Carnet de Jean-Pierre RAFFARIN

7 commentaires

  1. Jacques d'Hornes dit :

    Bonjour Monsieur le Premier Ministre,

    Nous avons eu droit à des débats passionnés et passionnants, de bons échanges animés et comme toujours votre calme sénatorial a été prédominant sachant éviter tous les pièges surtout en ce qui concerne votre loyauté, question assez mal venue de la part de vos interlocuteurs : chacun sait que, comme votre fidélité, elle n‘est plus à démontrer.

    Vous connaissez parfaitement les sujets qu’ils soient d’ordre économique, de politique intérieure ou internationale, on vous sent très à l’aise, bien aidé par vos facultés de communication.

    Lors de cet entretien, vous avez eu un avantage supplémentaire, pour une fois ils ont abordé les débats dans votre « jardin » : le Sénat ! Vous le connaissez de fond en comble, même dans son avenir…
    Je regrette cependant que nous ayons encore eu droit, j’ai suivi également une grande partie de l’émission réservée aux élections sénatoriales sur Public Sénat, que ce soit de la part des journalistes ou des membres de l’opposition, de l’éternelle histoire récurrente du mode d’élection des Sénateurs, ça commence à être barbant voire à devenir ennuyeux… alors que les résultats démontrent bien un certain équilibre et la pertinence de ce mode de scrutin. Petite suggestion pour la prochaine fois : vous devriez leur répondre en chinois puisqu’en français ils ne comprennent pas !

    Ma conclusion : vous avez été égal à vous-même, c’est-à-dire excellent !

    Très cordialement.

    Jacques

  2. Jean-Pierre Raffarin dit :

    Merci, cher Jacques,
    Vos avis m’importent toujours et me touchent souvent.
    La politique est si brutale qu’un souffle de bienveillance réchauffe.
    Je pense ce matin à ces sénateurs exemplaires qui n’ont pas été réélus hier soir : Henri de Richemont, Louis de Broissia, Dominique Mortemousque, et bien d’autres.
    La joie partagée avec les nouveaux élus n’est pas comparable avec la violence qui bouscule le cœur de ceux qui ont perdu. Cette violence politique devrait conduire les observateurs a avoir plus de respect pour ceux qui s’engagent.
    Un homme politique n’est pas à plaindre, il est à respecter.
    jpr

  3. Jacques d'Hornes dit :

    Cher Monsieur le Premier Ministre,

    En réponse à votre gentil commentaire, j’apporterais, si vous me le permettez, une petite nuance à votre dernière réflexion. J’aborde tout à fait dans votre sens que l’homme politique mérite le respect en raison de l’être qu’il est, et de son sacerdoce. Cependant, si l’homme politique n’est pas à plaindre parce que lors de son engagement dans cette voie il sait à quoi il s’expose en choisissant l‘inconfort de la politique, nous pouvons quand même avoir de la compassion pour un homme pour qui l’on considère qu’il a toujours rempli sa tâche avec dévouement et convictions et qu’il ne mérite pas de se retrouver face à la solitude d’une non réélection.
    N’éprouvez-vous pas vous même cette compassion dans votre pensée de ce matin à ces sénateurs exemplaires et amis qui n’ont pas été réélus ?

    Bien amicalement à vous.

    Jacques

  4. annie dit :

    A tous : voici un superbe texte qui me semble t il doit nous inciter, tous, à préserver la beauté de notre beau pays. A ce propos, si Monsieur Raffarin, en tant que sénateur, mais aussi en tant qu’aspirant à la présidence du Sénar, ou tout simplement en tant que citoyen, pouvait demander à la Ministre de la Culture de cesser de ridiculiser la France, en dévoyant notre patrimoine en faisant entrer des « oeuvres » d’art contemporain, qui pourraient figurer dans les musées créent à cet effet, cela serait bien.

    Je pense que les Français et les touristes n’apprécient pas beaucoup que Louis XIV soit transformé en clown « chiant » dans sa propre merde » (de l’aveu même de l’auteur de l’expo qui se déroule actuellement à Versailles) ni qu’ils s’extasient devant le château de Fontainebleau transformer en un lieu où « des corps s »expriment avec volupté, pour narrer la débauche et le cru dans sa plus belle expression ». (sic)

    Est ce que les « gloires de la France » doivent vraiment cotoyer, même pour quelques jours, mois, un art contemporain qui insulte un autre art, à savoir celui de nos ancêtres, que le Roi Soleil appelait « le génie français »? Est il utile, en donnant possibilité à des artistes de venir dans les lieux les plus réputés au monde (de l’aveu même des « exposants ») d’humilier la France, son patrimoine, et son histoire? Après la repentance historique…L’ironie artistique?

    Je veux bien que des auteurs contemporains exposent à Paris ou ailleurs. Mais pourquoi ne les fait on pas exposer dans les lieux prévus à cet effet…Au lieu de rechercher un prétendu « choc des cultures » qui ne peut que désenchanter les amoureux de l’art plus classique?

    Voici les extraits d’un magnifique texte de Marie-Françoise Ousset, guide-conférencière, sont là pour nous aider…

    En France, nous avons tous les cinquante mètres de quoi nous enthousiasmer et nous déprimons : ce n’est pas normal. (…) (La France), elle est là qui nous parle, qui répond avec grâce, humour, somptuosité aux mensonges envers elle, distillés chaque jour par nos médias. Une heure dans une cathédrale vaut tous les sermons du monde. Un regard sur les Invalides en dit plus sur « ce tyran de Louis XIV » que bien des films sur cette époque ! A Versailles, le tyran faisait mettre des porte-fenêtres partout ! Pas de grille de fer forgé, pas de douves. Bizarre tout de même pour un roi honni par ses peuples ! Comment se fait-il que des ventres creux et des caisses vides aient fait autant de merveilles ? Les pauvres ont eu des lavoirs, des marchés-couverts qui sont maintenant classés. Partout des sourires ! (…) Il faut rendre les Français à la France. Il y a du travail : les jeunes n’apprennent plus l’histoire de France. Ils ne connaissent ni saints, ni héros. A quoi voulez-vous que s’assimilent les derniers venus en notre pays ? Sans se l’avouer, ils ont terriblement soif, soif de hauts faits, soif de grandeur. (…) Les grand’mères avant racontaient de belles histoires aux enfants au coin du feu mais maintenant, avec les progrès de la médecine, elles font du pédalo au Club Méditerranée. Un pays dont les grand-mères font du pédalo au Club Méditerranée est un pays foutu ! Ils ont de la chance les jeunes maghrébins : le tchador et la burka c’est très gênant pour pédaler, alors eux, leurs grand’mères leur ont chanté les chansons de leur terroir. (…) J’ai entendu à la télévision des chanteurs algériens dirent : « si nous perdons nos racines, nous ne sommes plus rien ». On aimerait que les Français en disent autant. (…) Un jour à Notre-Dame de Paris, j’ai rencontré deux jeunes de 10 ans à peu près : un Français et un Italien qui regardaient la voûte. L’Italien disait « que bello, que bello ! » et le Français a dit avec un accent de Toulouse « et ça nous a coûté combien cette plaisanterie ! ». (…)Quel plaisir d’apprendre à des énarques, qui n’en savaient rien, que l’art gothique est né en France et que l’on a dit pendant des siècles « Ars francigenum » au lieu de dire « l’art gothique ». La reine Bérangère, femme de Richard Coeur de Lion, lorsqu’elle demande la permission à Philippe-Auguste de détruire une partie du mur gallo-romain qui entoure la vieille ville du Mans pour agrandir la cathédrale romane, lui dit « nous ferons le choeur dans le style français ars francigenum ». Elle ne sait pas dire autrement. C’est Vasari, un ami du peintre Raphaël, qui a lancé le mot « gothique » pour se moquer de notre art, alors qu’il n’a rien à voir avec les goths, les ostrogoths, les wisigoths. (…) Oui ! Rodin a raison lorsqu’il dit en parlant des cathédrales : « pour faire de tels chefs-d’oeuvre, il fallait avoir l’âme douce ». Oui ! Malraux a raison lorsqu’il ajoute: « Jamais on avait vu fleurir autant de douceur sous autant de panache » : à Notre-Dame, il y a tellement de petites fleurs sculptées à côté des saints, des petites fleurs de l’lle de France, de celles qui se trouvent sur les talus et que l’on foule aux pieds ! Oui ! comme il le dit aussi, « Toute la France est dans les cathédrales… » : il s’y trouve bien panache, fraîcheur, humour et même gauloiserie. Rodin a dit : « plus je contemple les cathédrales, plus je suis amoureux d’elles ». On peut le dire aussi de la France. Plus on la regarde, plus on l’aime. On découvre qu’il y eut un style français, « sans rien qui pèse ni qui pose » comme aurait dit Verlaine. Il y eut une âme bien française qui, au milieu des vicissitudes, a su faire « d’une larme, une perle » comme aurait dit Musset. Elle est émouvante cette petite France. Elle est un peu comme la petite danseuse de Degas qui vous envoie un baiser. On a l’impression qu’elle vous tire sa révérence : elle est si fragile, si gracile, si légère. Mais sous cette finesse, elle est forte. Pour qu’elle puisse rebondir, il faut qu’elle se sente aimée ; et pour l’aimer, il suffit de la regarder. II faut donner la France à aimer autour de nous: sa beauté est peut-être le dernier ferment d’unité entre les Français. II n’est pas dangereux de l’aimer. Elle n’a rien d’arrogant, s’il y a panache parfois, il est plein de tendresse, de sourires et lorsqu’on veut aller plus haut que les autres, on le fait avec humour et légèreté (regardez la Tour Eiffel). Faisons « qu’autour de nous, on aime et on admire », selon l’expression de Rodin. Commençons aujourd’hui, demain ce sera trop tard.

    Texte paru dans Permanences, n°453 (août 2008).

  5. jany guiot dit :

    Monsieur le Premier Ministre, cher Jacques,

    Soyons honnêtes dans notre réflexion, l’homme politique n’est pas à plaindre car il a choisi un chemin qui l’interessait au départ.

    Il a rencontré la violence car c’est un chemin de violence, il y a un tel désir d’atteindre le poste si convoité que cela amène de véritables tensions dans les relations.

    C’est un milieu de coups portés très bas, il n’est pas propre dans son essence, et il est difficile de trouver un homme politique libre dans son expression.
    Il doit surveiller ses mots et les distribuer avec parcimonie…

    Les grands orateurs politiques sont aussi de grands hypocrites qui jouent sur les mots pour tuer l’adversaire…esprits fragiles n’attaquez pas de front…

    La liberté devient plus possible quand le perchoir est acquit…

    Il faut des politiques pour gérer le devenir d’une nation…ce que je leur demande c’est qu’ils aient le respect de la fonction, qu’ils travaillent pour le bien des administrés, qu’ils travaillent à l’éveil des consciences en général et qu’ils prennent réellement conscience qu’une société à besoin d’eux pour donner un sens au progrès.

    Le politique doit être un grand humaniste de progrès, un idéaliste, un pragmatique, un grand architecte…

    Bien cordialement,

    jany guiot

  6. François Vaute dit :

    Monsieur le Premier Ministre,

    Dimanche après votre « Grand Jury », j’ai publié un billet sur mon blog dans l’éventualité de votre candidature à la présidence du Sénat la semaine prochaine.

    Bien cordialement,

    François Vaute

    « Pour une Présidence du Sénat équilibrée »
    Les résultats des Élections sénatoriales 2008 sont désormais connus. Même si je ne suis pas aujourd’hui sénateur, je vais vous donner mon avis sur le président idéal de la Haute Assemblée. Pourquoi je soutiens les candidatures de Jean-Claude Gaudin ou de Jean-Pierre Raffarin avec son projet « Pour un Sénat libre et moderne » ?
    Je ne vais pas revenir sur les qualités respectives de ses deux grands politiques, elles sont connues et reconnues. Soucieux de l’avenir de l’UMP, mon raisonnement se base essentiellement sur le respect des équilibres au sein de ce dernier. A côté d’une Assemblée Nationale présidée par un Député UMP issu du RPR, un Sénat présidé par un Député UMP issu de DL donnerai un signe fort d’unité à notre parti. N’oublions pas qu’il est constitué de forces venues aussi bien de la droite, que du centre. De plus le nouveau président devra composer avec les autres centristes de l’échiquier pour assurer une stabilité à notre majorité. J’appelle donc les deux sénateurs du Vaucluse, Alain Dufaut et Alain Millon, avec qui je partage l’idéal gaulliste de voter dans cet esprit lors des primaires de mercredi prochain.

  7. Jacques d'Hornes dit :

    Bonjour les amis,

    Cher Jany,

    Je crois qu’avec Monsieur Raffarin, tous les trois nous partageons le même point de vue sur le fait que l’homme politique n’est pas à plaindre tout simplement parce qu’il a choisi cette voie et qu’il sait à quoi il s’engage en l’empruntant.

    Vous avez cependant une vision assez dure de l’homme politique. Je ne pense pas qu’il faille le voir seulement comme un « assoiffé » du pouvoir. Pour faire de la politique il faut aimer la politique. S’engager dans la politique c’est renoncer au confort. C’est se mettre au service des autres avec ses valeurs et ses convictions.

    Pour moi, l’homme politique doit, et surtout à notre époque, être loyal, honnête, sans arrière pensée, et aimer son pays et son peuple. Il doit surtout être authentique et courageux pour mener son action et s‘il réunit tous ces critères alors il mérite le respect.

    Bien sûr, l’appétit vient en mangeant et l’homme politique peut entrevoir une carrière, mais il peut très la mener en véhiculant ses idées au service des autres. Je ne pense pas qu’il réussira en jouant sa carte personnelle, tôt ou tard cela lui sera reproché dans un monde où tout est permis et où les coups bas ne manquent pas comme vous le rappeliez.

    L’homme politique a tout à gagner en étant désintéressé, il doit être capable de s’émouvoir, d’être humain au service des gens tout simplement parce qu’il les aime, leur faisant partager ses convictions en étant au milieu d’eux. Il doit être le parfait chef d’entreprise qu’il doit gérer avec beaucoup d’humanisme pour la faire progresser.

    S’il réussit à le faire, il sera suivi parce qu‘il sera aimé. Et en étant comme cela, on ne peut avoir que de la compassion quand il subit un revers électoral.

    Donner, c’est recevoir.

    Très cordialement

    Jacques

Laisser un commentaire