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11 février 2011 à 21 h 12 min
oui à la démocratie ,non à l’intégrisme
11 février 2011 à 22 h 00 min
Très chers tous,
Certes « Que les Démocrates laïcs veillent »!
En tirant le fil de l’Histoire vers l’amont, souhaitons que ce ne soit pas le jeu de l’apprenti sorcier qui soit au bout!
Habituellement quand le peuple se révolte, il se sépare de ses attaches! Et si, encore, cela ne concernait qu’un seul peuple!
De même, que difficile cela doit être le chemin de croix de l’éthique pour un héritier de ciseleur habile qui oublie la notion du code de la route!
L’éthique dirait un général! Tiens donc, cela existe-t-il encore?
Claude Simonnet
12 février 2011 à 0 h 29 min
Cher JPR,
Le fait déclencheur des révolutions Tunisiennes et Egyptiennes reste la soudaine dégradation de vie des populations. La hausse des denrées de base ces 8 dernières semaines a été sans précédent historique, l’effet sur des ménages sans capital, vivant au quasi jour le jour est radical. 30 ans d’humiliation mais pas une semaine le ventre vide. On retrouve des fondamentaux.
Et d’où vient cette hausse des denrées alimentaires si ce n’est de la crise financière ? La cupidité des uns et la liberté des autres, entre les deux, une mondialisation en totale percolation.
Allez.. je ne serais pas étonné que les transformations actuelles finissent à Wall Street et à la City, d’une façon ou d’une autre.
Cheers,
Oresme
12 février 2011 à 1 h 02 min
L’Egypte s’est libérée,demain la démocratie, et aprés.?
Le peuple manque de pouvoir d’achat pour se nourrir et vivre comme le reste du monde, c’est le vrai problème.
Demain la démocratie sera militaire,sinon religieuse.
12 février 2011 à 7 h 30 min
Bonjour à tous,
Cher Monsieur le Premier Ministre,
Votre analyse sur la situation en Egypte est pertinente et l’on ne peut que saluer la sagesse de son Peuple dans cet événement de son histoire.
Au Caire la place a voulu la paix, et on pouvait craindre le pire, je pense que tous les acteurs ont très vite emprunté le chemin de la Démocratie, un Peuple qui s’est exprimé à la fois fortement et patiemment, une Armée présente, observatrice et modérée, un Président qui ne s’obstina pas indéfiniment et capitula assez rapidement.
Une étape a été franchie, place à la discussion, au débat démocratique qui doit mener ce pays au progrès et au maintien de la Paix dans cette partie du Monde très explosive. Cette « révolution » égyptienne devrait inspirer certains pays voisins et leur Peuple qui auraient quelques velléités de révolte…
Sagesse et Pacifisme doivent être les courants de pensée d’une Révolution qui mène à la Démocratie.
Bien amicalement
Jacques
12 février 2011 à 7 h 46 min
Bjr Jean-Pierre Raffarin…!
[...] Historique,cette une victoire pour le peuple egyptien,après cette « Révolution du Nil »,un homme tombe, »Hosni Moubarak »,oui,mais/et après…?
[...] « Ne nous reposons pas sur nos acquis,mais efforçons-nous de construire la paix,de vouloir que la paix soit dans le coeur et dans l’esprit de chacun ». John Fitzgerald Kennedy.
Excellent Week-End,@+,Reynaldo.
12 février 2011 à 11 h 17 min
Bonjour Monsieur Raffarin,
Comme à chacun de vos billets, votre sagesse acquise de votre riche vécu associée à votre particulière sensibilité et votre bon sens, nous livrent là une réflexion très particulière mêlée d’espoir présent et de sur lendemains incertains.
Tout de ce qui s’est passé durant ces dix huit jours et la façon dont les événements se sont déroulés, laisse présager des temps meilleurs mais beaucoup ont le souvenir d’un certain Mohammad Reza Pahlavi et plus encore, les dentelles remplacées par le tchador
Bien à Vous
12 février 2011 à 13 h 38 min
Un grand souffle Républicain porté par des jeunes, c’est ce que m’inspire ce mouvement, cette dynamique.
Il y a sans aucun doute plus d’avenir démocratique en Egypte, en Tunisie que dans notre Europe Bureaucratique pilotée par une certaine médiocratie.
Je suis enthousiasmé de constater que les aspirations de ces jeunes sont simples mais tellement légitimes: vivre et entreprendre librement.
Et de ce mouvement personne en Europe n’avait rien vu venir.
Mais comme cette Europe capable de projeter son futur au delà de la méditerranée n’existe pas, cet autisme n’a rien de surprenant.
Quant à l’autisme UMPSRS c’est tout simplement consternant.
Que la République soit avec vous.
République un mot qui pour la France n’a plus aucun sens.
12 février 2011 à 16 h 28 min
Bonjour, Monsieur le Premier Ministre, Cher Jean-Pierre !
Juste pour vous dire que je reprends totalement à mon compte les termes de votre billet
ainsi que celui des autres membres de ce Carnet et en particulier celui de
Claire (une femme, tiens donc, bizarre…….!) !
Souhaitons bonne chance à ces 2 pays qui se sont libérés de deux « despotes »
pour accéder à la Démocratie et le Pain Quotidien !!!!
Mais qu’ils ne sombrent pas dans un totalitarisme encore plus grand !!!!
Comme tout cela est très inquiétant, mais suis-je trop pessimiste ?
Bien Cordialement à Vous Tous !
Sylviane
13 février 2011 à 12 h 27 min
Dans Le Point
« Fillon évoque en Arabie « l’accélération de l’histoire » dans le monde arabe »
J’apprecierais si nous parlions aussi « d’acceleration de l’histoire » en France et en Europe…
Aujourd’hui, c’est plutot le sentiment de torpeur qui semble ressortir…
Il n’y a pas d’acceleration de l’histoire dans les pays arabes, il y a une demande des populations a etre plus reconnues…comme pour tous les peuples du monde a un degre different…
Laissons les pays arabes trouver leur chemin de la democratie au travers leurs propres identites culturelles…
Si nous pouvons apprecier l’eveil des peuples a la prise en main de leur destin, restons de simples observateurs devant les formes que prendront cet eveil…
Nous pourrions regretter notre enthousiasme dans le cas d’un long retour dans le passe…
Bien cordialement,
jany
13 février 2011 à 13 h 39 min
Rome demande l’aide de l’UE face à l’immigration de Tunisiens
Un millier d’immigrants tunisiens sont arrivés illégalement, dans la nuit de samedi à dimanche, sur l’île italienne de Lampedusa. Le gouvernement italien a proclamé l’état d’urgence humanitaire.
Des immigrants sur l’île italienne de Lampedusa, ce dimanche. (REUTERS)
977 immigrants tunisiens sont arrivés illégalement, dans la nuit de samedi à dimanche, sur l’île italienne de Lampedusa, selon les gardes-côtes italiens.
Le commandant du port de Lampedusa, Antonio Morana, alors que que deux autres embarcations se rapprochaient de la petite île, parle d’une «situation difficile»: «les débarquements se poursuivent à un rythme incessant.»
La mer calme et le beau temps favorisent ces départ depuis la Tunisie d’embarcations chargées d’immigrés clandestins. «Il est devenu impossible pour nous de vivre en Tunisie: il y a des violences, des enlèvements, on ne sait plus qui commande, le pays est à la dérive», témoigne une femme arrivée dans la nuit, qui dit vouloir rejoindre sa famille en France.
Le ministre italien de l’Intérieur, Roberto Maroni, va demander le déploiement de policiers italiens en Tunisie «pour bloquer les flux», a-t-il annoncé au journal télévisé TG5, invoquant un système tunisien «en train de s’écrouler».
Rome a demandé une réunion urgente du Conseil justice et intérieur de l’Union européenne. Et le gouvernement a proclamé, samedi, l’état d’urgence humanitaire, ce qui permet d’éviter certaines formalités légales, de prendre des mesures immédiates et de mobiliser rapidement des moyens financiers.
«Mais cela ne suffit plus, nous devons mobiliser les pays de la Méditerranée qui ont des navires, des avions et des hélicoptères» pour contrôler la côte tunisienne, a jugé, dans une interview au Corriere della Sera de dimanche, le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini. Frattini espère une décision rapide de l’Union européenne, d’ici une dizaine de jours, pour le déploiement d’une mission Frontex d’interception et de patrouille au large des côtes de Tunisie.
Les clandestins tunisiens recevront de l’aide «mais ils ne peuvent pas rester sur le territoire italien», a souligné le chef de la diplomatie italienne, indiquant qu’ils seront rapatriés.
En dépit d’un pont aérien mis en place par les autorités italiennes pour le rapatriement, ils restaient dimanche plus de 2.000 clandestins sur l’île, selon une estimation de la police, pratiquement tous Tunisiens. En cinq jours, environ 5.000 immigrants, pour la plupart Tunisiens, ont débarqué à Lampedusa, selon des sources concordantes.
La nouvelle vague d’immigration clandestine a déjà fait ses premières victimes. Un jeune Tunisien s’est noyé tandis qu’un autre est porté disparu après le naufrage, samedi, d’une barque transportant 12 candidats à l’immigration.
(Source AFP)
13 février 2011 à 14 h 15 min
Bonjour Monsieur le Premier ministre,
Espoir, incertitudes et paix en Égypte et en Tunisie. L’armée se veut garante d’une transition pacifique vers des représentants élus… démocratiquement. Nous ne pouvons que souhaiter avec vous qu’il en soit ainsi.
Bien cordialement,
Alain Lavallée
13 février 2011 à 15 h 13 min
Pole-Emploi va certainement passer par une periode difficile…
Comment trouver des emplois, pour ceux qui en cherchent un, sur un marche irresponsable ?
Va t-on commencer par purger (sortir) des listes ceux qui ne croient plus a rien ?
14 février 2011 à 10 h 56 min
Voici un article intéressant, dans la version anglaise du quotidien israélien Haaretz:
Lundi, 14 février 2011 Adar I 10, 5771
Qu’est-ce qu’il y a de commun entre les Frères Musulmans et les Juifs ultra-orthodoxes?
Les Israéliens dénoncent les Frères Musulmans –tout en acceptant les propos tout aussi incendiaires de certains rabbins.
Par Anshel Pfeffer
http://www.haaretz.com/print-edition/news/what-do-the-muslim-brotherhood-and-the-ultra-orthodox-religious-right-have-in-common-1.342619
Les Occidentaux, toujours prompts à dispenser des leçons de démocratie à l’univers entier et tremblant déjà pour le frêle Israel –ce bastion de démocratie perdu, isolé dans un océan de barbarie arabo-musulmane– semblent avoir oublié que la judéocratie israélienne s’accomode fort bien de l’extrême-droite et, en particulier, du parti Yisrael Beiteinu(*), véritable pendant israélien des Frères Musulmans…
Pour l’instant, la proto-révolution égyptienne me fait penser au dernier album d’Hergé: Tintin et les Picaros… avec Hosni Moubarak dans le rôle du général Tapioca! En plus sanglant, malgré tout, puisqu’on estime le nombre de martyrs égyptiens à… plus de 300!!
La véritable révolution égyptienne reste encore à faire: le peuple égyptien doit se débarrasser de l’armée en tant que stratocratie à la solde des Occidentaux les plus réactionnaires et les plus arabophobes. Exactement comme Recep Tayip Erdogan et l’AKP turc ont réussi, avec brio, à remettre les généraux turcs à leur place, c’est-à-dire, pour les plus compromis d’entre eux… en taule! Car, au fond, qu’est-ce que l’armée égyptienne sinon une armée de matons… dirigée CONTRE son propre peuple et non contre une menace étrangère? L’armée égyptienne aurait-elle la prétention saugrenue de défendre l’Egypte contre Israel, puissance nucléaire?!? Que sont, finalement, les généraux égyptiens sinon des gardes-chiourmes étoilés dont la seule mission consiste à tenir et, au besoin, mâter une population de 80 millions de bagnards égyptiens?
Loin de moi l’idée d’une guerre ouverte entre Israel et l’Egypte. Mais force est de constater que l’intransigeance israélienne a un prix: une isolation croissante d’Israel et une coexistence de plus en plus hostile… La fin du joug de l’armée égyptienne signifie la fin –la caducité, comme aurait dit Yasser Arafat– du Traité de Paix israélo-égyptien mais cela ne signifie pas pour autant la reprise des hostilités.
Zwartepiet
(*) http://en.wikipedia.org/wiki/Yisrael_Beiteinu
14 février 2011 à 11 h 12 min
Précision tintinophile à mon précédent message:
Tintin et les Picaros
[...]
Deux vignettes étroitement parallèles montrent la position dénonciatrice d’Hergé : page 11 D2 et page 62 D2. À l’arrière-plan, l’avion transportant nos héros, à l’atterrissage, puis au décollage (et un malentendu de Tryphon Tournesol). Au premier plan, deux soldats, en uniforme tapioquiste avec l’emblème de Plekszy-Gladz, puis deux autres en uniforme alcazariste, regardent passer l’appareil au loin tout en surveillant les malheureux habitants d’un bidonville, toujours aussi misérable avec ses familles en haillons et la pancarte propagandiste « Viva Tapioca » simplement devenue « Viva Alcazar ». On note aussi la vignette montrant le contraste avec la richesse du centre ville « occidentalisé ».
Que la dictature soit de droite ou de gauche – semble nous dire Hergé –, le peuple, lui, ne voit pas son sort bouger tandis que les militaires s’adaptent sans état d’âme à leurs nouveaux dirigeants quels qu’ils soient (comme déjà bien montré dans L’Oreille cassée).
[...]
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tintin_et_les_Picaros
14 février 2011 à 18 h 34 min
Bonsoir Zwartepiet,
Merci pour cette référence tintinophile et ces deux vignettes tout à fait de la future actualité de la Tunisie et de l’Egypte.
Depuis que le monde est monde changer les dirigeants des peuples n’améliore pas leur sort. Ce qui améliore le sort des peuples c’est quand les peuples eux mêmes changent et deviennent vertueux.
Mais généralement les peuples ne deviennent vertueux que sous l’impulsion d’un dirigeant suffisamment charismatique et autoritaire pour entrainer son peuple à investir et à travailler. Pourquoi pas en Tunisie ou en Egypte ? Pour le moment je ne vois pas le moindre dirigeant potentiel qui ait les qualités requises. Quand on donne le prix Nobel de la paix à quelqu’un, cela n’est pas un certificat d’aptitude à diriger son pays.
Et quand un peuple s’est choisi le bon dirigeant il faut encore qu’il n’y ait pas d’obstacle imprévu et que ça aille assez vite pour que ce dirigeant soit perçu comme un guide avant d’être perçu, même à tort, comme un dictateur ou un despote. Comme par exemple, pour Nicolas Sarkozy qui a mis en place un certain nombre de motivations tout à fait efficaces pour réhabiliter le travail et le profit (travailler plus pour gagner plus) et la crise lui a coupé l’herbe sous les pieds en l’obligeant à donner encore plus d’allocations à ceux qui étaient les victimes les plus touchées par la crise. Si cela avait marché il serait un modèle de démocrate. Il a involontairement démontré que la mendicité était encore un bon moyen de survivre dans un pays qui n’aime plus l’effort et qui est sur la voie du sous-développement. Recommencer le coup du « travailler plus pour gagner plus » ne marchera assurément plus avec ceux qui espèrent que moins ils travailleront plus il y aura de gogos pour leur donner plus et N. Sarkozy passe pour un antidémocrate qui les a pris pour des idiots en essayant de les mettre au boulot.
Je souhaite que ce slogan marche quand même en Egypte et en Tunisie mais rien n’est moins sûr. Quand on croit que le tourisme est plus un loisir qu’une industrie pour ceux qui en sont les acteurs, il est assez difficile de les motiver pour qu’ils se mettent délibérément au travail d’une manière collective et coordonnée.
Les deux vignettes de Tintin seront encore tellement vraies dans quelques années. Mais Hergé ne connaissait pas l’intégrisme islamique et il se pourrait bien qu’il manque une vignette, plus noire et plus longue, à intercaler dans quelques temps entre les deux premières.
Cordialement,
Claude
15 février 2011 à 0 h 43 min
Cher Monsieur le Sénateur,
Cher Jean Pierre Raffarin,
Après lecture de ce petit billet, je voulais juste dire que la démocratie à finit par payer après 17 jours dans la rue, je pense que le Président Moubarak était certes un dictateur, mais moins que Ben Ali le Président Tunisien qui ne l’ai plus, aussi par les même manifestations dans la rue.
Je ne pense pas que l’Egypte sera un pays calme, car il faudra attendre 6 mois pour élire un nouveau Président, et de nouveaux députés.
Maintenant sa sera l’armée qui sera au pouvoir, et qui servira de transition à la demande et sous l’oeil puis je dire du Président Moubarak et de son bras droit.
Vous avez raison, que l’Egypte sera en paix et retrouvera une démocratie saine, sans corruption, ou tricherie dans les votes des candidats, mais méfions nous du revers du peuple et des candidats surtout.
Bien à vous,
M.Ludovic ZANKER
Président Général
Politicien en relations franco-allemandes & autrichiennes.
15 février 2011 à 16 h 18 min
Monsieur le Premier Ministre et cher Jean-Pierre,
Nous ne pouvons que souhaiter à nos amis tunisiens et égyptiens, de vivre en paix et librement dans de jeunes démocraties, et que rétablissant le » dialogue » vienne le temps de » l’initiative » citoyenne…
Amitiés
Didier Salou (Brive/ Corrèze)
17 février 2011 à 11 h 18 min
Réponse à Claude re: Mais généralement les peuples ne deviennent vertueux que sous l’impulsion d’un dirigeant suffisamment charismatique et autoritaire pour entrainer son peuple à investir et à travailler.
Voilà plutôt une affirmation souvent démentie dans les faits! Est-ce que les dirigeants chinois sont « charismatiques et autoritaires »? Qui se souvient des prédécesseurs de l’actuel numéro Un chinois, Hu Jintao? Et que dire du charisme de Frau Angela Merkel? Ou du Premier Ministre indien, SE Manmohan Singh?
En réalité, j’ai personellement observé une corrélation inverse entre le charisme du dirigeant d’un pays –qu’on confond d’ailleurs volontiers avec une gesticulation associée à une rhétorique péremptoire mais vaine– et la puissance géopolitique et macroéconomique dudit pays… Quelques exemples? Silvio Berlusconi, Vladimir Poutine, Hugo Chavez,… autant de leaders très en verve, roulant des mécaniques… mais que pèsent-ils en face des phlegmatiques Hu Jintao, Merkel, Obama et autres Naoto Kan (PM japonais)? Je vous laisse le soin de placer vous-même le Président français sur cette échelle de pondération politicoéconomique…
Re: [Nicolas Sarkozy] a involontairement démontré que la mendicité était encore un bon moyen de survivre dans un pays qui n’aime plus l’effort et qui est sur la voie du sous-développement. Recommencer le coup du « travailler plus pour gagner plus » ne marchera assurément plus avec ceux qui espèrent que moins ils travailleront plus il y aura de gogos pour leur donner plus…
Vaste sujet et… vaste débat! Tout d’abord je tiens à dénoncer l’imposture idéologique en vogue et qui consiste à faire croire aux masses que l’objectif premier, la principale obsession de nos dirigeants occidentaux –tant politiques qu’économiques– consiste à atteindre le plein emploi, c’est-à-dire ce Nirvana macroéconomique où ne subsisterait plus qu’un chômage résiduel de 4 à 5%, composé exclusivement de chômeurs en transit (jeunes fraîchement diplômés,…) et de « cas sociaux » (dépressions, femmes enceintes,…). Non, le chômage de masse fait partie intégrante –et constitue même le pilier– du système libéralo-capitaliste qui sévit sous nos latitudes par ailleurs tempérées… Loin de chercher à tout prix à le réduire, nos élites se sont plutôt évertuées à le maintenir le plus élevé possible –afin de réduire le coût du travail et, dans la foulée, le handicap compétitif de l’appareil de production occidental (vis-à-vis de ses rivaux émergents).
Evidemment, une telle vérité ne doit surtout pas se dire! Au contraire: on prétendra inlassablement –et avec l’aplomb du cynique– aux masses désoeuvrées que TOUT, absolument tout, est mis en oeuvre pour les remettre au boulot… tout en tourmentant les chômeurs et les smicards avec un discours visant à les culpabiliser et à faire de leur triste sort de prolétaire excédentaire une affaire de tare personnelle voire de délinquance morale –en les traitant de feignants et de mendiants!
Cependant, les bourgeois européens –et français en particulier– devraient prendre garde que la masse des « mendiants » et autres indigents socioéconomiques ne grandisse… jusqu’à atteindre des proportions tunisiennes voire égyptiennes. Car à ce moment-là, ces mêmes bourgeois stakhanovistes seront les premiers à venir « mendier » plus de sécurité auprès d’un Etat de plus en plus policier… En d’autres termes, cet argent que la bourgeoisie se refuse à abandonner au prolétaires déshérités –sous forme d’allocations de chômage et autres aumônes sociales–, elle devra, de toute façon, le débourser pour payer des effectifs policiers chaque jour plus insuffisants pour maintenir l’ordre bourgeois, à savoir: la protection des biens et des personnes, la prévention des émeutes de banlieues et autres formes de violence prolétaire.
Quant au fameux (fumeux?) slogan « Travailler plus pour gagner plus », il devrait plutôt s’énoncer « Travailler MIEUX pour gagner plus ». Il s’agit, dans le cas de la France, d’un « mieux » macroéconomique et qui est donc de la responsabilité des élites capitalistes françaises et de la place dans la division internationale du travail que ces dernières ont choisie pour la France!
C’est, en effet, une vérité banale que de constater que la prospérité allemande repose sur la fabrication de biens d’équipement et de produits industriels de pointe: machines-outils (Trumpf,…), automobile (Porsche, BMW,…) tandis que le capitalisme français est davantage orienté vers les biens et services de consommation de masse. Observez donc les champions du capitalisme français: Carrefour (n°2 de la distribution après l’américain Wal-Mart), LVMH, n°1 mondial du luxe, Danone (alimentation), etc. C’est ce qui explique, en partie, la plus grande vulnérabilité du capitalisme français dans la compétition globale: il est bien plus facile de contrefaire un foulard Hermès ou une montre Cartier qu’une machine-outil Trumpf ou un moteur Mercedes!! L’avantage compétitif des biens de consommation de masse (et même de luxe) réside de moins en moins dans un savoir-faire exclusif et jalousement préservé que dans une force de frappe « marketing », dans des moyens publicitaires pour construire une brand (=marque).
Voilà le défi auquel devraient s’atteler nos chères élites, plutôt que d’accabler avec mépris un prolétariat précarisé qui n’en peut mais.
Cordiales salutations depuis Bruxelles,
Zwartepiet
17 février 2011 à 14 h 48 min
Bonjour Zwartepiet
Lisant avec attention vos billets, savez-vous que même les automobiles « souffrent » de la contre-façon ! Vous n’imaginez pas à quel point ! Et cela depuis déja plusieurs dizaines d’années…
…comme les foulards ou les T-shirts.
Ernest Gransagne
17 février 2011 à 16 h 06 min
Complément d’info pour Claude:
Le hasard faisant bien les choses, j’ai recopié ci-dessous un article (en anglais, je m’en excuse) mettant à jour la pratique, chez les employeurs américains, d’exclure les CV des chômeurs!?!
Cela démontre ainsi de façon magistrale mon postulat d’un capitalisme occidental s’accomodant sournoisement d’une masse de chômeurs permanents, et d’un marché de l’emploi s’apparentant de plus en plus à un jeu de chaises musicales réservé aux « heureux élus » déjà employés…
Gageons que ces pratiques étatsuniennes ne tarderont pas à se généraliser bientôt dans notre bonne vieille Europe! Et ce sera alors avec un grain de sel qu’on accueillera les jérémiades et les larmes de nos crocodiles patronaux se plaignant de ne point trouver de candidats qualifiés…
16 Février 2011 5:48pm EDT
Quand « Chômeur » = « Intouchable »
In the caste system of career seekers looking for jobs during this economic downturn, employers are deeming the unemployed as untouchable, worker advocates say.
The reported screening-out of applicants without jobs could lead to discrimination against women and minorities during one of the worst job markets in recent memory, those testifying at an Equal Employment Opportunity Commission hearing today said.
And while companies may not specifically have a policy to exclude the unemployed and may informally use employment status in hiring, that allegation, if true, would be of much interest to the EEOC, which enforces federal antidiscrimination laws.
Unemployment data showed that the jobless rate among blacks was 15.7 percent and that it was 11.9 percent for Hispanics, the U.S. Bureau of Labor Statistics reported. Among whites, the rate was 8 percent, and the overall rate is 9 percent.
Plusieurs cas d’offres d’emploi discriminatoires furent soumis à la [Commission pour l'Egalité des Chances à l'Emploi] dont une offre d’emploi online émanant d’un fabricant de composants électroniques du Texas qui avertit: « Aucune candidature de personne actuellement sans emploi ne sera prise en compte/évaluée. » A separate ad for a restaurant manager position in New Jersey said that applicants must be employed, the Los Angeles Times reported.
As the unemployed struggle to find work, there has also been a rise in the business of employing temporary workers. According to figures from one remote-staffing firm, oDesk, the number of employers hiring contractors on an ongoing basis rose 800 percent over the past three years.
U.S. employers review nine applicants for every two available jobs, William E. Spriggs, assistant secretary of Labor for policy, said at the hearing.
That is slightly better than in June, when unemployment stood at 9.5 percent and there were five job seekers for every posted job, a figure that does not really reflect how many candidates there actually were per job, since the unemployed or others could be applying to multiple jobs.
Even experienced executives looking for jobs have had a difficult search if they are out of work and are having to find ways to market themselves.
http://www.portfolio.com/views/blogs/daily-brief/2011/02/16/unemployed-workers-stigmatized-by-employers
18 février 2011 à 14 h 32 min
Cher Zwartepiet,
Je ne m’attendais pas à ce que ma petite phrase sur le travailler plus vous inspirerait tout ça, ce n’était qu’une aparté. Vous avez raison, comme pour moi c’était tellement sous-entendu, j’ai oublié de préciser que le dirigeant devait aussi être vertueux (sinon Hitler aurait été un horrible contre exemple). Si vous considérez que Silvio Berlusconi, Vladimir Poutine ou Hugo Chavez sont susceptibles de rendre les italiens, les russes ou les vénézuéliens vertueux alors nous n’avons pas le même sens de la vertu. Mais ces vrai que ces peuples ont besoin d’être plus vertueux et en ont les moyens. Et je ne suis pas, comme vous, armé pour philosopher puisque je ne suis entrainé qu’à utiliser mon bon sens sans aucune finesse, je le confesse.
Pour le reste vous faites des amalgames. N’importe qui vous dira que même avec des méthodes terroristes, le plein emploi n’est jamais atteint même dans les périodes dites de « plein emploi ». Ce n’est pas faute de l’espérer. Le plein emploi c’est quand on a réussi à employer tout ceux qui sont employables et que l’on commence à avoir besoin d’importer de la main d’œuvre. Mais vous noterez aussi que je n’ai pas employé cette expression. Pour relancer un pays comme la France il n’est, heureusement, pas nécessaire d’atteindre le plein emploi sinon c’est partie perdue. Il suffit d’accroitre l’activité du pays de 2 ou 3% pour que, atteignant 4 à 5% de croissance nous ayons des perspectives tout à fait extraordinaires pour notre pays (on peut toujours essayer de faire encore mieux). C’est en essayant de mettre tout le monde au boulot que l’on réussit généralement à faire travailler un peu plus ceux de nos compatriotes qui feront la différence. Le reste est question de dynamique. Mais, et c’est ce que je voulais dire, les bonnes intentions ne sont pas suffisantes, une crise ou le défaitisme volontaire ou pas de l’opposition peut anéantir toute les bonnes idées et rendre très mauvaises celles qui n’étaient pas très bonnes.
Vous avez une théorie concernant un chômage entretenu volontairement à un niveau élevé (qui vous est propre) tout à fait ahurissante et je me demande bien quel théoricien vous a soufflé ça. Je n’en connais pas un qui ne sache pas qui paie les indemnités de chômage et qui n’ait pas une connaissance des flux économiques dans leur ensemble.
Votre théorie est doublement stupide. Comme les chômeurs sont à la charge de ceux qui ne chôment pas, le chômage augmente fatalement le coût du travail. Les indemnités de chômage coûtent sans rien produire. Le meilleur moyen de baisser les prix tout en augmentant les salaires c’est de mettre tout le monde au travail. Mais en admettant que vous ayez raison cela ne marcherait pas. Baisser les salaires crée de l’emploi. Alors si l’intention des pouvoirs publics était de créer du chômage pour faire baisser les salaires il ferait disparaitre le chômage dès que les salaires baisseraient. Ce ne serait pas bien malin. Le seul vrai bon moyen pour créer du chômage c’est d’enchérir le coût du travail pas le contraire. Si tout le monde travaille plus, on augmente les salaires sans augmenter le coût du travail.
Bien sûr, certains théoriciens ont des idées bizarres pour essayer de faire marcher des théories qui contrarient les lois connues en espérant faire émerger des lois inconnues et miraculeuses (comme par exemple essayer de donner plus de loisir aux gens pour produire plus comme Madame Aubry qui espère bien essayer un jour d’autres théories dignes d’un étudiant de première année qui aurait séché ses cours mais voudrait quand même impressionner ses parents qui n’ont pas eu la chance de faire des études).
Puisque vous dénoncez, pourquoi est-ce que je ne dénoncerai pas aussi. Moi j’aurai plutôt tendance à « dénoncer l’imposture idéologique en vogue et qui consiste à faire croire aux masses » que l’état c’est pas nous. L’état n’est qu’un administrateur que nous mandatons (bon ou mauvais selon les circonstances). Aussi, ce sont ceux qui créent de la valeur qui financent ceux qui en consomment et l’état bon bougre fait simplement le trésorier et emprunte en notre nom pour compléter quand la valeur produite ne couvre pas la valeur consommée. Comme, faire le trésorier et l’administrateur, ça coûte il y a de la déperdition (c’est surtout sur la déperdition que l’on peut agir).
Le terme libéro-capitaliste n’a pas vraiment un sens, je vous laisse en imaginer une définition qui démontre que vous savez ce que sont le capitalisme et le libéralisme.
Vous avez cependant raison de proposer de travailler mieux (ça on le fait heureusement à peu près bien) car travailler plus sans, aussi, travailler mieux, ça ne suffirait pas pour concurrencer ceux qui travaillent plus pour beaucoup moins cher et que l’on ne peut concurrencer que si on travaille plus et mieux en réfléchissant plus et mieux.
Vous avez encore raison quand vous trouvez les allemands mieux armés que nous pour produire des biens industriels. Demandez vous de quand ça date et pourquoi. Ils travaillent pour moins cher et consomment moins et vendent donc plus. Ils ont d’autres problèmes, notamment démographiques, sans vraies solution. L’avenir est peut-être entre les deux. Vous avez raison de penser que la production de services aux personnes n’a jamais enrichi un pays et que ceux qui ont pensé compenser la production industrielle par des services aux personnes sont des ignorants. Les services qui débouchent sur une production industrielle sont un enrichissement (matière grise, ingénierie, etc. qui servent à produire), les services qui sont destinés au confort momentané de nos contemporains (services aux personnes) sont une sorte de redistribution (excellente, efficace et morale) qui consiste à prendre de l’argent à celui qui en a et qui ne veut pas repasser pour le donner à celui qui veut bien le faire mais qui n’a pas assez d’argent. Créer de la valeur qui est consommée immédiatement sans rien produire c’est comme penser s’enrichir en produisant des bulles de savon.
Si vous dites que j’enfonce des portes ouvertes vous aurez raison. Les lois fondamentales de l’économie sont simplissimes (très voisines de celles de l’hydraulique) et le bon sens seul doit suffire pour les comprendre et elles sont bien loin de la dialectique bizarre que vous utilisez mélangeant des mots techniques mal maîtrisés.
Cordialement,
Claude
PS – Ernest a raison, tout se contrefait ou se pirate. Souvenez vous d’ l’histoire japonaise de la photo très inspirée des allemands Leica et Rollei et de quelques autres européens.
PS2 – la pratique qui consiste à écarter les chômeurs des candidatures, sert à sélectionner ceux que l’on présume meilleurs quand le marché du travail est ouvert. Quand il y a activité et donc pénurie de travailleurs on est beaucoup moins sélectif. Le marché du travail américain étant actuellement ouvert ce sont d’abord les moins bons que les entreprises licencient en cas de baisse du marché. Il est inutile d’observer intelligemment les différents phénomènes économiques et d’en tirer des conclusions farfelues. Personnellement j’ai toujours privilégié l’embauche de candidats performants en activité chez mes meilleurs concurrents (et assez souvent amis) mais contrairment à l’exemple que vous citez, je ne le disais pas. Le texte que vous citez n’illustre pas votre théorie sur le chômage entretenu mais sur la discrimination à l’embauche qui a toujours existée et qui existera toujours quand des individus se choisissent mutuellement. Heureusement
18 février 2011 à 14 h 35 min
oups ! ne pas lire « mais ces vrai » mais « mais c’est vrai… » taper vite dans cette toute petite fenêtre ne facilite pas la relecture. aussi j’ai le tort de me relire que quand cela s’affiche. Désolé !
20 février 2011 à 16 h 04 min
Réponse à Claude re: Baisser les salaires crée de l’emploi. Alors si l’intention des pouvoirs publics était de créer du chômage pour faire baisser les salaires il ferait disparaitre le chômage dès que les salaires baisseraient. Ce ne serait pas bien malin. Le seul vrai bon moyen pour créer du chômage c’est d’enchérir le coût du travail pas le contraire.
« The great enemy of truth is very often not the lie–deliberate, contrived and dishonest–but the myth–persistent, persuasive and unrealistic. Too often we hold fast to the cliches of our forebears. We subject all facts to a prefabricated set of interpretations. We enjoy the comfort of opinion without the discomfort of thought. »(*)
— John F. Kennedy
En réalité, le « seul vrai bon moyen pour créer du chômage » c’est de faire de la rétention de capital –un peu comme l’on pratique de la rétention d’informations… Vous semblez perdre de vue, cher Claude, que la production capitaliste repose sur la combinaison fructueuse de DEUX facteurs de production: le Travail et… le CAPITAL! Même la modeste coiffeuse à domicile a besoin d’un capital pour exercer son métier: une voiture et sa panoplie d’outils de coiffure.
Dès lors que les capitalistes –càd les détenteurs de capitaux– ne discernent plus d’opportunités d’investissements rentables dans une économie, un marché donné, eh bien, ils n’y investissent plus les capitaux. Sur un plan mondial, c’est ce qui a donné naissance à une sphère financière hypertrophiée où des centaines de milliards de dollars, d’euros, de yens,… virevoltent en permanence, à jamais soustraits à ce que l’on a coutume d’appeler la « sphère productive » ou l’ »économie réelle ». L’actualité vient d’ailleurs d’illustrer avec fracas cette terrible réalité –en Tunisie, en Algérie et en Egypte. En effet, dans tous ces pays, les commentateurs ont fait le même constat: une jeunesse scolarisée et très qualifiée (à BAC+2,3,4,…), des salaires fort bas (en comparaison de leurs concurrents européens) et des besoins (économiques) loin d’être satisfaits (hormis l’Algérie et la Libye, l’Afrique du Nord ne jouit pas d’une rente pétrolière qui dispenserait ses habitants de travailler)… Et pourtant! C’est la pénurie de capital qui frappe tous ces pays: toute cette jeunesse (formée par un professorat universitaire souvent d’origine européenne et française) n’a vu aucun capital venir à sa rencontre pour créer un appareil de production de biens et de services.
En fait, la cause profonde de cette inadéquation socioéconomique s’énonce simplement: les capitalistes –qu’ils soient occidentaux ou non– se préoccupent uniquement de satisfaire la demande SOLVABLE. Le but, l’obsession permanente des détenteurs de capitaux et des outils de production (=entreprises) n’est pas –et ne sera jamais– de satisfaire la demande non solvable!
En exagérant à peine, on peut ainsi affirmer que si, demain –horresco referens– la totalité de la demande solvable (en biens et services de consommation) française était réduite à un million d’individus, eh bien, les capitalistes ne se soucieraient que de satisfaire les besoins et les désirs de ce million de happy few Frenchies… abandonnant les 64 millions de Français restants à leur insolvabilité incurable. C’est un point fondamental à bien comprendre: pour les capitalistes, la demande insolvable N’EXISTE pas –elle n’a pas d’existence, de sens économique! Dans un régime capitaliste, seuls les besoins solvables existent et sont susceptibles d’être satisfaits/rencontrés par une offre appropriée… Les pauvres, les indigents, les RMIstes qui ont faim, froid,… qui sont SDF, en guenilles, etc. eh bien, dans l’orthodoxie libéralo-capitaliste la plus stricte, tous ces miséreux n’ont AUCUN besoin!! Car étant insolvables, leurs besoins se voient impitoyablement rejetés en dehors de l’économie de marché où seule une demande solvable est appelée à être satisfaite par une offre ad hoc.
Au fond, c’est le message en filigrane qu’exprime, avec talent, le célèbre humoriste Jean-Marie Bigard dans son sketch sur les pauvres(**): si les pauvres avaient réellement des besoins (de consommer), eh bien, ils en auraient les moyens!! Dès lors que les gagne-petit n’ont pas de moyens financiers, ils n’ont pas de besoins!
Or, comme l’a fort bien formulé K. Marx, la seule façon, pour les prolétaires, de « solvabiliser » leur demande (en biens et services de consommation), consiste à vendre, à monnayer la seule chose qu’ils possèdent, à savoir: leur force de travail. En échange de leur travail, les prolétaires perçoivent un revenu leur permettant de solvabiliser leurs demandes… Et c’est ici que le bât blesse, dans la mesure où les capitaliste n’ont ni envie ni vocation à solvabiliser la demande prolétaire par un surcroît d’investissement et d’emplois. Cela provoque une première « friction » avec la classe politique dans la mesure où les hommes (et les femmes) politiques sont élus et donc légitimés par le suffrage universel –càd en recueillant les voix des prolétaires solvables ET insolvables.
C’est ainsi qu’il incombe aux politiciens –à l’Etat– de pallier aux carences capitalistes en matière d’offres d’emplois. C’est ce qu’avait compris John Maynard Keynes: en créant « artificiellement » une offre d’investissements (en autoroutes, barrages, fibres optiques [internet], etc), l’Etat produit de la demande solvable supplémentaire sous forme d’emplois publics… Et l’essentiel du clivage « gauche/droite » en matière socioéconomique se situe là: Où placer le curseur de l’intervention de l’Etat dans la création « artificielle » de demande solvable?
La Gauche est, vous l’aurez deviné, en faveur d’un interventionnisme étatique maximal tandis que la Droite se pose en chantre inébranlable d’une « génération spontanée » de la demande solvable. La Droite se demande: « Il y a des besoins (en biens et services) non satisfaits? Eh bien, que les prolétaires solvabilisent leurs besoins en se présentant sur le marché de l’emploi! » Et on a constaté que cela ne fonctionnait pas… mais on a trouvé la parade: le crédit (facile).
Car si les capitalistes n’éprouvent aucun intérêt à solvabiliser la demande prolétaire par une augmentation d’offres d’emploi, ils ont l’impérieux devoir –vis-à-vis de leurs actionnaires– d’accroître sans arrêt leur chiffre d’affaires, leurs profits et… par conséquent, leurs parts de marché. Prenons un exemple concret: un constructeur automobile a tout intérêt à augmenter sa part de marché et donc, le nombre de véhicules vendus. Pour ce faire, il serait illusoire de vouloir vendre toujours plus de voitures AUX MÊMES clients!! Il devra donc soit « enlever » des clients à ses concurrents, soit vendre des voitures à des ménages qui en sont encore dépourvus… Comment accroître, dès lors, la demande solvable pour la marché automobile lorsque le marché du travail est déjà saturé? Vous l’avez deviné: en remplaçant les salaires par des crédits à la consommation et, plus largement, des crédits hypothécaires, des crédits-vacances, etc. Mais, en procédant de la sorte, nos capitalistes créent l’illusion d’une demande solvable à court terme au prix d’un surendettement et d’une aggravation de l’insolvabilité à moyen et long terme –cf. la crise des subprimes aux Etats-Unis.
On peut donc affirmer que, oui, le régime capitaliste s’accomode fort bien d’un chômage de masse et d’une insolvabilité concommittante de la demande, camouflée par une surabondance de crédits!
Zwartepiet
(*) « Souvent, le plus grand ennemi de la vérité n’est pas le mensonge grossier, calculé et malhonnête… mais bien plutôt le mythe persistant, séduisant bien qu’invraisemblable. Trop souvent, nous nous accrochons aux préjugés de nos maîtres. Nous imposons à la réalité une grille de lecture préfabriquée. Nous préférons la facilité de la conformité aux affres d’une remise en question. »
(**) Jean Marie Bigard – Les Pauvres
http://www.youtube.com/watch?v=I6NF_6c-ujs
20 février 2011 à 16 h 09 min
Correction à mon précédent message:
L’adresse correcte de la vidéo du sketch de Jean-Marie Bigard est celle-ci:
http://www.youtube.com/watch?v=l6NF_6c-ujs
(ou un « l » comme dans « lion » remplace un « i majuscule » devant le « 6NF… »)