Voici le texte de l’entretien que j’ai accordé au Monde ce week end.
Est-il normal que le chef de l’Etat et un ministre – comme ils l’ont fait à l’occasion des tests ADN – expliquent qu’une loi votée par le Parlement n’est pas applicable ?
Ce n’est pas un événement institutionnel majeur, c’est une déclaration maladroite d’un ministre. Il eût été plus habile de consulter les présidents d’Assemblée pour constater ce que tout le monde savait : ce texte était inapplicable.
N’est-ce pas un mauvais signe, au moment où les députés veulent affirmer l’hyper parlement ?
Avec Nicolas Sarkozy, nous vivons une mutation institutionnelle. Nous sommes entrés dans un système que j’appelle la « république du leadership ». Le président concentre ses pouvoirs, assume ses responsabilités, communique sa politique et va même jusqu’à, en partie, animer l’opposition. Il est au coeur du système et, au total, les Français acceptent bien, en période de crise, ce mode de fonctionnement car il est lisible, efficace et lève certaines hypocrisies institutionnelles. C’est un système politique que Tony Blair a installé, que Barack Obama pratique, qui correspond à une certaine modernité : une personne incarne une politique.
Oui, mais Tony Blair peut se faire renverser…
Le président est élu pour cinq ans et au bout de cinq ans, les Français jugeront. Nicolas Sarkozy a lui-même limité à deux mandats la fonction présidentielle. Cette pratique institutionnelle est nouvelle. Elle plaît aux Français.
Aux Français peut être, mais pas aux parlementaires…
Les parlementaires cherchent leur place dans cette nouvelle république. Elle n’est pas évidente à trouver quand le système veut que le président annonce lui-même la taxe carbone, son montant, ses modalités, puis adresse le projet au Parlement qui votera trois mois plus tard !
Vous êtes défavorable à l’instauration de la taxe carbone ?
Non, je suis favorable à ce projet à la fois écologiquement vertueux et politiquement discriminant. Mais le débat au Sénat devra être soigné, n’oublions pas que le texte sur le travail du dimanche n’est passé qu’à 6 voix.
On a souvent l’impression que Nicolas Sarkozy mène une politique contre sa majorité. Ne tire-t-il pas trop sur la corde ?
Il nous a dit l’autre jour, juste avant d’annoncer la taxe carbone : « Il est normal que je sois en avance sur vous, car je suis votre leader. Si ce n’était pas le cas, je serais suiveur. » Il considère que son rôle est d’être sur le fond en décalage « maîtrisable » avec sa majorité, car toutes les grandes réformes ont été faites par des responsables en avance sur leur temps. C’est le leader qui montre le chemin.
C’est très bonapartiste.
C’est le système auquel il faut s’habituer, car les partis politiques ou les structures qui ne dégagent pas un leadership sont aujourd’hui affaiblis. Que ce soit l’Europe ou le Parti socialiste, sans leadership, pas d’efficacité.
N’est-ce pas inquiétant pour la démocratie ?
Non, mais notre révolution institutionnelle n’est pas achevée. Plutôt que de s’inquiéter du leadership, il faut établir les nouveaux équilibres de cette nouvelle gouvernance. Le Parlement, la décentralisation, le dialogue social, l’indépendance de la justice, le pluralisme de la presse, ce sont ces contre-pouvoirs qui déterminent la frontière entre la République du leadership et l’exercice solitaire du pouvoir.
L’état des médias vous préoccupe ?
La situation économique d’un grand nombre de médias est très préoccupante, notamment la presse écrite. Il faut une ambition nationale, pour une presse qui puisse avoir une certaine lisibilité de son avenir. Je ne crois pas que le foisonnement d’Internet et la libre expression individuelle soient de nature à combler le besoin d’information d’une démocratie, l’information n’étant pas seulement la liberté d’expression. On est là sur une exigence républicaine. Il y a, sur le plan fiscal et social, des étapes nouvelles à franchir.
Constitutionnellement, le Parlement a été renforcé ?
Quand le Parlement abandonne au gouvernement sa part de l’ordre du jour et qu’il renonce à présenter une proposition de loi, on ne peut pas dire que la réforme constitutionnelle soit aujourd’hui achevée ! Le Parlement doit sortir de sa logique de niche. Notre responsabilité est de proposer, d’ici à 2012, les trois ou quatre grands projets législatifs que l’UMP souhaiterait inscrire à l’ordre du jour du Parlement. L’attractivité du pays, le financement des PME, l’internationalisation de nos universités… sont quelques-unes de nos priorités. Nous serons aussi très vigilants contre toute tentative de recentralisation.
La réforme territoriale doit-elle servir à réduire le nombre d’élus locaux ?
Pour moi, ce n’est pas un objectif premier de la démocratie. Opposer élus et électeurs est démocratiquement dangereux. Il faut avant tout responsabiliser les élus.
Pourquoi n’êtes-vous pas candidat face à Ségolène Royal, aux élections régionales, dans votre région Poitou-Charentes ?
Pour moi, rien n’est décidé à ce jour. Si l’UMP a besoin de moi, je participerai à la campagne, mais je n’ai pas de volonté personnelle de revenir sur ce qui fut une belle étape de mon parcours
Mme Royal réussit-elle sa politique d’expérimentation ?
Non. Elle cherche une rentabilité médiatique de court terme. Elle ne fait pas d’investissement. On avait un institut d’aménagement du territoire, une école des projets, une stratégie européenne de l’arc atlantique, tout ce qui était du long terme ne l’a pas intéressée. Elle ne pratique pas une bonne gestion avec les hausses d’impôts et de la dette. Elle n’a pas une vision de femme d’Etat.
Deux ans après son installation à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a-t-il dessiné un grand projet ?
Son projet tourne autour d’une gouvernance efficace à l’intérieur et d’une logique d’influence à l’extérieur. Mais il ne faut pas considérer que le leadership est un pragmatisme. Le président devra à un moment reformuler ce qu’il entendait par « politique de civilisation ». Le leadership doit aussi développer une éthique, fondée sur la valeur du respect et sur la force d’un projet. C’est dans les six prochains mois que va se dessiner 2012.
Il n’est pas parvenu à définir un projet de civilisation ?
La crise a fait de l’urgence l’essentiel. La sortie de crise qui se dessine incitera le président à présenter sa vision de notre vivre ensemble. Le mouvement actuel nous conduit vers « un régime présidentiel à la française ».
Propos recueillis par Sophie Landrin et Arnaud Leparmentier
21 septembre 2009 à 9 h 45 min
Bjr Jean-Pierre Raffarin…!
Excellent article…!
Pour commencer,chapeau bas à notre police scientifique judiciaire,elle est remarquable…!
« A propos de la taxe carbone »…!
« La France émet à peu près les cinq millièmes des émissions mondiales de CO2…! Cela veut dire que l’arrêt total de toutes émissions de CO2 par la France modifierait la température moyenne du globe d’un centième de degré dans cent ans environ »…!
« Parler d’une taxe carbone pour l’ensemble Europe-Amérique du nord qui représente presque 50% des émissions de CO2,la chine pour l’autre moitié (Plus généralement l’Asie pour l’autre moitié),peut-être un sujet de débat,mais l’instaurer au seul niveau français est tout simplement ridicule,les riches en vélo,les pauvres à vélo,la voilà,la vérité,combien de chômeurs vont-ils payer cette bêtise humaine écologique « …? (L’homme,coeur de la nature). Source « Claude Allègre »,le meilleur en la matière. (CNRS).
PS « Quand aux restes,vos gueules les mouettes »…!
21 septembre 2009 à 10 h 00 min
« Petite coquille »=Il fallait lire, »Les riches en auto »…! Merci.
21 septembre 2009 à 11 h 07 min
TRES BON ET TRES JUSTE POUSSEZ PLUS LOIN VOS ANALYSES MR RAFFARIN PENSEZ VOUS QU UN JOUR ON POURRA SUPPRIMER LES AIDES AUX PARTIS OU AUX SINDICATS
21 septembre 2009 à 14 h 48 min
Tout d’abord je suis très déçu d’apprendre que l’initiative arc atlantique est morte, c’était un projet fédérateur, exposant la région, l’intégrant pour de bon dans la dynamique européenne.
Très intéressante reflexion sur le leadership.
Je suis tout à fait en ligne avec le besoin d’avoir un président à son poste, ouvrant, défrichant le chemin. Cependant un tel leader ne peut construire sur son simple charisme, ni même tout miser sur son exemplarité. Il doit aussi fédérer et donc partager, suffisemment tôt pour permettre la constitution d’un noyau dur et inébranlable, pas trop pour eviter de perdre l’avantage de la nouveauté.
Encore un petit effort et nous y sommes!
21 septembre 2009 à 22 h 05 min
Bonjour Monsieur Rafarin,
1 Ce texte était inapplicable ????? Ce que tout le monde savait ?????????
Permettez-moi Monsieur Raffarin de rire de bon coeur.
Il me serait agréable de comprendre comment 282 députés contre 235 ont pu voter cette loi !
Il me serait agréable de savoir si les députés étudient le contenu des propositions avant de voter une loi ?
Il me serait également agréable de comprendre comment 185 sénateurs contre 136 avaient entériné ce texte de loi (mis au point par une commission mixte paritaire) !
Monsieur Raffarin, rassurez-nous, la scientologie serait une erreur !!!!! Encore UNE ?
En est-il de même pour Hadopi ????
Monsieur Raffarin, concernant la taxe carbone (ex taxe Co2), nos députés et sénateurs ont-ils « consulté » toutes les études scientifiques se rapportant à cette taxe (je ne parle pas seulement des directives du GIEC) ?
Peut-être devrions-nous dire à ces charmants députés qu’ils rejettent en permanence du Co2, à ce stade de réflexion, je me demande si ils le savent ?
Bien sûr, nous vivons une mutation institutionnelle, donc, ce n’est pas le virus de la grippe A dont on devrait se prémunir en ce moment, c’est le virus de la langue de bois, qui se facture (maladie chronique bien française) sur le dos des gentils contribuables. Je comprends très bien pourquoi l’école instruit de moins en moins. L’ignorance est fatale pour la moindre réflexion.
Quant aux parlementaires qui cherchent leurs places dans ce nouveau type de fonctionnement, permettez-moi de vous dire, Monsieur Raffarin, que je les plains. Leur réactivité n’est pas à leur honneur. Imaginez un chef d’entreprise prendre ce genre de décisions (milliers d’emplois en jeu), signer un marché, pour finalement dire, « je ne pouvais pas le faire, je n’ai pas réfléchi à sa mise en place. Dans cette situation, le chef d’entreprise aurait été jeté en patûre sur la place publique.
Effectivement Monsieur Raffarin, nous avons des économies budgétaires à faire concernant les postes d’élus.
Excusez-moi, Monsieur Raffarin, mais là, vos explications ne passent pas, donc j’en espère de plus construites.
Très cordialement.
21 septembre 2009 à 22 h 39 min
M Raffarin, n’étant pas un acharné de la défense de la langue française (il m’arrive comme tout le monde de commettre des erreurs) je reste interloqué face à l’occurence des l’anglicismes « leadership » et « leader » qui reviennent huit fois tout au long de ce court entretient.
J’ai 18 ans et suis par conséquent considéré par mes aînés comme un de ces jeunes tortionnaires de langue de Molière, mais qui malgré tout, tient à la préservation de son patrimoine linguistique et en est réduit à compter des mots…
Voila je ne vous ferai pas l’affront de vous donner des équivalents du terme « leadership » même si dans le cas de Nicolas Sarkozy je ne peux résister à l’envie de vous soumettre dirigisme.
Cordialement
Quentin
22 septembre 2009 à 4 h 22 min
Bonsoir à tous.
Excellente idée de The Economist.
Map et montant de la dette par pays. Cela fait froid dans le dos concernant la France !
http://buttonwood.economist.com/content/gdc?source=hptextfeature
Cordialement.
22 septembre 2009 à 7 h 02 min
Bonjour à tous,
Cher Monsieur le Premier Ministre,
Cet article ne manque pas d’intérêts. Il confirme cependant que des lacunes existent toujours et qu’il faut les corriger au plus vite lors de la mutation institutionnelle.
Le constat est toujours le même, celui que j’avais déjà dénoncé depuis quelques temps dans différents billets et notamment le 12 mars 2009 dans « l’éthique du mouvement et la dynamique de la sagesse », également le 7 mai 2009 dans « 2ème anniversaire de l’élection de Nicolas Sarkozy » (les plus récents), à savoir que le Président, « ce leadership » aussi volontaire, puissant et charismatique qu’il puisse être ne peut pas tout faire, il doit partager le pouvoir avec ses équipes (son gouvernement, sa majorité, son parti), les Chambres Parlementaires mais aussi avec ceux qui l’ont élu et les autres qui voudront bien faire preuve de bonne volonté en ne faisant pas que de l’obstruction, il est le Président de tous les Français dans leur diversité.
Je pense aussi que dans les réformes il faut respecter une certaine chronologie et que le Parlement doit préserver ses droits et ne pas abandonner au Gouvernement sa part de l’ordre du jour…
En ce qui concerne la Loi ADN (antérieure à la réforme de nos Institutions), le Sénat avait démontré qu’il n’était pas seulement une « chambre d’enregistrement ». Il est seulement dommage que cet événement institutionnel majeur se termine sur une déclaration maladroite du Ministre. A ce titre, je regrette que lors de la réforme de nos Institutions, il n’y ait pas eu l’instauration d’un délai de carence pour les décrets qui ne seraient pas publiés et qui, dans cette hypothèse, rendraient une loi caduque comme je vous l’avais suggéré lors de nos débats dans « Commission Balladur » (voir mon billet du 23 septembre 2007), idée que vous aviez trouvé originale mais pas sans intérêts. Le dénouement aurait sans doute fait moins de bruit….
Bien amicalement à vous.
Jacques
22 septembre 2009 à 9 h 58 min
@ »Quentin »…! (Au moins,tu n’as point de langue de bois,franchise,c’est très bien)…!
« Leader »= »Président de la République française » ou alors « Chef d’Etat français » ou encore « Papa Nicolas »…! lol
PS « Il ne faudrait pas non plus croire au « Père Noël » non plus »…! Non…? ^o^
22 septembre 2009 à 12 h 23 min
si le parlement francais est si devoye, c’est que le « parler ment ». meme
les parlementaires ne sont pas que des pales menteurs. autrement dit ce conflit entre president et parlement est transposable a la reconnaissance de nos parlers. voyez comme l’academie a reagi a l’amendement de notre constitution sur les langues de France.
22 septembre 2009 à 14 h 25 min
Leadership et contre-pouvoirs.
Merci Monsieur le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin de nous informer et surtout de la qualite de cet entretien avec ce grand quotidien « Le Monde »
Il n’y a pas d’antinomie entre la presence au gouvernail d’un grand responsable (un grand leader) et l’exercice plein de la democratie au sein de nos institutions.
Comme je l’ecrivais dernierement, le grand leader prolonge sa reflection dans les autres et s’efface pour mieux rendre possible l’evolution.
Nicolas Sarkosy sait qu’il doit a certains moments monter au creneau pour apporter la confiance, l’ardeur, dans l’evolution globale de l;a societe.
Peut-on parler de pouvoir solitaire ? Je ne le crois pas et les medias ne sont pas stupides au point de le croire…
Dans certaines periodes de notre evolution, il est important de trouver des representants politiques de grandes valeurs pour permettre les changements radicaux necessaires et mieux etre en osmose avec le temps.
L’architecture de notre construction politique en France est du « type jacobin »
Aujourd’hui, il est important pour le President de la Republique de faire grandir la triangulation de son management en permettant une claire decentralisation pour mieux responsabiliser la France des regions.
C’est la decentralisation controlee (dont j’ai deja parle a plusieurs reprises sur ce blog)
La responsabilisation de chacun tout en gardant un ensemble harmonieux par un controle permanent des flux et des fonctionnements des services.
L’Etat doit pouvoir elargir son fonctionnement et mieux responsabiliser les personnes, tout en promulguant differents type de controle technique du management (le dialogue social, la representativite, la participation aux choix, a la gestion, avec aussi les organismes officiels deja en place)
Il a besoin de renforcer les pouvoirs decisionnaires et aussi les institutions actuels dans leur fonctionnement.
Il est important pour la Republique, que l’Assemblee Nationale et que le Senat jouent leur role, d’optimiseur de gestion de l’Etat.
Un pays comme la France a besoin d’ajustement, de reflexion, d’optimisation, dans sa gestion et cela en permanence…il est donc important que l’elu politique apprenne l’importance de son role et qu’il contribue pleinement a l’eveil des consciences que ce soit au niveau d’une chambre que dans l’explication des changements necessaires dans sa circonscription.
Un grand homme d’Etat, un leader sait qu’il n’existe pas sans les autres, il sait qu’il doit s’ouvrir et communiquer pour faire grandir sa vision…que l’ego soit mesure ou demesure, n’a pas d’importance.
L’important dans le leader c’est le message et les moyens de le faire comprendre, les moyens de le mettre en mouvement.
Aujourd’hui, le monde est a un tournant fantastique, il est important que le chef de l’Etat prenne la mesure de son temps et qu’il fasse grandir la reflexion commune dans notre pays, en Europe et dans le monde.
Le temps n’est pas l’hypocrisie pour notre chef de l’Etat, il sait qu le monde doit changer et que les pays sont prets a l’admettre…
Au fond, le grand leader n’existe pas puisqu’il se donne aux autres au travers son message.
Texte inacheve
Veuillez agreer Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma tres haute consideration,
NB pardon pour toutes les fautes…le clavier est illisible et sans accent.
jany guiot
23 septembre 2009 à 12 h 34 min
Mr Raffarin,
Vous proposez,Chantal Jouanno pour se présenter face à Segolène Royal en Poitou Charentes.Je vous pose le question:Pourquoi ne pas vous présenter vous même face à une femme que vous ne cessez de trouver nulle?Moi je pense qu’il vous manque un petit peu de courage même beaucoup pour aller l’affronter;Domage j’aimerai voir le résultat.
23 septembre 2009 à 13 h 08 min
Christian,
Pensez-vous que le travail de representant elu du peuple doit etre celui (avant tout) d’amuser la galerie ?
Si je me permets ces simples mots, c’est que la democratie participative n’etait pas a son origine une guerre de personnes mais une ouverture vers les autres.
Aujourd’hui, il est important de faire grandir les idees humanistes de progres dans la societe, pas de semer le trouble.
Madame Segolene Royal et Monsieur le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin ont chacun leur parcours, il peut arriver qu’ils se lancent des petits pics, l’un et l’autre, ce sont « des pics de jeunesse » ne leur en voulons pas d’avoir de l’ambition…
Les electeurs doivent depasser l’idee de match entre candidats, en se concentrant sur le choix important de qui va gerer au mieux la region…
Bien cordialement,
jany guiot
23 septembre 2009 à 18 h 02 min
Bonjour à tous,
Christian,
Au même titre que les autres, le Poitou-Charentes est une bien belle région, et bien que la présidence d’une région puisse représenter un certain challenge dans une politique décentralisée, je ne pense pas que Monsieur Raffarin, pourtant très attaché à sa région, compte tenu des diverses fonctions qu’il occupe au Sénat :
- membre de la Commission des Affaires Etrangères, de la Défense et des Forces Armées
- Président du groupe France/Etats-Unis du Sénat
et de la nouvelle orientation qu’il a donné à sa carrière politique depuis quelques temps :
- Vice Président de l’UMP en charge des relations internationales avec un domaine de compétence très élevé pour le bien de notre Pays.
- Représentant personnel du Président de la République auprès de l’OIF
ait l’intention de se présenter pour reconquérir la Région Poitou-Charentes en perdition, il est cependant libre de son choix.
Par ailleurs, ce « sexagénaire bon teint », qui résiste bien à toutes les critiques, a toujours incité les « jeunes » à se lancer dans la bataille, d’avoir de l’ambition. Je pense, comme il le suggère, que Madame Chantal Jouanno peut être une excellente candidate pour la présidence de cette région et qu’elle a l’étoffe pour faire échec à Madame Royal, un plus avec son étiquette « verte » et sa jeunesse dans une période où nous misons beaucoup sur le développement durable et une politique de progrès.
En conclusion Christian, j’aimerais vous poser une petite question, accepteriez vous de postuler à nouveau pour des fonctions que vous avez déjà occupées il y a 10 ans, sauf bien sûr si vous avez des intérêts plus personnels ?
Cordialement
Jacques
24 septembre 2009 à 13 h 33 min
Monsieur le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin,
S’il est important de commencer a parler de regulations au niveau du G 20, Il est aussi important de travailler au sein de l’Europe aux partenariats privilegies avec les pays qui commercent avec l’Europe.
Ces partenariats de progres peuvent aider a la progression du commerce plus equitable, tout en permettant une reflexion commune, partagee, sur le developpement des architectures sociales dans les pays amis.
Veuillez agreer Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma tres haute consideration,
jany guiot
24 septembre 2009 à 14 h 09 min
Un instant de lumiere peut faire disparaitre tous les soucis…
Il vient poser un sourire sur l’enfant qui est en nous,
jany guiot
26 septembre 2009 à 18 h 09 min
- « Le Parlement, la décentralisation, le dialogue social, l’indépendance de la justice, le pluralisme de la presse, ce sont ces contre-pouvoirs qui déterminent la frontière entre la République du leadership et l’exercice solitaire du pouvoir. » dites vous.
Je suis bien d’accord avec vous, mais alors vous confirmez que nous sommes bien actuellement dans l’exercice solitaire du pouvoir car je vois qu’aucun de ces contre-pouvoirs n’a le droit ou le pouvoir de s’exercer actuellement.
- Concernant la loi ADN, nous dites vous que les parlementaires votent des lois que l’on sait non applicables ? Les lois ne sont elles pas examinées sérieusement avant d’être proposées au vote ? Ou bien cette loi n’a-t-elle été mise en avant, à l’époque, que pour satisfaire quelques électeurs d’extrême droite , restant à convaincre, dans le cadre de l’ « ouverture » ?
- Je ne pense pas que la question concernant l’état des médias concernait la bonne santé financière de ceux-ci, mais c’est à ce niveau que vous y répondez. D’autre part je concois bien que l’existence de l’expression et des échanges sur internet puisse être agaçante, mais c’est grace à cet outil que je peux vous lire, et aussi grace à lui que je peux vous écrire et être dans une vraie relation citoyenne avec vous…
- Au sujet de la taxe carbone, vous ne répondez pas à la question, mais répondez par une grosse ficelle dialectique qui consiste à enfermer votre interlocuteur dans une éventuelle contradiction personnelle et en répondant par une question à la question qu’il vous pose.
- Vis à vis de Madame Royal, votre réponse est de bonne guerre, mais vous oubliez de signaler ce qu’elle fait au quotidien pour améliorer la vie des personnes vivant dans sa région, vous savez « les gens d’en bas » ! Ecologie, transports, scolarité, aide aux entreprises… Mais il est certain que cela ne satisfait pas ceux qui, au travers de « grands projets », visent surtout les subventions et les postes qui y sont associés.
Très heureuse d’avoir pu échanger ici avec vous, je vous assure de mes salutations respectueuses.
27 septembre 2009 à 10 h 17 min
Bonjour à tous,
Chantal,
Le rôle d’un membre de l’opposition n’est pas de souligner les bonnes actions quotidiennes d’un (d’une) Président (e) de Région si toutefois elles existent mais de dénoncer des manquements constatés, la suppression d’un existant quand celui-ci était très utile aux collectivités ou aux personnes de la région et examiner le bilan de la personne en place.
Cordialement
Jacques
27 septembre 2009 à 13 h 41 min
Le titre peut choquer, scandaliser. Les guillemets sont pourtant le seul bémol que je me permettrai au cours de cette réflexion. Non la France n’est pas un pays fasciste. Les libertés fondamentales, malgré quelques entorses ici ou là, sont maintenues et préservées ! Non le Président de la République n’est pas fasciste ! Ridicules sont ceux qui l’en accusent ! Pourtant, certains signes tendent à indiquer que si l’Etat n’est pas fasciste, la société française tend à se « fasciser ».
- Le Premier Ministre, chef du Gouvernement, est inexistant, donc invisible et inaudible. Il a quasiment disparu du paysage politique. Souvent même il est contredit. C’est un collaborateur du Chef de l’Etat.
- Les ministres sont de simples porte-paroles. Dans TOUTES leurs interventions, le nom ou le titre du Chef de l’Etat doit être dit et redit. Il faut, de manière dogmatique, qu’entre dans les esprits des français l’idée que le Chef dirige tout, impulse tout, qu’il est le guide quasi infaillible. Voir les propos de Mr Raffarin ci-dessous :
Leadership et contre-pouvoirs par J.-P. Raffarin
http://www.carnetjpr.com/2009/09/21/leadership-et-contre-pouvoirs
N’est-ce pas un mauvais signe, au moment où les députés veulent affirmer l’hyper parlement ?
Avec Nicolas Sarkozy, nous vivons une mutation institutionnelle. Nous sommes entrés dans un système que j’appelle la « république du leadership ». Le président concentre ses pouvoirs, assume ses responsabilités, communique sa politique et va même jusqu’à, en partie, animer l’opposition. Il est au coeur du système et, au total, les Français acceptent bien, en période de crise, ce mode de fonctionnement car il est lisible, efficace et lève certaines hypocrisies institutionnelles. C’est un système politique que Tony Blair a installé, que Barack Obama pratique, qui correspond à une certaine modernité : une personne incarne une politique. (…)
On a souvent l’impression que Nicolas Sarkozy mène une politique contre sa majorité. Ne tire-t-il pas trop sur la corde ?
Il nous a dit l’autre jour, juste avant d’annoncer la taxe carbone : « Il est normal que je sois en avance sur vous, car je suis votre leader. Si ce n’était pas le cas, je serais suiveur. » Il considère que son rôle est d’être sur le fond en décalage « maîtrisable » avec sa majorité, car toutes les grandes réformes ont été faites par des responsables en avance sur leur temps. C’est le leader qui montre le chemin.
- Le Parlement est aux ordres.
- Les médias nationaux les plus lus, écoutés et regardés diffusent à longueur de journées, de pages, de commentaires, les idées venues d’en-haut. Ceci sans opposition forte, l’opposition étant muselée par des divisions internes et fuyant le rassemblement pourtant nécessaire et vital pour elle-même comme pour nos institutions.
- Les puissants de ce pays sont l’objet de toutes les attentions quand, en même temps, les plus défavorisés souffrent jusqu’au suicide parfois.
- Le débat politique est faussé par l’absence d’esprit véritablement critique. A part quelques intellectuels courageux mais peu souvent invités à débattre sur les plateaux de télévision d’où les émissions politiques ont disparu, c’est l’ironie, la raillerie et la « grosse rigolade » qui ont remplacé les analyses de fond. Les Ardisson et Ruquier ont remplacé le journalisme d’enquête. L’ironie permanente a enfermé l’intelligence, qu’elle soit de droite ou de gauche.
- Notre télévision, pour beaucoup unique moyen d’accès à la culture, d’ouverture sur le monde extérieur, est d’une consternante et affligeante nullité. La réforme de l’audiovisuel commencée en 2008, qui a entre autres décisions interdit la publicité après 20h sur les chaînes publiques, a entraîné la mort violente de très nombreux projets. TF1 connait une érosion de télespectateurs telle que la direction est aujourd’hui prudente. Toutes les autres chaînes, y compris sur la TNT, ressortent d’anciens concepts ou les adaptent en faisant appel à quelques « vieilles gloires ». Mais le danger est ailleurs : dans la vulgarité prmanente qui prend le français « moyen » pour un français idiot ! Qui efface petit à petit son esprit critique. Il faut très rapidement voir et revoir le chef-d’oeuvre visionnaire de Sydney Lumet, Network. Une idée de programmation ? Chiche!
- L’Education est peu à peu minée par la culture du résultat, et si possible du résultat immédiat. Dans « élève » il y a « élever » ! Or, aujourd’hui, il ne s’agit plus d’élever les consciences de la jeune génération mais de la formater pour entrer dans le moule sociétal prévu pour elle. Et tant pis pour celles et ceux qui n’entrent pas dans ce moule. Ils sont éliminés.
- Les dernières déclarations du Président de la République lors de son interview multidiffusée (le « lapsus coupable ») suivie d’une mémorable « avoinée » à l’encontre de Madame Arlette Chabot sont celles d’un chef de parti, certainement pas d’un Homme d’Etat.
Je pourrais multiplier encore les exemples d’une société qui n’a plus que l’apparence d’une vraie démocratie vivante, ouverte et accueillante. Diverse aussi. Mais qui a désormais le visage glacé du pragmatisme, de l’efficacité, de l’immédiateté, de la rentabilité, du profit facile sous l’oeil implacable de « big Brother » multiplié en caméras de surveillance. Le visage aussi d’une société qui, en toute impunité, désigne des boucs-émissaires en les soumettant à la vindicte populaire: les immigrés, les sans-papiers, les pédagogues, les journalistes (pourtant si dociles parfois), le monde associatif, les syndicats, les désobéisseurs, les grévistes (qu’on ne doit plus voir), les sans-logis, les jeunes en général et ceux des cités en particulier, les artistes (pourtant bien timides), l’africain pas entré dans l’Histoire, jusqu’à La Princesse de Clèves en passant par l’instituteur moins important que le prêtre!
C’est cette société qui fait peur. Qui me fait peur ! Si la France n’est pas fasciste, elle en prend de plus en plus souvent les mauvaises et dangereuses habitudes…
Jusqu’à quand?
http://www.meirieu.com/ACTUALITE/billet_dhumeur.htm
et
http://www.profencampagne.com
28 septembre 2009 à 9 h 04 min
@ »Chris »…!
« Vous écrivez: »C’est l’ironie,la raillerie et la « grosse rigolade » qui ont remplacé l’analyse de fond »… »!
Et pourtant,si je ne me trompe point,c’est bien le rire qui est le propre de l’homme ( Rabelais,Chinon,Indre-et-Loire,1493/1494-1553,Paris),et qu’est-ce qu’une véritable analyse qui ne peut-être que celle que de mourir de rire…!
Non…? mdr
Allez,excellente journée@Tous,Reynaldo.
28 septembre 2009 à 23 h 38 min
Bonjour à tous,
De passage sur le blog de JPR après un été qui dure pour le plaisir d’un retraité.
On a même parlé d’été indien sur une chaîne nationale et il semble que ce ne soit pas le terme approprié! Laissons cette polémique à ceux qui en font leur occupation principale.
On perçoit sur le blog beaucoup de houle
en ce moment. Le vent forcirait-il?
Autre chose m’interpelle.
Depuis quelques décennies, quelques mots sont devenus tabous. On ne peut plus employer certains mots de la langue française, des mots ayant trait aux couleurs, à propos des personnes, par exemple, sans avoir un sentiment bizarre d’avoir « mal-dit ». De même les mots exprimant les religions, les races.
Tous ces mots qui étaient utilisés de façon banales sont écoutés, de nos
jours, avec des oreilles mal intentionnées.
Comment en sommes-nous arrivés à
ce genre de comportement? Ne serait-il
pas envisageable que la tolérance
fonctionne dans les deux sens et non plus dans un seul et même sens étroit?
Autre chose m’interpelle. Peut-on croire que des personnes qui ont connu
un statut de fonctionnaire, dans lequel
elles reconnaissaient une sécurité de
vie conforme à un tempérament, puissent garder un équilibre dans un
nouveau milieu devenu commercial à
l’excès?
Un dernier mot après avoir entendu parler ce soir d’écologie politique.
Le mot écologie semble se suffire à
lui-même et n’a nul besoin d’un tel adjectif qualificatif.
Bonsoir à tous.
Claude Simonnet.
29 septembre 2009 à 12 h 33 min
Bonjour,
Jacques,
Si vraiment de toutes mes remarques vous ne commentez que celle concernant la Présidence de la Région Poitou Charente alors, c’est que rien de vraiment grave ne se passe dans notre beau pays.
A cette occasion je tiens à remercier Monsieur Raffarin de laisser la parole ici à « l’opposition ». Son attitude confirme « l’élégance » que j’ai pu observer dans ses rapports sur le terrain quand je travaillais dans la Vienne. Les divergences de vue ne doivent pas empêcher le respect mutuel, ce que semblent ignorer actuellement beaucoup trop de membres du gouvernement.
29 septembre 2009 à 15 h 28 min
Bonjour Chantal,
Je ne dis pas que « rien de vraiment grave ne se passe dans notre beau pays », si vous lisez par ailleurs tous mes commentaires, vous verrez qu’il m’arrive assez souvent de dénoncer certaines anomalies. Je voulais simplement préciser que dans cette interview, ce n’était pas le rôle d’un membre de l’opposition que d’encenser une personne en place d’un parti adverse.
Comme vous le précisez d’ailleurs dans votre dernier billet, Monsieur Raffarin saura, avec l’élégance qui le caractérise, en d’autres circonstances reconnaître les mérites de la Présidence de Poitou Charentes dans la mesure ou il les considérera recevables pour le bien des collectivités et des habitants de sa région, il lui arrive également parfois de lui reconnaître certaines qualités. Il l’avait d’ailleurs fait sur différents points quand il avait succédé à Matignon à Monsieur Jospin.
Votre billet initial laissait sous entendre qu’il aurait du reconnaître les bienfaits de Madame Royal. Il ne lui restait plus alors qu’à appeler à voter pour elle aux prochaines élections régionales… « Elle fait d’excellents choses, alors votez pour elle », je ne pense pas que ce soit le rôle d’un opposant.
Cordialement
Jacques