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S'abonnerCommentairesmélusine dans L'étrangeté du monde le 03/09 à 18:41 D'accord avec Ernest, "on s'en fout de la breloque de Maistre", par contre ce dont on ne se fout pas [...] Mistral dans L'Ump et ses valeurs le 03/09 à 17:34 @Mélusine : encore pour info : http://www.lepoint.fr/le-parquet-fait-appel-d-une-remise-en-liberte- [...] jany guiot dans L'Ump et ses valeurs le 03/09 à 15:09 Cher Jacques, Merci pour vos réflexions sur le dialogue et les idées... Vous écrivez: Bien souvent [...] SEDAT Reynaldo dans L'étrangeté du monde le 03/09 à 08:43 Bjr Jean-Pierre Raffarin...! En effet,très étrange...! Mdr http://www.youtube.com/watch?v=kOl [...] Jacques D'Hornes dans L'Ump et ses valeurs le 03/09 à 06:17 Bonjour à tous, Cher Jany, Votre billet du 1er septembre ne manque pas d’intérêts. Je passe su [...] |
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19 juillet 2009 à 21:00
Bonsoir Monsieur le Premier ministre,
Bravo !
Voila une idée qu’elle est bonne.
Les industriels vont être très attentifs à ne pas renouveler trop souvent les contrats de sous-traitance. Ce sera bon pour l’émulation qu’à chaque changement de modèle la sous-traitance soit remise en cause. Mais surtout ne jamais dépasser les 20% du chiffre d’affaires ni les 10 ans critiques. Ou alors ils pourront faire une ponction sur le chiffre d’affaire destiné aux sous-traitants pour alimenter une provision pour risques de faillite de ces sous-traitants.
Comme nous aurons alors des sous-traitants fragiles (voire disparus) les étrangers vont de régaler. Dire qu’il y en a qui cherchent des solutions pour limiter les délocalisations.
Cela s’appelle « destruction du tissus industriel à la française ».
Vous n’en avez pas marre de légiférer sur tout et n’importe quoi n’importe comment ? Vous n’avez pas assez d’avoir créé les conditions de ce qui se passe en ce moment ?
C’est aux sous-traitants de se protéger contre les aléas de la sous-traitance. Tout le monde sait qu’une entreprise qui n’a qu’un seul (voire deux ou trois) client(s) est déjà potentiellement mort. Développez le conseil à ces entreprises (les Chambres de Commerce et d’Industries sont capables de le faire).
Une entreprise est comme un organisme vivant. Agressez-la et elle met en place des anticorps, des auto-défenses qui pervertissent les mesures que vous leur imposez qui ont alors, souvent, l’effet inverse de celui que vous aviez prévu.
Ce ne sont pas les sous-traitants qui sont fidèles mais les donneurs d’ordre. Ce sera une qualité qui va se perdre.
Bien cordialement,
Claude
20 juillet 2009 à 9:50
Très cher Jean-Pierre,
Solidarité.
Les conséquences catastrophiques qui touchent et toucheront les uns ou les autres au plus profond de leur dignité de citoyen imposent que notre société prenne conscience de la fragilité du statut de chacun.
Il est du domaine du collectif d’intervenir lorsque le sort atteint un secteur d’activité. L’arrivée d’une voiture à très bas prix sur le marché mondial, et réservée, pour l’instant, à quelques pays doit faire réfléchir.
Le succès en France des voitures de coût plus élevé, certes, que la précédente, mais dotées de moins de technologies tout en assurant la fonction essentielle du transport est significatif.
Les budgets auxquels s’adressent nos propositions occcidentales, soit ont des niveaux inférieurs, soit ont des orientations différentes. Ils doivent faire face à la diversité des offres de toute nature. Le loisir multimédia prenant une place plus importante dans la vie quotidienne a, ainsi, modifié la dynamique des activités commerciales. Depuis l’arrivée du « produire-consommer-jeter » le monde des professions a changé d’aspect, nos mentalités ont rejeté la culture du passé pour s’engouffrer dans la modernité et bien souvent dans l’inutile, dans le gadget, la « gadgétisation » de la technologie.
Reconnaissons à la modernité les améliorations de la qualité de vie des femmes et des hommes, sans toutefois, que notre société puisse s’arrêter aux limites de la raison.
Il est ainsi évident que toutes les solutions d’aide au retour à la dignité humaine, au retour à la rétribution du travail sous la forme de « fond de secours », par exemple, tout en respectant le « partage par tiers » des plus-values générées, vont dans le bon sens. Mais ceci doit être validé par les différents acteurs, autant que leur bonne foi leur fera appréhender le respect collectif et leur responsabilité envers les générations futures.
Claude Simonnet.
20 juillet 2009 à 21:18
Bonsoir Monsieur le Premier Ministre,
Comme vous le savez je suis directement impacté par ce qui se passe aujourd’hui chez Fabris. Bien sur je n’approuve pas les méthodes des « bouteilles de gaz » mais je comprends la détresse de ceux qui ont tout perdu dans cette région sinistrée.
La mesure que vous proposez est une piste mais je ne suis pas sur qu’elle fasse l’unanimité.
Par contre, lors de la faillite d’une entreprise, ne serait il pas possible d’enquêter si cette faillite n’est pas organisée par les donneurs d’ordre, surtout dans le cas ou une entreprise a bénéficié d’aides de l’Etat.
Comment expliquer que les principaux clients se mettent d’accord pour stopper toute commande en même temps ? Ou sont partis les marchés ? Dans quel pays ?
N’est il pas possible de conditionner les aides de l’Etat avec des garanties sérieuses vis à vis des sous traitants ?
Les salariés sont aujourd’hui considérés comme des terroristes. J’ai espoir qu’un dirigeant politique (non extreme) dénonce un jour le comportement des constructeurs automobiles.
Cordialement,
Philippe Duval
21 juillet 2009 à 9:54
Cher Philippe Duval,
Il est normal que vous soyez solidaire de la détresse de ceux qui perdent leur emploi à cause de la crise dans votre région et surement aussi partout en France, en Europe et dans le monde. On a le sens de la solidarité ou on ne l’a pas. Il n’y a pas de demi-solidarité.
Lorsqu’une entreprise est « mise en faillite » le tribunal de commerce est habilité à demander une enquête soit de sa propre initiative soit à l’initiative de l’administrateur provisoire dont l’intérêt personnel et celui de ses mandants est de rechercher toutes les responsabilités internes et externes de la situation de l’entreprise afin de valoriser au mieux ses actifs soit, encore, à la demande des salariés eux-mêmes au travers de leurs représentations. Lorsqu’une manœuvre frauduleuse est mise à jour notre droit est assez riche pour faire payer ou tenter de faire payer les auteurs de la fraude.
Le fait pour une entreprise d’avoir bénéficié d’une aide de l’Etat, provisoire (prêts, cautions) ou définitive (subventions), ne change en rien ses responsabilités.
C’est une commodité de langage que d’employer spécifiquement le terme « donneur d’ordres » pour désigner les entreprises clientes des sous traitants. Tout client est un « donneur d’ordres » pour ses fournisseurs. La sous-traitance est un contrat commercial comme un autre qui établit un rapport privilégié entre le client et son fournisseur mais qui reste un contrat commercial librement établi entre les deux entreprises. Le fait que le « donneur d’ordres » soit généralement une grosse entreprise et le « sous-traitant » généralement une petite ou une moyenne entreprise n’a pas plus d’incidence légale que lorsque vous allez faire vos courses chez un petit épicier plutôt que chez un gros.
Vous parlez d’automobile et vous vous interrogez sur les raisons de l’arrêt brutal des commandes. Comme chacun le sait les constructeurs automobiles utilisent la méthode de gestion de ses stocks selon le principe du flux tendu afin de limiter au maximum l’immobilisation de liquidités dans du stock qui ne sera utile que plus tard. Cette règle vaut aussi pour les voitures sorties d’usine. Il y a cependant un stock incompressible à l’entrée et à la sortie des usines.
Lors d’une crise de son marché le constructeur va nécessairement « déstocker » ce qui provoque un arrêt brutal des ses commandes à ses fournisseurs. Les aides de l’Etat à la consommation a privilégié certains modèles mais pas d’autres. Les sous-traitants concernés par les voitures propres ont donc moins vu leurs commandes baisser. Il n’y a aucun machiavélisme de la part des donneurs d’ordre. Lorsque vous achetez de la nourriture pour toute votre famille vous ne continuez pas à acheter les mêmes quantités aux mêmes fournisseurs uniquement pour les épargner économiquement quand une bonne partie de votre famille est partie en vacances.
Le jour ou l’Etat qui n’hésite pas à jouer à l’apprenti sorcier fera la différence dans les relations commerciales entre les petits et les grands fournisseurs les petits seront voués à la disparition.
Il est faux de dire que les salariés sont considérés comme des terroristes. Sauf ceux bien sûr qui adoptent les méthodes des terroristes. Ceux là sont très minoritaires. La multiplication des cas « terroristes » risque cependant bien de créer les conditions d’une méfiance a priori vis à vis des salariés.
Aujourd’hui il n’y a malheureusement pas d’autres solutions que de traiter avec le plus d’humanité possible les laissés pour compte de la crise en faisant jouer au mieux la solidarité nationale. Chercher des boucs émissaires ne changera rien pour le présent et compliquera les relations économiques futures.
Bien cordialement,
Claude
22 juillet 2009 à 10:13
[...] Un fonds pour les salariés des PMI – Carnets de Jean-Pierre Raffarin [...]
22 juillet 2009 à 10:21
Je ne suis pas d’accord.
Encore une fois, on s’intéresse dans ce pays aux « grosses » entreprises. Que 10 PME de 10 salariés aient des difficultés, tout le monde s’en fout et cela fait 100 personnes au chômage dans l’indifférence générale.
Mais qu’un sous traitant de 100 salariés ait des difficultés ou de 1000 comme Heuliez, alors la branle bas de combat !!!
J’ai calculé que proportionnellement à Heuliez en nombre de salarié, l’Etat devait me verser 100 000 euros d’aide. Je risque d’attendre longtemps, comme tous les patrons de PME de ce pays.
De plus, si les marchés publics représentent plus de 20 % de mon activité pendant 10 ans, l’Etat doit il prévoir un fond pour nous indemniser ???
J’aimerais que déjà s’applique les règlementations existantes. Par exemple la possibilité d’augmenter l’avance forfaitaire de 5 à 20 % dans les marchés publics, ou le fait qu’OSEO cautionne 50 % des prêts aux entreprises (les banques ne suivent pas).
Et pour finir je voudrai rendre hommage aux 182 000 français qui ont eu le courage de créer leur entreprise depuis le 1er janvier. 50 000 entreprises ont été créés rien qu’au mois de juin !!!
Ces entrepreneurs n’ont pas d’aide, pas de soutien, ni des pouvoirs publics, ni des banques (surtout en ce moment).
Mais ils se bougent et n’attendent pas que l’Etat les prennent en main.
22 juillet 2009 à 21:36
Bonsoir Monsieur le Premier Ministre,
Je me permets de cet espace pour répondre à Claude.
Merci pour cette leçon d’économie. Je pense que vous avez oublié un paramètre dans votre démonstration : les actionnaires
Victimes de la crise, certaines grosses sociétés ont un objectif principal, rassurer les actionnaires.
En effet les ventes de voitures ont baissé et les constructeurs ont décidé de réduire leurs stocks.
Renault annonce une chute de 16,5% des ventes. On peut donc s’attendre à du chômage partiel ou une réduction des commandes auprès de ses sous traitants de cet ordre.
Mais il y a les actionnaires. Il faut continuer à faire des bénéfices, réduire les marges, protéger les dividendes et le cash flow disponible.
En raison des aides de l’Etat, il n’est pas possible de licencier au sein de leurs sociétés. La variable d’ajustement devient les sous traitants. Se fournir ailleurs, la ou la main d’œuvre est moins chère voila la solution. Dans le cas de Fabris et de nombreux autres sous traitants, les deux constructeurs s’associent pour stopper toutes commandes en même temps et coulent une entreprise.
Les espoirs de moraliser le capitalisme, le bon coté de la crise, s’envolent. A mon grand regret.
Cordialement,
Philippe Duval
23 juillet 2009 à 7:34
Bjr Jean-Pierre Raffarin…!
ALIMENTATION-Le lait 20% trop cher…?
C’est l’évaluation de l’UFC-Que choisir:alors que le prix aux producteurs baisse,rien ne change sur les étiquettes dans les grandes surfaces…! (Elles sont dures d’oreilles).
L’association de défense des consommateurs accuse industriels et distributeurs de « Confisquer » la baisse que subissent les producteurs de lait…!
A lire le très bon article référencé sur « LCI »,merci,excellente journée,@+,Reynaldo.
24 juillet 2009 à 16:57
Bonjour Monsieur le Premier ministre,
votre proposition est intéressante. Aucun doute qu’elle mérite d’être étudiée. Dans un premier temps, il faut tenter de voir le portrait pragmatique de ce qu’elle représenterait dans l’économie française actuelle.
Votre proposition va bien dans le sens de la problématique du modèle français ( et rhénan) qui est, on ne peut plus en douter, supérieur au modèle étatsunien, dont la faillite retentissante fragilise nombre d’économies mondiales et par-delà nombre de sociétés et cultures (et peut-être même le modèle français-rhénan-européen… )
Votre proposition va dans le sens du modèle français (et rhénan) parce qu’elle propose d’étendre à des parties prenantes (stakeholders) cruciales, un certain filet d’entraide et de protection… plutôt que de ne s’en tenir qu’à une seule des parties prenantes de l’activité économique, à savoir les actionnaires (stockholders) comme c,est la cas dans le modèle étatsunien (avant son implosion de 2008…)
Bien entendu il faut tenir compte des risques d’effets contre intuitifs comme ceux que suggèrent le premier commentaire de Claude, mais il faut faire en sorte que ces parties prenantes que sont les sous traitants… puissent être pris en compte,
Mes salutations, M. le premier ministre, et bon courage dans la poursuite de votre proposition qui se transformera, peut-être , évoluera au fur et à mesure de son étude-analyse, mais dont l’objectif de faire une place réelle aux partie prenantes doit demeurer…
Alain Lavallée
Québec
25 juillet 2009 à 1:27
Bonsoir Philippe Duval,
Bien sûr que non je n’oublie pas les actionnaires et les entreprises ont bien raison de ne pas les oublier non plus. Etre actionnaire d’une entreprise n’est pas une tare. Ils préfèrent placer leur argent là plutôt qu’à la caisse d’épargne. Ils le font en espérant un meilleur rendement qu’un livret A. Ils prennent aussi un risque et on vient de le vérifier, ils ont perdu beaucoup d’argent. Mais il faut aussi dire, même si c’est une lapalissade, que sans les actionnaires il n’y aurait pas d’entreprises. Il faut les garder et les dorloter sinon ils placent leur argent ailleurs.
Les sous-traitants sont des fournisseurs des autres entreprises. Ce n’est pas un métier de fonctionnaire. C’est à chacun de « border ses contrats » de telle sorte que les aléas soient amortis.
J’ai été sous-traitant. C’est comme ça que j’ai créé ma première entreprise. Mon ancien employeur, une multinationale de l’informatique, me faisant confiance en connaissance de cause a accepté de me confier la réalisation de logiciels pour ses clients. Cela m’a mis le pied à l’étrier. J’ai très vite compris que ma situation enviable pouvait tourner au cauchemar en cas de mauvaise fortune de mon principal partenaire ou en cas de changement de direction. Alors j’ai innové, j’ai créé mon propre marché et mon partenaire devenait lui aussi mon tributaire (j’ai même colonisé son propre réseau commercial). Trois ans après j’étais leader de mon marché et autonome. Les constructeurs informatiques me faisaient la cour.
Il faut éventuellement créer un conseil aux sous-traitants dans les CCI pour les aider à se diversifier et à innover tout en conservant la confiance de leurs « donneurs d’ordres » (ça existe peut-être ?).
Le sous-traitant qui accepte d’être le vassal d’une autre entreprise par commodité doit en assumer la responsabilité en même temps que les inconvénients. S’il trouve un assureur il peut souscrire une assurance pour aléas de marché non assumés mais on risque de lui rire au nez. Quand on est entrepreneur on n’a pas le droit de dire à ses salariés « ce n’est pas moi c’est lui ». On est toujours responsable de ses propres décisions. Parce que si on pousse à l’extrême ce raisonnement dangereux qui consisterait à faire porter la responsabilité aux donneurs d’ordres, il faut savoir que in fine les donneurs d’ordres c’est nous, les ménages, les consommateurs, ceux qui poussent les entreprises à être toujours moins chères. Est-ce que les ménages vont assumer les sottises des sous-traitants de leurs propres fournisseurs sans en faire supporter la charge par l’Etat providence.
On ne peut pas jouer dans la cour des grands impunément ou alors il faut grandir.
Bien cordialement,
Claude
26 juillet 2009 à 10:18
Bonjour Monsieur le Premier Ministre,
Encore une fois je me permet de répondre à Claude.
En cette période de crise, votre vision de l’actionnariat ne me rassure pas. Evidemment qu’il faut préserver ses actionnaires mais à quel prix ? La crise mondiale, les dizaines de milliers de chomeurs tous les mois ne vous font pas réfléchir ? L’achat d’actions par le bon père de famille d’une entreprise dont il a confiance c’est fini ! Nous sommes à l’époque des fonds spéculatifs et fonds de pension.
Quelques chiffres :
Entre 1997 et 2007, la part des bénéfices distribués aux actionnaires dans les sociétés non financières est passée de 34,2% à 44,5%
La part consacrée à l’autofinancement s’est contractée logiquement de 64,5% en 1997 à 54,8% en 2007. Les entreprises ont choyé les actionnaires parfois au détriment des investissements. Elles ont dû recourir à plus d’endettement pour réaliser ces investissements et même parfois pour payer les actionnaires.
Enfin, je reconnais que les sous-traitants doivent se diversifier mais aujourd’hui ce sont des familles qui doivent assumer les mauvais choix de leurs responsables. Trois questions restent toutefois posées : Pourquoi DEUX clients décident en MEME temps de stopper toutes commandes ? Ou s’approvisionnent ils désormais ? Pourquoi les repreneurs potentiels de l’entreprise (il y en avait) ont ils été découragé par Renault et Peugeot (Monsieur le Premier Ministre ayant suivi le dossier de très près pourra peut être me répondre) ?
Cordialement,
Philippe Duval
3 août 2009 à 18:09
[...] aujourd’hui la preuve malheureuse. Aussi, c’est en ce sens que l’ancien Premier Ministre, Jean-Pierre RAFFARIN, a proposé sur son blog la création d’un « fonds de secours pour les salar… , et non seulement du secteur automobile. Cette mesure aurait vocation à devenir une proposition [...]
4 août 2009 à 12:12
Monsieur le Premier Ministre,
Bravo pour cette proposition. Les difficultés démontrées par les événements frappant l’entreprise New Fabris, notamment, démontrent la dépendance des sous-traitants face à ces donneurs d’ordre. Sans toutefois mettre dans « le même sac » l’ensemble des situations qui frappent notre pays, il convient cependant de reconnaître, d’une manière générale, le déséquilibre dont souffrent les entreprises pâtissant d’une telle dépendance, difficultés naturellement accrues en période de crise. Les conséquences sociales en sont aujourd’hui la preuve malheureuse.
L’instauration de ce fonds de secours est incontestablement une bonne idée dans son principe, permettant de responsabiliser les donneurs d’ordre structurels. En outre, la création d’un tel fonds aboutirait à une sécurisation accrue des parcours professionnels des salariés.
Des questions de mise en œuvre pourront toutefois être soulevées : comment déterminer les sommes qui seraient à charge du donneur d’ordre ? De nombreux donneurs d’ordre structurels diminuent le recours à la sous-traitance uniquement car leur situation économique les y oblige : la responsabilisation ainsi visée n’en patirait-elle pas ? Qui plus est, la mise en place de ce fonds de garantie ne pourrait-elle pas développer certains effets indésirables: les abondements au fonds de secours pourraient causer des difficultés supplémentaires dans les groupes industriels, déjà très fragilisés par la crise économique ; le mécanisme ne concerne de facto que les sous-traitants français, ce qui risque de diminuer encore davantage leur attractivité ; il existe un risque non négligeable que les groupes industriels dévoient le dispositif en multipliant les sous-traitants afin, justement, de ne pas être soumis à cette obligation. La mesure envisagée ne bénéficierait alors plus ni aux salariés ni aux PMI, ces dernières devant alors même faire face à une forte diminution de leurs commandes. Cependant, les limites ainsi évoquées pourront probablement être mises en échec en fonction des modalités adoptées.
L’ingéniosité de cette proposition mérite d’être saluée, car elle permettra de soutenir, en ces temps de crise, les salariés des petites structures. Maintenir le potentiel de compétences que recèlent les PME sous- traitantes est en effet essentiel pour que la France puisse profiter rapidement de la reprise lors du renversement de cycle.
In fine, l’avenir de l’industrie dépendra autant des aides de l’Etat que de la capacité des industriels à développer une vision de leur secteur, en prenant en compte l’intérêt des entreprises et des territoires qui les portent, autrement dit, de leur capacité à instaurer une compétitivité durable. Il faut cependant le reconnaître : reconstruire la maison implique au préalable d’avoir éteint l’incendie …
Bien respectueusement
JLS