cohn-Bendit ….
Certes, les raisons et les motivations de la violence étaient peut-être différentes dans ces années-là mais les dégâts causés étaient semblables. Si une politique répressive les avait condamnés à l’époque, ils n’auraient probablement pas eu le parcours qu’ils ont connu.
Il y a d’autres solutions à apporter à la violence que celles proposées aujourd’hui, d’autant plus que la loi actuelle apporte déjà les réponses adéquates.
N’oublions pas qu’à la dernière présidentielle, une des raisons de la présence de LE PEN au second tour trouve sa source dans l’utilisation médiatique de l’insécurité. Monsieur Sarkozy semble l’avoir oublié. Cela risque de se retourner contre lui-même cette fois-ci.
Une réponse rapide et brutale comme le propose ce projet de loi est un acte de violence en lui-même. S’il est nécessaire qu’un jugement n’intervienne pas des lustres après les faits, une prise de recul est nécessaire pour ne pas prendre une décision de justice colorée d’affectivité mais empreinte de justice.