Voici le texte du discours que j’ai prononcé au Conseil national de l’UMP cet après-midi.
CONSEIL NATIONAL
Lundi 14 mai 2007
Intervention de M. Jean-Pierre RAFFARIN
Cher Jean-Claude,
Mesdames, Messieurs les Ministres, d’hier, d’aujourd’hui et de demain ;
Chers amis, chers compagnons,
La victoire est belle ;
Nos idées ont gagné grâce à la force de notre candidat.
Notre gratitude est à la hauteur de notre confiance.
Cette élection est l’honneur de tous ceux qui, depuis des années, ont travaillé pour la France, c’est aussi la fierté de tous ceux qui ont accompagnés notre Président.
Merci à Nicolas, de cet honneur, de cette fierté.
Il a créé l’espoir.
Il a libéré nos valeurs.
Il a donné sens à notre identité : le mouvement populaire.
En plaçant cette élection sous l’angle d’un combat pour les valeurs, il a reçu un mandat clair de nos compatriotes pour mettre en œuvre son projet, notre projet.
Cette victoire est la sienne, il est aujourd’hui un Président fort et libre.
Nous n’oublierons jamais ce 14 janvier où un grand discours a embrasé notre immense rassemblement.
Il nous adonné son talent, nous lui avons donné notre unité.
Cette unité elle est venue d’en bas, elle a été partagé en haut.
Elle a été forte d’abord parce qu’elle a été voulue, exigée par les centaines de milliers de militants et de sympathisants de l’UMP.
C’était l’esprit des fondateurs de notre famille, c’est maintenant le cœur de notre destin politique.
Nous avons aujourd’hui deux impératifs :
- Gagner les législatives pour donner au Président la force parlementaire de son projet. Nous allons jeter toutes nos forces, jours et nuits dans cette bataille comme nous l’avons fait pour la campagne présidentielle. Circonscription par circonscription, ensemble, nous allons présenter notre unité, notre projet et, pour la majorité présidentielle, notre loyauté.
- Notre deuxième exigence est d’assurer notre mutation pour que l’UMP s’affirme au-delà de sa récente démonstration comme une grande et belle « force d’accompagnement » dans l’exercice des responsabilités : Parti pour le pouvoir, parti au pouvoir.
Je vous propose que l’UMP devienne, demain, décisive dans l’exercice du pouvoir afin de permettre à notre Président, à son Premier ministre et à son gouvernement de tenir nos engagements pour la France.
Nous sommes dans une situation inédite, notre Président en exercice est devenu Président de tous les Français.
Pour avancer sur le chemin de la confiance, nous devons adapter la gouvernance de l’UMP dans un esprit de fidélité aux institutions de la Vème République.
Nous ne bousculerons pas le temps de la concertation puisque l’intérim, Cher Jean-Claude, est statutairement prévu et amicalement tenu.
Notre mission sera de faire vivre le lien entre le Président et le Pays en mobilisant l’énergie de ceux qui le 6 mai ont, comme nous, passé avec Nicolas Sarkozy, un pacte d’honneur.
Dans ces conditions, l’élection d’un nouveau président de l’UMP au suffrage universel des militants constituerait, on le comprend bien, autant une source de confusion qu’une coupable diversion de notre attention à un moment décisif de notre histoire nationale.
• Nous avons besoin de nous rassembler et non de nous diviser.
• Nous avons besoin d’être fidèles à la diversité, à l’origine de notre parti et non de réduire la portée de notre message aux Français.
• Nous avons besoin d’être utile à la France et non de nous disperser dans des compétitions internes.
Le « temps du débat démocratique » s’achèvera dans un mois avec les élections législatives mais, dès aujourd’hui, commence le « temps de l’action » et rien ne saurait nous distraire de cette importante mission.
Dans ces conditions, que faire ?
Comment permettre à l’UMP d’être forte et utile ? Autonome et fidèle ? Exigeante vis-à-vis du gouvernement et mobilisée dans la conduite des réformes ?
Il y a quelques mois, je vous disais qu’il nous faudrait « inventer l’ UMP d’après » :
• une force politique capable de proposer des réformes « clé en main », d’inspirer, de relayer et, d’évaluer l’action gouvernementale,
• de préparer une nouvelle génération aux responsabilités politiques, notamment pour les grands rendez-vous de notre démocratie locale en 2008 et 2010.
• de faire vivre un dialogue permanent entre le gouvernement et les militants.
• de veiller avec nos partenaires de la majorité présidentielle au respect d’un code bonne conduite.
• d’assurer la présence de nos valeurs au sein du parti populaire européen.
Voici aujourd’hui notre belle mission.
Pour réussir cette mission, nous devons approfondir notre fonctionnement démocratique et non revenir en arrière au temps des « godillots ».
La nouvelle gouvernance de l’UMP ne sera ni celle du verrouillage, ni celle du cadenassage. C’est le souhait de Nicolas Sarkozy. C’est aussi le nôtre.
Nous devons proposer à nos centaines de milliers de militants et à nos milliers d’élus de remplacer le « pouvoir d’un jour » qu’ils ont aujourd’hui à travers l’élection du président de l’Union par un « pouvoir de tous les jours » pour participer à la politique de notre gouvernement.
La flamme de l’engagement des Français qui ont soutenu Nicolas ne doit pas s’éteindre, c’est la condition de notre succès à long terme. Voilà pourquoi je vous propose d’inscrire la « participation démocratique » au cœur de notre nouvelle gouvernance.
Je n’hésite pas à préférer la participation démocratique, plus gaulliste, plus démocrate à une « démocratie participative », expression dont on a mesuré le vide en Poitou-Charentes d’abord, dans le pays ensuite.
J’ai accepté la mission qu’a bien voulu me confier le Président afin d’imaginer la nouvelle gouvernance de l’UMP. Je l’accepte dans le même esprit que celui avec lequel j’ai conduit l’organisation de notre débat interne pour le choix de notre candidat à l’occasion des forums de l’union en décembre dernier : l’unité de tous, c’est le respect de chacun.
Je remettrai mes propositions rapidement, après avoir consulté les fondateurs de notre mouvement, ses responsables et ses forces vives.
Je leur proposerai des solutions concertées, conformes à l’esprit de nos institutions. Nous ferons preuve d’imagination pour que, à la fois, le débat dans le mouvement soit démocratique et que l’action de notre « maison commune » soit efficace. Derrière le Président de la République, notre débat sera libre et notre action sera loyale, c’est l’ambition de notre nouvelle gouvernance.
L’ensemble des adhérents de l’UMP aura à se prononcer sur une évolution de nos statuts au cours d’un congrès extraordinaire organisé dans les mêmes conditions que le précédent qui a permis la modification de nos statuts.
Nous voulons une UMP qui marche, une famille unie qui sera demain l’artisan du succès du quinquennat comme elle a été hier l’artisan de la victoire.
Homme de fidélité, militant de l’union, j’ai en conclusion une conviction à vous faire partager, « Pour l’intelligence, aussi bien que pour le cœur, la fidélité est nécessairement créatrice ».
14 mai 2007 à 23 h 01 min
Monsieur le Premier Ministre,
Bravo pour votre discours. Il est à la hauteur des heures d’espérance très intenses que nous vivons depuis une semaine.
Je vous souhaite de réussir non seulement pour l’UMP, mais surtout pour la France et les Français. En soutenant votre action, c’est celle de Nicolas Sarkozy et de son Gouvernement que nous soutiendrons.
Cordialement,
David
15 mai 2007 à 8 h 23 min
Bonjour Monsieur le Premier Ministre,
Excellent discours, comme toujours.
Vous avez, une nouvelle fois, trouvé les mots justes pour maintenir l’esprit
d’union qui fait la force de l’UMP. Votre feuille de route converge avec le
discours du Président sortant de l’UMP, je m’aperçois que le « Casque bleu »
n’est pas encore rangé au placard, Félicitations.
UNITE, LOYAUTE et EFFICACITE doivent rester les mots clés durant cette
période de mutation. Les tâches, qui attendent notre nouveau Président et
son Gouvernement, sont grandes et nombreuses et chacun devra amener
sa pierre à l’édifice.
J’ose espérer que cet esprit qui vous anime pour mener l’UMP au statut de
« Force d’accompagnement » habitera également les autres personnalités de
l’UMP y compris les déçus d’un non choix gouvernemental.
Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de mon profond respect.
Jacques D’HORNES
15 mai 2007 à 8 h 38 min
« Pour réussir cette mission, nous devons approfondir notre fonctionnement démocratique et non revenir en arrière au temps des « godillots ». »
J’avais quitté le RPR en 1984 pour ces raisons.
J’avais préféré pratiquer l’Union dans ma commune.
J’ai rejoint l’UMP car le temps de l’Union était enfin venu.
J’y resterai si la liberté de proposer, d’évaluer est encore permise.
Rien ne servira d’ouvrir à gauche si c’est pour fermer à l’intérieur de l’UMP et de l’UDF rassemblés.
15 mai 2007 à 12 h 13 min
Très cher Jean-Pierre,
J’étais à la Convention ce lundi, et j’ai écouté avec attention les différentes interventions. Celle de Nicolas Sarkozy venu faire ses adieux très dignes, très solennels, riches d’engagements pour le futur, la votre.
Et je mesure combien l’UMP devra être vigilante pour garder l’unité et l’enthousiasme de la campagne présidentielle. De l’amertume se mêlait à la joie et à la fatigue des compagnons de campagne.
Oui, l’UMP doit être une force du renouveau perpétuel pour constituer la source de la vie de la société. aller de l’avant, toujours.
Deux évènements m’ont frappés dans cet « après-Nicolas Sarkozy ».
La place d’Alain Juppé dans le coeur des conseillers et la prestation de Rama Yade, symbole du renouveau et du dynamisme, une chance pour l’UMP.
Très cordialement.
Claude Simonnet
15 mai 2007 à 14 h 52 min
Monsieur le Premier Ministre,
Sur la présidence collégial de l’UMP: il est de bon aloi de ne pas se précipiter dans une nouvelle élection du président de ce parti. D’autre part, il est juste de dire que le candidat soutenu par un parti pour une élection national en l’occurrence les présidentielles est renforcé lorsque le parti est uni derrière lui. La solution la plus raisonnable apparait celle que vous avez proposé et qui est de découpler les deux. D’un cote le candidat du parti doit être choisi, élu, par les militants et de l’autre le gestionnaire du parti doit avoir l’assentiment des militants mais pas forcement l’onction et pour cela peut être nommé par un collège.
Sur l’ouverture au gouvernement:
Je crois que le concept de choisir les plus compétents est intéressant. Monsieur Bayrou n’a-t-il pas fait une campagne populaire sinon victorieuse sur le thème du rassemblement droite-gauche, le public semble ainsi apprécier que l’on cesse de faire de la politique de clans. En revanche, attention à ne pas faire échouer cette belle idée en choisissant les personnes plus pour la garantie d’ouverture qu’elle représente que pour la compétence recherchée… Par exemple, même si j’ai du respect pour Monsieur Kouchner, il a semble-t-il une certaine popularité depuis toujours, son récent échec à l’OMS et sa prestation discutable comme représentant onusien au Kosovo n’en font pas immédiatement le candidat idéal à la tête de la diplomatie française.
Merci de me nous faire part de vos commentaires toujours très appréciés.
Cordialement,
Charles