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22.08.2008
Chine-Inde : le match aura-t-il lieu ?Si certains s’interrogent encore sur la capacité de la Chine à devenir la première puissance du monde, personne ne doute maintenant de la domination de l’Asie. Le « Made in Asia » inonde les marchés, les capitaux voyagent d’Ouest en Est et les grands projets émergent en Asie. Il suffit de mesurer aujourd’hui les différents équipements portuaires mondiaux pour constater la domination asiatique (17 des 22 plus grands ports du monde sont localisés sur la façade asiatique du pacifique (1). Cette puissance asiatique n’est pas sans problèmes, parmi lesquels la croissance des disparités intérieures n’est pas des moindres. Cependant l’avenir de l’Asie dépend principalement d’une question, celle des futures relations entre l’Inde et la Chine. Gilbert ETIENNE dans son ouvrage « Chine-Inde : le match du siècle » (2) analyse les termes de cette confrontation. Les divergences sont en effet réelles et les compétitions nombreuses. Le débat politique, autorité et démocratie, la concurrence manufacturière, bas coûts et technologies, la stratégie de l’intelligence, recherche et innovation, nombreux sont les sujets qui opposent l’Inde et la Chine. Aujourd’hui le match est déséquilibré, le montant total du commerce extérieur chinois représente plus de trois fois celui de l’Inde ce qui a certainement contribué à la recherche d’un partenariat économique engagé depuis 2003 par les dirigeants des deux pays. Le secteur des technologies de la communication illustre pleinement les efforts fait par les deux pays pour fertiliser leur complémentarité. Ces efforts accélèreront évidemment la croissance de la part de l’Asie dans le commerce mondial. Cette réussite peut elle conduire à l’émergence d’un modèle asiatique qui progressivement s’imposerait au modèle occidental ? C’est possible. Une matrice, celle des 3 p, pensée, puissance et partenariat, est très favorable à cette perspective. La pensée asiatique, fondée par deux empires historiques, placés à la croisée des routes commerciales (3) pénètrent progressivement nos cultures avec les valeurs du confucianisme, du taoisme et du bouddhisme. Les priorités données au pragmatisme sur le dogmatisme, à l’immanence sur la transcendance, à la transformation sur la création, à la constance sur le changement, au social sur le singulier… font réfléchir l’Occident et conduisent des philosophes comme François JULLIEN a revisité la pensée grecque avec ces autres clefs. La puissance née de la somme des forces de l’Inde et de la Chine apparaît irrésistible. Comment contester, au nom de notre tradition universitaire, le classement de Shanghaï, quand ce dernier s’impose déjà au tiers de l’humanité. Dans ce nouveau monde, la puissance fait la norme. Enfin, par son ouverture, l’Asie propose au Monde un message de modernité : le partenariat. Relayé par de puissantes diasporas à l’étranger, ce message s’adresse à la fois aux puissances occidentales et au monde en développement. A l’Occident, l’Asie propose d’échanger la croissance contre les technologies, au « Tiers monde » elle s’affiche à la fois comme protecteur et médiateur. Dans cette perspective du modèle asiatique la Chine a pris les devants. Elle a choisi de faire sa proposition au monde à l’occasion des Jeux Olympiques : « La Chine a besoin du Monde, le monde à besoin de la Chine ». L’Inde souhaitera – t‘elle un élargissement de cette proposition à l’Asie ? Comment l’Inde voit-elle l’avenir de sa relation avec la Chine ? C’est pour répondre à ces questions que le troisième séminaire d’été au Futuroscope, ce 22 août, a choisi comme thème « La Chine vue de l’Inde ». Cette réunion d’experts tracera la ligne de prospective de « l’autre monde ». Jean-Pierre Raffarin
(1) l’Autre Monde, géopolitique de l’Asie méridionale et orientale par C. Chancel, E.C.Pielberg, C. Tellene. PUF 2005 (2) G.Etienne, Chine-Inde : le match du siècle, presses de Sciences-Po. 1998 (3) Rapport de la commission des affaires culturelles du Sénat. 2008
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S'abonnerCommentairesIsabelle dans Voeux et enjeux le 08/01 à 06:29 Bonjour à tous et à vous, M. Raffarin, Je poursuis mon post d'hier, si vous le voulez bien: Cette [...] Isabelle dans Voeux et enjeux le 07/01 à 15:16 Meilleurs voeux à tous. M. Raffarin, la cause de la crise économique trentenaire française n'a jama [...] houma dans Tragiques bombardements le 07/01 à 15:02 Bonjour à tous Je vous adresse avec un petit retard mes sincères voeux de santé, de bonheur et de [...] Mistral dans Tragiques bombardements le 07/01 à 11:08 Zaffran, Quand Israel évacue des gens qui occupent de manière totalement illégale un territoire, [...] ZAFFRAN dans Tragiques bombardements le 05/01 à 12:16 Dans une évidente volonté de paix, Israël a délogé par la force tous les Israéliens de la bande gaza [...] |
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23 août 2008 à 8:20
Après le séminaire passionnant d’hier au futuroscope, je dois tempérer ce billet en vous faisant part de l’inquiétude des intellectuels indiens sur les menaces de “l’emergence chinoise” et sur “la préférence chinoise” de l’occident. La diplomatie officielle indienne s’affiche, elle, très conciliante. Dans une brillante synthèse André Chieng s’est montré rassurant :”croyez-vous qu’un pays qui aurait des visées expansionnistes limiterait sa démographie a un enfant par famille?”.
23 août 2008 à 15:26
Monsieur le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin,
Ne tempérez pas votre billet, de très grande qualité, sur l’influence du monde asiatique.
Comme vous le dites, l’Asie, la Chine et l’Inde sont des pays de grandes cultures, qui ont su grandir tout en gardant les liens avec les traditions.
Il suffit de voir Singapour pour comprendre qu’il est possible de prospérer dans le monde des affaires tout en gardant une place aux traditions, à la spiritualité, aux relations avec son prochain.
Nous avons perdu ce coté de recherche de valeurs communes, d’aller vers les autres…
Un simple exemple, lorsque je débutais à l’étranger, le français hésitait de donner sa carte de visite, le plus souvent il n’en avait pas, par contre les étrangers au contraire étaient demandeurs pour agrandir leur cercle de connaissance.
L’avenir est définitivement en Asie, il y a une telle dynamique, un tel foisonnement dans la démarche intellectuelle, un tel esprit d’ouverture, que je ne peux penser différemment…
Souvent, lors de mes retours en France, je ressentais le choc des différences, une Asie tournée sur demain et une France qui tourne en rond chez Ardisson, un aéroport gris qui vous attend, la queue obligée pour passer l’immigration, le taxi qui parle des taxes et les bourgeois qui attendent des jours meilleurs.
La France a besoin de se libérer…de vivre…de respirer…
Je pense que c’est l’Asie qui nous réveillera…
N’ayons pas peur de l’Asie, mais construisons le futur ensemble,
Les droits de l’homme, les droits sociaux…font partis de notre patrimoine culturel, je suis certain que l’Asie est prête à grandir aussi dans ce sens.
Ne nous fermons pas, ne pensons pas que nous détenons l’unique vérité,
Ouvrons nous aux différentes cultures et grandissons ensemble !
Veuillez agréer Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma très haute considération.
jany guiot
23 août 2008 à 16:41
Bonjour Monsieur le Premier ministre,
Il est vrai que l’Inde a été attaquée par la Chine en 1962, et que cette dernière occupe encore une vaste portion du territoire indien dont une partie du Jammu-Cachemire, le Shaksgam, et l’Aksaï Chin, cette importante partie du Ladakh annexée par la Chine dans les années 50 au nez et à la barbe des autorités indiennes.
Et sur les hauts plateaux du Tibet annexé par la Chine des centaines de missiles pointent sur l’Inde.
D’autre part, Pékin revendique très ouvertement des parties de territoire indien. Notamment l’Arunachal Pradesh dont l’ambassadeur de Chine en Inde n’a pas hésité à dire, en début d’année à la veille de la visite en Inde du Président chinois, qu’il était partie intégrante de la Chine.
Ajoutons à cela le fait que la Chine est grand pourvoyeur d’armes au Pakistan et qu’elle a aidé celui-ci à accéder à l’arme nucléaire.
Cela peut effectivement inquiéter.
Sincères salutations,
Laurent
24 août 2008 à 7:06
Bonjour Monsieur le Premier Ministre,
Je pense que ce séminaire devait être très intéressant devant l’émergence de ces deux grands pays avec des intervenants de grandes qualités.
Chine-Inde : le match aura-t-il lieu ? Comme vous le dîtes, actuellement le match est déséquilibré, je le pense également. Mais pour moi, l’Inde est un peu la tortue de la fable de La Fontaine, et je me pose la question suivante : ce retard pris ne sera-t-il pas très vite comblé ? Car alors que les chinois commencent à voyager, à découvrir le monde et les innovations scientifiques et technologiques, il y a belle lurette que les Indiens en sont imprégnés, ils en sont d’ailleurs des membres actifs à travers le monde. Si la Chine transforme, je pense que l’Inde transforme aussi mais elle crée également, faut-il rappeler que l’Inde forme 150.000 ingénieurs diplômés par an, il suffit de lire quelques articles sur Bangalore, berceau de la haute technologie indienne pour s’en rendre compte. Autre fait dont il faut tenir compte et qui me paraît très primordial, il me semble que l’Inde vit actuellement une chose particulière, en effet avec l’émergence de ce pays, de nombreux « cerveaux » expatriés rentrent au pays avec des capitaux importants s’étant aperçus qu’ils pouvaient tirer leur pays vers le haut.
Très cordialement
Jacques
24 août 2008 à 15:19
Pouvons-nous penser que la relation Chine-Inde soit un match ?
Aujourd’hui le monde va de plus en plus vite, les nouvelles technologies pousse le vieux monde dans le retranchement des idées.
La Chine et l’Inde sont deux grosses entités qui se frictionnent pour mieux trouver leur équilibre.
La Chine et l’Inde sont deux grandes civilisations, chacune de ces nations a une très grande culture millénaire, nous pouvons parler de berceaux de civilisation.
Plus que beaucoup d’autres nations, l’Inde a su marier la modernité à la spiritualité.
Comme disait Malraux, ce millénaire sera celui de “la spiritualité”, c’est à dire une meilleure intégration de l’homme dans son environnement social, sociétal et environnemental.
La relation de l’homme avec la nature de son existence sera profondemment transformée par le choc des cultures, l’approche du progrès social par une meilleure reconnaissance du droit de chacun, des communautés, des régions et la question spirituelle.
N’oublions pas que le progrès social, l’approche sociale, est un pas vers l’autre, la reconnaissance de l’autre et qu’il est de nature spirituelle au-delà du formalisme des religions.
L’homme ne prend sa dimension que lorsqu’il lie la matière et l’esprit dans une même dynamique.
Aujourd’hui, nous voyons un bon nombre de sociétés indiennes travailler dans le monde et nous concurrencer dans des domaines pointus comme l’informatique, l’ingénierie etc.
Nos sociétés ont oublié l’investissement dans la reflexion productive en jouant le profit court terme des places financières…avec l’aval des politiques ne l’oublions pas…
Il faut revenir a une vrai politique industrielle par une meilleure gestion du savoir faire (la chaine de la connaissance), l’investissement dans les technologies d’avenir en incluant les formations, l’intégration du dialogue social comme dynamique de gestion des entreprises, l’approche qualité de nos offres, l’ouverture sur la dynamique commerciale…
Ce n’est pas du YAKA FOKON, c’est du pragmatisme, si l’on ne fait pas un premier pas, un geste, comment pouvons nous penser réveiller cette France de la torpeur ?
La France est le pays du gachis des connaissances, à part les quelques privilégiés des TGV des grandes écoles, beaucoup souffrent la frustration de l’oubli.
A quand le réveil, le désir de promulguer la chance, la reconnaissance, tout simplement.
Les plus grands projets que j’ai pu suivre dans le monde se sont faits avec des gens ordinaires.
Dans un esprit de team.
jany guiot
26 août 2008 à 5:58
Bonjour Monsieur le Premier Ministre,
Merci pour ce billet.
Je vous serai gré de bien vouloir, si possible, mettre à notre disposition les autres documents que les autres conférenciers ont utilisé dans le cadre de cette réflexion.
Merci d’avance.
Serge TCHAHA.