Voici le script et la vidéo de l’entretien de ce matin avec Jean-Michel Apathie sur le site de RTL au cours duquel Jean-Pierre Raffarin a proposé le lancement d’un plan « Etat-régions » en faveur de l’emploi des jeunes ».
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Jean-Pierre Raffarin.
Jean-Pierre Raffarin : Bonjour, monsieur Aphatie.
Un sondage BVA publié par le journal « Les Echos », hier, indique que trois Français sur quatre soutiennent le mouvement de grève de demain ; et 62 % des sondés jugent mauvaise la politique économique du gouvernement. Peut-on parler de l’impopularité du gouvernement ? Et cela vous inquiète-t-il, Jean-Pierre Raffarin ?
Je crois que d’une certaine manière, c’est plus grave qu’une cote de popularité. Nous ne sommes pas là dans une situation électorale. Nous sommes là face à une crise, une crise qui est planétaire, une Crise qui est en France et dure, souvent violente. Elle n’est pas généralisée ; dans un département comme le mien, les résultats du Futuroscope en février : +7%, c’est très bien ; et à 25 kilomètres de là, à Châtellerault, c’est très mauvais. Il y a beaucoup de drames. Donc il est clair qu’une manifestation aujourd’hui doit être respectée.
Elle doit être respectée ?
Elle doit être respectée parce qu’il y a beaucoup d’inquiétudes dans la société. Il faut traiter cette pulsion sociale avec une très grande sagesse. Il est important que dans la société il y ait ce type de respiration sociale. Je crois qu’il y a des inquiétudes auxquelles il faut répondre. Je pense qu’il faudra après cette manifestation, tirer un certain nombre de conclusions, peut-être engager un certain nombre d’actions. Quand nous avons une société aussi fragile, nous devons éviter toute déchirure sociale. Donc, je suis « contre » les propos que j’entends ici ou là qui sont assez brutaux…
Vous pensez à qui ? Au Président de la République, par exemple. Vous dites : « En cette période socialement difficile (vous l’avez dit à « La Tribune », récemment) les discours d’où qu’ils viennent, ne doivent pas être brutaux ». Les discours du chef de l’Etat, par exemple, sont trop brutaux, Jean Pierre Raffarin ?
Non. Non, je pense que le chef de l’Etat va sur le terrain… Il tend la main. Il était hier dans le Doubs. Je pense qu’il est très important que nous fassions en sorte qu’il n’y ait pas de violences verbales dans la Politique parce qu’il y a déjà de la violence sociale.
Mais qui a de la violence verbale, aujourd’hui ?
Mais quand je vois, aujourd’hui, par exemple. Le Medef et la CGT, aujourd’hui, s’accusent mais avec des mots qui sont des mots durs, je veux dire : on n’est pas aujourd’hui entre Français en train de se battre. On est face à une crise qui nous vient de l’extérieur. Donc, il ne faut pas s’accuser les uns les autres. Il faut, au contraire, essayer de relever nos défis, le faire avec responsabilités. Dire d’un certain nombre de choses qui sont détestables, c’est vrai que quand il y a des manifestations qui tournent en violence, il faut les condamner. C’est vrai qu’il y a quelques comportements, je pense à certains bonus, qui sont assez scandaleux et qui portent une certaine forme de violence. Donc, apaisons la société pour pouvoir résoudre nos difficultés.
Le Président de la République a-t-il refermé, hier, trop brutalement le débat sur : bouclier fiscal, augmentation des impôts, etc ?
Franchement non. Je l’ai dit. Je crois qu’il y a des amendements qui sont des amendements de progrès. Et puis, il y a des amendements qui sont des missiles. Remettre en cause la politique économique qui a été engagée depuis deux ans, c’est fragiliser l’action du gouvernement. Aujourd’hui…
Même si la crise change les choses, il ne faut rien changer à la Politique définie avant la crise, Jean-Pierre Raffarin ?
Non, il faut faire des choses. Ce qui a été choisi, je crois, est la bonne direction ; c’est-à-dire qu’on ne résout pas les problèmes, aujourd’hui, par l’augmentation des impôts. Ce n’est pas par plus d’impôts qu’on règlera, c’est par ce qu’on a appelé « la bonne dette » – c’est un peu le cholestérol -, il y a de la mauvaise dette pour le fonctionnement, il y a de la bonne dette pour l’investissement qui crée de la valeur. Notre plan de relance est un plan fait pour créer de la richesse ; et c’est là la stratégie, ce n’est pas l’augmentation des impôts. Le Président a eu raison de fermer ce débat.
Dans votre première réponse, Jean-Pierre Raffarin, vous indiquez qu’il faudrait écouter les manifestants et puis, peut-être engager des actions. Alors, vous pensiez à quelque chose de concret, ou pas ?
Ah je pense que nous avons une priorité qui apparaît clairement aujourd’hui dans cette crise, c’est le problème de l’insertion des Jeunes. Je crois qu’il nous faut un grand plan des jeunes. Moi je serai partisan d’un contrat Etat-régions pour l’insertion professionnelle des jeunes. Les régions ont en responsabilité aujourd’hui la formation professionnelle, l’insertion. Je pense qu’avec 1 milliard, 2 milliards, aujourd’hui partagés entre régions et Etat, on pourrait faire beaucoup sur le local pour aider à l’insertion professionnelle des jeunes. C’est une priorité.
Lire le reste de cet article »
Commentaires
le 03/09 à 18:41
D'accord avec Ernest, "on s'en fout de la breloque de Maistre", par contre ce dont on ne se fout pas [...]
le 03/09 à 17:34
@Mélusine : encore pour info : http://www.lepoint.fr/le-parquet-fait-appel-d-une-remise-en-liberte- [...]
le 03/09 à 15:09
Cher Jacques, Merci pour vos réflexions sur le dialogue et les idées... Vous écrivez: Bien souvent [...]
le 03/09 à 08:43
Bjr Jean-Pierre Raffarin...! En effet,très étrange...! Mdr http://www.youtube.com/watch?v=kOl [...]
le 03/09 à 06:17
Bonjour à tous, Cher Jany, Votre billet du 1er septembre ne manque pas d’intérêts. Je passe su [...]