Carnet de Jean-Pierre RAFFARIN

4 commentaires

  1. castelin michel dit :

    Vos commentaires sur l’insuffisance du prix du lait et le rétablissement éventuel d’un prix recommandé au niveau de la filière, frisent la schizophrénie pure et simple. Comme le disait Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes » !
    Ce discours est hypocrite et vise à abuser les producteurs de lait : car la suppression en 2008 par la DGCCRF du tarif recommandé, décidée au nom du respect de la concurrence a été exigée par Bruxelles à qui l’Etat a ainsi permis de ne pas jouer le mauvais rôle à l’approche des élections européennes.
    On peut donc faire le pari que si ce prix recommandé était rétabli, la Commission européenne obtiendrait sa suppression aussitôt les élections passées.
    La vérité est que le gouvernement français- et vous-même précédemment- ont capitulé face à la logique ultralibérale de Bruxelles qui a décidé la suppression de toute régulation des prix du lait en Europe.
    Le seul moyen est le rétablissement d’un prix garanti en France et la reprise des négociations sur la PAC. Et l’arrêt des mensonges : çà, le Peuple Français s’en chargera.
    Castelin michel- 13600 La Ciotat

  2. Dominique M dit :

    Monsieur le Premier Ministre,
    Il se trouve que je connais assez bien cette question. Je partage votre analyse sur plusieurs points, que je reformulerai autrement.
    - la nécessaire dérégulation – pendant logique de la libération mondiale des échanges qui nous est largement profitable sur bien des points – a bénéficié aux industriels laitiers qui font aujourd’hui jouer à plein la mise en concurrence mondiale sur le prix du lait. Cette dérégulation succède à l’hyper régulation de l’économie administrée.
    - l’industrie laitière et surtout la grande distribution profitent de leurs positions dominantes, aux dépens des éleveurs et des consommateurs,
    - l’État demande aux acteurs de s’adapter mais lui, il n’a pas adapté sa politique économique et fiscale vis à vis des éleveurs. Entre nous, c’est un euphémisme! Et ce qui est vrai pour les éleveurs laitiers est aussi vrai , hélas!, pour beaucoup d’autres secteurs, à commencer par sa politique dissuasive vis à vis de l’emploi salarié eu égard aux charges excessives que supportent la majorité des entreprises. Seules les grosses entreprises qui font un chantage à la délocalisation y échappent en partie. Je peux aussi citer des exemples où les lois sont votées et où on attend les décrets d’application trois ans après…! C’est préoccupant de constater cette incurie, alors que ce même État entend s’imposer comme le régulateur des excès du capitalisme financier. Rappelons que c’est justement la carence des États qui laissent proliférer ces excès! François Fillon le sait mieux que quiconque. La Commission Européenne, elle, ne ralentit pas son rythme concernant les nouvelles réglementations qu’elle impose et qui nécessitent des acteurs des investissements récurrents!
    Effectivement, les coopératives agricoles et laitières peuvent être une solution Après avoir été le maillon fort de l’agriculture, leur mode de fonctionnement a fait que beaucoup d’agriculteurs s’en sont éloignés à cause de leur manque de dynamisme et de la préférence des agriculteurs à jouer « perso » pour leurs achats d’intrants et la vente de leurs productions, y compris pour leur valorisation ( ex: le vin). Pourtant, on peut voir la réussite de certaines coopératives, telles ces coopératives légumières de Loire Atlantique, ou d’autres ayant mis en place des outils puissants de valorisation comme Champagne Céréales. Le mouvement coopératif agricole doit moderniser son approche et partir à la reconquête de secteurs entiers.
    Espérons que le prochain ministre de l’Agriculture saura mener une politique plus à même d’anticiper courageusement les enjeux stratégiques plutôt que de se contenter de tenter d’éteindre les crises par des aides conjoncturelles aussi coûteuses qu’inefficaces, voire blessantes pour celles et ceux qui travaillent dur. Que deviendra la France quand les dernières catégories professionnelles qui travaillent dur en auront assez d’être « essorées » auprofit des catégories « abritées » et « assistées »?
    Bon journée, Monsieur le Premier Ministre.
    -

  3. Jacques d'Hornes dit :

    Bonjour à tous,

    Cher Monsieur le Premier Ministre,

    Ce billet ne pouvait pas mieux tomber pour corroborer mes propos sur le besoin d’explications de la politique de l’Union Européenne (voir mes billets dans « Les quatre Europe »).

    « Cette crise du lait » est le type de problèmes par excellence qui « heurte » grand nombre des Français, même les plus europhiles pourtant conscients que dans la mondialisation nous avons besoin d’être dans unis en pratiquant une politique des continents, mais qui ne comprennent pas grand-chose sur ce sujet : Qui fait quoi ? Pourquoi faut-il tant de temps pour réagir ? Car effectivement comme vous le dites « le lait n’est pas une matière première comme les autres » aux yeux des Français qui rejettent systématiquement la faute sur Bruxelles en raison de notre appartenance à la PAC, car ils ont l’impression que l’Union Européenne ne fait pas son travail et qu’ils sont solidaires de leurs agriculteurs sauf quand ceux-ci déversent des milliers de litres de lait ou d’autres produits de nourriture sur la chaussée, chose qu’ils condamnent car certains regardent à en acheter compte tenu de leur pouvoir d’achats. Ils ne comprennent pas également que la grande distribution importe ce type de produit alors que notre Pays a toujours été une terre de production et de qualité.

    Pour en revenir au sujet de votre billet, je partage tout à fait votre point de vue et j’espère que ce problème se réglera très rapidement et que chacun en retirera des avantages, notamment producteurs et consommateurs, surtout avant l’échéance européenne du 7 juin.

    Bien amicalement

    Jacques

  4. bbd dit :

    Merci beaucoup.

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