
- En ma qualité de Premier Vice-Président de l’UMP en charge de la politique internationale, j’ai établi avec Axel Poniatowski, Secrétaire Général adjoint un programme d’actions pour animer la réflexion diplomatique de l’UMP
Plusieurs initiatives sont ainsi lancées :
- création d’une commission nationale de la politique internationale (avec notamment tous les anciens ministres des affaires étrangères et de la défense) ;
- lancement de débats d’actualités animés par Axel Poniatowski au siège de l’UMP : le premier débat a eu lieu sur l’OTAN le 4 mars ;
- Relance de nos relations avec les partis amis (responsabilités de Th. Mariani) ;
- Investissement diplomatique, culturel, politique et économique sur « les pays émergents », les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine).
- Succès du dîner-débat de Dialogue et Initiative le 10 mars avec plus de 60 parlementaires, une dizaine de ministres dont Michel Barnier et Rachida Dati et plus de 250 participants
« EURO-GIRONDINS »
A cette occasion, j’ai défini notre club, le premier de l’UMP, comme celui des « Euro-Girondins » fidèles à nos engagements européens, la décentralisation fait aussi parti de notre identité politique.
Pour moi l’apport des « Euro-Girondins » à l’actuelle « éthique du mouvement » est de proposer une dynamique de la sagesse. La sagesse pour nous ne relevant ni de la prudence, ni de l’immobilisme, ni naturellement du conservatisme.
Notre sagesse consiste à vouloir anticiper l’avenir tout en ayant conscience des complexités de la France. Anticiper en conscience.
Cette dynamique de la sagesse nous conduit
- à dire OUI au commandement intégré de l’OTAN en mettant un terme aux hypocrisies. Peut-on mobiliser plus de moyens, plus d’argent, plus de soldats en maintenant des responsabilités limitées ? Le premier argument est clair : d’abord notre place dans le commandement intégré de l’OTAN est une nécessité militaire. C’est aussi une opportunité politique. Celle qui consiste à faire avec B. Obama le pari de l’avenir. Grâce à un dialogue euro-atlantique renouvelé, nous devons tenter de sortir l’Occident du piège du manichéisme. Yes we can. Evidemment l’Alliance atlantique pour la sécurité ne doit pas être la seule alliance dans laquelle la France s’engage. L’Alliance pour une régulation financière qui se dessine à Londres, au sommet du G20, l’Alliance pour Kyoto qui, je l’espère, se formera à Copenhague, et l’Alliance pour la diversité culturelle qui se construit à l’Organisation internationale de la Francophonie et plus largement à l’UNESCO, sont aussi des espaces politiques dans lesquels la France peut espérer exprimer sa liberté. On est plus libre dans les 4 Alliances que dans une seule.
- A dire OUI aussi à l’acte III de la décentralisation selon 3 principes :
- diminuons le nombre d’élus et le coût des structures
- répondons à l’échec économique des actuelles régions en leur donnant la puissance européenne.
- Maintien d’une compétence générale à au moins deux échelons pour ne pas tomber dans les travers d’une administration locale gérée d’en haut.
D’autre idées notamment avancées par Marc Laffineur, Dominique Bussereau, Valérie Pécresse, Michel Barnier, Nadine Morano et Rachida Dati relèvent bien sur de cette dynamique de la sagesse que nous voulons, dans ce Club, injecter dans notre débat national. Nous avons besoin de soutien car chacun de nous a lu La Rochefoucauld : « C’est une grande folie de vouloir être sage tout seul ».
jpr
12 mars 2009 à 7 h 26 min
Monsieur le Premier Ministre,
Ce billet me rassure et davantage parce qu’il est écrit par un homme qui ne dit jamais des paroles en l’air, cet homme qui va toujours au bout des choses. Merci et je puis vous assurer que dans ce sens, je vous apporterai toujours mon parfait soutien.
Je considère que toutes ces initiatives que vous proposez sont évolutives et vont dans le bon sens pour notre Pays en alliant « mouvement et sagesse » mais vont permettre également de redonner un certain équilibre à notre majorité qui semble s’engluer dans la pensée unique d’un « leadership trop bien encensé » et pallier à cette déficience de la gouvernance dont je faisais allusions dans mon dernier commentaire consacré à votre billet « lu dans la presse ». Mais il faudra qu’elles arrivent à terme.
Je dis cela car je me suis aperçu que depuis un certain temps, disons depuis l’été dernier avec la loi de réforme de nos Institutions, notre paysage politique est sans relief, un PS inexistant toujours à la recherche de son identité et se déchirant dans des duels de personnes, une extrême gauche émergente mais non représentée aux Parlements et qui s‘exprime dans la rue, un Modem qui prépare 2012 sans savoir quel sera le compte de ses troupes récupérant ici et là quelques déçus d’autres partis, cet ensemble ne se bornant qu’à faire de l’obstruction et enfin notre majorité à la pensée unique. Drôle de paradoxe pour un Pays qui vient de revoir ses Institutions et dont l’un des principaux changements est d’avoir donné plus de pouvoirs à ses parlementaires pour pouvoir exercer son contre-pouvoir.
C’est bien d’être loyal envers son leader, de le soutenir, je le fais également autant que faire se peut, mais il ne doit pas être le seul à pouvoir faire émerger ses seules idées, notre pays a besoin d’un travail collectif dans toute la diversité de la majorité où chacun doit pouvoir amener les siennes. Or, force est de constater que c’est le Président de la République qui régit tout le processus avec toutes les parties intégrantes de la majorité qui sont faites toutes du même bois « le chef a toujours raison », du Gouvernement aux deux assemblées et même au sein de l‘UMP avec sa « diversité choisie » . Non, il ne peut pas gouverner tout seul, même s’il s’est entouré des meilleurs conseillers, il faut savoir être rebelle et lui dire « NON » quand il fait erreur et exercer le rôle de contre-pouvoir au sein de la majorité puisque l’opposition n’est pas capable de le faire sauf par obstruction. Il faut savoir également rester ferme sur sa position et ne pas rentrer systématiquement dans le rang à la première injonction surtout quand l’avenir de notre pays n’est pas en danger.
Ma conclusion est la suivante : nous sommes en démocratie, OUI à l’idée dominante mais il faut qu’elle soit collégiale et je pense qu’il faut également que chacun doit savoir accepter la critique, même au plus niveau, sans faire diversion en passant à un autre sujet. Je crois également qu’il est grand temps d’arrêter de se comporter en « moutons de Panurge » pour le bien de notre Nation.
Bien amicalement
Jacques
NB : Il est très difficile d’établir un lien, voire inexistant, avec le club « Dialogue & Initiative », qui par le passé par l’intermédiaire de son blog nous permettait de nous tenir informés des suivis de vos travaux. Heureusement que de temps en temps vous nous délivrez quelques informations.
12 mars 2009 à 10 h 51 min
Bjr Jean-Pierre Raffarin…!
Pour rejoindre votre phrase de La Rochefoucauld: »C’est une grande folie de vouloir être sage tout seul »,la sagesse désigne le savoir et la vertu d’un être.Elle caractérise celui qui est en accord avec lui-même et avec les autres,avec son corps et ses passions (vertus de tempérance,de modération et de justice),qui a cultivé ses facultés mentales,tout en accordant ses actes à ses paroles.Dans son acceptation populaire,la sagesse est attribuée à celui ou celle qui prend des décisions raisonnables,au prix de ses propres intérêts parfois.On qualifie d’enfants sages ceux qui sont obeissants et discrets…!
Bien à vous,Reynaldo.
15 mars 2009 à 16 h 15 min
Bonjour Monsieur le premier ministre,
j’ai bien apprécié les esquisses des caractères présidentiels (Héros, sage, savant, saint) (j’écris esquisses simplement parce que comme l’a souligné M. D’Hornes, nous n’en avons lu que quelques extraits).
Si une image vaut mille mots, l’imagerie qui se dégage d’un caractère en vaut bien davantage. Elle nous permet de simuler, de « voir en action », la manière particulière qu’adopte un individu afin de lier la pensée et l’action, le savoir et le faire, l’épistémé et l’éthos… et comme vous le tracez de manière remarquable…. héros, savant, sage et saint… constituent effectivement à la fois des imageries virtuelles, des modèles de vertus… qui nous permettent une « monstration » du comment semble s’actualiser les forces (« virtus ») d’un être à travers ses actions et ses pensées…
Mais en homme attentif aux « caractères » , à leur importance en action politique vous avez la sagesse de rappeler La Rochefoucauld qui nous dit (et dit aux politiciens) « C’est une grande folie de vouloir être sage tout seul ».
En ce sens, oui c’est une nécessité absolue que de souhaiter qu’une « »éthique du mouvement »" se doive d’être reliée à son « demos », à son peuple, à la complexité de ce dernier et de son devenir.
Vu d’outre-atlantique le Président Sarkozy paraît sur bien des points , à l’opposé du Président de Gaulle sur bien des plans.
Une éthique du mouvement se doit d’être complétée par une éthique de la complexité qui prend en compte le devenir…
Sur la question de l’OTAN par exemple, j’ai lu M. Juppé et je vous ai lu et je ne sais pas quelle serait la meilleure décision pour la France. Vrai qu’Obama est un Président de l’ouverture, mais qui suivra Obama… Je vous sens plus près de la sagesse chinoise dans votre approche. Comme il est écrit dans le Point où l’on vous attribue la phrase suivante: « »"Le vrai courage, c’est le vrai combat ». « C’est la lucidité de ne pas créer de tensions périphériques en période de crise »".
Est-ce que toutes les alliances internationales sont équivalentes (sécurité, environnement, régulation économique, francophonie et diversité ) ??? jusqu’à maintenant je penserais que non,
Mais pas de doute que sécurité et régulation financière et environnement et unité dans la francophonie et dans la diversité culturelle sont tous importants… à la limite toutes ces alliances ce sont des réseaux qui tentent de re-lier unité et diversité… s’il y a trop d’unité, on risque la dictature du plus fort et la paralysie, s’il y a trop de diversité, certains craignent la dispersion et l’absence de cohésion… comment assurer la nécessaire distinction qui seule laisse place à la créativité, l’inventivité et la vitalité sans créer un monolithisme rigide ou un acteur dominant agit de manière impériale.
Sur ces quelques réflexions d,outre atlantique, je vous prie Monsieur le premier ministre, d’accepter mes salutations distinguées.
Alain Lavallée
Québec