J’ai participé il y a peu en tant que Président délégué de la Fondation pour la Prospective et l’Innovation à une conférence organisée Madrid à l’occasion du Campus 2008 de la Fondation pour les analyses et les études sociales (FAES) que préside mon ami José-Maria Aznar.
Je vous propose de retrouver, ci-après, mon intervention prononcée à cette occasion dans laquelle je reviens sur l’articulation nécessaire entre diversité et unité dans nos sociétés modernes.
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Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les élus, Mesdames, Messieurs, je voudrais exprimer une profonde gratitude à José Maria Aznar. Je n’ai jamais eu un accueil aussi chaleureux que celui qui m’a été rendu hier soir : sitôt sorti dans les rues, tout le monde klaxonnait et brandissait des drapeaux ! Cela m’a beaucoup touché. Merci vraiment de cette chaleur et bravo à l’Espagne pour cette belle Coupe d’Europe…
C’est pour moi un honneur que de répondre, mon cher José Maria, à ton invitation. Nous avons pour votre président un profond respect. Il a été un grand chef du gouvernement espagnol, un grand président du Conseil européen. Nous retenons ses performances et le président Sarkozy y trouve un certain nombre de repères dans la politique qu’il mène aujourd’hui : la réduction du déficit de 7 % à 1 % du PIB, la création de 6 millions d’emplois, l’augmentation du revenu par tête de plus de 50 % entre 1996 et 2004. Nous avons une admiration pour les résultats mais nous avons aussi beaucoup de considération pour la pensée de l’homme d’État.
Nous avons lu les lettres à Santiago (1), ces lettres à un jeune espagnol. Elles sont dans la lignée des textes de Raymond Aron et de Jean-François Revel ! Il est important en effet de structurer aujourd’hui la pensée politique du centre droit européen. José Maria Aznar y participe avec beaucoup de talent et je lui exprime admiration et amitié. J’ai suivi notamment dans les débats espagnols, mais aussi dans le livre de José Maria, le débat sur la nation espagnole. L’Espagne dis-tu n’est pas une “nation de nations” mais un État plurinational.
Je voudrais vous parler de ce sujet qui est pour moi le sujet du XXIe siècle : comment concilier la modernité de la diversité et la nécessité de l’unité ? Comment au fond essayer d’observer ce qui est peut-être la version moderne de la liberté : la diversité. Beaucoup de jeunes aujourd’hui considèrent que leur liberté c’est le respect de leur diversité. Cette importance conférée à la diversité nous interpelle, nous responsables publics, qui sommes en charge de la production de l’unité puisque nous sommes en charge de la politique, du « vivre ensemble », de cette pensée de l’unité.
J’observe depuis que j’ai quitté mes fonctions de Premier ministre du gouvernement français l’évolution de quatre pays où je me rends régulièrement, plusieurs fois par an : la Chine, Israël, la Tunisie, le Canada. Je constate dans ces pays l’émergence de la diversité comme valeur essentielle.
La nouvelle géographie du monde favorise l’idée de diversité. Ne nous trompons pas : l’émergence économique chinoise porte en elle-même aussi les valeurs de la civilisation chinoise multimillénaire. La renaissance de la Chine, apporte une nouvelle pensée dans le monde qui favorise le développement de la diversité. La Chine est devenue le banquier du monde. Quand un Chinois gagne un dollar, un Américain en gagne 25 mais le Chinois économise 50 % de son dollar tandis que l’Américain avec ses 25 dollars en dépense 26. Or ce 26e dollar il l’emprunte au Chinois. C’est l’épargne chinoise qui aujourd’hui finance le déficit américain.
Cette puissance considérable de la Chine doit sur le plan politique nous laisse penser que derrière le yuan il y a la civilisation chinoise, cette culture du yin et du yang. Ce pays ne connaît pas, par exemple, le concept de création. Il considère que le monde est une transformation permanente, nous nous sommes habitués à une pensée de la création. Tout part d’un point zéro, nous créons, nous voulons être des créateurs, nous sommes sur cette terre pour créer, nous nous référons au Créateur… eux ils transforment.
La plus belle œuvre d’art pour un Chinois, dans un jardin public, est un rocher créé par la nature et non par un artiste, par un homme créateur. Cette culture-là va se diffuser comme se diffuse la puissance économique. Nous aurons toujours des difficultés avec cette diversité. Quand nos industriels font des échanges économiques avec un peuple dont la langue ne fait pas de différence entre le mot « copier » et le mot « apprendre », on se rend compte des difficultés de compréhension de nos règles de droit. Il y a donc une puissance mondiale qui favorise la diversité. Mais aussi la politique d’aujourd’hui et le débat idéologique favorisent cette diversité.
Les grandes idéologies du XIXe siècle se sont effondrées. Mais l’échec du marxisme n’a pas conduit à la victoire intégrale du libéralisme. Tout le monde a cherché à tempérer les idées de liberté. Dans tes échanges avec le jeune espagnol, on voit bien que tu lui demandes de revenir à l’idée de liberté. Parce qu’au fond on a, après le marxisme, cherché ailleurs que dans l’idéologie ou dans la pensée, les solutions aux problèmes. Finalement nous avons puisé dans le pragmatisme, quelquefois dans l’empirisme et parfois aussi dans les égoïsmes, les solutions aux problèmes des citoyens. Nous n’avons pas brandi nos valeurs de liberté comme nous y invitait Raymond Aron. Nous avons élaboré des systèmes qui répondaient aux égoïsmes des citoyens. Nous nous sommes vite rendu compte que pour les citoyens l’identité était une sécurité. Nous avons développé ce besoin d’identité et la politique a favorisé la frontière parce que c’est la frontière qui défend l’identité. Nous constatons que, partout dans le monde, on reconnaît la puissance managériale, la capacité de mobilisation de cette valeur de différence et de diversité. Même un pays comme la Chine a aujourd’hui donné beaucoup de pouvoirs à ses régions. Le grand distributeur français Carrefour a créé 40 magasins en Chine avant d’avoir des contacts avec le pouvoir central. C’est seulement au 41e magasin que les autorités de Pékin ont demandé aux autorités de Carrefour de venir échanger avec elles. Le pouvoir économique régional est important en Chine, plus qu’on ne le pense. Aujourd’hui, partout, cette politique de la diversité est considérée comme une politique du mouvement, s’appuyant sur les différences comme moteur de développement.
La globalisation stimule aussi sa propre résistance et développe la diversité. L’altermondialisme est né en même temps que les G7 et les G8. L’économie a rassemblé mais les cultures résistent. Nous avons pour l’aviation civile une seule organisation dans le monde. Nous avons pour l’électricité deux seuls voltages. Pour les écarts de rails pour le chemin de fer, il n’y a que trois normes. La technique unit les hommes mais 3 000 langues sont toujours parlées dans le monde. Il subsiste une résistance culturelle à la globalisation. Nous observons cela, nous Français, avec une proximité attentive par exemple au Québec qui adhère au modèle économique américain mais en refuse le modèle culturel. Nous constatons combien la globalisation a la capacité de générer cette diversité culturelle. C’est au moment où la Chine, avec l’organisation des Jeux olympiques, atteint d’une certaine manière le summum de sa puissance que se trouve réveillée la question du Tibet. Il y a dans la puissance une émergence de diversité.
La diversité partout dans le monde est une valeur qui s’impose. C’est la valeur majeure du XXIe siècle. Pourtant cette valeur a des adversaires et connaît des dérives. Elle a besoin d’un équilibre sur lequel je vais revenir. L’adversité pour la diversité c’est d’abord la diversité par défaut c’est-à-dire les dictatures, tous ceux qui nient les différences. Nous savons qu’elles sont toujours présentes dans le monde. Les dernières élections, ce week-end au Zimbabwe, nous montrent bien que la lutte contre les dictatures reste un sujet mondial de première importance. Dans la pensée des philosophes, même chez ceux que l’on a considéré comme les plus grands philosophes français, la diversité n’était pas forcément une valeur. Simone de Beauvoir, intellectuelle reconnue, osait écrire : « La vérité est une, l’erreur est multiple, ce n’est pas un hasard si la droite professe le pluralisme ». Cette idée selon laquelle il n’y aurait qu’une seule utopie dans le monde, qu’une seule valeur, qu’une seule vérité, est une idée qui est encore vivante chez de nombreux intellectuels. Comme tu l’écris dans ton livre, « l’idéologie de Mai 68 », qui est encore présente en Espagne comme elle l’est en France, véhicule cette idée selon laquelle un modèle unique politique devrait pouvoir s’imposer.
Mais il y a aussi les adversaires de la diversité par excès de relativisme. Ce sont tous ceux qui confondent le besoin d’autonomie de la personne, de liberté, avec une réalité d’atomisation. On passe de l’autonomie à l’atomisation par trop de diversité. C’est ce qui se passe sur le plan géopolitique. On le constate avec le Kosovo, la Serbie… Les territoires des Balkans qui éclatent et se divisent au nom de l’autonomie. On observe ces Palestiniens engagés par leur destin qui, malgré la pression terrible de la guerre, sont tiraillés entre Ramallah et Gaza… On assiste dans la société, comme sur le plan géopolitique, à une balkanisation dangereuse, y compris en France, où nous connaissons des risques de dérive communautariste.
Nous mesurons bien que cette valeur de diversité qu’il nous faut épanouir dans la société, doit être équilibrée par une pensée qui l’empêchera d’aboutir à un affaiblissement du « vivre ensemble », un affaiblissement – nous sommes au cœur de nos réflexions communes - de ce que nous avons à partager c’est-à-dire notamment l’idée de nation. C’est un point très important qui pourrait peut-être relier le politiquement correct sur lequel vous travaillez et cette réflexion parce que le politiquement correct aurait tendance à faire de la diversité une valeur absolue alors que c’est une valeur qui doit être équilibrée.
C’est pour cela que je vous propose de réfléchir à ce qu’est une pensée de la diversité, un humanisme de la diversité et au fond, pour les politiques que nous sommes, la recherche de l’unité qui permet la diversité.
Cette pensée de l’unité nous vient de loin. Nos fondateurs, je dirais les Grecs, avaient choisi le diable comme adversaire et diabolos est celui qui divise, qui sépare, qui éclate. Nous voyons aujourd’hui qu’il faut trouver, notamment pour parler aux jeunes, un langage d’unité qui fait vivre la diversité.
Trois valeurs s’imposent à cet humanisme de la diversité. Évidemment le respect de la personne, de la culture. C’est au fond la première exigence de Santiago, il veut être respecté pour ce qu’il est, il est personne. Nous lui devons cette respectabilité. C’est la conscience de la fraternité, de l’altérité et il n’y a pas d’humanisme sans cette conscience de l’altérité qui implique la reconnaissance des cultures, des arts premiers, la lutte contre l’ethnocentrisme… Nous avons œuvré dans ce sens avec le président Sarkozy pour la laïcité, non contre la religion, mais pour une laïcité positive qui accepte la religion dans la société, sous condition qu’elle ne devienne pas un projet politique. C’est cela la notion de respect.
Je te respecte avec tes idées, ta religion mais deuxième valeur, après le respect, l’équilibre c’est-à-dire la réciprocité du respect : je te respecte et tu dois me respecter. Cet équilibre est très important dans le monde. Sans lui, sur le plan géopolitique avec la Chine, nous aurions un jour des difficultés. Si nous ne sommes pas capables d’équilibrer nos échanges économiques, il est clair que nous serons un jour confrontés à un problème majeur. Nous pouvons reconnaître l’autre mais nous avons besoin de cette réciprocité sur le plan de la politique internationale. À côté de ce qu’a été notre grande ambition du XXe siècle le multilatéralisme, la règle de droit mondiale ne suffira pas à elle seule pour bâtir la paix du monde, c’est-à-dire l’équilibre de la planète. Avec nos amis chinois, les différences culturelles font, qu’à côté du multilatéral, nous aurons toujours besoin d’un bilatéral, pour chercher l’équilibre, pour construire aussi un rapport de forces qui nous soit plus favorable. C’est pour cela qu’aujourd’hui nous avons tant besoin d’Europe, notre adresse continentale, pour équilibrer le monde. Ce respect, cet équilibre sont des éléments majeurs pour dialoguer dans le monde : donner et recevoir.
Troisième valeur : le dépassement. Une fois que l’on a reconnu l’autre, une fois que l’on a exigé d’être reconnu et que l’on a équilibré notre « vivre ensemble » il faut être capable d’assumer l’avenir, être capable de se mettre en mouvement, de se dépasser. On le voit sur le plan personnel les Québécois disent « faire grandir la vie ». C’est une belle expression. Cela veut dire au fond, contrairement à ce que disaient Sartre et un certain nombre de grands philosophes déterministes, que je ne suis pas innocent de moi. Ce qui m’arrive dépend beaucoup de moi, c’est à moi de créer mon projet, cette perspective plus grande que moi qui va me mettre, moi, ma famille, mes activités en mouvement. Cette dimension spirituelle, religieuse, philosophique, c’est la réponse à la tragédie humaine : comment affronter l’échéance, quelle est la source du salut ? Tout cela se trouve dans cette valeur de dépassement. Sur le plan social, ce sont naturellement toutes les causes de générosité, qui font que la société se mobilise pour aller chercher des forces qui la mettent en mouvement. Notamment dans le message à Santiago, dans le message aux jeunes, cette nécessité, exprimée par Jean-Paul II : n’ayez pas peur ! Les jeunes générations trouveront des solutions aux problèmes qui leur seront posés. Pour peu qu’elles aient cette ambition, qu’elles sachent respecter, qu’elles sachent équilibrer mais qu’elles sachent trouver en elles-mêmes les solutions au problème du « vivre ensemble ». Les jeunes n’ont pas à avoir peur. Ce n’est pas parce qu’une génération ne trouve pas les solutions aux problèmes de la génération qui vient, que la génération qui vient, elle, n’aura pas cette capacité d’invention, pour peu qu’elle accepte les défis et qu’elle assume sa condition humaine, son devoir d’avenir.
C’est cette idée de dépassement que je voudrais traiter au niveau politique. Il nous faut nous dépasser et vivre ensemble. Comment pouvoir faire en sorte que dans des pays comme la France, l’Espagne on trouve cette capacité de se dépasser ? Je rejoins dans ton livre ce que tu appelles le projet commun. C’est ce que nous faisons en France aujourd’hui en revisitant notre Constitution. Notre Constitution de vingt ans plus vieille que la vôtre est en train d’être discutée. Qu’est-ce que la Constitution ? La Constitution c’est l’unité, ce que nous avons en commun.
Ce que je vais vous dire en France n’a peut-être rien à voir avec l’Espagne ! Je vais vous dire comment nous avons abordé un problème difficile. Nous avons beaucoup discuté des langues régionales. A l’Assemblée nationale, les députés ont inscrit les langues régionales dans notre Constitution. Nous, les sénateurs avons demandé que les langues régionales ne figurent pas au cœur de notre Constitution. Nous sommes favorables aux langues régionales, à la diversité dans notre société. Qu’il y ait des écoles pour apprendre les langues, qu’il y ait des pratiques territoriales des langues, des centres de recherche sur les langues, que les enfants puissent être bilingues très tôt, nous le voulons, mais que nous puissions aussi, dans notre Constitution, valoriser notre unité et protéger de ce que nous avons, en France, en partage : notre langue. C’est dans la Constitution et dans la nation que le politique doit veiller à injecter le maximum d’unité. Ce projet commun, c’est ce que nous avons ensemble au fond qui nous invite à participer à la vie d’une nation.
Nous avons nos valeurs, pour nous les valeurs de la République : la liberté, l’égalité, la fraternité et celle que nous avons ajouté progressivement telle que la laïcité. Nous devons sans cesse chercher à adapter à chaque époque ce patrimoine de valeurs. Un philosophe français qui a été l’un de mes ministres, Luc Ferry, dit : « allez chercher dans la sphère privée les valeurs dont vous avez besoin dans la sphère publique ». Qu’est-ce qui mobilise le plus aujourd’hui les citoyens ? L’amour de leurs enfants, la proximité de l’enfant. Ce n’est pas une idée ancienne que l’amour des enfants. Un grand humaniste comme Montaigne ne savait pas précisément combien il avait d’enfants. On n’imagine pas aujourd’hui qu’un père de famille ne connaisse pas exactement le nombre de ses enfants. En ce temps, les enfants étaient en nourrice, on s’en occupait très peu. On voit aujourd’hui que cet amour-là est un des moteurs de la vie. C’est une des raisons de combat. Dans la sphère privée il y a des valeurs de cette nature qu’il faut aller chercher pour construire le projet commun. Ce qui doit être très important dans la Constitution, dans notre approche du projet commun, c’est de choisir, toujours, ce qui combat la haine, ce qui est l’adversaire du projet commun. Je ne dirais pas que la valeur avec un grand V c’est l’amour puisque l’on n’a pas réussi à transférer cette valeur de la sphère privée à la sphère publique, mais si on ne l’a pas fait en positif on peut le faire en négatif. C’est la haine qu’il faut chasser du « vivre ensemble », qui conduit à un moment ou à un autre aux tensions entre les uns et les autres. Nous avons à faire en sorte que la nation soit ce lieu où un peuple choisit d’être ensemble plutôt que de se séparer. Dans les débats qui sont aujourd’hui les nôtres, je reste - personnellement pour ce qui est de la France - ce que l’on appelle un Girondin, attaché au pouvoir territorial. Mais je souhaite que face au défi de la diversité, du communautarisme, de tout ce qui peut disperser la société, nous puissions, nous politiques, affirmer notre unité. C’est cette mission-là que nous devons mener dans ce que José Maria Aznar appelle le projet commun.
Appliquons à l’Europe cette réflexion. Autant le projet commun doit être affirmé au niveau de la nation, autant sur l’Union européenne nous avons fait probablement une erreur en voulant doter l’Europe d’une Constitution. En donnant le sentiment que notre projet se limitait à la gouvernance, en oubliant quelle était la finalité. C’est comme si le pèlerin qui marche dans les Pyrénées oubliait Santiago. Il est clair que le pèlerin connaît le chemin mais n’oublie jamais la destination. Nous nous sommes occupés du chemin, des pouvoirs du Conseil, des pouvoirs du Parlement, de la Commission mais nous avons peu parlé de la destination. La destination, pour nos pères, était la paix en Europe, pour nous, c’est la paix dans le monde. Abandonnant la destination, nous avons donné le sentiment d’une Europe lointaine. Les Irlandais nous ont rappelés à quelques réalités, tout comme l’avaient fait auparavant les Français et les Néerlandais. Ce qu’il nous faut aujourd’hui apporter à l’Europe c’est non pas le projet commun – comme on doit le faire en Espagne, en France pour notre nation – mais ce sont des projets fédérateurs, des projets qui rassemblent et qui permettent d’agir ensemble, qui ne sont pas confondus avec le projet commun national.
Ce que j’attends de la présidence française de l’Union européenne, et j’ai confiance dans ce que fait notre président, Nicolas Sarkozy, c’est de faire apparaître comme l’ont fait les fondateurs de l’Europe avec le charbon, avec l’atome, avec la politique agricole, des politiques communes qui puissent fédérer, rassembler. Une nation se construit autour d’un projet commun pour équilibrer son idée de la diversité, mais je pense que l’Europe ne peut se construire qu’autour de projets, au pluriel, qui vont fédérer des initiatives.
Deux projets dans la présidence française me paraissent être porteurs d’avenir : le projet d’union pour la Méditerranée, qui s’inscrit dans le processus de Barcelone, en prolongement de celui-ci, pour faire en sorte qu’on affirme bien que l’adresse mondiale de l’Espagne, de la France, c’est l’Euroméditerranée. Où habitez-vous ? On habite aujourd’hui sur un continent. Notre continent c’est l’Euroméditerranée. Cette adresse mondiale là est à la fois un espoir de développement pour l’Europe mais c’est aussi une perspective de paix pour la rive sud de la Méditerranée. Pouvoir mettre ensemble des peuples qui ont des frontières « brûlantes » c’est la perspective de paix. Ce projet peut être un nouveau moteur de la construction européenne.
Le second projet serait de travailler sur l’Europe de l’énergie. Comment pouvoir assurer notre approvisionnement en énergie ? Comment organiser la protection des citoyens vis-à-vis d’un certain nombre de tensions économiques internationales ? Je pense principalement au prix de l’essence.
Quand l’Union européenne donne le sentiment qu’elle ne s’intéresse pas au prix de l’essence, elle donne le sentiment qu’elle ne s’intéresse pas à ce qui touche aujourd’hui le citoyen. Nous avons besoin de quelques grands projets qui puissent à un moment précis de notre histoire montrer que l’Europe s’intéresse à ses citoyens, non pas en leur promettant un projet commun, en leur proposant l’unité politique, mais en leur proposant une diversité construite autour de quelques grands projets.
La réflexion reste à animer autour de nombreux thèmes : le besoin de territoire, le besoin de racines, le besoin de régions, le besoin de mobilisation… Avoir au fond du cœur des racines que l’on chérit, mais savoir que le culte des racines oit être pondéré par un « vivre ensemble » qui passe par un niveau minimum, indissoluble, d’unité nationale. Cette unité nationale doit être prolongée par une démarche de dépassement pour créer une solidarité continentale. Ce dépassement ne s’exprime pas par une Constitution mais par des intérêts communs, intérêts des États mais aussi intérêts des citoyens.
Les valeurs de l’humanisme moderne, le respect, l’équilibre et le dépassement, s’expriment du point de vue politique, au niveau local, national et continental.
Voilà ce que je voulais, chers amis, vous proposer. Votre fondation et l’action personnelle de José Maria Aznar sont très importantes pour que nous puissions nourrir une pensée renouvelée de la liberté, cette pensée à laquelle finalement nos adversaires politiques sont étrangers, peu intéressés qu’ils sont par ce qui est peut-être la cohérence entre une pensée et une action. La dignité de la politique c’est la cohérence entre la pensée et l’action. C’est pour cela que nos familles politiques en Europe doivent penser, réfléchir, construire cet humanisme du XXIe siècle. C’est un humanisme qui accepte la diversité mais qui refuse de négocier l’essentiel de son unité. Je vous remercie.
(1) JM AZNAR, Cartas a un joven espaňol, Planeta, 2007
15 juillet 2008 à 14:30
Bonjour Monsieur le Premier Ministre,
merci pour ces réflexions humanistes appliquées à la géostratégie, et ce discours d’authenticité !
D’abord le détail : si Montaigne ne s’est pas occupé de ses enfants, c’est que les enfants n’étaient pas vraiment considérés comme des êtres humains avant cinq/sept ans, et que l’éducation proprement dite ne commençait qu’à partir de cet âge-là, âge que les enfants de Montaigne n’ont hélas jamais dépassé… La mortalité infantile était par ailleurs si élevée qu’en humaniste soucieux de bien gérer ses affects, Montaigne préférait (malgré lui ?) ne pas trop investir dans l’amour des bébés.
Montaigne est par ailleurs audacieux avec l’éducation des jeunes enfants, comme le montre l’essai “De l’institution des enfants” (I,26), où il fait sortir l’enfant de la salle de classe pour le confier aux relations humaines, dans lesquelles il voit la meilleure formation du jugement. Pour Montaigne, l’enfant, c’est l’être humain dans sa simplicité naturelle, et il conçoit l’éducation comme un épanouissement, non comme un emprisonnement.
http://lyc-sevres.ac-versailles.fr/p_mont_pub.Fog.enfant.php
Ensuite, les considérations géostratégiques. Quel est le rôle de l’Europe dans le monde aujourd’hui ? Si je vous suis, Monsieur le Premier Ministre, et si l’Europe a pour mission de favoriser la paix dans le monde après l’avoir réalisée chez soi, cela veut dire que nous devons nous y préparer davantage et nous en donner les moyens. Les Européens le souhaitent lorsqu’il est question de valeurs, abstraitement, mais le référendum irlandais a montré aussi la difficulté d’évoquer les questions militaires au niveau européen.
http://groupedesbellesfeuilles.blogactiv.eu/2008/06/13/le-non-irlandais-en-images/
Pourtant les projets fédérateurs ne manquent pas non plus, si l’on conçoit ces projets comme vous le faites en Girondin, à partir de la fédération des initiatives territoriales et du besoin de créer une unité respectueuse de ses membres.
Par rapport aux Etats-Unis, qui apparaissent aujourd’hui comme facteur de déstabilisation (crise financière, guerre en Irak), l’Europe peut jouer assez efficacement le rôle d’une puissance d’équilibre. Qu’il s’agisse toutefois d’immigration ou d’équilibre monétaire, on voit bien que l’Europe ne saurait agir seule, et que c’est dans le respect, le dialogue et la concertation qu’elle a des chances de pouvoir faire quelque chose. Il me semble que l’esprit européen, que vous appelez humanisme, est une synthèse entre l’engagement au service de valeurs et un certain scepticisme, qui fait que nous gardons toujours une réserve devant notre propre engagement. Ce décalage nous permet de mieux nous comprendre nous-mêmes et d’accepter les différences.
Pour finir sur une nouvelle note philosophique (une vocation bien affirmée chez vous, Monsieur le Premier Ministre, et mise au service de la Cité dans une tradition romaine), je trouve que vous avez raison de rappeler que le vivre ensemble doit contrebalancer les tendances individualistes et relativistes qui font partie de notre modernité. Platon ne faisait pas autre chose, dans le Théétète, lorsqu’il rappelait contre les partisans du relativisme que ceux-ci se privent non seulement de la connaissance, mais aussi de la possibilité même d’échanger au moyen du langage.
Veuillez agréer mes salutations cordiales depuis Berlin,
Marc Foglia
15 juillet 2008 à 17:40
Bonjour Monsieur le Premier Minitre,
Permettez moi de vous remercier pour cette contribution, ce fut agréable de décortiquer votre point de vue.
Je fus particulièrement intéréssé par le fait que :
1. Vous mentionniez en parlant de la culture chinoise que « Cette culture-là va se diffuser comme se diffuse la puissance économique » car je partage totalement votre avis à ce propos. D’ailleurs, je crois savoir que dans plusieurs pays, la Chine organise déjà des concours de langue. Or parler une langue constitue le premier pas pour la découverte de la culture qui se cache derrière celle-ci.
2. « L’Europe de l’énergie », je ne suis pas un très grand spécialiste, mais je crois que construire l’Europe à travers des grands projets fédérateurs est une idée juste et intelligente. La croissance de demain dépendra beaucoup aussi de la faculté des puissances à pouvoir s’approvisionner car les pays émergents sont de plus en plus consommateurs d’énergie, donc la concurrence pour se les octroyer va être rude. « L’Europe de l’énergie » pourrait à cet effet aider les pays européens à préserver sa croissance car à 27, l’influence dans la négociation et dans les affaires du monde est plus importante.
Mon avis sur la diversité :
Je pense que c’est un besoin tellement profond qu’il ne sert à rien de tenter de l’effacer. Nos cultures sont nos identités, elles représentent ce qui nous rend unique, les valeurs que nous désirerons transmettre à nos enfants.
Voilà.
Merci encore et à bientôt.
Serge TCHAHA.
16 juillet 2008 à 5:29
Bonsoir, monsieur premier ministre!
Surtout, je vous remercie, pour vos réflexions, dans un plan large politique et mondiale.
C’est vrai, que la nécessité d’aujourd’hui est la diversité. L’ouverture de plusieurs cultures,( plutôt en les donnes) après l’échec de marxisme à sortir en premier plan une révision de la politique. C’est elle seule devrait construire les défis de ce début de millénaire, car l’orgueil et les egos au delà de la fierté nationale, manipule l’avenir ANSI. Il faut peser le projet de l’avenir pacifique à sa diversité sur les principes base de l’humanité, plutôt sur la responsabilité de la nouvelle génération, laquelle dans les zones de l’échec de marxisme sont avec la tolérance de cette diversité; L’alimentation des passés dans les Balkans, lorsque ils passent d’une culture impose de longue occupation turc, tombe aussitot à la suite dans un autre empire de marxisme, lesquels pour leur éternités ont alimente la fameuse patrimoine, laquelle est devenu la seule facteur d’une déstabilisé de région.
On a besoin pour telle réflection, monsieur premier ministre, parce que l’actualité est assez complique pour faire une conclusion.
Mes sincères remercies pour ces informations et je vous souhaite les meilleurs réussites à votre mission.
17 juillet 2008 à 1:40
Bonjour Monsieur le Premier Ministre,
vos expériences diverses permettent d’enrichir vos réflexions et les nôtres sur ce thème d’importance majeure comme vous le soulignez, pour le XXIe siècle comment concilier Diversité et culture commune, diversité et unité, comment générer un projet commun auquel la population d’une nation adhère, s,engage….
Je vais me contenter d’ajouter des commentaires sur le milieu que je connais le mieux: Québec, Canada, Amérique du Nord.
Je vais d’abord souligner qu’il y a ici en Amérique du Nord un réel vent où liberté devient libertarisme, hyperindividualisme…,(droite radicale étatsunienne) c’est une forme particulière de l’atomisation, la liberté qui nie le collectif. C,est le triomphe du “me, myself and I”…. citoyen-roi qui ne veut que des droits individuels, qui veut tous les droits, tous les services , mais qui n’accepte aucun devoir, aucune taxe ou impôt pour l’entretien des infrastructures collectives de la ville, de la nation. Ce modèle étatsunien est déstabilisant … financiarisation de l’économie, déréglementation, (ex: règles de plus en plus libérales pour l’obtention des hypothèques… et on va d’une crise financière à l’autre, il y a 5 ans la déréglementation de l’énergie en Californie avait aussi mené à des aberrations….., les exemples sont multiples… et là l’État doit intervenir pour éviter faillites en série … FannieMae ‘ Freddy Mac qui représentent 45 % des hypothèque détenues aux USA)…
Quant à l’influence culturelle étatsunienne, il y a bien entendu la voie de l’américanisation.. où une culture adopterait intégralement l’”american way of life”…
mais de plus en plus chaque nation des Amériques développe son américanité (Mexique, Brésil, Costa Rica…). Le Canada met de l’avant son multiculturalisme; le Québec par son héritage français ou francophone, par la redécouverte de ses relations avec les amérindiens, par ses tentatives (difficiles car continuellement bloquées ou presque par Ottawa) tente d’avoir des liens avec les nations latino-américaines (Une belle exception s,est produite en 2004, lorsque vous avez mené une exploration conjointe France-Québec au Mexique… cette expérience était censée se reproduire mais…. pourquoi cela ne s’est-il pas produit? vous avez la réponse, moi je ne le sais pas)… le Québec cherche à développer un interculturalisme, une améri-latinité originale mais fragile… les forces de l’homogénéisation sont grandes…
Quant à la question de la “globalisation” et de la diversité linguistique… La société étatsunienne est un modèle phare d’une société qui s’est construite sur l’immigration (se construisant sur la tragédie des peuples amérindiens , il ne faut pas l’oublier), toutes les langues se sont éteintes au profit de l’anglais est-ce que le vivre ensemble y est plus harmonieux…. ???? le taux de criminalité et de violence sociale y est de 3 à 4 fois plus élevé qu’en Europe… (vrai que c’est un raccourci… mais bon, je n’ai pas l temps de m’étendre sur cette question je vais passer aux cas du Québec et du Canada)
Le Canada nouveau, depuis 1982, alors qu’il y a eu le rapatriement unilatéral de la Constitution britannique s’est basé sur le “multiculturalisme”, la valorisation de toutes les cultures. Le Québec n’a pas adhéré à la Constitution canadienne qui s’est élaboré en 1982, car elle nie la notion de peuple fondateur francophone qu’au cours du siècle précédent le Québec était parvenu à gagner et à maintenir.
Les Pays-Bas avaient aussi adopter la voie du multiculturalisme et ils sont en train de se poser des questions sur ce sujet.
Officiellement le Québec rejette le multiculturalisme canadien et préfère parler d’interculturalisme ou de culture commune, de culture convergente (selon les partis politiques). Depuis 1983 il tente d’élaborer cet interculturalisme.
Il y a un très beau livre qui a été écrit sur le multuculturalisme canadien par l’écrivain Neil Bissoondath. Il soutient que le multiculturalisme canadien ne favorise pas l’intégration mais la création de ghettos qui cohabitent sans se croiser … il n’y a pas de culture commune (”Le marché aux illusions, essai sur le multiculturalisme, 1996) (Bissoondath est le neveu de l’écrivain V S Naipaul, de l’Inde, prix Nobel de littérature. Il a immigré au Canada en 1973, a vécu longtemps à Toronto, puis a déménagé à Montréal, Il vit depuis 1999 à Québec).
L’interculturalisme québécois tente de concilier l’existence d’une culture commune avec un respect des différences, Alain G. Gagnon a beaucoup travaillé avec des collègues universitaires à cerner cette approche que le Québec tente de développer depuis 1982 (”Diversité et identités au Québec et dans les régions d’Europe”2006). C’est très difficile car le gouvernement canadien cherche à imposer continuellement son dogme multiculturaliste… les fêtes du 400e entre autres ont été le lieu de cet affrontement de coulisses. Le ministre Couillard a démissionné il y a 3 semaines entre autres parce qu’il ne parvenait pas à pouvoir donner suite aux projets liant les communes racines du Poitou Charente et les familles souche du Québec….) la Grande Traversée de l’atlantique, le retour aux sources… Ottawa trouvait ces projets contraire au dogme du multiculturalisme, car en rejoignant les familles souches il rejoignait la nation québécoise… Ottawa-Canada veut que ce ne soit que la ville de Québec qui soit célébrée .
J’ai été un peu long, mais bon il semble que le livre qui fait le point sur cette question de comment concilier les théories libérales et les droits collectifs , la liberté et le vivre ensemble, liberté et culture commune a été écrit. (Michel Seymour, “Une théorie des droits collectifs. De la tolérance à la reconnaissance. ” Boréal, 2008, fait plus de 700 pages)” je ne m’y suis pas attaqué. Je travaille sur un autre thème pour le moment.
En terminant je dirais que je suis d’accord avec vous lorsque vous écrivez que “C’est dans la Constitution et dans la nation que le politique doit veiller à injecter le maximum d’unité.”,
il y a eu des discussions au QUébec sur cette question, la pertinence pour le Québec de se doter d’une constitution qui lui soit propre, d’autant plus que depuis 1982, il n’adhère pas à la constitution canadienne. Tous les partis politiques sont d’accord avec cette idée d’une constitution québécoise, sauf celui de M. Charest. M, Charest espère que le Québec adhère à la constitution canadienne et au multiculturalisme, mais pour cela il a besoin d’un gouvernement majoritaire. Ce qu’il tentera probablement d’aller chercher tout de suite après le sommet de la francophonie du mois d’octobre prochain.
Je vous prie Monsieur le Premier ministre, d’accepter mes salutations distinguées,
Alain Lavallée
18 juillet 2008 à 6:40
Bonjour Monsieur le Premier Ministre,
Très absorbé ces derniers temps à suivre la deuxième lecture du Projet de loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Ve République ayant même joué parfois l’oiseau de nuit, je vous ai délaissé un petit peu, je vais essayer de combler ce retard en vous apportant ce petit commentaire.
Tout d’abord un petit mot sur la réforme de nos institutions, j’ai donc suivi les débats parfois assez tendus mais toujours courtois et je pense que certains membres de la Chambre Haute auront bien mérité les quelques jours de congé qui s‘annoncent, je pense en particulier à votre ami le Sénateur Jean-Jacques Hyest, Rapporteur et Président de la commission des lois émérite qui s’est dépensé sans compter tout au long de ces débats qu’ils soient de 1ère ou de seconde lecture. Je souhaite que ce travail ne reste pas vain et que nos Parlementaires sauront adopter cette réforme lundi au congrès de Versailles, il va mieux quelques améliorations que pas du tout et certains pourraient regretter de voter contre cette loi.
Revenons à ce billet. Comme toujours, vos réflexions sont pertinentes sur ce que doit être l’humanisme du XXIème siècle avec des valeurs modernes et des projets communs. Cependant, elles m’amènent également à une réflexion qu’il faudra être vigilant, car si, comme vous le rappelez, trois valeurs s’imposent à cet humanisme de la diversité que sont le respect, la réciprocité du respect et le dépassement des personnes, vous faites également allusion au respect de la culture, or nous avons à travers le monde des cultures différentes et il ne faudrait pas que ces cultures amènent de la division avec un « choc » des cultures ! Je suis pour le respect des cultures mais il ne faut pas qu’elles ne mettent entrave à l’unité, faisons attention car des prémisses apparaissent ici et là au niveau international mais également au niveau national et même régional voire communal sans parler des relations familiales et intergénérationnelles.
Très cordialement
Jacques
18 juillet 2008 à 19:45
Et autrement, vous avez un avis sur les manoeuvres du jour ?
Faire pression sur les parlementaires, c’est particulièrement démocratique et respectueux de la séparation des pouvoirs, n’est-ce pas ?
On peut éventuellement arranger la situation en demandant au Français de revoter l’élection présidentielle puisqu’il est désormais patent que les Français se sont trompés.
Au fait, connaissez-vous l’article 68 de la Constitution ?
19 juillet 2008 à 1:28
Bonsoir Antoine,
Vous voulez parler des socialistes, qui font tellement de pressions sur ceux des leurs qui approuvent la réforme de la Constitution et voudraient bien la voter ? Comme je vous comprends !!
Eux qui dénoncent tellement les députés “godillots” comme ils disent ! Vraiment “ça la fout mal” !!!
Et tout ce déni de démocratie, tout ce déni du suffrage universel depuis un an ! Vraiment, je vous comprends, Antoine, les socialistes ne sont pas raisonnables… et c’est vrai que l’article 68 aurait été très utile si par malheur ils avaient accédé au pouvoir en mai 2007 !!!!
J’en profite pour saluer Monsieur d’Hornes ainsi que Pierre.
19 juillet 2008 à 12:05
Bonjour Mary,
Vous êtes formidable, votre billet déploie une certaine habileté, bravo pour cette réflexion. Je dois vous avouer que l’idée m’a traversé l’esprit de répondre à ce Monsieur. Et puis, est-ce par sagesse ne voulant pas entrer dans une nouvelle polémique, je ne l’ai pas fait.
J’en profite pour saluer votre courage maintes fois démontré.
C’est bien que ce Monsieur fasse part de l’article 68, ça prouve au moins qu’il a lu la Constitution, mais je crois qu’il s’égare un peu, cet article est bien plus complexe qu’il ne le paraît.
Néanmoins, je me suis fait la réflexion suivante : pour oser interpeller Monsieur Raffarin de la sorte et lui faire de telles suggestions, il fallait que l’interlocuteur soit membre du Conseil Constitutionnel ou alors être un opposant en mal de digestion. Après vérification je me suis aperçu qu’aucun membre de ce conseil avait ce patronyme ni même portait le prénom d’Antoine.
Toutefois, je reconnais l’abnégation de ce Monsieur.
Très cordialement
Jacques
NB : Ma chère Mary, appelez-moi Jacques, c’est beaucoup plus chaleureux surtout sur ce site si convivial où l‘on a toujours beaucoup de plaisir à se rendre.
19 juillet 2008 à 17:00
@ Mary,
Vous vivez dans la bulle UMP, un OVNI politique anciennement parti politique, aujourd’hui un truc qui ressemble à une secte. Vous êtes complétement conditionnée pour réagir de façon pavlovienne en pointant immédiatement les socialistes mais vous refusez de voir la réalité :
“Institutions : Villiers dénonce le chantage de la majorité
« Menace, tentative d’achat,… » Le député souverainiste dénonce des méthodes « choquantes » pour convaincre son camp de voter « oui » à la réforme des institutions.
[...]
La députée MPF Véronique Besse a déclaré qu’elle avait d’abord été appelée par des collègues UMP, avant que les appels ne viennent «de plus haut», et par exemple du président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer. «Et on m’a dit que cela allait venir de plus haut encore», a-t-elle ironisé. Ses différents interlocuteurs lui ont donné le sentiment qu’elle pouvait «demander la lune». «On me demande ce que je veux», «on me demande si une mission sur la famille me ferait plaisir, en me disant qu’on s’arrangera sur les conditions», a-t-elle dit. «Je suis admirative des députés UMP qui résistent encore», a-t-elle dit”.
http://www.lefigaro.fr/politique/2008/07/18/01002-20080718ARTFIG00399-institutions-villiers-denonce-le-chantage-de-la-majorite-.php
“À l’UMP, les «irréductibles» déterminés à voter non
Le gaulliste Jacques Myard, reçu aussi à l’Élysée, constate : «Si on interrogeait les députés UMP à bulletins secrets, 40 % d’entre eux voteraient contre.»
http://www.lefigaro.fr/politique/2008/07/18/01002-20080718ARTFIG00014–l-ump-les-irreductibles-determines-a-voter-non-.php
Quelle sera la légitimité d’une révision parlementaire de la Constitution votée suite à des pressions ?
Et pendant ce temps : “Nicolas Sarkozy veut la tête de Franz-Olivier Giesbert”
http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/medias/medias__pouvoirs/20080718.OBS3452/nicolas_sarkozy_veut_la_tete_de_franzolivier_giesbert.html
Honte aux parlementaires-vassaux UMP qui n’ont que pour vertu la COUARDISE !
Honneurs aux parlementaires UMP qui résisteront aux pressions et sauront voter en conscience !
La France n’est pas le jouet de Sarkozy.
19 juillet 2008 à 21:23
Monsieur Antoine,
Je viens de lire votre dernier billet et je m’aperçois que vous êtes un peu dur avec Mary, sans doute emportée par sa fougue de militante se focalisant un peu trop sur l’ennemi socialiste mais peut-on lui en vouloir ? Surtout que le billet, auquel elle répondait, manquait visiblement d’un peu de clarté car si votre second commentaire correspond au message que vous vouliez faire passer, je pense que vous vous êtes trompé d’interlocuteur en vous adressant à Monsieur Raffarin, ou alors vous connaissez très mal notre ancien Premier Ministre. Dois-je vous rappeler que, tout en restant loyal, il a pris position plusieurs fois contre notre Président (nationalisation des élections municipales, ADN, etc…) au cours de ces derniers mois.
En reprenant vos propos, vous n’êtes pas mal non plus dans le style pavlovien, Mary dans sa bulle UMP qui n’amène aucune contestation mais vous dans le rôle d’opposant quand ça vous arrange. Vous reprenez les arguments de Monsieur de Villiers, alors que ce Monsieur aurait sans aucun doute voter favorablement au congrès de Versailles lundi prochain si l’amendement proposé par l’Assemblée Nationale concernant l’article 88.5 avait été maintenu, une obsession face à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne, or cet amendement fût rejeté par une large majorité des Sénateurs tous bords confondus (297 voix pour 304 exprimées), tout simplement parce qu’il montrait du doigt sans le nommer ce pays. Ce qui n’empêchera pas d’ailleurs de procéder à un référendum lors de la demande d’adhésion de ce pays dans l’Union Européenne au moment opportun.
Par ailleurs, la suite de votre second billet fait un peu sourire. Quel est le but de cette réforme de nos institutions ? Donner plus de pouvoir au Parlement pour équilibrer les institutions, je ne vois pas pourquoi des Parlementaires qui ont la possibilité d’acquérir plus de pouvoir voteraient contre cette loi, alors qu’ils ont tout à gagner, sauf bien sûr s’ils sont conservateurs comme peuvent l’être le MPF de Monsieur de Villiers ou les Gaullistes de l’UMP. Alors quoi de plus normal, que d’essayer de rameuter les troupes devant un vote très incertain. Ce lundi prochain, chaque parlementaire devra assumer ses responsabilités pour voter ce texte et dans le cas où cette réforme ne passerait pas certains auront sans doute beaucoup de regrets d’avoir très peu de pouvoir (surtout les partis minoritaires) et ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes, il vaut mieux avoir quelques petits nouveaux avantages que pas du tout.
Bien amicalement
Jacques
20 juillet 2008 à 8:56
@ Jacques d’Hornes
Cette révision de la Constitution est un trompe-l’oeil. Il s’agit de donner l’illusion de donner plus de pouvoirs au Parlement. Mais la *pratique actuelle des institutions* ne changera pas. L’Executif continuera d’exercer des pressions sur le Législatif au-delà du légitime et du raisonnable, et n’hésitera pas à neutraliser, contourner ou dévoyer les nouvelles dispositions.
Vous parlez du Sénateur Raffarin qui s’est opposé aux tests ADN. Mais si je ne me trompe pas, il a, comme le Sénateur Pasqua, finalement changé d’avis sur le sujet.
Les parlementaires UMP, et pas seulement eux, semblent subir des pressions, menaces, chantages et intimidations. Leur vote n’est pas libre. En droit civil, nous parlerions de vices du consentement. La séparation des pouvoirs est inexistante, le Parlement une véritable chambre d’enregistrement comme l’a reconnu Copé l’arriviste.
Si certaines dispositions sont intéressantes - à mes yeux, seule l’introduction de l’exception d’inconstitutionnalité autrefois proposée par la Commission Vedel est une véritable réforme - le bilan avantages/inconvénients fait pencher la balance en faveur d’un rejet. En particulier, la présence du Président devant le Congrès est un obstacle dirimant à l’approbation de ce projet.
Monsieur d’Hornes, nous sommes dans une situation où le clivage gauche/droite n’est plus l’essentiel. Il s’agit désormais de rassembler les parlementaires républicains - et patriotes - pour que la France retrouve son honneur. Vous trouverez peut-être que j’exagère et que je dramatise, ce à quoi je vous répondrais que vous feignez de voir la réalité de la pratique du pouvoir.
En l’état actuel, voter en faveur de cette révision serait comme organiser un barbecue dans l’Estérel (pour citer le Président la République Jacques Chirac). Il est manifeste que Sarkozy n’est pas sain d’esprit et qu’il n’agit pas principalement dans l’intérêt du pays et pour l’intérêt général. C’est d’abord l’esprit de cour qui domine, pas la volonté de prendre des décisions pour l’intérêt du pays.
J’espère sincèrement que le Sénateur Raffarin réflechira à nouveau à son choix et, qui sait, qu’il refusera de succomber à la pression sociale et rejetera cette révision de la Constitution.
Enfin, la référence à l’article 68 de la Constitution est particulièrement pertinente, n’en déplaise à votre cynisme.
Citoyennement.
21 juillet 2008 à 0:35
Bonjour Mary, Antoine et Jacques,
Chère Mary, merci pour votre “bonjour” et je vous adresse mon “bonsoir”.
Cher Antoine, vos propos sont un tout petit peu attaquants et donc attaquables.
Je ne fais partie d’aucune “secte”, mais franchement je vois rouge quand on attaque mon amie Mary et mon camarade Jacques !
Bon je ne vous ferai pas le coup de “c’est pas bien d’attaquer une femme” (un des arguments favoris des zélateurs de Madame Royal), et puis Mary, qui est pleine de talent n’a besoin de personne pour se défendre. Je note d’ailleurs que vous n’êtes pas parvenu à lui marcher sur les pieds… Et je serai vous, je ne m’y risquerai pas…
Pour ce qui est de revoter l’élection présidentielle, voici une riche idée ! J’y adhère pleinement mais en mai 2012, pas avant. Sinon, ce ne serait pas démocratique. Et puis je ne dois pas être un bon Français, mais je ne suis pas de ceux qui estiment s’être trompés ! A un point tel que je risque fort de récidiver en 2012.
Pour ce qui est de l’article 68, en vous lisant on se dit que vous ne l’avez pas choisi par hazard : 68, c’est aussi l’année du grand B… ! Peut-être en étiez-vous ?
Au sujet des parlementaires UMP, je trouve normal et cohérent qu’ils votent selon les consignes UMP. Cela peut choquer, j’en conviens, mais je suis toujours choqué quand je vois un élu tirer contre son camps. Avoir l’investiture UMP pour être crédible et éligible ne doit pas autoriser à se servir ensuite de cette étiquette pour s’en servir comme un paillasson. C’est bien trop facile !!! Les réunions de groupe à l’Assemblée et au Sénat sont faites pour cela. Mais une fois dans l’hémycycle, l’union et la cohésion s’imposent. Il y a eu débat avant et maintenant il doit y avoir cohésion. Je conviens que mes arguments puissent choquer. Mais on ne peut pas se réclamer du Président et de sa majorité et se conduire comme un opposant.
C’est, je l’avoue mon côté “fana-mili”, pas fanatique militant, mais fanatique militaire. Bon j’étais samedi soir à Saint-Cyr Coetquidan pour le Triomphe des élèves officiers et en les voyant, je me disais que cela faisait du bien de voir qu’il y a encore des hommes et des femmes qui croient encore aux valeurs de notre si beau pays. A l’heure où nos ondes sont envahies (polluées) par Secret Storye et Tokyo Hôtel, passer une soirée à St Cyr, cela vous redonne le moral ! Outre le côté privé, mon père, mon grand-père et mon arrière-grand-père ont tous les 3 fait St Cyr, oui c’est un grand bol d’air de voir cette unité, cette cohésion. Et bien je trouve, et je sais que cela va choquer, que lorsque vous êtes élu, vous vous devez de respecter votre investiture, comme ces officiers respectent leur uniforme.
Cher Antoine, je vous cite, “Pour que la France retrouve son honneur”. Vous insinuez donc que la France a perdu son d’honneur !!! Un jour normal, je trouverai totalement honteux, misérable et scandaleux que l’on dise de mon pays qu’il a perdu son honneur !! C’est un jour normal !!! Et je trouve donc vos arguments honteux, misérables et scandaleux !!!
Pour ce qui est du cynisme de Jacques, là je préfère ne pas vous écrire ce que je pense de votre sortie !
Traiter Jacques de cynique, c’est sinistre et totalement faux. Vous devriez lire Jacques d’Hornes plus régulièrement !!! Vous devriez d’ailleurs relire l’éloge de Monsieur le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin vis-à-vis de Jacques. Cela vous ferai sans doute un bien fou !!! J’ai écrit “Monsieur le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin”, parce que je trouve cela moins cynique que d’écrire “Monsieur le Sénateur Raffarin”… Question de point de vue.
Jacques a été un brillant serviteur de la France, un ancien de la Royale (de la Marine Nationale si vous préférez) et moi qui le connais un peu beaucoup et même très bien, je puis vous assurer que jamais je ne me risquerai de le traiter de cynique, même pour plaisanter !!
Non seulement ce serait totalement irrespectueux, mais j’aurais trop peur de passer pour un clown auprès des intervenants de ce blog !!! Maintenant, si vous êtes plus fort que nous tous et visiblement telle est votre conviction, vous pouvez traiter Jacques de cynique et même de bien autre chose. Attention cependant à l’esprit de cohésion, à l’esprit de corps qui règne ici !!!
Ici on peut tout dire, tout penser, tout dévoiler. Mais il faut aussi se méfier de la “Force J” !!! J=Jorétapo, un groupe d’intervention qui en a fait renoncer plus d’un dans l’art de la provocation !! Lisez les archives de ce blog : vous noterez qu’il n’y a pas de survivants parmi les coriaces et les forts en g… !!
A très bientôt, Cher Monsieur Antoine et n’hésitez pas à revenir défier Mary et sa bulle, Jacques et son cynisme et moi, votre modeste serviteur !!
Très respectueusement et sans l’ombre d’un soupçon de haine ou de cynisme,
Pierre ARCHAMBEAUD
21 juillet 2008 à 6:19
Monsieur Antoine,
Comme je l’ai déjà dit précédemment, je ne suis pas un homme à polémiquer, surtout dans le domaine politique où chacun a ses convictions et son point de vue.
Ne soyons pas utopistes. Vous confondez rêve et réalité et vous pensez que vous et ceux que vous soutenez vous pouvez tout changer. Je ne le pense pas, je suis plutôt réaliste, de l’opinion générale des Français qu’ils soient de droite ou de gauche mais qui souhaitent néanmoins une évolution dans nos Institutions.
Nous n’arriverons jamais à nous entendre, aussi je préfère clore ce débat qui aurait tendance à s’envenimer.
Respectueusement
Jacques d’Hornes
21 juillet 2008 à 21:14
@ Pierre
En résumé, sur ce blog, c’est à qui fera le meilleur éloge de l’autre, à qui sera le plus flatteur et le plus obséquieux.
Je ne joue pas au vassal et au suzerain.
@ Sénateur Raffarin,
Nous sommes les otages des caprices et des égoïsmes des politiques.
Et en aparté, le sarkozysme est un gigantesque dîner de cons.
22 juillet 2008 à 12:27
@ Antoine
Je m’étais pourtant promis de ne pas y revenir, mais vos propos en ont décidé autrement.
Je pense qu’il vaut mieux être flatteur et obséquieux que de s‘enferrer dans la suffisance, un peu de courtoisie et d’humilité n’ont jamais nui à la chaleur humaine cher Monsieur et notre Société en a bien besoin.
En venant sur le blog de Monsieur Raffarin, vous auriez dû lire la charte de ce support avant d’y apposer un commentaire, mais c’est vrai j’oubliai que vous faites parti de cette minorité qui veut tout changer, même les règles du blog de Monsieur le Premier Ministre.
Quant au dîner de cons … ! Il me semble que certains refusent le fait de ne pas avoir été conviés.
Cordialement
Jacques d’Hornes
22 juillet 2008 à 23:07
Sur ce blog, Antoine, nous nous apprécions et nous nous respectons.
Il est fort dommage que vous confondiez la courtoisie, l’estime et le respect avec la flatterie et l’obséquiosité.
Je ne partage ni vos points de vue ni vos idées ; nous aurions pu en discuter mais je vous trouve bien trop excessif et intolérant et surtout un tantinet prétentieux lorsque vous prétendez que les français se sont trompés lors de la dernière élection présidentielle ; à part vous, nous sommes donc tous des sots… vous avez donc une bien piètre vision de plus de 19 millions de vos concitoyens ! En ce qui me concerne, comme Pierre, je récidiverai avec joie en 2012 !
Alors, cessez donc de vous faire du mal ; personne ne vous oblige à venir sur ce blog, à moins que nous puissions échanger des points de vue différents entre gens civilisés.
Vous paraissez bien amer dans votre dernier commentaire… Ah ! oui, c’est vrai, la réforme des institutions a été adoptée… et J. Lang bien maltraité par son parti !
22 juillet 2008 à 23:20
Bonsoir Antoine,
Pour faire votre éloge, il me faudra beaucoup de courage, d’imagination, mais aussi d’abnégation. Je suis en manque d’inspiration vis-à-vis de vous et pour les flatteries, je préfère flatter mes chiens, parce que vous, je ne vous aime pas !
Je ne vous aime pas et je n’aime pas non plus les donneurs de leçons et les faiseurs de morale.
Restez donc dans votre petite France que vous seul allez pouvoir défendre et protéger et devenez le sauveur de la morale et du bon sens. Votre France elle fleure bon des temps anciens et aujourd’hui heureusement révolus !
En ce qui me concerne et je crains ne pas être le seul, je n’ai plus rien à vous dire et d’ailleurs, si vous me le permettez, je vais clore ici notre semblant de dialogue avorté.
Puisque vous parlez du Dîner de Cons, vous me permettrez de paraphraser ce film : “Il s’appelle juste Antoine ! ” “Ah il n’a pas de nom de famille ?” “Non il s’appelle juste Antoine et il ne donne pas son nom parce qu’il n’est pas assez courageux”.
En plus si cela se trouve votre grand courage vous a même poussé à emprunter un prénom qui n’est pas le vôtre ! Histoire de n’assumer ni vos mots, ni votre brillante personnalité !
Pierre ARCHAMBEAUD