C’est agréable le silence, cela permet de faire le point.
Je refais d’abord le film de la campagne en Poitou-Charentes. Dominique Bussereau a fait une campagne tonique et chaleureuse. Hier, à Parthenay, les 500 personnes présentes ont vécu un meeting très joyeux mais aussi très sérieux. De la belle politique !
Je repense à mes interrogations sur le renouvellement des candidats. Aujourd’hui je suis totalement rassuré, la jeune génération conduite par le talentueux Olivier Chartier s’est montrée à la hauteur de la mission. Dans la Vienne trois futurs députés sont déjà en pistes, ils ont à peine 30 ans.
Je regrette que les grands médias qui ont sérieusement enquêté sur le bilan des régions, aient publié leurs études trop tardivement. Le navran bilan de Madame Royal aurait été mieux connu :
- taux de chômage le plus élevé des régions du Cente-Ouest (Capital) ;
- dernière place du classement des régions pour les 2 compétences prioritaires : transport et formation professionnelle/apprentissage (Le Monde) ;
- déclassement de Poitou -Charentes pour la gestion de la 4ème place (2004) à la 17ème place (2010) ! (L’ Expansion) ;
- 1er rang pour les embauches de collaborateurs + 95% (La Tribune) ;
- le mensonge environnemental : en fait d’ « excellence environnementale » Poitou-Charentes est 9ème pour le photovoltaïque et 14ème pour l’éolien (Les Echos). »Les chiffres sont cruels », »bilan médiocre »…
A gauche ce calme de veille de scrutin précède » la nuit des places ». Dans la nuit de dimanche à lundi il faudra faire rentrer 5 litres d’eau dans une bouteille d’ un litre, faire une liste avec 5 listes. Une chose est certaine ce ne sera pas la « nuit de l’éthique » !
Pour le Président, les reflexions avant scrutin sont primordiales, après tout ira très vite. Nicolas Sarkozy a annoncé qu il ne changerait pas de gouvernement ce printemps, je crois qu’il a raison, après la reforme des retraites il sera sans doute pertinent de choisir une autre « allure » (au sens marin du mot). A court terme, il me paraît nécessaire de préparer un « pacte majoritaire »qui liera les députés et les sénateurs de la majorité au gouvernement pour un programme législatif fort mais concentré, c’est-à-dire alléger des textes qui divisent -nous discuterons de la taxe carbone par exemple-. La question politique des prochains mois sera la qualité de la relation entre l’exécutif et sa majorité parlementaire.
Je profite aussi de ce temps de silence pour repenser à 2004. Je me souviens des conseils que l’on m’a donné avant et des leçons reçues après… Je repense à Jacques Chirac qui, avant la rupture, disait que les élections régionales ne devaient pas avoir de conséquences nationales. Avec le recul, ont-elles des conséquences à terme ? Faudrait-il perdre les élections régionales pour gagner les nationales ? Je sais que l’ancien Ministre de l’intérieur et que l’ancien Président des Pays de la Loire, en 2004, ont beaucoup réfléchi à cet enjeu des élections régionales. Ils n ont pas improvisé ce rendez-vous. Au-delà de la conjoncture, je suis convaincu, en ce qui me concerne, que l’on ne peut opposer la Nation et la région, et qu’au contraire celle-ci prolonge celle-là. La vocation du pouvoir local n’est pas l’opposition nationale. Je n’oublie pas qu’à trois reprises j’ai gagné ces élections régionales en 86, en 92 et en 98, dans les 3 cas la gauche était au pouvoir à Paris. Le débat, »nationalisation ou régionalisation » des élections est, pour moi un contresens, on ne peut séparer les deux termes, l’unité a besoin de la diversité et réciproquement.
Bon dimanche.
jpr
CarnetJPR sur iPhone