Carnet de Jean-Pierre RAFFARIN

9 commentaires

  1. jany guiot dit :

    Monsieur le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin,

    Vous écrivez:

    “Parmi les sujets traités, j’ai développé la stratégie de la France vis-à-vis de la Chine depuis 1964.”

    Je vais certainement vous décevoir, mais pourquoi parler de “stratégie” ?
    Sommes-nous en pleine conquête, manoeuvrons-nous pour obtenir l’objet tant convoité ?

    Les dirigeants d’un grand pays de traditions millénaires sont très fins et demandent au contraire une claire vision de notre politique étrangère.

    Comme le texte mis en copie, il faut parler la tête haute, le verbe sûr avec les représentants chinois, c’est ce qu’ils attendent de nous.
    Une France forte, une France des idées, une France phare de la démocratie et des droits de l’homme.

    Sur les traces du général de Gaulle, choississons les mots qui rapprochent et qui éveillent l’enthousiasme, le désir de dépassement, dans une entière compréhension de l’environnement politique.
    Pouvons-nous demander à la Russie ou à la Chine de ressembler à la France ?

    La démocratie ne s’exporte pas, elle prend racine dans un terreau de traditions, dans des environnements différents.

    L’homme politique doit donc prendre conscience du nouvel environnement rencontré et ouvrir sa réflexion dans ce nouvel échange.

    L’homme politique doit être un visionnaire, “la pensée, le pouvoir et l’action” sont un tout dans une même dynamique.

    C’est une excellente idée de faire plancher les étudiants sur ce thème, pourquoi ne pas faire participer aussi à la réflexion des intellectuels, des philosophes, des industriels…

    Le Président Nicolas Sarkozy doit prendre conscience de l’environnement pour mieux entrevoir ses mots et la dimension de son message.

    Plus l’homme est libre dans ses mots,
    Plus il est grand,
    Car il devient magnifique…

    Veuillez agréer Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma très haute considération.

    jany guiot

  2. Jacques d'Hornes dit :

    Cher Jany,

    Vos réflexions sont complètes et pertinentes et reçoivent mon approbation hormis que vous traduisez le mot “stratégie” employé par Monsieur le Premier Ministre dans l’art de coordonner l’action d’une force militaire, je pense qu’il faut replacer ce mot dans un contexte diplomatique afin de diriger un ensemble de dispositions pour atteindre le but fixé.

    Je n’ai rien d’autre à ajouter. Sauf erreur de ma part, il y a peut-être un petit problème quant aux formules d’appel de la lettre des élèves de Monsieur Raffarin : Pourquoi “son excellence” ? Formule d’appel réservée aux archevêques, évêques, nonces ou ambassadeurs. La formule d’appel pour Monsieur Hu Jintao est Monsieur le Président de la République. Ensuite on ne nomme pas le destinataire à qui est adressée cette lettre, je ne lui souhaite pas mais si le Président Hu Jintao venait à disparaître, cette lettre qui est adressée au Président de la République Populaire de Chine ne serait jamais lue, même par son successeur. Je ne me fais pas de souci, une bonne secrétaire de ministère sait cela.

    Très cordialement

    Jacques

    NB : Je vous remercie pour votre gentillesse dans « message personnel » .

  3. jany guiot dit :

    Non cher Jacques,

    J’ai parlé du mot “stratégie” en toute conscience car je pense que la diplomatie est plus fine dans sa démarche.

    Que cela n’empêche pas les étudiants de plancher….

    Bien cordialement,

    Jany Guiot

  4. Jacques d'Hornes dit :

    Cher Jany,

    Les relations entre la Chine et la France sont amicales depuis 1964, nous ne sommes pas en période de conflit, des rapports peuvent être parfois tendus mais avec ce pays la diplomatie doit primer sur toutes les autres formes de rapports.

    J’aurais dû préciser que vous traduisiez le mot stratégie dans l’art de coordonner l’action d’une force militaire dans votre introduction et non dans la généralité de votre commentaire. Vos réflexions, que je qualifie de complètes et pertinentes et qui rectifient votre vision guerrière initiale, s’adaptent aussi bien à la diplomatie qui, certes permet d’agir avec habileté et tact mais ne doit pas empêcher que votre démarche peut être ferme pour obtenir le résultat escompté, c’est-à-dire présenter le fond de votre pensée.

    La diplomatie reste la forme, le style pour présenter habilement et adroitement son action dans les relations avec autrui pour atteindre le but fixé surtout avec un peuple aussi cultivé que le Peuple chinois.

    J’ose espèrer avoir été assez explicite pour exprimer le fond de ma réflexion.

    Très cordialement

    Jacques

  5. Jacques d'Hornes dit :

    Cher Jany,

    Il n’est pas toujours facile d’exprimer le fond de nos réflexions et j’essaie de le faire du mieux possible avec ma volonté mais aussi avec mes capacités et mon vocabulaire. Je n’ai pas l’étoffe de Monsieur le Premier Ministre pour dire beaucoup de choses en peu de mots, ni la votre d’ailleurs.
    C’est sans doute dû à ma façon de traiter un texte, je le lis une fois pour avoir l’impression générale que j’exprime souvent en introduction mais ensuite quand je rédige j’ai tendance à traiter idée par idée. Je dirais que nous sommes victimes de la subtilité de la langue française mais cela nous permet d’avoir des échanges de dialogues et j’en suis heureux.
    C’est le but recherché : essayer de transmettre ses connaissances, malheureusement elles sont parfois erronées, surtout n’hésitez pas à me reprendre quand vous considérez que je me plante, mes convictions sont personnelles mais certaines informations que je véhicule peuvent être fausses et m‘envoient dans le mur, l’erreur est humaine et pardonnable et je ne suis pas de mauvaise foi, je sais les reconnaître et je ne demande qu’à apprendre, et je peux vous dire qu’à votre contact, à celui de Monsieur Raffarin et à d’autres en ce lieu, j’apprends beaucoup et vous en remercie tous.

    Je rebondis sur l’un de vos anciens billets. Tout comme vous j’ai eu des soucis de scolarité durant ma jeunesse. Je dois vous avouer que durant mon adolescence j’ai commis des erreurs, j’avais toutes les facultés pour étudier assidûment, à l’école primaire j‘avais un an d‘avance, mes Parents en concertation avec mon instituteur m‘ont fait redoubler le CM2 considérant que j’étais trop jeune et l’année suivante je me suis retrouvé en 6ème classique au collège, tout a très bien marché jusqu‘en 5ème . L’instruction n’est pas la première qualité de l’intelligence, je suis très sensible, en 4ème j’ai été déçu par un professeur, l‘envie d‘étudier m‘a vite quitté, en plus j’avais trop en tête le ballon rond ou les pistes d’athlétisme, le sport a pris le dessus, je ne peux en vouloir qu’à moi-même, j’avais des Parents merveilleux, peut-être que s’ils avaient insisté un peu j’aurais fait les efforts nécessaires mais je ne peux pas leur en vouloir, ils m’ont déjà donné une très bonne éducation.
    Alors je suis allé à l’école de la vie, j’ai beaucoup appris durant mes 30 années passées dans la Royale, j’y ai rencontré des gens formidables, en particulier deux dans mes premières années un Maître Principal et un Officier qui comptèrent beaucoup pour moi, je crois qu‘une bonne carrière se dessine aux premiers contacts de la vie professionnelle. Alors que je voyais mes collègues faire bêtises sur bêtises, nous avions de l’argent (des erreurs de jeunesse diront certains), eux m’ont fait comprendre ce qu’était la vie, je suis toujours resté en contact avec eux jusqu’à leur dernier soupir (ma fidélité légendaire) et je sais qu’au plus profond d’eux-mêmes, ils étaient fiers de moi, de ma carrière (j‘aurais pu faire mieux m‘a dit l‘officier, mais je ne voulais pas de la vie parisienne et je préférais un fauteuil chez les petits qu‘un strapontin chez les grands), en tout cas je leur dois ce que je suis, je n’avais pas le droit de les décevoir : ils avaient pris le relais de mes Parents, j’étais bien jeune quand je suis entré dans la Marine j’avais tout juste 17 ans et à 19 ans je me retrouvais seul à Madagascar pour deux ans, ce fût parfois difficile.

    J’ai éprouvé du bonheur à rédiger la dernière partie de ce billet qui n’est en fait qu’une démonstration des relations humaines, le rejet de la part du professeur au collège et la chaleur humaine de mes supérieurs dans la Royale. Je pense également que la première partie de ma confidence a dû rappeler quelques souvenirs à notre cher Monsieur Raffarin, nous aurions pu avoir le même parcours dans un sens ou dans l’autre, qui sait … mais je suis très heureux qu’il ait eu le sien, il a fait l’effort et le mérite bien.

    Très cordialement

    Jacques

  6. jany guiot dit :

    Cher Jacques,

    Je trouve au contraire que vous savez exprimer de façon magnifique et en peu de mots le parcours de votre vie.

    Il ne faut pas avoir de regret sur un parcours qui aurait pu être différent, votre vie a été belle et fidèle à l’amitié.

    L’école donne des outils pour entreprendre le chemin,
    Quand le coeur se donne à l’ouvrage,
    La vie prend toute son intensité…
    Quand l’automne de nos jours arrive,
    Les souvenirs s’habillent de lumière…

    Merci Jacques !

    jany guiot

  7. jany guiot dit :

    Cher Jacques,

    Je suis actuellement au Nigéria, il n’est pas toujours facile d’écrire dans une ambiance quelque fois tendue.

    Actuellement ce pays est déconseillé pour les visites, notamment la région de Port Harcourt.

    Bien cordialement,

    jany guiot

  8. hifi dit :

    Monsieur Raffarin,

    Soit vous avez des étudiants extrèmement brillants, soit ils pratiquent un habile copié-collé…

    Cordialement

  9. Jacques d'Hornes dit :

    Cher Jany,

    Vous êtes très gentil mais je suis encore loin de votre style, je cite :

    « L’école donne des outils pour entreprendre le chemin,
    Quand le coeur se donne à l’ouvrage,
    La vie prend toute son intensité…
    Quand l’automne de nos jours arrive,
    Les souvenirs s’habillent de lumière… »

    C’est beau, et vous exprimez beaucoup de choses en peu de mots !

    Je suis conscient de mes lacunes. Je suis à la bonne école. En écoutant, je grandirai.

    Merci beaucoup.

    Très cordialement

    Jacques

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