Après avoir sensibilisé les dirigeants européens, MM Van Rompuy, Barroso et Buzek, au combat francophone je suis allé parler aux journalistes de la salle de presse du Conseil européen.
J’ai présenté les avancées de mes diverses rencontres : amélioration de la signalétique du Parlement européen, valorisation des travaux du forum des députés francophones, célébration par l’Union de la journée internationale de la Francophonie, le 20 mars, formation au français des dirigeants européens dans les centres de l’OIF, notamment en Provence, actions de l’Union pour le multilinguisme, intransigeance pour le maintien du français comme langue de travail…
J’ai trouvé un public en colère. Les journalistes francophones sont extrêmement las de constater le déclin du français dans les salles de presse de l’Europe. Ils sont révoltés quand leurs questions en français provoquent des remous parmi leurs confrères. Ils sont irrités quand un responsable européen choisit par commodité un porte-parole anglophone. Ils se sentent blessés quand la Haute Représentante, Madame Ashton, publie un communiqué en anglais sur l’extrême malheur du peuple d’Haïti, peuple francophone. C’est vrai que cela permet de douter du degré de sensibilité et de finesse de la prochaine diplomatie européenne.
La francophonie doit, sans doute, entrer dans une nouvelle phase de son action. Il faut se montrer plus intransigeant à la manière d’un Jacques Chirac quittant la reunion dans laquelle Ernest-Antoine Sellière s’exprimait en anglais. L’essentiel est de ne pas être atteint par « la fatigue culturelle » dont parle ici notre ami Alain Lavallée.
Merci à tous ceux et à toutes celles, nombreux qui, sur ce blog se sont exprimés en faveur de la conscience francophone. Pour entretenir cette conscience on peut jardiner la poésie comme Claire ou Ernest. On peut aussi, comme nous le recommande Caroline, aller sur le blog de Jean Quatremer, journaliste de Libération à Bruxelles qui fait partie des francophones en colère.
Je veux aussi saluer l’initiative de notre Ministre Alain Joyandet qui organise un concours dans les écoles pour trouver des expressions françaises pour la langue internet : Buzz, Tank, Chat…
Avec « carnetjpr », nous avons déjà une proposition…
jpr
PS : je vous signale également « Francophonie en blog » d’Arnaud Pannier qui se donne pour projet de réconcilier le français et la francophonie et un article intéressant sur l’enseignement du français aux Etats-Unis sur le blog du correspondant de Libération à Washington
17 janvier 2010 à 15 h 48 min
Bjr Jean-Pierre Raffarin…!
Il y a aussi Jean-Claude Trichet,lauréat du « Prix de la carpette anglaise de 2004″,pour avoir déclaré « I am not a Frenchman » lors de sa prise de fonction en tant que directeur de la Banque centrale européenne…!
Lors d’un discours prononcé au Conseil de l’Europe,tous les parlementaires français décident de quitter la salle en plein discours,mécontent que Jean-Claude Trichet le prononce en anglais plutôt qu’en français…!
Excellent dimanche,@+,Reynaldo.
17 janvier 2010 à 17 h 34 min
Bonjour Monsieur le premier ministre,
Oui pour préserver la diversité des expressions culturelles en Europe (et dans le monde) il faut travailler à préserver la diversité des langues en Europe.
L’Europe de la diversité ne doit pas devenir les États-Unis d’Europe… beaucoup de richesses et de créativité seraient perdus, réduits, détruits.
Comme vous l’écrivez, « »La francophonie doit, sans doute, entrer dans une nouvelle phase de son action. « »" ».
Vous montrez que le Président Chirac a déjà donné l’exemple et que nombre d’intervenants (journalistes, représentants et autres) sont mécontents de l’unilinguisme qui en douce risque de s’immiscer dans les institutions européennes… D’une part il faut que les dirigeants français et autres continuent comme vous le faites de manifester l’importance du fait et des cultures francophones, et par delà du plurilinguisme des expressions culturelles.
D’autre part la francophonie doit se coordonner, développer des consensus…
La France peut bénéficier de ses partenaires francophones et les partenaires francophones ont besoin de la France, de son autorité morale et politique, de son importance… 65 millions de Français, ça compte, c’est majeur.
Par exemple, en matière de « »Lexique du vocabulaire internet »" », l’Office de la langue française du Québec »" a déjà produit toute une série de propositions.
De fait un vocabulaire complet est disponible en ligne, il pourrait faire l’objet de discussions…. doit-on continuer de « »downloader »" » ou vaut-il mieux de télécharger….. que fait-on avec le « »b-to-b commerce »" , avec le « »e-commerce »", avec le « streamlining »" …
http://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/bibliotheque/dictionnaires/Internet/Index/index.html
Il y a aussi un grand nombre de lexiques spécialisés qui ont été développés par l’OLF permettant d’exprimer en français, la « sécurité informatique », les « mots de la blogosphère », la « nanotechnologie », la « logistique »" », les loisirs…
http://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/bibliotheque/dictionnaires/index_lexvoc.html
Je sais qu’il y a beaucoup de travail qui est fait en Europe en matière de plurilinguisme
http://plurilinguisme.europe-avenir.com/index.php?option=com_content&task=view&id=332&Itemid=88888896
Mais de son côté, dans les Amériques, le Québec a travaillé avec des institutions du Mexique et du Brésil pour développer un vocabulaire quadrilingue du commerce électronique (français-anglais-espagnol et portugais)
On peut télécharger gratuitement ce vocabuliare quadrilingue en ligne (dans la section « »Lexiques et vocabulaires récents (après 2004) « » qui est le dernier item de cette section de la page que l’on télécharge en cliquant sur l’hyperlien ci-dessous).
http://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/bibliotheque/dictionnaires/index_lexvoc.html
Les pays d’Amérique latine, qu’ils soient hispanophones ou lusophone, ne souhaitent pas le tout à l’anglais…. il y a quelque 600 millions de latins dans les Amériques et seulement 350 millions d’anglophones….
Il faudra aussi que les travailleurs et les patrons français défendent le droit de travailler en français, ait le goût de créer, d’inventer, d’échanger en français…. Pourquoi pas ?
Bien cordialement,
Alain Lavallée
17 janvier 2010 à 18 h 44 min
Monsieur le Ministre,
Je ne peux qu’approuver votre protestation contre le déclin du Français, j’attire votre attention sur la lettre que le chef du service de l’interprétation a du adresser à l’Ambassadeur de France auprès des Communautés à la suite de la déclaration de Madame la Ministre Lagarde qui refuse absolument de s’exprimer en Français. Elle estime s’exprimer mieux en Anglais que les interprètes de conférence professionnels, mais nous continuons de nous demander si, à défaut de s’exprimer en Français elle ne devrait pas s’exprimer tour à tour dans les 23 langues officielles, parce que l’Anglais n’est pas la langue commune, et les ministres des pays non anglophones, eux, écoutent l’interprétation dans leur langue, et utilisent leur langue lorsqu’ils s’adressent à leurs collègues.
Tant que les hautes personnalités françaises éprouveront ce mépris pour leur langue et leur culture, le Français ne pourra que décliner dans les institutions européennes, contrairement à des langues dynamiques et respectées (parce que respectées par leurs locuteurs) progressent sans cesse, comme l’Espagnol, le Polonais, le Hongrois,et bien d’autres.
Vous trouverez ci-dessous la lettre de protestation du Directeur:
Monsieur l’Ambassadeur,
Lors de la réunion des Ministres de l’économie et des finances du 9 juin dernier, Madame Lagarde a déclaré vouloir s’exprimer en anglais en séance plénière afin, selon elle, que les interprètes ne trahissent pas sa pensée ( » so that my words are not betrayed by the translators »).
Ces propos ont profondément choqué l’ensemble de l’équipe des interprètes.
En effet, indépendamment des raisons pour lesquelles ils ont été prononcés, ces mots laissent entendre que, de manière générale, le travail des interprètes laissait à désirer et remettent en question leur professionnalisme. Par conséquent, dès que l’incident a été porté à ma connaissance, j’ai demandé qu’une vérification soit faite en la matière: aucun problème de communication ne semble s’être posé ni à ce moment précis, ni pendant le reste de la réunion.
Afin de garantir la qualité, il faut savoir que l’équipe régulièrement affectée à ce Conseil est mobilisée pendant 18 mois. Des formations appropriées sont également proposées afin de fournir une interprétation précise et fidèle des concepts hautement techniques inhérents aux problématiques financières et économiques.
De plus, la DG Interprétation a la réputation de fournir un service de qualité comme vos autorités ont pu le constater pendant la Présidence française.
Enfin, depuis le début de la crise économique et financière, les interprètes ont toujours fait preuve d’une grande flexibilité en acceptant de se plier à des horaires de travail allant souvent à l’encontre des règles qui leur sont applicables, dans le souci de ne jamais constituer une entrave aux négociations.
Dans ce contexte, je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter ces remarques à l’attention de Madame la Ministre et vous prie d’agréer, Monsieur l’Ambassadeur, l’expression de ma haute considération.
17 janvier 2010 à 19 h 41 min
C’est vraiment dommage Monsieur Raffarin que vous ayez mis une si bonne note à notre président de la république, que vous continuiez à défendre le bouclier fiscal et pas la solidarité entre tous les Français.
je vous donne la note de 12/20 pour votre prestation
17 janvier 2010 à 19 h 59 min
Monsieur Baragoud
avec un peu d’habitude, il est facile de s’exprimer avec des mots simples et des phrases aisées.
Cela facilite le travail des interprêtes.
Il est tout aussi facile de faire des « répétitions courtes » qui permettent de mieux contourner des subtilités qui auraient pu être mal comprises la première fois.
Cela dit nous devons faire confiance au délicat travail des interprêtes qui font souvent un travail remarquable.
Enfin, lorsque l’on connaît parfaitement son sujet, il est presque inutile d’avoir besoin d’interprête !
j’exagère à peine !
En fait je suis complètement d’accord avec vous.
EG
17 janvier 2010 à 20 h 50 min
Monsieur le Ministre
Le candidat Nicolas Sarkozy a écrit dans son ouvrage » Ensemble » à la page 49:
« Si je suis élu, je mettrai la francophonie au rang des priorités diplomatiques de la France »
Le Président élu vient de vous confier la tâche de défendre cette francophonie et ses valeurs…Nous vous adressons nos chaleureuses félicitations.
Oui, « La francophonie doit rentrer dans une nouvelle phase de son action », plus ferme plus énergique, avec des moyens qu’elle mérite pour le rayonnement de la belle langue de Molière et des valeurs qu’elle représente: EGAUX DIFFERENTS UNIS
Tous nos voeux de succès vous accompagnent dans cette mission si noble mais si difficile.
2010 est l’année du Millénaire de Hanoï…Puissiez vous saisir l’opportunité de cet évènement pour impulser la renaissance de la francophonie au Vietnam.. particulièrement sur les traces d’Alexandre Yersin , un francophone vénéré , d’Alexandre de Rhodes qui a créé la langue vietnamienne moderne, le quoc ngu, de Nguyen Van Vinh, pionnier de la francophonie au Vietnam…
Sa traduction des Fables de la Fontaine en version bilingue vient d’être rééditée par l’Harmattan avec une préface de Abdou Diouf. Cet ouvrage , tremplin pour le dialogue interculturel est outil précieux pour les échanges scolaires sur le thème universel des Fables.
Puissiez vous donner une impulsion nouvelle à la Journée Internationale de la francophonie du 20 mars .. Elle tombe sur la date des élections régionales qui va accaparer l’attention des medias…
NOS MEILLEURS VOEUX EN CETTE ANNEE DU TIGRE
AD@lY » Les Amis de Dalat sur les traces de Yersin » – Montpellier
17 janvier 2010 à 21 h 39 min
@ »Baragoud »…!
Cela me rappelle la question qu’avait posée un journaliste d’une télévision/radio à Christine Albanel (Ex/Ministre de la Culture et de la Communication dans les gouvernements Fillon 1 et Fillon 2): »Pouvez-vous nous parler de la langue de Molière en nous citant au moins une seule de ses phrases célèbres »…? Elle était restée muette comme une carpe,par contre elle avait pu lui citer le nom d’une miss France…! mdr
Comme quoi,par ailleurs,nul n’est prophète en son pays,Dieu que la route est droite et le chemin escarpé…!
18 janvier 2010 à 0 h 36 min
Ce que rapporte M.Baragoud à propos de l’attitude méprisante de Mme Lagarde vis à vis des traducteurs est consternant. Cette attitude renforce les écrits d’un autre ministre , en l’occurence Monsieur Bernard Kouchner pour qui « l’anglais, est l’ avenir de la francophonie » et le français n’est pas indispensable . (page 151)
D’un coté,les élites montrent l’exemple du choix de l’anglais et d’un autre coté, monsieur Raffarin réclame l’emploi du français en se plaignant auprès des étrangers comme le portugais M Barroso.
Les élites sont-elles rappelés à leur devoir ?
Tout cela est incohérent.Si les élus ne sont pas sommés de s’exprimer en français (surtout quand des interprètes sont à votre disposition) alors les interventions de M .Raffarin ne seront que des gesticulations.
Dix années d’observations sur l’emploi du français comme langue de travail en France et sur l’évolution de son statut dans les instances me montrent qu’il n’y a aucune volonté politique.
En ce qui me concerne , je constate que le site de M Raffarin utilise le mot anglais « e-mail » au lieu du terme français canadien courriel. De fait, Il a déjà transigé ….
Cordialement,
Jean loup Cuisiniez
18 janvier 2010 à 12 h 16 min
Bonjour Jean Loup Cuisiniez,
Merci pour vos plaidoyers pour le français.
Toutefois, puisque vous défendez si bien le français c’est que vous savez sans doute que « mail » est une déformation du mot français « malle ». Il est donc plus français que la contraction de « courrier électronique » qui veut dire quelque chose en « courriel » qui ne veut rien dire. Pour ma part j’utilise e-mail comme la majorité des gens et je vous rappelle que c’est l’usage qui fait qu’un mot devient français ou pas.
Si vous supprimez du dictionnaire tous les mots qui ont une origine étrangère vous n’aurez plus, avec les seuls mots d’origine gauloise, grand chose pour vous exprimer.
Ce qui fait l’importance du français c’est sa richesse et il faut veiller, là où on le parle, à ce qu’il ne s’appauvrisse pas comme on peut le craindre avec, entre autres, la généralisation « très mode » du langage SMS.
Il faut aussi, et monsieur Raffarin et beaucoup d’autres s’en occupent assidument, garder au français sa place internationale parce qu’il est porteur de notre culture et de nos valeurs universelles.
Qu’on le veuille ou pas, la mondialisation nécessite une langue commune. Le français aurait pu revendiquer cette fonction il y a quelques décades mais c’est trop tard. Ceux qui voudraient que le français reprenne cette place à l’anglais sont des rêveurs. Puisque qu’il est impossible d’y changer quelque chose acceptons que les traités internationaux ou les contrats commerciaux soient rédigés en anglais.
Par contre défendons nos idées et notre universalité en gardant au français la place qu’il a dans le cœur des gens de toutes nationalités en donnant au français les moyens matériels et intellectuels de maintenir sa place et de la développer. Il y a tellement de gens qui aimeraient apprendre le français parce que la France représente quelque chose pour eux qu’il est dommage de ne pas leur en donner les moyens.
En évitant de chinoiser pour l’utilisation d’un mot par ci ou par là on élèvera le débat et en élevant le débat on donne plus de poids à ce que nous avons à dire. Et on lui donnera encore plus de poids en parlant un bon français avec toutes ses nuances.
Par ailleurs madame Lagarde a raison, les interprètes, quelle que soit leur compétence, dénaturent la pensée de ceux qu’ils traduisent. Pour vous en convaincre prenez deux traductions de la même œuvre littéraire et vous trouverez des différences notables. Si c’était propre à la traduction du français il n’y aurait pas autant de traductions différentes des textes anciens latins ou grecs. C’est un problème bien connu pour la traduction des textes réglementaires européens qui requièrent la plus grande précision possible pour éviter les différences d’application ou d’interprétation.
Bien cordialement,
Claude
18 janvier 2010 à 19 h 00 min
Bonjour à tous,
il y a discussion à savoir est-ce que l’on doit traduire ou adopter intégralement des mots d’une langue étrangère lorsque de nouvelles technologies se développent.
S’il ne s’agissait que de quelques mots, bien entendu ce ne serait pas un grand problème. En soit « e-mail » (« electronic mail ») pourrait être adopté.
Il y a eu différentes propositions: « courriel » et « e-mail » sont utilisés au Québec ainsi que diverses traductions sont utilisées en France… mail , mèl , etc…
Mais le problème c’est qu’Il s’agit dans les faits de milliers de mots, voire davantage, entourant les nouvelles technologies de l’information , de l’internet, etc. dont il est question
La vie à venir et le milieu de travail sera entièrement redéfini par ces nouvelles technologies, de nouvelles manières de faire ensemble et de vivre ensemble s’en dégageront.
Je pense qu’une langue vivante doit relever le défi de faire en sorte que son imaginaire soit mis à contribution pour apprivoiser ce monde nouveau, le faire sien, le nommer selon ses couleurs, ses préférences , sa vision.
http://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/bibliotheque/dictionnaires/index_lexvoc.html
Est-ce que l’on doit tout accepter en bloc et à toutes fins pratiques faire en sorte que des milieux de travail fonctionne dans une autre langue, ou bien si on doit permettre à sa langue de retrouver sa capacité d’inventer et de décrire le réel ?
L’idée de créer des néologismes, c’est démontrer que cette langue est vivante, inventive, qu’elle est dans le coup, qu’elle porte une vision du monde, qu’elle est plus qu’une annexe de la culture états-unienne.
Personnellement, parce que je suis américain et francophone (les QUébécois sont des américains, mais ne sont pas États-Uniens, de même que les Mexicains, les Canadiens, les Costa Ricains, etc.) j’opte pour la créativité et l’invention. Parce que pour nous c’est une nécessité.
Cela fait 35 ans que je « fréquente » la France… (voyages, séjours, courts, longs… )
J’ai remarqué qu’en France quant une manière de faire est différente des pratiques culturelles habituelles on adopte très souvent un mot anglais. Comme si tout ce qui était nouveau venait des États-Unis.
Il y a 35 ans, à l’extérieur de Paris et des commerces de grandes surfaces… tout se fermait entre midi et quatorze heures… La France déjeunait.
Puis le commerce en continu, tel que pratiqué en Amérique du Nord et la restauration rapide ont envahi l’Europe. Pour les décrire, des mots anglais ont été utilisés et sont entrés dans les moeurs.
Même la description des produits a été différente d’un pays francophone à l’autre. Par exemple chez MacDonald. Le sandwich Mac fish a été nommé « filet de poisson » au QUébec, j’ai vu Mac Fish dans de nombreux restaurants français, alors qu’en Suisse j’ai vu « Mac le Marin »… J’aime bien la fantaisie et la créativité suisse dans ce cas.
Assez facilement la France a recouru à l’utilisation du terme anglais plutôt que d’inventer, de créer sa manière de présenter et représenter. C’est dommage.
Pour les Français, ce n’est pas un problème. Leur langue est profondément ancrée dans leur histoire et dans leur vie de tous les jours… Par contre pour la francophonie, cela peut-être un drame. Le message qui est envoyé à l’étranger est « »" même les Français ne croient plus en l’inventivité de leur langue et adoptent directement l’anglais »" »
Cela passe le message aux jeunes générations de Québécois ( et d’Africains) que le français n’est pas une langue d’avenir, que même la France n’y croit plus. De plus si elle n’est plus pratiquée dans les grandes institutions internationales… ce n’est plus une langue internationale… et les jeunes pensent planète, mobilité…alors ce n’est plus une langue vraiment nécessaire, aussi bien adopter l’anglais…
Cela signifie dans une génération, ou deux maximum, la louisianisation du Québec (car déjà la majorité des jeunes éduqués sont parfaits bilingues) et le glissement de plus en plus de pays africains de l’usage du français vers l’anglais comme langue passerelle.
Au Québec ce sera en partie le résultat de la « fatigue culturelle », pourquoi continuer à lutter contre les dictats du gouvernement du Canada qui refuse de reconnaître que le français est la langue officielle du Québec et la combat. (prenant la continuation de l’Empire britannique qui a commencé en 1763) (et contre l’omniprésence envahissante de la culture états-unienne)
À mon avis, et nombre de mes commentaires sur ce blogue, depuis une couple d’années, expliquent pourquoi, ce serait une erreur pour la France de laisser la francophonie se louisianiser.
À la limite, la question est, est-ce que la France voit sa langue comme portée et partagée par une francophonie, où si elle considère sa langue à des fins « internes » seulement.
Par ailleurs, si les interprètes « »"dénaturent la pensée de ceux qu’ils traduisent »", je ne vois pas pourquoi les interprètes qui traduiraient le français (éventuel) de Mme Lagarde vers le russe ou le tchèque la trahiraient davantage que ceux qui la traduisent de l’anglais vers ces mêmes langues.
Bien cordialement,
Alain Lavallée
18 janvier 2010 à 20 h 21 min
Pour Claude et Alain Lavallée
Bonjour,
Permettez-moi de préciser que le mot « courriel » afait l objet d’un fiche terminologique parue au
Journal officiel le 20/06/2003. De par les textes administratifs (juiillet 1996), les termes parus au JO s’imposent à tout le service public. Ainsi, demander à un élu de la nation de veiller à l’application des textes élaborés par le législateur ne relève pas de la chinoiserie.
Claude utilise e-mail. C’est son droit individuel fondamental qui relève de la liberté d’expression ( déclaration des droits de l’homme ) au même titre que les messages « texto » en anglais SMS.
Cependant, le droit collectif à la langue existe d’où ma remarque
Les Québécois qui ont obtenu la loi 101 se sont battus pour un mot et mot après chaque mot.
Il est certain que chercher à utiliser un terme français issu d’autres pays francophones demande un effort et un changement de comportement .
Sur un autre plan :
Le combat pour le droit au français et au maintien de la diversité linguistique se situe principalement au niveau juridique. Et sur ce point nos élus ont abdiqué .
Cordialement,
JLC
18 janvier 2010 à 22 h 44 min
Pour Jean loup Cuisinez,
Bonjour,
merci pour la précision. Officiellement le mot « courriel » a aussi été reconnu au Québec et est assez largement utilisé.
L’expression « texto » au sujet des messages écrits envoyés par téléphone est aussi très répandue.
Vrai aussi qu’au Québec la question linguistique est souvent menée sur le plan juridique. Mais c’est très difficile. Le Québec depuis 1977 veut faire du français la seule langue officielle, mais le gouvernement du Canada, entre autres s’y oppose. Alors…..
Cordialement,
Alain Lavallée
18 janvier 2010 à 23 h 43 min
Pour Alain,
Si M.Raffarin ou son modérateur choisit,à la lecture de nos échanges, de mettre le terme courriel
ou adresse électronique ; nous aurons contribué,à notre niveau, au maintien de la qualité du français.
LE PROBLEME EST D’ORDRE JURIDIQUE…M Raffarin.
Cordialement
Jean loup
19 janvier 2010 à 0 h 55 min
Jean Loup Cuisiniez,
Vous n’allez quand même pas faire un procès à Jean-Pierre Raffarin.
Les langues, l’étymologie et la sémantique ne se décrètent pas. Ceux qui légifèrent sur ce qui sera ou ne sera pas dans une langue ont autant d’effet que celui qui pisse dans un violon pour jouer le troisième concerto de Paganini ou que celui qui veut connaître la nationalité de l’air qu’il respire avant de le respirer. C’est l’usage qui fait qu’une langue devient ce qu’elle est.
Une langue est le résultat d’une alchimie mystérieuse. La seule chose à faire est de la conserver précieusement dans des dictionnaires qui deviennent vite poussiéreux pour que quelqu’un d’un peu curieux puisse retrouver un jour tous les mots que l’usage a mis au placard. Mais on ne trouve pas encore dans les dictionnaires les mots de demain.
Un mot c’est comme une valise. Il transporte tout ce qu’on y met et tout ce qu’il représente pour ceux qui l’utilisent. Et chacun de ceux qui ouvrent la valise n’y trouvent pas la même chose que les autres. Alors croyez moi, courriel restera dans les dictionnaires parce qu’il est légal et e-mail l’y rejoindra parce qu’il est aimé par les gens qui l’utilisent et qui savent ce qu’il y a dans la valise.
Il ne faut pas confondre la bataille des québécois pour conserver l’usage de leur langue avec leur obstination pour en faire une langue codifiée. Ce sont deux choses différentes que j’apprécie différemment.
Une langue c’est un peu comme de la bonne cuisine. On ne cuisine pas pour que sa cuisine soit académique mais pour qu’elle soit mangée avec plaisir par d’autres que soi même. Les législateurs peuvent continuer à décréter, nous continuons à parler.
Et je n’aime pas imaginer une sorte d’autodafé qui consisterait à mettre au bûcher pour les bruler tous les mots qui ne plaisent ni aux sectaires ni aux législateurs.
Cordialement,
Claude
19 janvier 2010 à 4 h 55 min
Bonjour,
Cher Monsieur le Premier Ministre,
Chers Messieurs Alain Lavallée et Jean Loup Cuisiniez,
Je n’ai pas trop le cœur, ni l’envie d’écrire ni de débattre pour certaines raisons. Toutefois je vous lis, et je trouve certains échanges passionnants relatifs à notre belle langue française pour laquelle je me suis souvent investi et battu car elle est l’un des vecteurs pour l’avenir de notre pays dans le Monde. Aussi, je vous apporte ma modeste contribution en vous invitant à relire différents commentaires que j’avais postés dans « Magnifique arrivée à Québec » en date du 17 octobre 2008, billet dans lequel j’avais largement débattu sur le sujet avec déjà Alain Lavallée dont je souligne l’opiniâtreté qu’il déploie pour défendre la cause de notre langue. J’avais d’ailleurs rappelé déjà un « coup de gueule » de Monsieur Raffarin poussé en février 2003 auprès de ses ministres alors qu’il était à Matignon en disant qu’il fallait également l’étendre à nos représentants du Parlement Européen.
Merci Monsieur Alain Lavallée, si tous nos concitoyens et les francophones pouvaient vous entendre ! Par contre, « si » également pour les français c’est un problème que notre langue perde de sa valeur à travers le monde, mais trop peu l’entende en les voyant employer de plus en plus d’anglicismes et à rédiger en abrégés et en texto.
C’est tous ensemble que nous devons nous battre.
Bien amicalement
Jacques
NB : Pour Alain Lavallée, j’ai trouvé votre billet relatif à la peinture chinoise intéressant et très réfléchi, le sujet est vaste et encore très méconnu. Dans son excellent livre, recommandé à juste titre par Monsieur Raffarin, José Fresches ouvre un encart sur le sujet. Dans son ouvrage « Chine », Alison Bailey dédie tout un paragraphe dénommé « La voie du pinceau » (calligraphie, peinture et poésie). La palme revenant à Roger Goepper avec son ouvrage « La Chine Ancienne » (l’histoire et la culture de l’Empire du Milieu) assez détaillé sur la calligraphie et son histoire et sur les peintures chinoises (Peinture Sacrée, Peinture de représentation, et la Grande Peinture).
19 janvier 2010 à 8 h 02 min
@ »Jean loup Cuisiniez »…!
Je crois que c’est Jean-Pierre Raffarin qui valide directement nos messages en sachant qu’il y a tjrs une femme qui se cache derrière un homme,c’est-à-dire la sienne…!
Bonne journée,@+,Reynaldo.
19 janvier 2010 à 9 h 27 min
Chers « Cybernautes/Internautes »…!
Et que pensez-vous du language dit binaire informatique…?
Excellentes réflexions,il y a de la joie dans l’air en attendant le printemps (Floraison),@+…!
19 janvier 2010 à 9 h 36 min
Petit rappel de ma préférée:
« Quand un peuple n’ose plus défendre sa langue,il est mûre pour l’esclavage »…!
Remy de Gourmont. Blog de Jean-Pierre Raffarin (24 Avril 2009 à 3:24).
19 janvier 2010 à 11 h 09 min
Reynaldo,
Le problème est de savoir qui défend vraiment sa langue. Celui qui veut l’enfermer dans des lois inutiles comme on enferme à double tour une maîtresse que l’on veut garder telle qu’elle est ou celui qui veille à son épanouissement et à son rayonnement ?
La vie montre que les maris jaloux n’ont jamais raison et les dogmatiques ou les intransigeants non plus. C’est toujours la liberté qui gagne tôt ou tard. Le français actuel doit sa richesse à des siècles de liberté. Vive le français !
Amicalement,
Claude
PS – Jean-Pierre Raffarin n’a probablement pas accès à l’indication « e-mail » qui est gérée par le fournisseur du blog lui même et qui veut être compris du plus grand nombre.
19 janvier 2010 à 12 h 06 min
Bonjour à tous,
Nous sommes bien d’accord pour défendre le français.
Le choix de Jean-Pierre Raffarin est fort judicieux et sera sans en douter porteur de résultats.
La route, comme celle de Compostelle ne sera pas un parcours de détente.
Dans beaucoup de cas, il est déja trop tard.
Là aussi, nous sommes victimes de l’immobilisme du passé.
En accord avec Claude, le français ne doit pas se sentir « attaquer » par l’utilisation de mots « étrangers », bien au contraire.
Comme avec les hommes, la richesse, ce sont nos différences.
Notre langue si elle est si belle et si appréciée, c’est parce qu’elle vient du latin et du grec, mais aussi de l’arabe, des peuples germains et celtes….
J’avoue humblement préférer « e-mail » à « courriel » , ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça.
C’est ainsi que les langues sont vivantes.
Tout dépend de ce que l’on veut y transporter.
Lorsque nous regardons d’un peu près l’anglais, nous observons une quantité infinie de mots directement issus du français !
Je n’ai pas l’impression que cela gêne les anglais, à l’inverse, ils trouvent cela plaisant.
Tout cela pour dire que le français doit s’imposer par ses idées, non par la contrainte.
Si le français a eu par le passé autant d’adeptes, c’est parce qu’il véhiculait un mode de pensée.
A NOUS DE RETROUVER LE DISCOURS NOUVEAU DE LA FRANCE ETERNELLE…
Cest ce qu’il pourrait nous arriver de mieux.
EG
19 janvier 2010 à 16 h 50 min
Cher Monsieur le Premier ministre,
Chers participants à ce blogue,
Oui je me rappelle bien des échanges que nous avons eu sur le blogue de Monsieur Raffarin, par le passé, quant à l’importance non seulement de préserver les langues, en particulier le français puisque c’est la nôtre, mais de le valoriser, le promouvoir en être fier…. Je reviendrai sur cette question plus loin, mais je voudrais d’abord remercier Monsieur d’Hornes pour les pistes de lecture qu’il m’a indiqué en matière de peinture chinoise.
J’avoue ne pas connaître la peinture chinoise et japonaise. De fait les réflexions que j’ai faites dans l’autre billet où vous nous invitez à regarder un très beau paysage datant du 11e siècle, me sont venues parce qu’en m’intéressant à l’histoire de la Nouvelle-France (et du New England, et de la Nueva Espana) je me suis intéressé un peu aux langues amérindiennes.
Certaines langues amérindiennes (mayas) étaient aussi basées sur des caractères, ou pictogrammes (écriture logographique) et elles ont connu des développements des arts picturaux différents de ceux de l’Occident européen dont les écritures sont de type phonétique (donc n’ayant aucun lien avec la représentation visuelle du réel). Alors j’ai fait des hypothèses, ce sont des pistes de recherche.
Mais dans l’ensemble, ces éléments convergent pour avancer que langues et écritures sont intimement liées aux manières de penser, de se représenter le monde, de le concevoir… liées à la diversité des expressions culturelles.
Le tout-à-l’anglais (anglobalisation ou globishness) vient en partie du fait que suite à la seconde guerre mondiale, alors que les pays d’Europe étaient en reconstruction (décennies 1950-1960), les multinationales étatsuniennes se sont implantées en Europe…. après s’être implantées au Canada et au Québec et ont imposé l’anglais comme langue de gestion….
(pour la simple raison que cela diminuait leurs coûts de traduction en plus d’augmenter leurs profits trimestriels, profits à court terme valorisés par les marchés boursiers qui peuvent devenir victime de bulles et de spéculations… c’est tout.)
À la même période, puis dans les années 1960, le général De Gaulle est venu au Canada et au Québec (en 1960 et surtout en 1967). Le général a surtout jeté des ponts au-dessus de l’Atlantique, vers ceux qu’il nommait avec raison les descendants des Français, le Québec.
En 1961, il a invité le Québec à ouvrir une Maison du Québec à Paris. En 1964, il l’a élevé au statut diplomatique de Délégation générale du Québec. En 1965, sous sa gouverne, la France a signé avec le Québec un large accord de coopération en matière d’éducation. Des coopérants français se sont retrouvés à oeuvrer dans les universités du Québec, en particulier le réseau naissant des Universités du Québec qui parsèment le terrirtoire québécois.
Sans oublier que le même général en juillet 1967 est venu confirmer aux Québécois, à la face du monde , qu’ils existaient et qu’ils pouvaient exister et vivre en français en Amérique et dans le monde…Son célèbre cri … Vive le Québec L…e ! nous a secoué. Le Canada a protesté.
Le premier ministre du Québec à ce moment, Daniel Johnson a écrit en 1968
…le général de Gaulle « »a fait progresser de 20 ans la position du Québec, (il ) a fait naître aux yeux du monde le Québec qui n’existait pas encore »" ».
La suite vous la connaissez, des gouvernements nationalistes québécois ont pris le pouvoir à Québec, les Québécois ont secoué de nouveau leur fatigue culturelle et se sont remis au travail. Le gouvernement québécois a proclamé le français langue officielle du Québec. et il a demandé aux multinationales étatsuniennes et canadiennes de permettre aux Québécois de travailler en français. Le français comme langue de travail…
Pour préserver la diversité des cultures, il faut préserver la diversité des langues, .
Nous ne sommes qu’un rameau humain en voie d’extinction, mais entre temps nous créons….
Vous héritez des séjours de nos chanteurs (Charlebois, Dufresne, Isabelle Boulay, Céline Dion, Daniel Lavoie, Garou, Arianne Moffatt,….etc. ) de nos conteurs et paroliers (luc Plamondon, Fred Pellerin, Stéphane Rousseau, Anthony Kavanagh… ) et même surprise cette année un romancier (Dany Laferrière). D’une certaine manière nous enrichissons la francophonie et vice versa (la liste des artistes français et africains serait trop longue)
Puis à Las Vegas et ailleurs dans le monde nos circassiens et metteurs en scène québécois (Robert Lepage) conçoivent les spectacles (Love, O, Ka, Mystère, Cris Angel). Nous ne sommes plus Français. Nous sommes devenus américains et francophones, mais pas états-uniens. Il y a un peu du général De Gaulle et de la France dans notre dernier sursaut visant à secouer la fatigue culturelle… mais bon la conjoncture actuelle au Québec, est plus difficile, possible que les changements en cours vers l’anglicisation-américanisation soient structurels, tendances lourdes et définitives. Mais nous serions tous perdants, le Québec à court terme, la francophonie à moyen terme et la France à long terme
Si la France remet à l’avant-plan une francophonie dynamique et vigoureuse au coeur de ses préoccupations, si la francophonie se développe et que le français revigore son statut international, possible que la partie ne soit pas perdue et que la diversité culturelle planétaire soit gagnante…
On ne doit pas réduire la diversité des manières de nommer penser et créer pour simplement permettre à des compagnies multinationales d’afficher de plus beaux profits trimestriels, profits qui ne serviront qu’ à quelques cadres de toucher des « bonus sur les options de leurs actions » , de permettre à des hedge funds d,accumuler des profits faramineux en spéculant,
profits qui seront en presque totalité envoyés dans quelques paradis fiscaux, pendant que les grandes firmes viendront réclamer des fonds pour ne pas délocaliser…. profits financiers tout relatif, si on considère les milliers de milliards de dollars et d’euros qui ont été engouffrés pour éviter le pire , pour nous sauver des défaillances des marchés financiers dûes aux spéculateurs
il me semble que nos peuples méritent mieux. D’autant plus que très bientôt les technologies de l’information permettront des traductions à faibles coûts.
Bien amicalement.
Alain Lavallée
19 janvier 2010 à 23 h 07 min
Chers lecteurs,
Pour Claude: sil vous plait , reliisez mes propos avec recul mes propos avant de lancer des anathèmes, merci de relire aussi ce qu’écrit Monsieur Raffarin, au regard du droit communautaire .
M.Raffarin nous fait part dans l’article « Coup de gueule à Bruxelles » de son âme de résistance québécoise ».
Alors oui, J’ai fait la remarque qu’il faisait le choix d’utiliser un terme anglais alors que le français dispose d’un terme venu d’ailleurs. Le ministre en signant sa parution au Journal Officiel en 2003 a imposé son emploi à toute la fonction publique et aux élus de la République.
M.Claude Hagège ou Erik Orsenna recommandent de s’approprier les termes issus du monde francophone d’Afrique ou du Québéc ou des Antilles. Cela marque un esprit d’ouverture à l’autre, mon prochain.
M. Raffarin écrit aussi « saluer l’initiative de notre Ministre Alain Joyandet qui organise un concours dans les écoles pour trouver des expressions françaises pour la langue internet : Buzz, Tank, Chat… »
Pourquoi faire? une fois que les écoliers auront fait l’ expèrience d’ un travail de terminologue , vous leur direz: je préfère le terme anglais ?
L’observatoire européen du plurilinguisme nous apprend que le responsable du språkrådet, l’autorité norvégienne en matière de langue, part en guerre contre les termes anglais largement répandus en norvégien dans le secteur de l’informatique. Sylfest Lomheim, directeur du språkrådet, déplore l’utilisation en norvégien de termes anglais comme « pop-up window », « email », « dot-com », « streaming », « chatting » et « tag-cloud ».
« Il est primordial d’établir une terminologie norvégienne liée aux nouvelles technologies afin de préserver au moins un peu de notre langue nationale dans ce secteur, » affirme-t-il. Le danger, selon lui, si les Norvégiens continuent à utiliser tant de termes anglais, c’est qu’ils ne pourront bientôt plus parler de technologies de l’information dans leur langue maternelle.
Le gouvernement norvégien a attribué au språkrådet un budget suffisant pour permettre à trois personnes de se consacrer à temps plein à la norvégianisation des termes liés aux nouvelles technologies. Quelques exemples email : epost chat : småprat
Nous avons la chance extraordinaire d’avoir un dispositif juridique qui protège notre droit à la langue française en France , la loi Toubon. Cette loi , en contradiction avec le droit communautaire, est tant qu’elle perdure notre protection. C’est sur ce fondement juridique que les organisations syndicales ont obtenu devant les tribunaux gain de cause pour le droit de travailler en français en France.
Maintenant pour conclure, le mot « courriel » a une valeur symbolique il est devenu un signe de reconnaissance . Voilà pourquoi le fait de l’employer ou non marque un positionnement.
Utiliser « e-mail » revient à admettre comme le ministre Bernard Kouchner que la langue française n’a plus la capacité de désigner les nouvelles réalités .
Best regards
JLC
19 janvier 2010 à 23 h 25 min
Toujours sur le blog « Coulisses de Bruxelles » de Jean Quatremer, son papier suite à la visite de Jean Pierre Raffarin. C’est pas gagné semble-t-il !!! http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/01/raffarin-dans-lantre-de-la-b%C3%AAte-anglophone.html
20 janvier 2010 à 8 h 20 min
Merci Caroline pour l’excellent article référencé…!
21 janvier 2010 à 0 h 57 min
Bonjour Monsieur Raffarin
Bonjour à tous les amis de ce blog
Une réflexion , un axe de recherche, une piste, une proposition…
Il est admis que la cuisine française si elle n’est pas la meilleure, tient tout de même un bon rang.
Il est connu que si les français ne sont pas les meilleurs amants, ils ont une réputation que nous devons encore défendre… (Ronsard, Sade, et… tous les autres !
Travaillons sur ces terrains… en Français, tout le monde sera ravi et ce n’est pas contestable.
Ainsi par ce biais, par ce truchement, il sera plus aisé d’élargir le français à d’autres sujets.
La politique des « petits pas » en quelques sorte.
Imposons le français sur les menus de restaurant…
Admettons le langage courtois seulement en français…
Résultat garanti !
Ce n’est qu’une suggestion.
Ernest
21 janvier 2010 à 19 h 14 min
Bonsoir,
Vous trouverez à la fini un lien vers un article paru récemment semaine dans Entreprise et Droit:
Il concerne l’emploi du français dans l’entreprise , on constate le rôle protecteur de la Loi.
Vous noterez que l’article signale la proposition de loi votée en 2005 au Sénat (Loi Marini Legendre), Celle -ci devait combler une lacune de la Loi Toubon, faille juridique signalée par les syndicats.
Bien que présenté à l’assemblée nationale , le projet de loi est resté dans les tiroirs… droit communautaire oblige : cf Jacques Toubon séminaire du 3/12/07 « Le français, une langue pour l’entreprise » page 84 /85 Editions DGLF
http://www.entreprise-et-droit.com/lng_FR_srub_11_iart_727-Le-francais-dans-l-entreprise.html
Bonne lecture
Jean loup Cuisiniez
Cordialement
Jean loup Cuisiniez
24 janvier 2010 à 22 h 10 min
Monsieur Raffarin,
Le fait de constater que vous faites le choix d’utiliser sur son site le terme anglais
« e-mail » au lieu de courriel a offusqué quelques lecteurs.
En signalant ce manquement à la primauté du français , je ne faisais que me conformer à la circulaire du 14 février 2003 relative à l’emploi de la langue française et parue au journal officiel
no 68 du 21 mars 2003 à la page 5034 réf: NOR PRMX0306461C.
Il se trouve que cette circulaire est signée du Premier ministre JEAN PIERRE RAFFARIN.
Je vous cite :
» Langue de la République, le français est notre bien commun. Les règles qui en garantissent
l’usage et en favorisent le développement doivent être strictement observées.
(…) Par ailleurs, notre langue doit pouvoir continuer à disposer de termes et d’expressions permettant d’exprimer les notions et les réalités contemporaines. C’est le but du travail de terminologie et de néologie. (…)
Je vous rappelle enfin que les termes retenus par la commission de terminologie et de néologie s’imposent aux services et aux établissements publics de l’Etat.
Je vous demande de veiller particulièrement à ce qu’il soient employés dans tous les moyens d’ information et de communication, traditionnels et nouveaux (sites de l’internet, dont le contenu relève de votre responsabilité ou de la responsabilité d’établissement placés sous votre autorité ou votre tutelle. » Fin de citation.
Le terme courriel a bien été retenu par la commission nationale de terminologie , vous rappelez aux agents de l Etat que les termes retenus s’imposent strictement et ce même sur les sites d’ internet au nom de la défense de notre bien commun: la langue française.
Alors pourquoi maintenir le choix du terme anglais sur votre site ?
Salutations respectueuses.
JLC
30 janvier 2010 à 8 h 57 min
Je tiens à défendre JP Raffarin qui a été injurié pour avoir défendu le français à Bruxelles par le Pr Raynal, habité par une rage qui semble davantage liée aux malheurs de l’occitan qu’à la situation linguistique mondiale qu’il définit comme ayant l’anglais comme langue commune devant être généralisée.
Or le fait que ce soit le cas dans certaines classes de la population mondiale ne doit pas masquer plusieurs autres faits importants :
- l’immense majorité des populations ne parle pas du tout anglais ou seulement les quelques phrases apprises quasiment par coeur une utilisation répétitive, ce qui trompe souvent son interlocuteur qui n’en sait pas davantage. Cette immense majorité a des tâches plus vitales et plus urgentes à accomplir qu’à se perfectionner dans cette langue.
- une grande partie de cette majorité peut progresser avec les outils de sa propre langue dont son immense corpus accumulé : le français notamment en Afrique, le mandarin (et son cousin japonais) pour près d’un quart de la population mondiale, l’espagnol (et ses frères portugais et italiens) etc.
- le passage à l’anglais serait un déclassement pour les générations déjà éduquées et une ou deux générations à venir, vu le temps nécessaire pour hisser la planète, sans parler du fait que dans 30 à60 ans le problème se posera sans doute autrement. Et réciproquement ce passage à l’anglais serait un privilège colonial bénéficiant à une part de la population mondiale qui n’a pas forcément apporté ce qu’il y a de meilleur.
- et ce déclassement serait également culturel, et c’est là que le le commentaire est le plus étonnant pour un connaisseur du Japon… et de la France.
Bref, s’inquiéter de tout cela comme le font Jean-Pierre Raffarin et bien d’autres n’a rien de colonial et cette bordée d’injures pour une différence d’appréciation dévalorise considérablement le message.
6 février 2010 à 11 h 16 min
Tant que les habitants les plus misérables de la planète seront majoritairement des francophones, le français, déjà bien petit, ne cessera pas de décliner. C’est ça le vrai combat. C’est plus difficile que d’aller à New York ou à Bruxelle, pardonnez-moi Mr le premier ministre, mais il me semble que vous devriez aussi aller à Tananarive ou à Kinshasa…
16 février 2010 à 12 h 13 min
sur le combat pour le français,
priorité : changer d’état d’esprit : trop souvent la défense du français est … une défense ! Or la meilleure défense, c’est l’attaque. Entendons : un combat dynamique, expansif, moderne. La guerre des langues est au moins aussi important que la guerre économique. Abandonner le français à Bruxelles, dans les entreprises, les grandes écoles, c’est laisser coloniser les esprits par l’idéologie anglo-saxonne. C’est renoncer à la vision française et francophone du monde, c’est perdre du terrain dans le monde économique, géopolitique, scientifique. Au contraire, il faut partir de nos bases (français en France, en Suisse, en Belgique, au Canada, en Afrique, et dans les institutions internationales, et dans l’exceptionnel système éducatif français à l’étranger qui forme des élites étrangères francophones aux références françaises) pour mener une politique offensive nécessitant des moyens, afin de cesser de reculer puis repartir à l’assaut et regagner le terrain perdu, voire en gagner. Cela ne signifie pas prendre la place de l’anglais, mais être présent partout pour donner visibilité, attractivité, modernité au français. Sinon le danger est que les francophones renoncent au français (son avenir est largement en Afrique, en particulier des pays à forte démographie comme le grand Congo, la Côte d’Ivoire, Madagascar, le Niger et d’autres, qui donneront, donneraient dans quelques décennies au français le dynamisme actuel de l’espagnol ou du portugais !), et que le français ne soit plus qu’une petite langue d’un petit pays qui pensera conformément à l’idéologie anglo-saxonne. Qui aura renoncé à sa liberté, à celle du monde (défendre le français, et les autres langues, c’est combattre en accord avec le message universaliste de la France). De la Servitude volontaire… Combattre, cela implique une vraie volonté politique, et des moyens conséquents et tous azimuts, qui n’existent pas aujourd’hui… Et un combat quotidien, sans relâche, et pas seulement dans les institutions internationales et européennes. Je souhaite que M. Raffarin soit un « r-éveilleur » des consciences politiques françaises sur ce sujet. Mettre les moyens à la défense du français, ce n’est pas dépenser. C’est investir l’avenir.