Avec la présence de plus de 80.000 militants, l’ambiance était extraordinaire cet après-midi Porte de Versailles pour la désignation de Nicolas Sarkozy comme candidat de l’UMP. Vous trouverez ci-après le texte de mon discours à cette occasion.
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Voir mon intervention au Congrès
Intervention de Jean-Pierre RAFFARIN
Ancien Premier ministre, sénateur,
Chers amis, chers compagnons,
Nous avons un secret en commun : nous avons tous voté SARKOZY.
C’est une étape supplémentaire dans notre vie familiale. Je vous le disais déjà, à l’occasion de notre congrès fondateur en 2002 : « j’aime les réunions de famille » !
Et ces dernières années m’ont conforté dans cette conviction. La famille politique, c’est le lieu où le cœur des uns bat avec celui des autres.
Pour mon action à Matignon, vous avez été présents dans les bons moments comme dans les difficultés.
Pour mon combat pour l’union, notamment à l’occasion de nos forums de l’union, les militants de l’UMP étaient là, enthousiastes et respectueux des débats.
A vous tous, j’adresse le plus beau mot de notre admirable langue française : merci !
L’UMP, nous l’avons construite avec Jacques CHIRAC, Alain JUPPE, Jérôme MONOD, Jean-Claude GAUDIN, Christian PONCELET, Philippe DOUSTE-BLAZY et beaucoup d’autres. Nous l’avons construite pour l’union et contre les divisions.
Car nous n’avons pas oublié ce vent mauvais de 1981 et cette conviction de Valéry GISCARD D’ESTAING : « qui sème la division récolte le socialisme ! ».
Nous avons construit l’UMP sur le principe de la diversité.
Les familles gaulliste, libérale, indépendante, radicale et centriste se sont rassemblées. Je salue ici le mérite particulier d’Alain JUPPE dans cette alliance de la droite et du centre.
Je vois aujourd’hui que certains confondent, dans notre pays, diversité et division.
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Tu es urbain, je suis rural, c’est de la diversité ;
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Tu es blanc, je suis black, c’est de la diversité ;
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Tu veux aller vite, je veux aller « plus sûr », c’est de la diversité ;
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Tu aimes le Ministre de l’Intérieur, je préfère… le président de l’UMP, c’est de la « petite » diversité.
Mais :
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Tu fais tiennes les critiques de nos adversaires, là, c’est de la division ;
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Tu remets en cause l’intégralité de notre bilan, là, c’est encore de la division ;
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Tu caricatures les propositions de ta famille, c’est aussi de la division ;
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Enfin, tu exposes notre candidat au lieu de le protéger, c’est toujours de la division !
Je vais vous donner un truc pour s’y repérer ! On passe de la diversité à la division quand, au lieu d’être utile à sa famille, on sert ses adversaires. La ligne de partage est claire : la diversité est positive, la division est négative.
L’UMP doit poursuivre sur la voie de la diversité tout en préservant son unité.
Grâce à vous tous, nous avons gagné le défi de la puissance : adhésions, implantation, popularisation, mais aussi propositions, innovation, c’est la démonstration que nous faisons aujourd’hui. En devenant, de loin, le premier parti de France, nous sommes devenus la première force de conviction du pays.
Demain, l’UMP doit être la grande maison de la responsabilité : le lieu où les équipes nationales de 2007, mais aussi locales de 2008 et régionales de 2010 seront en préparation, le lieu où nos convictions seront transformées en projets finalisés, sans être dénaturés par les pressions administratives.
Avec les retraites, la sécurité routière, l’assurance maladie, le non paiement des jours de grève dans la fonction publique, la cohésion sociale, la loi de programmation militaire et bien d’autres réformes, nous avons acquis l’expérience pour savoir comment ancrer au sein du parti une capacité réelle de gouvernance.
Ensemble, après avoir imaginé « la France d’après », nous travaillerons à « l’UMP d’après ».
En votant Nicolas SARKOZY, je vote pour ma famille et, depuis toujours, j’en respecte les règles. La loyauté est dans mes gènes.
Je vote aussi pour lui parce que je le connais bien, depuis longtemps, et dans des configurations différentes, dans les grands moments comme dans les foutus quarts d’heures. J’ai vu « SARKO au boulot ».
En quelques flashs qui font référence pour moi à des actions lourdes, je voudrais témoigner de son sens de l’État notamment en vous rappelant sa détermination pour retrouver ceux qui s’étaient attaqués à l’État à travers l’horrible, l’inacceptable, assassinat du Préfet Claude ERIGNAC.
Je voudrais aussi témoigner de sa dimension humaine en rappelant notre combat commun contre le racisme et l’antisémitisme : notre programme d’action a été salué par ceux-là même qui, dans un moment de crainte, avaient invité les Juifs de France à s’expatrier.
Je voudrais enfin témoigner de son énergie réformatrice fondée sur une force, souvent originale en politique : la culture du résultat. On discute aujourd’hui des résultats de la politique de lutte contre la délinquance, mais qui a sorti ce sujet de la clandestinité et qui a placé, au cœur de la réforme, le principe de transparence ? Et pour nous, les résultats sont éloquents.
Ne croyez pas cependant que notre vie commune a été un long fleuve tranquille : il n’a pas le caractère facile, le garçon, mais il a du caractère. Et j’ai pu constater qu’il était capable d’ouvrir sa pensée aux autres et de s’enrichir de leurs différences.
Si je vote Nicolas SARKOZY pour ce qu’il est, je vote aussi pour l’avenir. J’ai appris à vivre au rythme de la France, à sentir battre son cœur, je la sens forte et fragile à la fois. Je connais ses équilibres et je sais que, pour elle, nous devons réussir cette nouvelle alliance : l’alliance de « la France de toujours » et de « la société de demain ».
Il nous faudra équilibrer les exigences de la modernité et les expériences de l’Histoire. Pour que la France tienne sa place dans ce monde du XXIème siècle, il faut assurément à sa tête une forte volonté de réformes, de changement et, dans bien des domaines, de rupture.
Mais cette volonté, pour être durable, devra s’inscrire en harmonie avec les trois France qui constituent notre horizon politique sous la Vème République, je veux parler de la France républicaine, de la France européenne et de la France des classes moyennes.
La France républicaine est celle qui va chercher dans son Histoire les valeurs de son avenir. Cette France fille aînée de l’Église, cette France de l’édit de Nantes, cette France de l’intégration des Juifs dans la République en 1791, qui au XXIème siècle appelle son Histoire pour inventer une nouvelle laïcité, celle qui permet le respect de toutes les religions, celle qui fait une place à l’Islam.
Mais celle aussi qui interdit que, dans la République quiconque fasse de la religion un projet politique. La loi que nous avons adoptée sur le respect de la laïcité à l’école est, aujourd’hui, un exemple au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, deux pays où, pourtant, la République n’est pas le pacte national…
La France européenne est passionnément française. Elle veut conserver sa souveraineté en matière de politique étrangère et de défense. Elle veut que ses soldats, courageux et mieux équipés depuis 2002, puissent continuer à agir pour la paix en Côte d’Ivoire, en Afghanistan et au Liban. Avec Jacques CHIRAC, elle a dit non à la guerre en Irak, et aujourd’hui l’Histoire lui donne raison.
Mais cette France qui veut préserver ses institutions, garantes de sa souveraineté, est aussi passionnément européenne car elle sait aussi que, pour compter dans la mondialisation, il lui faut le levier du rapport de forces européen. Cette France sait qu’elle a donc besoin d’un nouveau traité européen pour mieux gouverner l’Europe, comme Nicolas SARKOZY le propose.
La France des classes moyennes enfin. C’est celle qui pense que notre capacité de création nationale est la condition de notre avenir. C’est une France qui a retrouvé le goût de la création d’entreprises (1 million en 5 ans), c’est une France qui veut faire de l’attractivité de ses territoires et de sa capacité d’innovation sa priorité économique. Un pays qui ne méprise pas les PME, les artisans, les agriculteurs, ceux qui créent de la richesse par leur travail et leur talent. Ceux-là n’ont pas besoin des nouveaux impôts socialistes, ils ont besoin de nouvelles libertés populaires.
Cette France là est généreuse, elle sait être solidaire, elle participe massivement à l’effort social de la Nation. La création n’est pas seulement économique, elle est aussi pour la France scientifique, culturelle, administrative et sociale. Cette France de l’initiative se développe dans le dialogue, elle a besoin que ses représentants soient entendus. Elle est la première victime de la démocratie cathodique que certains voudraient substituer à la démocratie représentative.
Cette France qui se sent à l’aise dans la société de l’intelligence, qui en 5 ans a rattrapé son retard dans l’usage du numérique, n’a pas confiance dans les solutions socialistes. Elle a besoin de pouvoir compter sur les valeurs de la France de toujours, dans cet humanisme social et européen que nous sommes nombreux, notamment au sein de Dialogue & initiative, à représenter autour de toi, cher Nicolas.
Après vous avoir fait part de mes raisons de voter pour Nicolas SARKOZY, je voudrais dire quelques mots de quelqu’un que je connais bien et que pour la première fois, et sans doute aussi la dernière, je soutiens… pour qu’elle reste présidente de région.
Je commence par la nécessaire règle de courtoisie, « je ne critiquerai pas la personne ». Je ne vous cache pas que je trouve cette règle un peu tardive car j’en connais qui, s’ils avaient dû encaisser ce que j’ai assumé lorsque j’étais à Matignon, se seraient érigés en « martyr national ».
Je voulais analyser avec vous trois fragilités que je vois chez la candidate socialiste.
La première est l’incohérence entre une candidate qui se veut nouvelle, moderne, blanche dans un univers sombre, et la réalité du projet socialiste archaïque qu’elle porte : nationalisations intensives, régularisations massives, fiscalisation excessive, généralisation des 35 heures abusive…
La deuxième concerne le goût de la candidate socialiste pour l’improvisation. Elle a un vrai talent pour savoir ce que les Français penseront… demain matin. La portée de sa vision est un peu courte, mais c’est adapté à une communication émotionnelle pour laquelle l’image est le message.
« La Chine est une grande muraille » dit-elle en image. Remarquez, ce n’est pas faux, mais c’est un peu insuffisant comme analyse géopolitique.
La troisième de ces fragilités concerne son inaptitude à l’action. L’action n’est pas prise ici au sens de geste mais au sens de réalisation. En 20 ans, en Poitou-Charentes, je ne vois pas une réalisation qui pourrait lui être attribuée. Au Parlement, aucune loi n’a été votée à son initiative directe.
Elle n’aime pas l’action. Elle n’en a pas la volonté.
Face à ces trois fragilités, Nicolas, tu proposes trois forces.
Toi, tu ressembles à ton projet. Un projet d’énergie et d’ambition. Tu dis ce que tu veux, tes convictions marquent tes actions. Avec toi, il ne peut y avoir tromperie sur la marchandise.
Tu es maintenant un homme d’expérience, de Maire à Ministre d’État, tu as fait le parcours qui nous apprend que : dans les situations graves, l’improvisation, c’est la faute. Avoir la responsabilité du destin d’une Nation, cela ne s’improvise pas.
Tu es, enfin, d’évidence un homme d’action. Tu t’es fixé à toi-même des objectifs ambitieux. Il ne s’agit pas, aujourd’hui, d’animer la France, il faut la faire grandir, réellement.
Pour toutes ces raisons mes amis, chers compagnons, dans cette campagne qui s’ouvre, nous avons trois matchs à gagner :
- Le match de l’authenticité : la réalité contre l’illusion ;
- Le match de la responsabilité : l’expérience contre l’improvisation ;
- Le match de la volonté : l’action contre les conservatismes.
C’est ainsi en plaçant les débats sur nos terrains que nous pouvons donner à la France notre victoire.
Parce que la victoire n’est pas acquise, parce que le retour des socialistes serait un recul, je sais que, si par égoïsme ou par légèreté nous n’assumions pas notre devoir de victoire en 2007, nous ne serions pas à la hauteur de celle à qui nous devons tout, la France.
Avec vous, avec toi, tous ensemble, j’ai confiance.
14 janvier 2007 à 19 h 48 min
Bravo M. Raffarin pour votre engagement au service de l’union des droites pour Nicolas Sarkozy en tant que candidat à l’élection présidentielle. Votre action aura très certainement été décisive dans le fait qu’aujourd’hui NS est bien le candidat moderne dont la France a besoin face à toutes les démagogies.
Il est clair que comme moi, beaucoup d’autres seront attachés à une stratégie fondée sur le refus de la surenchère et de la démagogie. Toutes celles et tous ceux qui, comme vous, autour de NS, vont construire dans les semaines qui viennent l’ossature de l’action du futur gouvernement de la France, ont le devoir de mener une campagne claire et sans l’excès des effets d’estrade inhérents aux campagnes électorales. Attention donc à être intraitable sur la vérité et l’engagement. Nous attendons de tous ceux qui s’engagent à côté de NS un discours vérité. Ne nous refaites pas le coup de la fracture sociale par pitié !! Dire la vérité aux français ou, comme je l’ai entendu aujourd’hui, dire maintenant ce qu’on fera après et faire réellement demain ce qu’on dit aujourd’hui est absolument vital pour notre pays. Nous ne pardonnerons pas en cette matière le moindre écart qui serait comme un déni de démocratie.
« Ruture tranquille » … méfions nous de certains mots ! Le discours de NS aujourd’hui était réellement fondateur. Un discours avec du fond et le résultat d’une maturation personnelle vraiment impressionnante. Ce que j’ai entendu sonnait plutôt comme la volonté d’une vraie rupture avec des mots courageux sur beaucoup de sujets cruciaux. J’avoue avoir ressenti à plusieurs moments une réelle et forte émotion quand les mots employés faisaient référence à une France qui sans orgueil excessif mais avec lucidité et ambition, a le droit légitime de s’affirmer fière de ce qu’elle est parce que ce qu’elle est doit être vu comme le ferment du renouveau que nous attendons tant. Continuez dans cette voie, celle d’une campagne ou chacun de ceux qui vont parler vont s’acharner à une patiente pédagogie à l’égard des français. Le monde a changé, la démocratie est celle de l’expression, de l’échange, du débat, sur internet notamment comme en témoigne cet excellent blog … Alors, envahissez les espaces pour que chaque point du programme de gouvernement des cinq prochaines années soit expliqué dans le détail et que les débats auxquels vous invitent les français soient également l’occasion de nourrir les décisions d’une bone dose de bon sens, de réalisme et de recherche de résultats concrets.
Pas de démagogie donc mais une affirmation sans complexe d’une véritable ambition d’efforts, de progrès et de réussite. Oui, les Français peuvent adhérer à ce programme si nous n’oublions pas aussi de réaffirmer que notre pays doit sans attendre rompre avec les déficits et l’endettement. Soyez plus précis sur ces thèmes, il sont essentiels. Oui, le travail, la croissance sont des facteurs économiques fondamentaux de rééquilibrage. Mais cela ne suffira pas si l’Etat ne s’engage pas dans une politique extrêmement volontariste, comme le Canada ou la Suède, pour éradiquer la facilité du recours au déficit financé par l’endettement.
NS a montré aujourd’hui quelle pouvait être la force d’un discours qui, sur le fond des choses, témoignait de l’intensité de la réflexion collective et de l’ardeur de la conviction. Comme vous l’avez souligné dans votre discours, comme la copie de Madame Royal est pâle … c’est consternant ! Alors même que son compagnon de vie s’exprime sur l’impôt, elle dément les propos et confie une mission exploratoire à DSK !! Mais où est ce fameux programme du PS qui, depuis le congrès du Mans est la bible commune de tous les socialistes au point de faire ressembler leurs primaires à un casting de la télé réalité ?
Si je dis cela, c’est pour souligner à quel point, face à une telle vacuité de la candidate socialiste, un véritable boulevard est désormais ouvert à une droite décomplexée, unie et convaincue.
Bon courage Monsieur Raffarin, sachez bien qu’en tant que militant de l’UMP, j’userai de toutes les occasions qui me sont données pour « militer » dans le sens auprès de tous celles et ceux que je cotoie pour qu’au moment du vote, la main de l’électeur ne tremble pas ! A vous donc de nourrir chaque jour nos arguments pour que chacun soit en mesure de faire oeuvre utile et empêcher le retour des socialistes au manettes. La France est lassée des alternances, elle a besoin de stabilité et de constance dans les politiques menées.
A bientôt.
14 janvier 2007 à 20 h 10 min
Bravo pour votre discours, en particulier sur la partie sur diversité et division.
(j’étais au congrès)
Bravo également pour votre travail de rassemblement.
15 janvier 2007 à 21 h 48 min
Merci Monsieur Raffarin pour ce grand moment vécu par le biais de cette vidéo car j’ai beaucoup regretté de n’avoir pu assister au grand rassemblement dimanche.
En plus gigantesque cela m’a rappelé Bercy où je me trouvais il y a quelques années.
La France de demain est désormais en route pour notre victoire aux cotés de « SARKO » et toute la « bravitude » de la vierge du Poitou n’y pourra rien.
15 janvier 2007 à 23 h 19 min
Bravo pour ce congrès que j’ai pu suivre sur le Net