Dans quelques jours, la France va de nouveau présider l’Union Européenne. Nous sommes désormais 27 Etats membres et il est clair que la machine européenne est en panne. Les peuples européens attendent la France. Et la France va être au rendez-vous de cette histoire.
Comme ministre du gouvernement et comme Présidente du Forum des Républicains Sociaux, je crois que notre responsabilité est de donner un nouveau souffle à l’Europe.
En tant que ministre du Logement et de la Ville, mon apport dans la relance de la démarche européenne sera de mobiliser tous les Etats membres autour de la lutte contre la pauvreté. Nos pays ont su se rapprocher pour construire une monnaie. Ils ont su poser les bases de convergences économiques qui portaient des contraintes autour d’un objectif partagé. Un des grands enjeux que nous devons traiter maintenant est d’apporter de la chair à l’Europe. Elle gagnera en humanité et trouvera ainsi le souffle que la France doit lui redonner.
Ainsi, une réunion avec mes homologues européens se tiendra le 16 Octobre 2008, je la co-présiderait avec. Martin Hirsch. Celle-ci fera suite à une Table ronde européenne sur la lutte contre la pauvreté. Ce sera la première fois qu’un tel sujet sera traité à l’échelle ministérielle. Je m’en réjouis, car en appelant à un engagement politique des Etats en ce domaine, via des objectifs chiffrés au niveau national, c’est un grand pas en avant que nous allons franchir.
Comme responsable politique et présidente du FRS, mouvement fondateur et associé à l’UMP, je crois aussi qu’il nous appartient de replonger dans l’élan initial qui a mobilisé nos pères fondateurs. Schuman, Adenauer et Gasperi étaient animés d’une espérance. Ils se sont retrouvés autour d’une conviction. Ils ont agit en étant fidèles à une idée de l’homme.
Cette espérance, c’est que le pardon peut l’emporter sur la haine ; même après les guerres fratricides.
Cette conviction, c’est que les racines qui nourrissent la culture européenne sont des racines spirituelles qui peuvent nous rapprocher ; même après une période où le nihilisme a pu nous fragiliser.
Cette idée de l’homme, c’est celle qui rassemble tous les êtres de bonne volonté pour construire une société juste ; même lorsque les égoïsmes peuvent sembler trop souvent gouverner nos choix.
Il est toujours possible de se payer de mots… mais si les mots gardent un sens, cette espérance, cette conviction et cette idée de l’homme constituent le trésor de ce qui a formé les valeurs de la démocratie-chrétienne et de l’Europe.
Dans la France du XXIème siècle, les valeurs de la démocratie chrétienne (je parle bien des valeurs et non des pratiques !) ne sont plus portées par personne.
Nombreux parmi nous se retrouvent pourtant dans ses valeurs, nombreux sont les « divers droite » qui cherchent à les porter… le FRS a vocation à les rassembler !
C’et pourquoi, j’organiserai en Octobre prochain à Paris une vaste réunion pour rassembler ceux qui se sentent héritiers de la démocratie-chrétienne européenne. Nous devons prendre conscience que nos convictions peuvent être proposées à tous. Comme dirait Marcel Gauchet : « il y a une affinité particulière du christianisme et du processus que nous sommes en train de vivre. Les accointances du christianisme avec le monde moderne semblent devenir de plus en plus évidentes »… il est de notre responsabilité politique d’en tirer des propositions.
Notre première tache est de parvenir à créer un nouveau consensus français sur l’Europe. Les querelles de méthode doivent rester derrière nous : qui peut encore croire au fédéralisme dogmatique ou à un souverainisme bien improbable ? !
Peu à peu, le temps a fait son œuvre : il n’est plus possible de croire ni en la grande fusion des peuples en une entité nouvelle ni au maintien des strictes règles d’unanimité.
Les peuples d’Europe sont et resteront multiples, même si ils participent d’une même famille. L’Europe moderne est à 27, et il n’est pas possible de fonctionner avec les règles d’une Europe faite de 6 pays.
Nous entrons donc dans une période enthousiasmante mais nous devons construire une nouvelle méthode. Pour ma part, je crois qu’il est temps de laisser de côté les procédures pour avancer sur la substance. Les traités à venir découleront de la mobilisation que nous aurons su créer sur des objectifs politiques.
Nous devons créer la finalité partagée qui nous redonnera du souffle. Cette finalité, c’est celle qui guide ceux qui aiment les hommes. Elle a un nom : « la loi du moins fort ».
La loi du moins fort, c’est celle qui consiste à penser que le bien des plus forts dépend du bien des plus faibles.
La loi du moins fort, c’est celle qui consiste à faire des choix ambitieux en ayant toujours en ligne de mire l’incidence de ces choix sur les plus pauvres.
La loi du moins fort, ce n’est ni l’assistance, ni le Super-Etat, ni la réglementation… c’est celle qui fait d’une politique une politique de civilisation.
Christine Boutin
Ministre du Logement et de la ville, Présidente du FRS
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