Voici le texte de l’entretien que j’ai accordé hier à La Tribune.
- La communication du pouvoir vous parait-elle satisfaisante en cette période de crise ?
Nous sommes dans un système de leadership présidentiel. La question est donc de savoir comment faire en sorte que le gouvernement protège le président pour que celui-ci ne soit pas surexposé inutilement. Il faut que la communication gouvernementale et partisane soit organisée de manière à ce que le président trouve des relais. Depuis quelques temps, cela va mieux, mais le président n’est pas encore assez protégé.
- Faut-il ralentir le rythme des réformes ?
Non, mais en cette période socialement difficile, les discours d’où qu’ils viennent, ne doivent pas être brutaux J’ai appelé au titre de mon club Dialogue et Initiative à l’éthique du mouvement mais aussi à une dynamique de la sagesse. La sagesse, ce n’est pas le conservatisme. C’est pourquoi j’approuve la décision de Nicolas Sarkozy de voir la France réintégrer le commandement militaire de l’Otan de même que les propositions de réformes territoriales du comité Balladur. Mais Nicolas Sarkozy a également eu raison d’avoir adopté une position pondérée à propos de la crise en outre-mer. Concernant la situation de la France, la situation est peut-être plus complexe qu’on ne le dit. Prenez mon département de la Vienne : à Châtellerault, il y a des licenciements mais à quelques kilomètres, le Futuroscope voit ses entrées augmenter de 7% !
- Le président doit-il faire évoluer sa politique ?
Entre le printemps 2009 et le printemps 2010, nous allons entrer dans l’acte II du quinquennat. Or, à mi-chemin, un exécutif quel qu’il soit, a réalisé l’essentiel de son programme. Il y aura donc pour Nicolas Sarkozy la nécessité d’une relance thématique. Il pourra profiter des enseignements qu’il aura tiré de la sortie de crise pour l’élaborer.
Je pense que l’axe central de cette relance thématique doit être la recherche d’une « nouvelle croissance environnementale». Notre éthique sociale et sociétale doit être repensée. Enfin, il est essentiel à mes yeux de partager la politique, c’est-à-dire d’accélérer les réformes institutionnelles pour faire émerger les contre-pouvoirs.
- Un changement de Premier ministre est-il indispensable pour cet acte II ?
Cela se fait en général avec un changement d’équipe. Mais comme l’actuel Premier ministre n’est pas usé, on pourrait imaginer qu’il puisse être un élément de cette relance politique.
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