Les Français sont attachés à Francophonie. Selon une récente étude d’opinion (février 2010), il ressort que celle-ci est une idée moderne (pour 71 % d’entre eux) qui devrait être davantage défendue dans le monde (90 %) car elle est aujourd’hui menacée (52 %). Pour y remédier, nos concitoyens proposent d’inciter les hommes politiques francophones à parler français, notamment à l’étranger, et à développer l’enseignement du français.
Pour prospérer, la Francophonie doit éviter deux écueils. Elle doit échapper et dépasser le débat entre les intégristes qui proposent de « boycotter » le classement- reconnu- de Shanghai des principales universités mondiales sous prétexte que les publications en langue française n’y sont pas réellement prises en compte. Mais la Francophonie doit également se préserver de ceux qui, pour être à tout prix dans le vent, commencent par nous proposer de renoncer à parler français.
Un pays membre de l’Organisation des Nations Unies sur trois est membre de plein droit, associé ou observateur de l’Organisation internationale de la Francophonie(OIF). Dans le même temps, les demandes d’adhésions à cette organisation ne cessent de se multiplier. La Francophonie c’est aussi 900.000 professeurs de français dans le monde qui enseignent chaque année notre langue commune à plus de 50 millions d’élèves.
Jamais autant de personnes n’ont parlé français dans le monde. Le problème n’est pas la demande, toujours forte, de français « cette langue adaptée par excellence au caractère universel de la pensée » (Senghor). C’est l’offre que nous ne sommes plus en mesure de proposer.
A cet égard, nous devons veiller à préserver l’instrument principal de diffusion de la langue française, ce réseau piloté par l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE) de près de 461 établissements implantés dans 130 pays qui rassemble 250 000 élèves. Dans le contexte budgétaire tendu, nous devons veiller à ce que l’engagement pris par le président de la République de sanctuariser les moyens de la Francophonie, soit respecté. Et ce d’autant que la promotion du Français n’a pas encore été incluse dans le grand emprunt.
A la suite de la 15ème édition de la Semaine de la langue française et de la Francophonie, des initiatives novatrices intéressantes ont été prises ou pourraient être prises. Ainsi, une association rassemblant les Anciens élèves des lycées français du monde (ALFM) a été créée en avril 2010. Elle vise à développer un réseau de tous les anciens élèves des lycées français à l’étranger mais aussi à faciliter l’orientation et l’accueil des lycéens dans les établissements supérieurs français. Pour cela, je propose d’étudier la création d’un visa simplifié et de longue durée pour les élèves étrangers ayant effectué leur scolarité complète (jusqu’à l’obtention du baccalauréat) dans un établissement français à l’étranger. Cette politique très ciblée n’irait pas à l’encontre de la politique globale de maîtrise des flux migratoires.
Le nouveau Service civique devrait également offrir des perspectives intéressantes. Ne pourrait-on pas envisager qu’un certain nombre de jeunes volontaires viennent renforcer le réseau d’enseignement français à l’étranger ou soient mis à disposition des systèmes éducatifs des pays francophones qui le souhaiteraient ?
.N’oublions pas que « la langue n’est pas seulement un moyen de communication, elle est un instrument d’incarnation et de transmission de valeurs » comme l’a énoncé le président de la République le 20 mars dernier.
J’ai eu l’occasion au cours de mes déplacements auprès des grandes organisations internationales (ONU, Institutions Européennes) de développer « le concept d’intransigeance francophone ». Il ne s’agit pas d’un combat vain et stérile contre l’anglais mais de défendre l’emploi et l’usage du français dans les institutions internationales, ce qui revient à prôner le multilinguisme avec ses prolongements naturels : la diversité culturelle, le multilatéralisme.
L’intransigeance francophone, c’est aussi le rappel de quelques règles : dans une enceinte internationale où le français est la langue de travail, il est inadmissible que les Français (qui doivent souvent leur élection aux pays francophones) s’expriment exclusivement en anglais ; alors que la France n’a jamais compté autant de ses ressortissants à la tête d’organisations internationales : FMI, OMC, Union Postale Universelle, Banque des règlements internationaux, FAO….Cette attitude est choquante pour notre famille francophone.
La Francophonie est une communauté de nations qui dépasse les blocs géographiques ou politiques, puisqu’elle nous réunit autour de notre langue et des valeurs dont elle est porteuse. Ce caractère transversal s’est affirmé tout au long de la construction institutionnelle de la Francophonie. L’OIF, grâce à l’autorité et l’action déterminées de son Secrétaire général, Abdou Diouf, est de plus en plus entendue.
Le véritable défi qui nous est posé aujourd’hui est de parvenir à réconcilier l’universalité de nos valeurs et la diversité de nos cultures. Nous devons pour cela éviter deux écueils : le relativisme relâché et l’unilatéralisme arrogant. C’est ce que j’appellerais un « humanisme de la diversité ». L’espace francophone me parait pertinent pour mener ce débat. Là est sa modernité.
Jean-Pierre Raffarin
Ancien Premier Ministre
Représentant personnel du Président de la République pour la Francophonie
22 octobre 2010 à 18 h 46 min
[...] Petit rappel:
-Langues les plus parlées dans le Monde:
http://secondlangage.wordpress.com/2009/07/13/les-12-langues-les-plus-parlees-dans-le-monde/
Vive le français…!
23 octobre 2010 à 3 h 10 min
Un acte II avec qui ?
2012 va se jouer en Novembre 2010, dans l’intimité du choix du Président de la République sur le prochain premier ministre…
Un acte II pour une démocratie plus humaniste, plus sociale, plus progressiste….
Ou un acte II, plein de la neutralité d’un choix de confort…qui ne satisferait qu’une toute partie de la droite traditionnelle ?
Mon choix est celui de la vie, j’aime les feuilles mortes quand elles décorent les parterres des sous-bois et des jardins…Mais il y a un moment, il faut savoir se renouveler…
Faut-il en dire plus ?
Comme certainement beaucoup de français…j’attends…
Mais cette attente semble sans surprise…Quelle surprise ?
Celle d’un grand renouvellement des idées ?
Comme un vent doux d’automne qui nous enivre de son doux parfum…Celui de l’espoir, celui de la rencontre avec un destin…
C’est au Président de la République Nicolas Sarkozy de choisir…celui de grandir ou de se conforter ?
Ces amis l’aideront dans son choix…
Mais quels amis ?
Ce sera son choix pour 2012…son chemin…son destin…
jany guiot
23 octobre 2010 à 11 h 33 min
La francophonie, un bel enjeu.
La « francophobie » elle, est dans la rue et aux portes des dépôts de carburant.
Quand les juges désavouent les Préfets, il y a les pires craintes pour une société qui souhaite comme le dit sa devise : LIBERTE EGALITE FRATERNITE
Quand on dit et répete qu’il faut un véritable « coup de torchon » dans la justice ?
Vous avez encore besoin de preuves ?
23 octobre 2010 à 15 h 20 min
Cher Monsieur le Sénateur,
Cher Monsieur Jean Pierre Raffarin,
J’ai lu avec attention votre article développé, qui a retenu toute mon attention à ce sujet de la langue français dans le monde entier puis je dire.
J’approuve et je soutiens ce combat de défendre la langue française parlée dans le monde, mais qu’on y mette des moyens et des relais afin de préserver notre langue française qui fait partie de notre patrimoine ne l’oublions pas.
Le Président de la République a raison de souligner et de dire que notre langue n’est pas qu’un moyen de communication, mais un instrument d’incarnation et de transmission de valeurs.
Sur ce point nous pouvons être d’accord, car la langue française fait parti de notre patrimoine, mais au delà elle cache aussi son histoire et son passé avec le latin au temps des Romains et de Gaulois. Mais elle garde un mystère entre la République et l’Église, il faut remonter à cette époque.
Quand je vais en Allemagne par exemple, et bien on commence à parler le français dans certaines entreprises en partenariat avec la France, et pourtant les allemands sont strictes sur ce principe, en revanche les allemands préfèrent qu’on leur parle en français on bien en allemand qu’en anglais sans doute une fierté et tradition, que nous français nous devons aussi défendre.
Mais ce débat sur ce travail en vaut le coup, et je pense au G20 comme vous le dites Monsieur le Sénateur il faut avancer sur ces sujets.
Avec mes cordiales salutations
Dr Ludovic Zanker
Politicien Relations franco-allemandes
25 octobre 2010 à 19 h 35 min
Vous avez raison Jany, un choix de Ministres révèle aussi un choix d’amis !
jpr
28 octobre 2010 à 17 h 55 min
Bonjour Monsieur le Premier ministre,
quel magnifique texte que vous nous avez offert, plein de propositions lumineuses et courageuses.
Quel réconfort c’est pour moi que de prendre connaissance de ces statistiques à l’effet que 71 % des Français pensent que la Francophonie est une idée moderne, actuelle, contemporaine… réconfortant car on a parfois l’impression vu de l’étranger, à tort heureusement semble-t-il, que la France jusqu’à maintenant n’attacherait que peu d’importance à sa langue, certains intellectuels français ne proposent-ils pas plus ou moins l’abandon du français au profit de l’anglais (Frédéric Martel ?, ).
Oui l’idée de la francophonie, est contemporaine, de grands ensembles linguistico-culturels ne demandent qu’à naître, renaître et se déployer, ils sont nécessaires afin de préserver la diversité des manières de penser et de concevoir. Oui , aux 90 % de Français qui croient que la langue française a sa place dans le monde contemporain et le monde de demain. Oui elle est menacée, ici même en Amérique du Nord, au Canada elle disparaît, elle est presque morte en dehors du Québec et de ses zones limitrophes, elle s’érode en Europe. Il semble que ce ne soit qu’en Afrique qu’elle progresse, en nombre de locuteurs.
Oui aux visas simplifiés pour ceux qui ont fait leur parcours scolaire dans le réseau de l’AEFE,
et oui surtout à ce service civique ouvert aux jeunes Français qui souhaiteraient enseigner le français à l’étranger. L’Asie s’ouvre à la langue française. La Louisiane, où le français est presque mort, demandent des enseignants de français; mais surtout l’Afrique a soif de cette grande langue passerelle qu’est la langue française. Des centaines de dialectes et de langues s’y côtoient, et 25 pays d’Afrique ont le français comme langue officielle et manquent cruellement de « »moniteurs de français » pour ses CLAC (Centre de lecture et d’animation culturelle).
La francophonie a créé en Afrique quelques 220 CLAC, le journaliste québécois Christian Rioux nous invite à en visiter un, accompagnons-le;
« »" »" »" »" »" »Mais la véritable surprise nous attendait au Centre de lecture et d’animation culturelle (CLAC) créé par la Francophonie. Dans ce petit bâtiment rudimentaire attenant à la mairie, dont personne au Québec ne voudrait pour abriter sa voiture, j’ai vu de mes yeux une chose rare. Sous les pales des ventilateurs qui remuaient un air lourd et humide, 400 enfants de 6 à 14 ans se ruaient littéralement sur les centaines d’ouvrages disposés sur les murs. Chaque mercredi et vendredi après-midi, c’est là qu’ils se donnent rendez-vous après l’école. Certains s’appliquent à faire leurs devoirs dans un brouhaha permanent. D’autres lisent tranquillement sous la chaleur accablante. «Ici, le livre a encore un grand pouvoir d’attraction. C’est un objet convoité», me dit Issa Bongo, responsable de la centaine de CLAC d’Afrique de l’Ouest.
(…)Quiconque a visité un seul de ces 220 CLAC, d’ailleurs imaginés par l’ancien président de la Bibliothèque nationale du Québec Philippe Sauvageau, ne peut douter de l’utilité de la Francophonie. Celui-là est immunisé à jamais contre les regards suffisants que certains lui jettent parfois. Même au Québec, il n’est pas rare d’entendre dire que cette Francophonie rame inutilement contre l’irrésistible vague anglophone qui déferle sur le monde.
Rien n’est plus faux. Avec la montée de la Chine et des autres pays dits émergents, la rivalité entre les grandes langues du monde ne pourra que s’accentuer. Bientôt, le français, l’espagnol et l’allemand ne seront plus seuls à contester le sabir anglo-saxon qu’on nous impose partout comme seul moyen de communication. Elles seront rejointes par le chinois, le portugais, le russe et quelques autres.
Dans ce contexte, le français ne sera pas en si mauvaise posture. Pendant que le Canada maintient des taux effarants d’assimilation des francophones qui vivent hors du Québec, l’Afrique, elle, est plus que jamais demandeuse de français. »" »" »" »" »" »" »" »" »
Pour ceux qui aimeraient lire cet article au complet (« Nécessaire francophonie », Le Devoir 22 octobre 2010)) voici le lien.
http://www.ledevoir.com/international/francophonie/298538/necessaire-francophonie
Je vous prie, Monsieur le Premier ministre, de recevoir mon admiration pour ce texte qui regorge d’idées lumineuses,
Alain Lavallée
Québec
PS: j’ai eu des problèmes avec internet cette semaine , je suis installé dans une maison sur les bords du St Laurent… magnifique… mais le service internet ????, par contre j’ai pu suivre par satellite le Sommet de Montreux, beau sommet , une certaine assurance retrouvée il me semble,
par contre je n,arrive pas à visionner l’ entrevue télévisée que vous avez mise en ligne
28 octobre 2010 à 18 h 40 min
Bonjour Monsieur le Premier ministre,
Oui, la Francophonie est une institution transversale, un réseau adapté à ce monde en réseau, un réseau qui doit devenir rhizome, se donner des racines, fussent-elles virtuelles, afin de préserver le monde des grandes puissances aux ambitions impériales.
Elle regroupe près du tiers des membres de l’ONU. Transversale aussi parce qu’elle lie des pays riches et des pays pauvres d’une manière non impériale, non coloniale.
Au contraire , elle s’est donné comme objectif de préserver la diversité, ou comme vous l’écrivez si bien elle se donne comme guide un « »humanisme de la diversité », qui a besoin à la fois d »une « »certaine intransigeance francophone » pour s’affirmer en tant que zone d’influence linguistico-culturelle, dire j’existe MAIS je n’écrase pas, ne domine pas le plus petit, je permets à la diversité d’avoir sa place au soleil.
Une stratégie de la godille qui lie ces deux pôles, l’unité et la diversité, sans chercher à nier l’existence de l’autre, sans chercher à faire disparaître l’autre.
Ni unilatélarisme arrogant, ni le « tout se vaut », ni le cristal rigide, ni la fumée où tout se disperse. (« entre le cristal et la fumée », titre d’un essai de Henri Atlan).
La Francophonie est une communauté de nations comme vous l’écrivez, qui se doit être animée par le multilatéralisme, la transversalité et l’adhésion afin de préserver le monde des prétentions impériales, unilatérales, et coercitives de certains.
Merci , Monsieur le Premier ministre, pour ces propos d’avenir porteurs d’espoir
Alain Lavallée