Archive de octobre 2011
On doit à Nicolas Sarkozy la création du G20. C’est une idée anticrise née dans la crise. En 2008, sa conviction était qu’on ne pouvait pas dessiner l’avenir du Monde sans associer les pays émergents. C’est aujourd’hui une évidence. On a vu cette année les BRICs se réunir pour parler de la croissance mondiale et exprimer leur inquiétude quant à la marche de l’Occident ! On a entendu les Autorités chinoises se plaindre du déficit américain et participer au financement de la dette européenne ! La Chine a repris la place qu’elle occupait jusqu’au XVIIIème siècle, au premier rang des nations du Monde. Le Brésil est sorti du sous développement… Et tous les pays ont maintenant des intérêts liés, des destins partagés.
L’enjeu mondial du G20 est de relancer la coopération pour surmonter les dérives protectionnistes et nationalistes. L’enjeu français du G20 est d’ouvrir nos yeux sur la réalité du Monde. Ne diabolisons pas la Chine, ne mésestimons pas l’Amérique, n’ignorons pas l’Afrique !
Dans ce grand débat des continents il est nécessaire que l’Europe se montre rassemblée. Bruxelles était un préalable à Cannes. Nous attendons beaucoup de ce G20 pour rassurer le Monde. Nous espérons une gouvernance mondiale apaisée. Nous voulons que l’esprit de coopération l’emporte sur la logique de tensions.
C’est aussi ça, l’idée française.
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Est ce qu’une entreprise craint ses clients ? Où trouve-t-on la croissance mondiale aujourd’hui ? Doit-on répondre à la politique d’ouverture de la Chine par la fermeture de l’Europe ?
Les réponses à ces questions affichent une évidence : le partenariat Europe-Chine va dans le sens de l’histoire. Une part de notre avenir doit être partagé : partageons des investissements européens, partageons aussi le marché chinois.
Un continent endetté n’a d’autres choix que de s’ouvrir pour aller chercher à l’extérieur des points de croissance. Fermer ses frontières, c’est rester seul avec ses dettes.
Le syllogisme est clair :
- L’Europe a besoin de croissance pour supporter les efforts nécessaires au remboursement de sa dette.
- La Chine est le premier moteur de la croissance mondiale. Elle a besoin de poursuivre son ouverture pour maintenir sa croissance.
- L’Europe et la Chine ont besoin l’une de l’autre.
Nos histoires sont différentes, nos cultures diverses, nos régimes profondément distincts, notre relation complexe mais nos intérêts communs.
Le véritable choix est entre la Coopération ou les tensions. Depuis 1964, avec le Général de Gaulle, la France a choisi la coopération. Nicolas Sarkozy a su créer des relations stabilisées avec la Chine. C’est aujourd’hui utile à l’Europe.
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Ce week-end, j’ai animé deux réunions publiques, dans deux régions différentes, pour écouter, comprendre et préparer mes prochaines rencontres avec le Président. Avec Marc Laffineur, j’étais à Segrè, dans le Maine-et-Loire vendredi soir et, samedi, j’étais avec Gérard Dériot et Claude Malhuret à Vichy. Dans les deux sites, les salles étaient pleines et les échanges très libres. Je tire quelques conclusions partielles de ce préliminaire de campagne :
- Les Français sont lucides sur nos impasses budgétaires. Ils savent que des efforts seront nécessaires. Cela n’empêche pas chacun de défendre ses intérêts, mais en conscience (plus ou moins bonne). En revanche une pédagogie nationale est nécessaire pour montrer les déterminants internationaux des trois principales préoccupations de l’opinion : l’emploi, le pouvoir d’achat et la sécurité. Le G20 devrait constituer le lancement de cette pédagogie.
- Les idées ne manquent pas pour réduire les dépenses de l’Etat, notamment dans le secteur social. La cohésion sociale reste une priorité pour tous, mais des économies sont possibles en recherchant plus de justice et en choisissant des priorités. Exemple : ne pourrait-on pas réduire l’amplitude des indemnités de chômage liées au salaire antérieur ? Les inégalités et les abus en matière de prestations sociales ne sont plus acceptés.
- Les associations caritatives se sentent menacées, fragilisées. Elles ne sentent pas les pouvoirs publics européens et nationaux assez motivés par leur action. Elles portent pourtant l’une des valeurs fondatrices de la République : la Fraternité. Le bénévolat est en souffrance.
- Les rémunérations astronomiques de certains dirigeants d’entreprises ou leaders sportifs sont des provocations qui pourraient tourner vinaigre. L’hyperluxe aujourd’hui consiste à demander à payer plus d’impôts ! L’Etat doit protéger les classes moyennes, ardemment.
- Les territoires veulent être respectés, les personnes aussi ! Le mot respect revient régulièrement pour caractériser ce que doivent être les relations sociales.
- Education, développement durable, réduction de la dette sont les priorités attendues d’une politique en faveur des nouvelles générations.
- Le Gigantisme, le toujours plus grand, apparaît comme le principal adversaire de l’Humanisme. Dans les grandes structures les décisions ne sont plus fondées sur des jugements humains mais sur des mécaniques et des procédures. Les organisations à taille humaine sont plébiscitées.
- Le leadership de Nicolas Sarkozy est reconnu, son énergie appréciée, son humanisme attendu.
Bien sûr, ces publics ne sont pas, à eux-seuls, représentatifs de toute la population, j’ai peu de Mélusine (je sais qu’il n’y en a qu’une! ) qui viennent dans mes réunions. Toutefois, ces panels dépassaient largement le traditionnel public UMP et le métissage social était bien réel. Je vais poursuivre ce dialogue approfondi avec ces Français de bonne volonté qui ont des choses à dire et qui méritent d’être écoutés.
Ceci rejoint les échanges que nous avons sur ce blog et dont plusieurs messages sont voisins des appréciations entendues sur le terrain.
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nb : en rentrant, j’assiste à la télévision au « sacre de Hollande » : François Hollande rêve, le PS ne connaît pas la crise ! La contre image : Nicolas Sarkozy arrive à Bruxelles.
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L’idée de « démondialisation » est absurde. Nous sommes dans un quadrimoteurs dont deux moteurs viennent de tomber en panne (de croissance), le moteur Europe et le moteur Amérique, et les pilotes de la « démondialisation » nous demandent d’éteindre les deux autres moteurs, celui des BRICS et celui de la Chine !
L’emploi, chez nous, dépend très directement de la croissance mondiale !
La plus grave conséquence des déficits budgétaires européens et américains et de la rigueur qu’ils imposent, pourrait être le ralentissement de la croissance mondiale et la mise au ralenti du moteur chinois. Si tel était le cas, la récession mondiale serait gravissime et donc dangereuse.
Il n’y a pas d’autres choix, pour les acteurs économiques français, que de participer à la croissance là où elle est, et plus ils y participeront, plus cette croissance aura des chances de revenir chez nous.
Malgré le déséquilibre de nos échanges avec la Chine, saluons la croissance de nos exportations et l’énergie déployée par de nombreux entrepreneurs. Le marché chinois n’est pas le monopole des grands groupes (Schneider, GDF-Suez, Areva, EDF, Total, Lafarge, PSA, Alstom, Hermès, LVMH, Carrefour…), de très nombreuses PME ont réussi à pénétrer cette difficile économie et apprécient leur relation avec leurs interlocuteurs chinois.
Gràce à la sous-traitance d’un grand groupe français, par la création d’une « Joint Venture », ou par un simple partenariat commercial ou industriel… on rencontre en Chine des centaines de réussites de PME françaises. Du restaurateur Christophe Dufosse qui s’installe à Chengdu, aux agitateurs d’eau de la PME lyonnaise Mixel, en passant par les rotules du Poitevin Medicoscop, la gestion de la billetterie des musées par IREC, ou bien l’organisation du salon nautique de Shenzen par Europ expo… les exemples de performance sont nombreux et diversifiés. J’ai encore pu le constater lors de la mission que je viens de conduire avec des PME sans complexes. Je tiens à saluer le travail d’accueil et d’accompagnement efficace qu’apporte dans ces domaines l’Ambassade de France en Chine. Un Forum spécial PME, « Chinallia », sera dans cet esprit organisé à la mi-janvier 2012 à Shanghai par Futurallia et Ubi France ; 250 PME françaises sont attendues pour des rendez-vous « B to B » avec 250 PME chinoises. A la même période, le Salon du chocolat fera également la promotion de plus d’une trentaine d’entreprises de l’agroalimentaire.
Plus de 2000 entreprises françaises en Chine seraient victimes de la « demondialisation » !
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Cette province au Centre-Ouest de la Chine est exemplaire. Il y a 3 ans, un terrible tremblement de terre faisait ici plus de 80.000 morts. Aujourd’hui, avec courage et dignité, cette province, grande comme l’Espagne et peuplée comme l’Allemagne, connaît un taux de croissance annuel de 15%, c’est-à-dire le double de celui du pays. La France a été partenaire de cette rapide reconstruction grâce, notamment, aux efforts de l’AFD et à ceux de plusieurs entreprises comme Areva, Alstom, Lafarge, Carrefour, Véolia… Des PME telles que Mixel (CCI de Lyon) ou Medicoscope (Chasseneuil) ont aussi participé à cette dynamique.
Saluons également le dynamisme de la région Champagne-Ardenne qui vient de signer une ligne aérienne de fret entre Chengdu et Vatry (5 rotations/semaine).
La population de cette province se sent bien représentée par l’image des Pandas dont le parc est ici l’une des premières attractions. Le Sichuan, par son histoire de plus de 2500 ans, et par ses efforts face à « la colère de la terre » est une Province très affective.
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J’ai assisté, aujourd’hui, à un moment très émouvant, l’atterrissage du 1er A380 sur le sol chinois. J’ai une pensée pour Jacques Chirac sous l’autorité duquel j’ai conduit un rapprochement stratégique entre Airbus et les autorités chinoises.
25 établissements universitaires français participent au plus grand salon de l’éducation en Chine : objectif 50.000 étudiants chinois en France en 2015. Notre politique d’accueil doit, en effet, être développée : c’est une nécessité.
Xiao Gang, le Président de la banque de Chine, m’a fait part de l’inquiétude chinoise quant à l’insuffisance de la coopération économique mondiale dans la crise que tous traversent. La Chine attend des résultats déterminants au G20 de Cannes. L’Europe est suivie ici au « scanner ».

A l’occasion de ma remise du diplôme de Docteur honoris causa de l’université de Beihang, nous avons célébré les performances de l’école centrale qui forme à Pékin des ingénieurs sur un cursus identique au cursus français, prépa comprise.
Je retrouve à Chengdu, demain, les 25 étudiants invités à observer la Chine 10 jours durant. Après Pekin, un voyage à l’Ouest, dans le Sichuan, diversifiera leur observation.
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Le Parti socialiste a réussi une belle opération : organisationnelle, politique et médiatique.
Pour un parti dont » la chef » avait été élue à Reims dans le trouble et l’extrême confusion, l’opération « légitimité » mérite d’être saluée. Avec cette campagne le PS a occupé les écrans plusieurs semaines durant, notamment pendant les élections sénatoriales, habituellement moins politisées.
Le niveau de participation, pour une première, est significatif. De nouveaux visages sont apparus sur la scène politique. La crédibilité de Ségolène Royal a été mesurée. Le choix du candidat socialiste, d’évidence, intéresse les Français, qu’ils envisagent de voter pour lui (ou elle) ou qu’ils espèrent le « meilleur » adversaire face à leur candidat.
Malgré ces succès, le PS a tort de » vendre la peau de l’ours »…
- La tension entre les deux tours va accentuer les crispations à gauche ;
- La primaire se gagnera à gauche alors que la présidentielle se gagnera au centre ;
- Le PS (et les médias ?) semble se tromper de ligne d’arrivée. Octobre est loin de Mai ;
- Le discours socialiste dans cette primaire a révélé ses faiblesses et génèrera les ripostes.
Rien n’est donc joué d’avance mais, pour la majorité présidentielle, ces événements appellent à l’unité et à la mobilisation.
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C’est le thème du débat auquel j’ai participé cette semaine à La Rochelle à l’invitation de Dominique Bussereau, Président du Conseil général de la Charente-Maritime.
Mon diagnostic est que le Monde est déboussolé, à la recherche de nouvelles boussoles. Les richesses passent d’Ouest (l’Amérique ) en Est (l’Asie), la croissance du Nord au Sud. L’émergence est centrée sur des Pays « Continents », seule l’Europe semble se refuser à son destin continental. La compétition est globale, notamment sur les stratégies d’avenir : intelligence ajoutée, croissance verte, cohésion sociale et politique… La crise a redonné du pouvoir aux Etats, avec ce retour des Etats, le nationalisme et le protectionnisme sont aussi revenus.
C’est sur cette scène agitée que se jouent les principales préoccupations des Français : l’emploi, la sécurité, le pouvoir d’achat. Avec l’internationalisation de nos stratégies, la proximité est, aussi, une bonne réponse.
La proximité qui s’appuie sur l’enracinement, le lien social, la responsabilité locale, la subsidiarité, est une réponse humaniste. Notons que la majorité des Etats continents sont fédéraux. Pour être une stratégie d’avenir la proximité a besoin de puissantes politiques complémentaires : l’attractivité pour accueillir talents, capitaux et initiatives, le réseautage pour accéder aux informations mondiales et créer des solidarités ouvertes, la créativité pour stimuler les projets locaux… La démocratie des proximités agit contre les peurs et les fantasmes, la condition de sa survie est sa propre ouverture.
A cette occasion, j’ai débattu avec un jeune et brillant professeur de l’université de Poitiers, Olivier Bouba-Olga (http://obouba.over-blog.com) dont les travaux et recherches dédramatisent l’impact des délocalisations sur l’évolution de l’emploi.
La Charente-Maritime s’est affirmée, au cours de nos échanges, comme une terre attractive conjuguant deux valeurs de la proximité : une identité forte et une culture de l’ouverture.
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La journée de samedi au Sénat a été difficile. Dans un groupe, la prise de conscience de la défaite est progressive. La victoire est une explosion de joie, la défaite est une implosion lente.
L’analyse d’une défaite est souvent source de divisions parce que les causes sont multiples et que chacun a une vue partielle voire partiale.
Les premiers responsables sont sans doute les Sénateurs. Il eut fallu choisir : soit s’opposer davantage à certains textes soit, après les avoir votés, les expliquer plus et mieux. Nous avons des responsabilités dans cette défaite. Le gouvernement aurait, également, tort de se considérer innocent de ce résultat. Le recul de la décentralisation a été sanctionne. Ajoutons que les pertes successives des élections locales et, notamment, le large échec des municipales de 2008, ne pouvaient rester sans conséquences sénatoriales. Côte face, déception.
Côte pile, espoir. Le nouveau Président du Sénat a annoncé une alternance républicaine sereine.
L’homme est estimé au Palais du Luxembourg. Si les actes sont en harmonie avec les intentions, nous démontrerons collectivement que les institutions de la Vème République sont solidement démocratiques. La séance d’hier n’était pas médiocre, les discours du doyen d’âge et de Jean-Pierre Bel étaient à la hauteur de l’événement. Gérard Larcher, en assumant son devoir, a rassemblé les siens.
Avec Jean-Claude Gaudin, nous organiserons l’opposition sénatoriale de manière responsable et républicaine. Cette alerte nationale, qui est aussi une alarme politique pour la majorité présidentielle, peut aussi être l’occasion d’un sursaut et de changements utiles pour la victoire de 2012.
Yin et yang.
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