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02.04.2007
Les rendez-vous citoyens du Sénat : l’Inde
jpr
Discours de Monsieur Jean-Pierre RAFFARIN « Inde, Puissance du 21ème siècle » Samedi 31 mars 2007 au Sénat Monsieur le Président, Au nom du Président Poncelet et de tous les élus de la Haute assemblée, je vous souhaite la bienvenue. Je suis très heureux de vous retrouver pour réfléchir ensemble sur ce futur géant économique qu’est l’Inde. Cela fait du bien dans la spirale de la campagne présidentielle de prendre le temps de se réunir, sereinement, dans la sagesse du Sénat, et de regarder ce qui se passe sur la planète. On ne peut plus aujourd’hui penser et préparer l’avenir de la France sans anticiper les évolutions de nos partenaires. Tout l’enjeu, ce n’est pas comme le font les déclinistes de se comparer au passé, c’est au contraire de se comparer au reste du monde. Avec la mondialisation, je pense qu’il ne faut pas avoir peur et qu’il faut voir comme une réalité exigeante, la France doit se mobiliser, proposer, agir, créer… En somme, être active aujourd’hui pour ne pas subir demain. L’Inde, Etat-Continent, s’est imposée comme l’une des toutes premières puissances émergentes. Par ses cultures, par sa démographie, ses chercheurs, ses valeurs démocratiques, nous pouvons nous poser la question de sa puissance économique mais nous devons surtout renforcer nos positions stratégiques. Le tout avec lucidité, avec l’équilibre de notre pensée française sans l’excès du pessimisme tel que celui exprimé dans les années 60 par le prix Nobel Gunas Myrdal « l’Asie ne se développera jamais » sans l’excès de confiance non plus, l’indus, le grand fleuve de la civilisation ne sortira pas nécessairement de son lit. I) La nouvelle donne du 21ème siècle I.1) Il est important d’expliquer qu’elle est la vision de la France dans la mondialisation telle que nous sommes en train de la vivre. Avec le Président de la République, notre message est celui d’un monde multipolaire, grâce auquel la paix est fondée sur l’équilibre des pôles, équilibre fondé lui-même sur le dialogue des cultures et le respect des peuples. Si les messages de la France sont entendus avec autant d’attention dans le reste du monde, c’est que notre approche rassemble. Considérer et respecter l’Inde, la Chine, le Brésil comme des pôles économiques et politiques, c’est construire un monde avec des relations aussi harmonieuses que possible, un monde où l’Europe notamment prend toute sa place, un monde où les Droits de l’Homme sont source des relations entre les Etats, un monde à la recherche de son équilibre davantage par le dialogue culturel plutôt que par la domination politique. C’est ce message que nous avons porté au début de la crise Irakienne, et c’est grâce à cette vision que nous voulons combattre les menaces qui pèsent sur notre monde, le terrorisme, la prolifération, les armes de destruction massive, les crises régionales. « La démocratie s’exporte mal dans des engins blindés ». Dans ce contexte géopolitique, l’Inde occupe une place particulière. - Résolument tournée vers la modernité, créative, innovante, l’Inde souhaite allier puissance économique et puissance politique. Pour sortir de son paradoxal destin de grand pays pauvre, l’Inde, contrairement aux autres géants en développement, sait que son modèle de développement économique ne peut réussir que si elle maîtrise l’ouverture de ses marchés et se mobilise dans l’accueil des investissements étrangers. La France et l’Inde partagent une convergence de vues sur l’ensemble des grands dossiers internationaux. - L’inde a donc cette particularité de vouloir peser dès aujourd’hui sur les grands dossiers du monde. Nous soutenons d’ailleurs l’aspiration légitime de l’Inde à un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies. - C’est en associant l’Inde aux travaux des grandes puissances mondiales que nous pourrons pleinement réfléchir aux actions à mener pour humaniser la mondialisation. I.2) L’Inde partage avec la France une certitude : la mondialisation ne signifie pas la disparition de toutes les règles. Nous souhaitons des partenariats équilibrés et respectueux des traditions et du savoir-faire de chacun. L’Europe doit être placée au cœur de notre vision de la planète : - Elle doit être un des pôles politiques et économiques majeurs de ce monde multipolaire en construction. L’Europe, puissance économique, doit consolider sa puissance politique. - Nous devons davantage tirer profit des opportunités qu’offrent les nouveaux pôles de croissance mondiale. Nos PME sont parfois trop absentes ou trop timides face à l’extraordinaire potentiel de ces nouveaux marchés. Face à l’émergence de la Chine, du Brésil, de l’Inde, à ces pôles multipolaires qui sont au cœur de notre action économique et diplomatique, la France doit créer des partenariats privilégiés : - C’est ce que j’ai proposé pour la Chine, que j’ai appris à connaître en profondeur depuis une trentaine d’années. - C’est aussi ce qu’a proposé le Président de la République en 1998 avec l’Inde : un partenariat stratégique ambitieux, dont j’ai pu mesurer les évolutions positives lors de mon déplacement en Inde en février 2003. - A cette occasion, j’avais pu me rendre à Bangalore, dans la région du Karnataka, berceau de la haute technologie indienne. Au cours de cette passionnante visite, j’ai été frappé par l’ampleur des avancées technologiques de l’Inde dans le domaine de l’aéronautique bien évidemment mais aussi dans le domaine informatique, c’est-à-dire dans tout ce qui constitue aujourd’hui les fondements de la société de l’information et de la communication, où nous avons pu établir entre l’Inde et la France de solides partenariats. Le forum d’initiatives franco-indien, que préside mon ami et collègue, le Président Jean François-Poncet s’attache d’ailleurs à faire vivre ce partenariat tant sur le plan de la culture et des sciences que sur la coopération médicale, l’agro-alimentaire et sur le sujet essentiel du secteur de l’eau. II) L’inde, puissance économique du 21ème siècle II.1) - L’inde est un géant, trois illustrations : L’Inde et la France déploient des efforts considérables pour intensifier leurs relations commerciales. Nous devons prendre toute la mesure de ce nouveau marché. Lors de sa visite en février 2006, le Président de la République a mis en œuvre un plan d’action avec l’Inde afin de doubler nos échanges commerciaux d’ici 5 ans. L’émergence de l’Inde est illustrée par sa forte croissance économique, supérieure à 8% au cours des dernières années. Et pour illustrer sa volonté de faire partie des grands de ce monde, l’Inde s’ouvre de plus en plus aux importations et aux investissements. La classe moyenne indienne compte aujourd’hui plusieurs dizaines de millions de personnes qui consomment de plus en plus de produits importés. L’inde, en privilégiant les services et le savoir, est aujourd’hui un des moteurs de la croissance mondiale. Si l’Inde est un géant, elle se situe encore loin de la Chine : Pour que la description soit complète, chacun de nous doit avoir conscience que, comme dans tous les pôles émergents, la mondialisation montre aussi en Inde son vrai visage : l’extrême pauvreté côtoie aujourd’hui l’ultra-développement, ce déséquilibre est criant entre Bombay et Bangalore. Les raisonnements économiques, en France comme ailleurs, doivent maintenant conjugués croissance et cohésion. Cet équilibre s’établira peut-être au XXIème siècle au sein d’un grand marché commun de cette Asie, fille de l’Himalaya posant ainsi la question, 40 ans après celle du défi américain, la question du défi asiatique ? II.2) Tout défi présente des opportunités Nos grands groupes sont très présents en Inde. L’Inde fait aujourd’hui partie des leaders dans des domaines comme la pharmacie, les soins de santé, les pièces forgées, les équipements automobiles, certains segments de l’industrie textile, les services informatiques et demain sans doute l’électronique. La France a toutes les capacités pour être un grand partenaire de l’Inde : Avec ses 270 entreprises employant 40 000 personnes, la France est au 7ème rang des investisseurs étrangers en Inde. C’est une belle place mais c’est essentiellement le fait des grands groupes. II.3) les PME françaises pas suffisamment représentées A chacun de mes déplacements en Inde ou en Chine, je suis rassuré en voyant que nos grands groupes signent de gros contrats industriels. Mais lorsqu’on regarde les résultats de plus près, on s’aperçoit que nos amis allemands et italiens obtiennent de meilleurs résultats que nous, grâce à leurs PME. Pour vous donner quelques chiffres éloquents, sur les 2.900 entreprises françaises qui exportent vers l’Inde (notre part de marché est de 1,9% en 2005), les PME n’en représentent que 1.400 (moins de 50%) et 13% en valeur exportée. Leur place est donc insuffisante lorsque l’on sait par exemple que 3000 PME françaises exportent vers la Chine. L’élan des grands groupes français en Inde doit donc être relayé par les PME, dès maintenant, pour que notre partenariat économique soit véritablement à la hauteur de nos ambitions communes. Le Gouvernement doit soutenir et accompagner les PME qui souhaitent établir des échanges avec l’Inde. L’objectif de notre démarche est de permettre aux entreprises françaises de participer à la formidable aventure indienne. III) Quelles conclusions devons nous tirer pour l’avenir ? III.1) Pour envisager la mondialisation avec optimisme, nous devons miser sur nos atouts. C’était ma conviction à Matignon quand j’ai regroupé et structuré nos efforts de recherche et d’innovation. L’une des traductions concrètes de notre stratégie de projets réside dans ce renouveau de la politique industrielle de la France que nous avons impulsé : je pense tout naturellement aux pôles de compétitivité mis en place en 2004 et qui permettent de regrouper entreprises, laboratoires et universités. La construction de synergies locales est le meilleur rempart contre les tentations de délocalisation. L’Etat doit faire en sorte que les entreprises se sentent à l’aise en France, qu’on ne les empêche pas de produire et de se développer, qu’elles aient les armes nécessaires pour rivaliser avec leurs concurrents étrangers sans pour autant avoir à « s’expatrier ». - la fiscalité : en baissant les impôts, nous avons redistribué du pouvoir d’achat, relancé la consommation et soutenu la croissance. Mais la fiscalité, c’est aussi tout ce qui concerne la recherche. Pour dynamiser la recherche privée, nous avons multiplié par 7 le crédit d’impôt recherche. De même pour réformer notre système de recherche, nous lui avons donné les moyens de fonctionner. Je pense notamment à la création de l’agence des moyens : dorénavant, nous mettons les projets en concurrence pour financer ceux qui ont des chances d’aboutir et financer davantage les projets que les structures. Pour l’avenir, je soutiens la proposition d’instaurer un crédit d’impôt recherche à 100 % et de baisser l’impôt sur les bénéfices pour les entreprises qui investissent et créent des emplois ; - les mesures en faveur de la création d’entreprises et du développement de nos PME entrent dans la même dynamique. La loi pour l’initiative économique du 1er août 2003 nous a permis de remplir et même de dépasser l’objectif auquel nous tenions de création de 1 million d’entreprise en 5 ans. Ce que l’on constate surtout c’est que ces entreprises perdurent. Ce sont autant d’emplois durables créés : environ 100.000 chaque année, grâce à ce surcroît d’entreprises nouvelles. La mondialisation ne nous contraint pas à revoir à la baisse nos ambitions sociales. Plusieurs pays nous montrent qu’il est possible de concilier ouverture au monde et protection sociale élevée, à condition de sortir des conservatismes et de rendre notre modèle économique moins rigide et nos politiques sociales plus actives. - Pour la revalorisation du travail : il faudra aller plus loin et exonérer les charges sociales et d’impôt sur le revenu les heures supplémentaires. - J’attire votre attention aussi sur l’actionnariat salarié qui, au-delà de toutes ses vertus, permet de recréer de la confiance vis-à-vis de l’entreprise et de protéger nos entreprises des OPA hostiles. La loi sur la participation adoptée en 2006 comprend des avancées considérables qu’il conviendra de conforter au cours du prochain quinquennat. - Enfin développons la formation des salariés, grâce au plan de cohésion sociale et le droit individuel à la formation, pour leur permettre de s’adapter à de nouveaux emplois. III.2) Le bon échelon est à trouver pour conforter le lien avec les entreprises : l’Europe Notre vision multipolaire, nécessité pour la paix entre les peuples et le commerce entre les nations, exige de nous d’impliquer davantage l’Europe dans notre stratégie. C’est à l’initiative de la France, que l’Inde et l’Union européenne ont noué leur partenariat stratégique. L’industrie et la recherche indiennes et européennes ont ainsi travaillé en commun sur des projets phares de notre développement : Iter et Galiléo. Mais avec le rejet du traité institutionnel, l’Europe connaît un certain immobilisme. Nous devons rapidement, et ce sera un des enjeux du printemps, recréer la dynamique avec un nouveau traité plus court, plus clair et plus précis : un traité simplifié, centré sur la gouvernance pour redémarrer, le débat sur les politiques viendra plus tard, sans doute en 2009, à l’occasion des élections européennes. Cette réflexion est urgente, Edgar Morin nous a prévenu : « à force de sacrifier l’essentiel à l’urgent, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel ». Cette urgence est accentuée par l’accélération de la compétition internationale. Les pôles émergents ont compris qu’ils devaient avancer ensemble : l’alliance de la Chine et de l’Inde crée un marché unique asiatique durable. Ne nous y trompons pas, nous avons besoin de l’Europe, de sa force et de sa pertinence continentale pour exister dans ce monde multipolaire. Seul ce levier nous permettra, par exemple, de rétablir des règles de concurrence équitables avec les pays qui ne respectent pas les règles environnementales, sociales, morales. Le multilatéralisme (ONU, OMC, Organisation Mondiale de l’Environnement…) est nécessaire pour produire des règles de droit internationales. Mais les conceptions du droit dans chacune des cultures sont si diverses qu’il faut aussi équilibrer les rapports de force par un bilatéralisme continental qui pour nous prend la forme d’un retour à une certaine souveraineté économique européenne. Il faut donc relancer l’Europe. C’est pourquoi je trouve essentiel de mettre en œuvre très rapidement un nouveau traité simplifié. Ce projet est nécessaire à l’ambition de l’Europe, pour protéger les Français et les Européens des désordres du monde et aussi valoriser le travail des européens et les atouts de l’Europe dans le monde. Une Europe économiquement plus souveraine nous donnera la capacité de dialoguer d’égal à égal avec les autres puissances. Face au défi de l’émergence de l’Inde et de la Chine, la France a une responsabilité. Plus que d’autres, peut-être, elle a pris conscience que le développement économique ne pouvait se faire durablement sans un développement politique et démocratique. En choisissant de mener cette réflexion aujourd’hui, au Sénat, à un moment où les Français se posent la question de leur avenir, nous voulons aussi signifier que notre vision de l’avenir est claire et que nous avons confiance dans les chances extraordinaires que peut offrir la mondialisation si elle est bien gouvernée. C’est ce message d’espoir que j’adresse, avec vous, à nos amis indiens. Grâce à eux, nous savons que la constance est une valeur et ensemble nous affirmons que notre constance est « véhicule » de notre confiance. Je vous remercie. 4 commentairesLaisser un commentaire |
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S'abonnerCommentairesJacques d'Hornes dans Crise financière : la comprendre pour l'affronter le 19/11 à 05:57 Bonjour à tous, Monsieur le Premier Ministre, Cette réunion ne manquera pas d’intérêts. Nous a [...] jany guiot dans Crise financière : la comprendre pour l'affronter le 19/11 à 05:14 Un état démocratique, une démocratie sociale et de progrès a besoin de fonds pour exister. Longte [...] jany guiot dans Crise financière : la comprendre pour l'affronter le 18/11 à 17:56 Les risques de la crise... Avec cette crise économique qui s'est déclarée soudainement, il y a un [...] AP dans Sarkozy éclaire la réforme territoriale le 18/11 à 10:34 Étonnamment, ces sorties de Nicolas Sarkozy sur sa vision de la réforme des collectivités territoria [...] Jacques d'Hornes dans Nous n'échapperons pas à un plan de relance le 17/11 à 20:44 Bonjour Jany, Mon enthousiasme pour le carnet de Monsieur le Premier Ministre n’a pas changé. J’a [...] |
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2 avril 2007 à 15:06
Monsieur le Premier Ministre Jean-Pierre,
C’est avec un grand intérêt que j’ai lu votre discours de très grande qualité sur le thème de l’Inde au Sénat.
Il est vrai qu’il ne faut pas avoir peur de la mondialisation car c’est le sens du progrès dans le rapport avec les peuples du monde.
Le devenir dans nos relations c’est de trouver les axes justes pour permettre qu’elles soient porteuses d’amitié et de confiance dans le temps.
La France est un pays phare pour tous les pays du monde grâce à son histoire et surtout à sa grande politique étrangère qui reconnait les Etats dans leur autonomie.
Au travers et avec l’Europe, la France peut avec d’autres partenaires européens conquérir d’autres marchés dans le monde.
Vous le formulez bien dans votre discours.
***Un petit commentaire, veuillez ne pas m’en vouloir, c’est les 150 000 ingénieurs diplômés par an.
Ne le dites pas trop fort, car beaucoup de sociétés françaises lorgnent en direction de diplômés pas chers.
Je dirais qu’il faut avoir une grande connaissance du secteur technologique pour s’apercevoir que le choix des entrepreneurs ne devraient pas être trop rapide et devrait être plus mesuré.
Pour des utilisations simples, pour un staff secondaire, le choix peut s’envisager, mais pour une vision globale du projet, je conseillerais les employeurs de rester sur de bons ingénieurs français qui ont acquis une renommée mondiale.
La différence vient du type d’enseignement et de la découverte du savoir faire dans les entreprises françaises.
Aujourd’hui l’ingénierie française utilise souvent les bureaux d’études indiens pour la partie détail qui demande beaucoup d’heures de travail.
Le contrôle de cette activité sous-traitée doit se faire par la supervision d’un staff d’expatriés français pour assurer le résultat en qualité et en délai.
Vous parlez aussi de la politique industrielle que vous avez lancé, l’avenir va à une meilleure compréhension de l’identité de chaque entreprise et comment en optimiser les moyens de gestions.
Vous en parlez dans votre discours, c’est un programme d’une étendue telle, d’une importance telle, que le nouveau président de la République devra faire le choix d’un ministre visionnaire et très très très compétent.
Sinon nous allons perdre beaucoup d’années…
Ce ministre doit comprendre l’économie, mais doit aussi connaître la construction d’une logique industrielle.
Mais ce n’est qu’un vœu pieux qui ne rencontre pas toujours le choix de l’homme politique…
Merci encore une fois pour votre discours…
Veuillez agréer Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma très haute considération.
jany guiot
3 avril 2007 à 7:23
Emploi et Salaires
Aujourd’hui les employeurs ont beaucoup de difficultés à trouver du personnel très qualifié pour partie travailler à l’étranger.
Les vraies raisons je vous les donne:
Longtemps les grands groupes ont fait le choix du personnel en tirant les salaires vers le bas, en choisissant le moins cher, au travers des responsables de services achâts non-qualifiés dans les domaines concernés.
Aujourd’hui, nous sommes devant un paradoxe, les ANPE, les sociétés sous-traitantes et de services recherchent du personnel avec des propositions de salaires à la limite de l’inconvenance.
Le personnel qui fait le choix de partir représenter une société française à l’étranger, part souvent pour recevoir un salaire supérieur à ce qu’il toucherait en France.
Il prend quelque fois des risques pour sa sécurité, il fait aussi généralement 60 heures par semaine et plus.
A titre personnel, je refuse toute proposition de salaire qui n’a pas “mes critères d’acceptation” chacun à son honneur à défendre contre les voyous et profiteurs du marché du travail.
Je dis cela pour Pierre qui n’a peut-être pas la connaissance du réel déséquilibre qui existe entre l’offre de salaire et la réalité des métiers, le chômeur, celui qui refuse un poste n’est pas spécialement un fainéant.
Une vie professionnelle se gère et ne se brade pas.
On accepte qu’un grand joueur de foot gagne bien sa vie et l’on ne trouve pas cela normal pour un cadre qui s’expatrie ?
De plus ce n’est pas au personnel qui part à l’étranger d’éponger les erreurs de gestion des projets internationaux.
Si les grandes sociétés françaises sont incapables d’avoir une gestion saine de leur personnel et de leur savoir faire en ayant une rétribution honnête et bien qu’elles ferment.
Combien de sociétés françaises n’ont plus les moyens techniques de gérer correctement leurs projets,
Elles signent de nouveaux contrats, les actions font un bon super et personne ne s’intéresse à la suite.
A titre personnel, j’ai une vue très perçante de la politique industrielle, je pense que la France ne fera que quelques aménagements, mais n’ira pas jusqu’aux réformes en profondeurs qui demandent une vraie rigueur et un sens de l’industrie.
Dans combien d’endroits dans le monde il a fallu que je redresse les manques de rigueur dans nos études….
Vous citez des grands groupes, c’est bien, les connaissez-vous dans leur savoir faire ?
Je n’aurais pas l’insolence d’énumérer sur votre blog des exemples de leur gestion.
Pardon, Mr Jean Pierre Raffarin de mon honnêteté, mais si personne ne dit la vérité qui la dira ? …certainement pas ceux qui font des courbettes continuelles aux politiques.
Depuis ma jeunesse j’ai appris à être libre de penser, libre aussi d’être droit sur le chemin de la vie.
Veuillez agréer Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma très haute considération.
jany guiot
3 avril 2007 à 16:43
Bonjour Monsieur le Premier Ministre,
Je ne suis pas économiste et le regrette, aussi je me garderais bien d’entrer trop dans les détails en employant les chiffres du PIB ou des
montants des investissements que vous maniez si bien. J’ai trouvé comme Jany GUIOT votre discours de très grande qualité démontrant une
nouvelle fois que vous vous investissez à fond dans tout ce que vous
entreprenez.
J’ai décidé d’ajouter un commentaire sur ce sujet car je suis allé plusieurs
fois en Inde et j’ai cette image de la misère qui régne dans ce grand pays.
On ne peut pas parler de l’émergence de pays comme la Chine, l’Inde
ou le Brésil sans avoir une pensée pour leur peuple. Puisqu’il s’agît de
l’Inde, parlons-en.
Vous dites que la classe moyenne indienne compte aujourd’hui plusieurs
dizaine de millions de personnes qui consomment de plus en plus de
produits importés, mais que représente-t-elle en pourcentage par rapport
aux classes inférieures. N’oublions pas que la population de l’Inde a
augmenté de plus de 300 millions en 20 ans. Peut-on accepter l’émergence d’un pays qui délaisse son peuple dont la situation socialement explosive n’éclate pourtant jamais, je pense aux habitants
des bidonvilles que l’on voit par exemple à BOMBAY entre l’avenue du
bord du mer et son aéroport sur des kilométres. Mais qu’adviendrait-il
si un nouveau Mahätmä GANDHI venait prêcher la bonne parole au
peuple déshérité ?
Peut-on autoriser de telles fractures sociales illustrées part les grandioses festivités des mariages indiens avec des saris multicolores
du dernier cri et à quelques métres la vue, dans les bras de sa Maman,
d’un enfant, sans petite culotte sur les fesses en proie aux mouches
et aux microbes, criant famine. Ou encore la splendeur de l’hôtel
TAJ MAHAL avec en devanture les mendiants faisant l’aumône chassés
à coup de trique (héritage de l’ère victorienne) par des vigiles pour
quelques roupies. Je n’oublie pas également le trafic des revendeurs
de drogue exploités pour la même somme aux abords de la magnifique
porte des Indes et bien sûr les enfants en âge scolaire travaillant pour
subvenir aux besoins de la famille nombreuse.
Alors, OUI la France, Pays des droits de l’homme, a un rôle à jouer. Celui
qu’elle sait jouer parfaitement, sa voix est écoutée partout dans le Monde
et peut-être plus encore en Inde en raison de sa présence dans les
anciens comptoirs comme Pondichéry et nos grandes, moyennes et
petites entreprises doivent s’y implanter davantage pour le développement des infrastructures (plus de la moitié de la population dort
dans la rue) pour surseoir aux problèmes sanitaires (gestion de l’eau,
des déchets, malnutrition……).
Mais comme toujours la France ne peut pas faire tout toute seule, alors
je me répéte en tant qu’européen convaincu, il faut relancer l’Europe et
pour illustrer ma pensée je citerais la phrase que vous avez si joliment
écrite le 3 mai 2004 sur le livre d’or dans la bibliothèque de la maison de
Jean MONNET : “LA FRANCE EST GRANDE QUAND ELLE INSPIRE L’EUROPE………. ET LE MONDE”.
Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de mon
profond respect.
Jacques D’HORNES
12 juin 2007 à 10:43
Si seulement on acceptait les psys et les médecins(anciens généralistes) en Inde,autant dire que je ne serais plus en France depuis longtemps.En Inde,les dîplomes pas chers sont pris,et c’est là toute la richesse de la culture indienne:ils acceptent car ..ils s’enrichissent par leur expérience.Comment faire comprendre cela aux français qui se sentent toujours “utilisés”,toujours insatisfaits !de fait ,serions nous toujours en 1789?La lutte des classes permettant à certains d’exister ,n’est il pas vrai?Il y a 2 sortes de chomeurs,les déprimés sans travail et les manipulateurs.Accepteriez vous de faire 70 h par semaine?Il existe de bons patrons qui travaillent également…La généralisation,autant que faire se peut ,est à éviter….