Après Tony Blair et en même temps que Barack Obama, Nicolas Sarkozy développe une pratique moderne du leadership.
La demande populaire exige des gouvernants qu’ils soient responsables, les leaders modernes assument. En concentrant les moyens de l’action entre leurs mains et en y ajoutant les pouvoirs puissants de la communication les nouveaux leaders occupent tout le champ de la politique. Le peuple leur donne raison.
Les opposants sont les premiers à souffrir de cette donne nouvelle : comment faire émerger un « contre-leader » avec si peu d’espace ? La polémique entre M. Aubry et M. Valls apparaît dérisoire comparée aux efforts de créativité et d’unité que le PS devrait engager pour permettre « l’échappée » d’un leader.
L’opposition n’est pas la seule à devoir s’adapter à cette pratique politique, les syndicats aussi manquent de souffle et d’une manière générale le débat d’idées est restreint par l’extrême puissance des « idées leaders » qui émanent du système de leadership.
S. Royal a tenté d’opposer un « contre-modèle » mais très vite elle a été confrontée aux dérives du système : populisme, exercice solitaire du pouvoir, égocentrisme… Son dérapage sur la censure aux Francofolies est révélateur : l’opinion l’a emporté sur le principe. J’ai lu sur ce blog les avis de SEDAT, de CLAUDE, de BRANGHUX, de JACQUES sans oublier la perfide MÉLUSINE… mais je pense qu’au terrible constat formulé par SEDAT : « une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon » il faut répondre par une politique plus que par une attitude. La politique ne se résume pas au « geste », même si « le geste » fait partie du langage politique.
Le concept lancé ici par Jacques d’Hornes, « la diversité choisie » est très fertile. Il ne s’agit pas de permettre au leader de « choisir » ses concurrents mais d’éviter que la diversité s’égare et dérive vers l’émiettement, la dispersion et finalement l’impuissance. Jacques fait une bonne analyse : « il est difficile de faire émerger de nouvelles idées quand, lors des débats, une même personne vient s’assoir des deux côtés de la table de discussion ».
La diversité doit donc trouver ses équilibres, sa régulation pour mettre l’expression de sa force. De ce point de vue l’idée de Manuel Valls de faire élire le candidat du PS par une consultation de tous les sympathisants, les primaires à l’italienne, me paraît une bonne manière de concilier leadership et diversité.
Cette réflexion peut également concerner les média. Dans mon cher Poitou, un journal leader « La Nouvelle République » a racheté, il y a quelques années, son concurrent, « Centre-Presse ». Intelligemment le leader a veillé au maintien de la diversité en permettant à « Centre Presse » de conserver son identité rédactionnelle. Je souhaite que la crise actuelle ne porte pas atteinte à la diversité. N’oublions jamais que c’est la diversité qui donne le plus de légitimité au leader.
La diversité impose au leader des qualités humaines profondes. Ce dernier se doit d’être tolérant, ouvert. Il doit faire preuve de sang-froid et de maîtrise de soi tant la diversité ne peut exclure la mauvaise foi. Il doit ignorer le mépris. Quand sur ce blog je lis les excès de Castellin, je me réconforte avec la modération de Philippe Duval ou les convictions « vécues » de Jany Guiot. On peut être à la fois modéré et déterminé, convaincu et lucide.
En conclusion puisque le système de leadership est maintenant bien établi, réfléchissons à ce que peut être « La République de la diversité ».
jpr
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