J’écris ce billet à la demande et à l’intention de mes amis de l’UMP au Liban et de leur déléguée Fabienne Blineau-Abiramia.
C’est pour moi l’occasion de saluer l’initiative exceptionnelle qu’a prise Nicolas Sarkozy en se rendant ce samedi à Beyrouth.
Sur la forme d’abord. Ainsi le chef de l’Etat français a été le premier président étranger à venir soutenir le processus de Doha dont la première étape a été l’élection du Président Michel Sleiman.
Cette visite a été renforcée par la composition politiquement pluraliste de la délégation qui accompagnait Nicolas Sarkozy.
Alors que Jacques Chirac avait installé une relation puissante, affective et personnelle avec le peuple libanais, Nicolas Sarkozy devait inventer, lui aussi, une marque forte et personnelle : il a choisi la marque de la démocratie. Le message a été profondément ressenti dans tout le Liban.
Pour répondre à la diversité politique française, le Président Sleiman avait invité au Palais de Baabda tous les représentants des forces politiques libanaises (et elles sont nombreuses !).
Nous avons ainsi pu rencontrer : Saad Hariri, Amine Gemayel, Walid Joumblatt, Boutros Harb, Michel Aoun, Sleiman Frangié, Michel Pharaon, Mohammed Safadi, Mhammad Raad et beaucoup d’autres…
Sur le fond, cette visite était d’une extrême gravité, d’une gravité double pour le Liban et pour la région.
Le peuple libanais a besoin d’institutions stables pour accéder à la paix et à la prospérité. Ce peuple frère a droit à son destin, accessible par sa souveraineté.
C’est le devoir de la France d’accompagner chaque étape de la démocratie libanaise.
Le prochain rendez-vous institutionnel sera la finalisation de la formation du gouvernement. Nous souhaitons une conclusion rapide de cette prochaine échéance libanaise.
Il faudra ensuite mettre en œuvre la quatrième clause du communiqué final de la conférence de Doha en invitant les députés libanais à engager « les réformes électorales prévues dans la proposition de loi soumise par la Commission Fouad Boutros ».
Nous ne pouvons que soutenir, sur ce sujet, les propositions de « la campagne civile pour la réforme électorale » qui nous ont été transmises à Beyrouth : création d’une commission électorale indépendante – réglementation du financement électoral – réglementation de l’expression électorale médiatique et publicitaire – utilisation de bulletins de vote préalablement imprimés – tenue des élections en un seul jour – vote des Libanais résidant à l’étranger – droit de vote à 18 ans – processus de parité sur les listes électorales.
J’encourage tous les amis du Liban à participer à « la campagne civile pour la réforme électorale » sur le site www.ccerlebanon.org
Sur le fond, notre visite revêtait aussi une réelle gravité au regard de la situation dans la région.
En effet, les récents événements ont confirmé la puissance du Hezbollah au Liban et sa proximité avec l’Iran. On ne peut que comprendre l’inquiétude qui règne en Israël face à la tenaille qui prend forme : le Hezbollah au Nord, la Hamas au Sud. La souveraineté du Liban est aussi nécessaire pour ses voisins que pour lui-même.
Une grande part de la paix du monde se joue au Liban. Toutes les influences étrangères pour déstabiliser le Liban s’oppose en réalité à la paix dans la région et donc dans le monde.
L’élection du Président Michel Sleiman et le premier pas vers cette stabilité, que souhaite défendre, au nom de la France, Nicolas Sarkozy.
Quelques autres commentaires sur ce voyage.
Jacques Chirac
Avant de partir au Liban, j’avais téléphoné à Jacques Chirac pour entendre ses recommandations. Nous avons suivi ses propositions :
- Le Président Nicolas Sarkozy a publiquement dit sa détermination pour que le tribunal international ait les moyens de châtier les coupables de l’assassinat du Président Hariri et des autres leaders libanais (le président Sarkozy a même rendu hommage à Jacques Chirac au cours du déjeuner officiel !).
- Le ministre de la Défense, Hervé Morin a conduit le salut de la France à la mémoire du Président Hariri en s’inclinant devant la stèle dressée sur la place où il a été assassiné.
Le Hezbollah
On reconnaît les responsables du Hezbollah dans une réception libanaise parce qu’ils sont quasiment les seuls à ne pas porter de cravate. Ils cherchent peu le contact, ne souhaitant s’exprimer qu’en Arabe alors que tous les autres leaders s’expriment en français ou en anglais. Le plus étrange est le dialogue, d’apparence paisible, entre responsables qui par ailleurs s’assassinent. Au Liban, la guerre est partout sauf au cœur du Palais Présidentiel. Un espoir ?
La Syrie
Nombreux sont les partis politiques libanais qui sont venus mettrent en garde la délégation française sur nos relations avec la Syrie. « Il faut encourager la Syrie pour qu’elle accompagne le processus institutionnel libanais mais il faut avancer à son rythme sans rien donner qui ne soit précédé par un geste positif syrien ». La France doit compter sur le scepticisme de ses amis libanais quant à ses contacts avec la Syrie.
O. Besancenot
Le leader de la ligue communiste révolutionnaire n’était pas membre de la délégation mais dans l’avion du retour, entre majorité et opposition, la montée de l’extrême gauche a été un sujet de discussion approfondie. François Hollande devait, sur ce sujet, gérer l’inquiétude de Marie-Georges Buffet et l’espoir de François Bayrou !
Sur ce sujet mais aussi sur les autres Nicolas Sarkozy était particulièrement détendu.
Parmi les autres sujets de discussions : la fiscalité pétrolière, le référendum irlandais, le mode de scrutin des régionales…
Discussion passionnante aussi, à l’aller, avec Jean-Michel Baylet sur l’avenir de la presse quotidienne régionale.
Christiane Kammermann
Sénateur des Français établis hors de France, Christiane Kammermann était sans doute dans notre délégation celle qui a le plus fait pour le Liban. Pendant toutes les guerres qu’a connues le Liban depuis un demi siècle, Christiane Kammerman s’est consacrée aux familles françaises qui comptaient des malades, des blessés, des isolés mais aussi des incarcérés. Cette générosité, elle la poursuit aujourd’hui en tant qu’administrateur de la caisse des Français de l’étranger où elle se place au service de nos compatriotes les plus fragiles.
On l’a à peine vu sur les écrans de télévision, pourtant ses mérites sont immenses.
En conclusion, il y a des moments où l’ont peut être fier de la France et où les responsables politiques du pays sont à la hauteur de leur fonction.
NB : Merci à nos amis de l’UMP qui sous le grand cèdre vont vivre les valeurs de la France.
Fidèlement,
jpr
Commentaires
le 10/03 à 05:49
Bonjour à tous, Cher Monsieur le Premier Ministre, Un petit bonjour ! Je vois que vous ne rest [...]
le 09/03 à 11:26
Rama Yade censure dure sur son blog,elle garde que les textes qui l'arrangent...! [...]
le 07/03 à 16:58
Cher Monsieur le Sénateur, Cher Jean Pierre Raffarin, Effectivement, il nous reste une semaine a [...]
le 07/03 à 08:40
[...] Les élections de 2010 pourraient être les dernières se déroulant sous le mode de scrutin actue [...]
le 07/03 à 05:35
Bonjour à tous, Cher Monsieur le Premier Ministre, Je n’ai pas grand-chose à ajouter à votre b [...]