Carnet de Jean-Pierre RAFFARIN

10 commentaires

  1. Carole dit :

    Bonsoir monsieur Raffarin,

    Hier, j’achetais 2 livres. Le premier , un dictionnaire franco-turc, le second un petit livret pour garder dans ma poche afin de pouvoir échanger facilement. L’anglais n’étant pas usité automatiquement, il fallait que je m’équipe. Hé oui, pour échanger avec les turcs.

    Quelle ne fut ma colère aujourd’hui quand j’ai ouvert mon poste tv. Le parlement et quelques députés éparpillés dans les rangs. Pour quoi faire ? Voter une loi qui pour moi est une loi d’ingérence.
    Mais de quel droit ?N’avons-nous rien de plus grave et de plus important à gérer en ce moment ?
    Le Mexique ne nous avait pas suffit cette année, il fallait terminer l’année en beauté la Turquie. Que cherche-t-on en France ?

    Voilà ce qui nous pend au bout du nez http://www.cnnexpansion.com/economia/2011/12/21/sp-tiene-la-guillotina-sobre-francia et nos députés ne trouvent rien de mieux que de voter un texte qui ne nous concerne pas. Ils feraient mieux de cogiter pour diminuer les dépenses de l’Etat.
    Laissons l’Histoire aux historiens, et plutôt que de donner des lecons aux pays étrangers, occupons-nous de mettre à jour nos livres d’Histoires.

    Bien cordialement et Joyeux Noel monsieur Raffarin.

  2. Carole dit :

    Monsieur Raffarin,

    J’ai apprécié votre interview, j’ai omis de le préciser, tellement je suis désorientée par le feu d’artifice francais. Explosion dans tous les sens en ce moment.

    Cordialement..

    NB : TB l’intervention des forces de l’ordre à Roissy. Il était temps d’être réactif.

  3. Carole dit :

    A Monsieur Raffarin,
    A tous les amis du carnet,

    Un très très Joyeux Noel à tous, avec toute mon amitié.

    Carole.

    NB : J’espère qu’il fera beau dans le Sud afin que notre ami Jacques puisse prendre un petit bain de pieds.

  4. Jacques D'Hornes dit :

    Bonjour à tous,

    Cher Monsieur le Premier Ministre,

    Un petit mot très général, je vous trouve un peu fatigué dans cette vidéo. Sans doute, que vos multiples activités autant au Sénat que sur le terrain n’y sont pas étrangères, je pense que ces quelques jours de repos qu’apporteront les fêtes de fin d’année vous feront le plus grand bien, il faut de temps en temps savoir prendre le temps de souffler pour mieux repartir et la prochaine étape risque d’être longue jusqu’aux échéances présidentielle et législatives. Cela ne vous empêche pas d’être lucide et d’apporter toute votre sagesse dans vos réflexions.

    Je partage tout à fait votre analyse sur ce problème dans nos aéroports en déterminant l’accent antisocial dans ce mouvement social, il faut privilégier la sécurité et la sûreté dans ce conflit sans pour autant occulter le caractère social soulevé par cette grève. Ce nouvel épisode remet à l’ordre du jour certains dysfonctionnements (notamment le service minimum) dans des services publics honorés par des sociétés privées (services semi-publics et semi-privés) que ce soit dans les transports (ferroviaire, terrestre, aérien et maritime) mais aussi souvent dans d’autres services, ramassage des ordures ménagères par exemple par mesure d’hygiène comme c’est trop souvent le cas (Monsieur Gaudin pourrait sans doute en parler dans sa ville de Marseille), sans oublier d’autres services liés à notre quotidien (santé, eau, gaz, électricité, etc…).

    Vous avez raison de souligner que la date du 18 janvier sera une date très importante dans le calendrier précédent l’élection Présidentielle avec ce sommet social pour l’emploi avec une grande implication des PME, grandes pourvoyeuses d’emplois dans nos territoires.

    Votre réflexion relative aux taxes socialistes lors de l’examen du PFL/SS est pertinente et bien réelle.

    Un dernier mot sur le génocide arménien : sujet mémoriel toujours aussi délicat, est-ce aux historiens ou aux politiques de le traiter, était-ce le moment opportun pour l’aborder au milieu de cette crise et à quelques mois des élections présidentielles ?

    Amitié

    Jacques

  5. Mistral dit :

    La loi reconnaissant le génocide arménien a été promulgué en 2001.

    La loi proposée n’est que de punir la négociation de ce génocide comme la loi puni la négation du génocide juif.

    A partir du moment ou le parlement a légiféré il fallait aller au bout de la logique.

    Quand aux Turcs on peut avoir un immense respect pour ce peuple tout en étant français, cad le pays des droits de l’homme.

  6. Zwartepiet dit :

    Réponse à Jacques D’Hornes re: …sur le génocide arménien : sujet mémoriel toujours aussi délicat, est-ce aux historiens ou aux politiques de le traiter, était-ce le moment opportun pour l’aborder au milieu de cette crise et à quelques mois des élections présidentielles ?

    Cet incident diplomatique entre la France et la Turquie ne fera que précipiter l’éloignement de la Turquie de l’Europe institutionnelle et, surtout, de l’OTAN. Il trahit aussi le mécontentement du lobby sioniste envers la Turquie au sujet de la crise syrienne… En effet, de même que la Turquie avait appelé Mouammar Kadhafi à quitter le pouvoir dès le mois de mai 2011(*), la Turquie, cohérente avec sa ligne géopolitique envers la Libye, exige pareillement, aujourd’hui, le départ de Bashar al-Assad. Seulement voilà: cette attitude, aussi cohérente et digne soit-elle, n’a pas l’heur de plaire à Israel et à ses (nombreux) soutiens en Occident –et pour cause: après l’arrivée au pouvoir des Islamistes en Tunisie, en Libye et en Egypte, et compte tenu de la forte légitimité du Hamas à Gaza et du Hezbollah au Liban, Israel ne souhaite pas voir la Syrie tomber, à son tour, aux mains des Islamistes!

    C’est ce qui explique le peu d’entrain, de la part des chancelleries occidentales, à menacer ouvertement le régime sanguinaire de Bashar al-Assad de représailles importantes… Et c’est ce qui explique, accessoirement, la campagne médiatique visant à faire des Chrétiens syriens les victimes potentielles d’un « Printemps Islamique » en Syrie. Israel et ses alliés, surtout aux Etats-Unis, souhaitent conserver Bashar al-Assad le plus longtemps possible au pouvoir: un pouvoir syrien totalement affaibli, décrédibilisé et donc, hors d’état de nuire dans un prochain conflit avec l’Iran: l’axe Téhéran-Damas-Beyrouth est désormais brisé en son maillon central, Damas…

    Quant à l’attitude vigoureuse du Premier Ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, suite à la décision, par le législateur français, de criminaliser le génocide arménien, je la mettrais en perspective avec celle, moins spectaculaire, du Président de la République turque, Abdullah Gül, lequel, sans désavouer son Premier Ministre, s’est plaint de ce que ses coups de fil à l’Elysée furent ignorés…(**) Il est clair que le Premier Ministre Erdogan joue l’escalade et la surenchère dans ce qui n’est, au fond, qu’une crisette sémantique au sujet d’une période sombre et tourmentée: la Première Guerre Mondiale, période dont aucun belligérant ne sortit indemne sur le plan des grands principes…

    Cette polémique au sujet du génocide arménien apporte, en réalité, de l’eau au moulin du parti de R. T. Erdogan sur la délicate question du retrait de la Turquie de l’OTAN –et du probable rapprochement de la Turquie avec une organisation géostratégique concurrente, à savoir, l’Organisation de Coopération de Shanghai(***). A l’instar du Général de Gaulle qui, en 1966, annonca unilatéralement le retrait de la France du commandement militaire de l’OTAN, le PM Erdogan s’apprête à sceller le divorce entre la Turquie et l’OTAN, une alliance devenue essentiellement islamophobe voire arabophobe… Certes, on rétorquera que l’OTAN est intervenu, en 1995 et en 1999, dans une Yougoslavie en pleine guerre civile, pour défendre les malheureux Bosniaques musulmans ainsi que leurs coreligionnaires kosovars… Mais la question pertinente est celle-ci: l’Union Européenne aurait-elle accepté, en son sein, l’arrivée d’une Yougoslavie unifiée, à forte composante albano-musulmane? N’avait-elle pas intérêt, au contraire, à « séparer le bon grain chrétien de l’ivraie musulmane », fut-ce au moyen d’une épouvantable guerre civile? Le cours de l’Histoire des Balkans nous a déjà fourni la réponse: Slovénie, Croatie et Serbie seront tous, prochainement, membres de l’UE –tandis que la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo et l’Albanie, tous pays musulmans, ont d’ores et déjà rejoint la Turquie et le Maroc dans le placard des candidatures farfelues…

    Zwartepiet

    (*) Turkey’s PM Erdogan urges Col Muammar Gaddafi to quit

    Turkey’s Prime Minister Recep Tayyip Erdogan has called for Libyan leader Col Muammar Gaddafi to step down « for the sake of the country’s future ».

    http://www.bbc.co.uk/news/world-europe-13265825

    (**) http://www.todayszaman.com/news-266508-gul-urges-france-to-withdraw-from-minsk-group-if-genocide-bill-enacted.html

    (***) http://www.sectsco.org/EN/

  7. Jacques D'Hornes dit :

    Bonjour à tous,

    Cher Zwartepiet,

    Merci de nous apporter votre point de vue intéressant sur cet « incident » entre la Turquie et la France mais vous ne répondez pas à la question de savoir si c’était le moment opportun pour nous Français, car c’est bien nous qui l’avons fait, de relancer ce débat qui dure depuis près d’un siècle.

    Depuis de nombreuses années, nous entretenons des relations assez bonnes (correctes) par le biais d’un partenariat privilégié avec la Turquie notamment dans le domaine commercial mais aussi dans le cadre de l’OTAN où la Turquie joue un rôle important de par sa position très géostratégique en Orient et ce Pays a toujours répondu présent.

    Personnellement, et ce n’est que mon avis, je ne pense pas que cet instant était bien choisi, au milieu de cette crise économique, pour le faire vis-à-vis de la Turquie et de nos relations. Tout d’abord, il y eut cet épisode européen, avec une forte implication de l’Etat Français, pour sauver la Grèce, tout à fait normal compte tenu de son appartenance à l’Union Européenne, or on ne peut pas dire que les relations entre la Grèce et la Turquie soient « fraternelles »… Maintenant on relance ce litige sur le génocide arménien : pourquoi maintenant, à quelques mois des élections présidentielle et législatives et par des politiques ? Je pense qu’il faut savoir être sage parfois et notamment dans les relations diplomatiques pas toujours faciles…

    Bien amicalement

    Jacques

  8. Zwartepiet dit :

    Réponse à Jacques D’Hornes re: …vous ne répondez pas à la question de savoir si c’était le moment opportun pour nous Français, car c’est bien nous qui l’avons fait, de relancer ce débat qui dure depuis près d’un siècle.

    J’ai répondu à votre question: dans la mesure où « vous Français » ne sauriez rester indifférents au sort d’Israel, eh bien… oui, le moment est opportun pour faire pression sur la Turquie, en la dissuadant d’interférer dans la crise syrienne. Comme vous le remarquez vous-même, la Turquie a retrouvé une aura, une influence régionale qu’elle n’avait plus connue depuis… l’empire ottoman. Or, il est clair qu’un changement de régime à Damas –a fortiori s’il est encouragé par Ankara– ne saurait être défavorable à la Turquie. Israel, en revanche, ne saurait en dire autant: même si la Syrie et Israel sont, aujourd’hui encore, formellement « en guerre », la dynastie baatiste est, du point de vue israélien, préférable à toute alternative islamiste –selon le vieil adage « Better the devil you know than the devil you don’t ! »

    Vous n’êtes pas sans ignorer que les bruits de bottes, au Moyen-Orient, se font de plus en plus bruyants –au sujet de la question du nucléaire iranien. Or, en cas d’agression occidentale envers les installations nucléaires iraniennes, la riposte iranienne reposera certainement sur l’activation du Hamas (à Gaza) et du Hezbollah (au Liban)… Et le cas du Liban sera sans doute le plus délicat à traiter… sauf si, comme c’est le cas actuellement, le « relais syrien » est défaillant, en proie à une guerre civile. Or, la Turquie, alliée géopolitique de l’Iran, pourrait éviter cette paralysie du pouvoir syrien en favorisant une transition rapide vers un régime post-Assad. Mais un tel régime serait encore plus hostile et dangereux pour Israel, à l’instar de ce qui se déroule en Egypte… Même une Syrie islamiste et sunnite demeurerait le client fidèle de l’Iran –à l’exemple du Hamas sunnite, satellite gazaoui de l’Iran chiite.

    Zwartepiet

  9. Jacques D'Hornes dit :

    Bonjour à tous,

    Cher Zwartepiet,

    Bien que vos arguments ne manquent pas d’intérêts notamment pour le Quai d’Orsay, je pense que vous faites fausse route sur ce litige du génocide arménien, la France n’a pas une diplomatie de second ordre. Je crois qu’elle sait parfaitement tenir son rang et en allant directement au but, elle l’a et le prouve encore actuellement sur divers dossiers « chauds » du Moyen Orient et au Maghreb, notamment par l’intermédiaire de son Ministre des Affaires Etrangères de talent. Je pense que si la France avait eu quelque chose à dire à la Turquie, partenaire privilégié, elle n’irait pas rouvrir de « vieux » dossiers pour le faire et qui plus est par l’intermédiaire d’une Députée en charge à l’Assemblée Nationale des affaires sociales, malgré ses qualités et sa grande participation dans ce domaine social. Elle le ferait sans aucun doute en toute franchise par la voix de son Ministre des Affaires Etrangères ou encore éventuellement, puisque c’est un sujet qui fût soulevé à l’Assemblée Nationale, par l’intermédiaire de son Président de la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale qui n’est autre que Monsieur Axel Poniatowski qui a appelé dernièrement à l’apaisement avec la Turquie (voir le billet de Monsieur Raffarin dans « Lettre de Nicolas Sarkozy sur Fonderie du Poitou »).

    La raison est ailleurs… Je vous en dis un peu plus, je ne crois pas que si cette Députée marseillaise avait été élue en Alsace ou en Lorraine, où se trouve implantée une forte colonie d’origine turque, elle l’aurait fait. A Marseille, c’est différent compte tenu des origines arméniennes de nombreux Marseillais.

    Bien amicalement

    Jacques

  10. Zwartepiet dit :

    Réponse à Jacques D’Hornes re: …par l’intermédiaire de son Ministre des Affaires Etrangères de talent.

    Vous avez raison: Bernard Henri-Lévy a beaucoup de talent!

    Re: …si cette Députée marseillaise avait été élue en Alsace ou en Lorraine, où se trouve implantée une forte colonie d’origine turque, elle l’aurait fait. A Marseille, c’est différent compte tenu des origines arméniennes de nombreux Marseillais.

    La diaspora arménienne aurait dû militer pour l’intégration rapide de la Turquie au sein de l’UE car une Turquie qui, progressivement, se désintéresse de l’Europe (c’est-à-dire de ses institutions) et qui, finalement, se tournera vers l’Orient et son hinterland naturelle, l’Asie Centrale, n’aura plus d’intérêt au dialogue avec les Européens ni, encore moins, à se conformer à leurs exigences en matière de respect des minorités… Imaginez donc un instant qu’on eût fait de même avec la dizaine de pays est-européens qui furent accueillis le 1er mai 2004: Pologne, Tchéquie, Slovaquie, Hongrie, Roumanie, etc. Dans tous ces pays, la minorité tzigane –les roms– est plutôt malmenée voire persécutée et, en général, exclue des bénéfices politiques, sociaux, résidentiels, scolaires,… accordés aux autres citoyens. Les Tziganes, bien que présents en Europe depuis le 11ème siècle (en provenance du sous-continent indien), ne sont pas mieux traités dans ces pays-membres de l’Union Européenne que ne le sont les Arméniens en Turquie!

    En d’autres mots, si on avait appliqué aux pays d’Europe de l’Est les mêmes critères rigoureux en matière de respect de la minorité « rom », eh bien, il y a fort à parier que ces tous ces pays… feraient encore la file, avec la Turquie, pour entrer dans cette Union Européenne, havre de paix, d’harmonie et de tolérance envers les tziganes. Mais on ne l’a pas fait, car les mêmes qui, aujourd’hui, exigent de la Turquie une politique irréprochable envers ses minorités (arménienne, kurde, chypriote…) en préalable à tout accession à l’UE, n’ont jamais eu de problème pour adopter la logique inverse avec leurs coreligionnaires est-européens.

    En effet, ces donneurs de leçons nous ont expliqué que le plus sûr moyen pour améliorer le sort de ces pauvres romanichels roumains, hongrois, slovaques, polonais,… consistait à faire entrer, au plus vite, les pays d’Europe centrale et orientale dans l’Union Européenne car, en tant que membres à part entière d’une aussi noble communauté de nations, tous ces pays tziganophobes ne tarderaient pas à se conformer au droit européen ainsi qu’à ses exigences en matière de respect des minorités. Bref, dans le cas des pays d’Europe de l’Est, le plein accès à l’UE fut présenté comme le meilleur moyen pour faire avancer la « cause tzigane » –tandis que, bizarrement, dans le cas de la Turquie, l’accès préalable à l’UE ne serait qu’une horrible compromission (européenne), une violation inacceptable des beaux et grands principes (européens)…

    En ce qui me concerne, il est clair que le timing de cette proposition de loi visant à pénaliser la négation (et la minimisation) du génocide arménien trahit sa véritable motivation, à savoir: l’antagonisme croissant entre la Turquie et Israel, à présent envenimé par la crise syrienne. D’ailleurs, après le législateur français, c’est le législateur israélien –la Knesset– qui s’apprête à élever le génocide arménien au rang de « vérité sacrée et indiscutable »:

    http://www.france24.com/fr/20111226-deputes-israeliens-debattent-reconnaissance-genocide-armenien-israel-ankara-proposition-loi-knesset

    Meilleurs voeux pour 2012,

    Zwartepiet

Laisser un commentaire


 
 

Recherche

 

Calendrier

décembre 2011
L Ma Me J V S D
« nov   jan »
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  

Syndiquer ce Blog