Carnet de Jean-Pierre RAFFARIN

6 commentaires

  1. Jacques D'Hornes dit :

    Bonjour à tous,

    Cher Monsieur le Premier Ministre,

    Votre Papa aurait été sensible à ce billet, ce fût l’un de ses combats. Cependant le sujet est vaste et il faut certaines connaissances et compétences pour l’aborder tant les enjeux alimentaires, environnementaux, sociaux et d’aménagement du territoire sont importants et les pressions sont énormes.

    Je trouve votre analyse et vos réflexions sur le système coopératif pertinentes et j’aime beaucoup cette remarque : « ce modèle, souvent qualifié de passéiste, me paraît plutôt moderne car c’est un vrai modèle de développement et de participation », cela permet à l’entreprise de garder une dimension humaine tout en évoluant car un producteur ou un agriculteur ne s’en sortira pas seul et vous avez raison « la coopération doit être défendue d’abord par les coopérateurs », tout comme peuvent l’être d’autres initiatives citoyennes dans ce domaine qui peuvent elles-aussi apporter des solutions et des pistes de réflexion et je pense que dès l’instant où nos agriculteurs et nos éleveurs produiront des produits de qualité à des prix raisonnables, ils recevront des soutiens d’une population bien souvent à la recherche de ses origines.

    Votre billet m’a amené à lire quelques documents non dépourvus d’intérêts
    .
    http://www.cniel.com/Publicat/FNCL/Fiche/CoopLaitAvr01/Fiche2.pdf

    http://base.d-p-h.info/fr/fiches/dph/fiche-dph-8177.html

    Amitié

    Jacques

  2. Jean-Daniel dit :

    Que voulez vous dire Cher Jacques ? Nos agriculteurs et nos éleveurs ne produiraient ils pas actuellement des produits de qualité ? Qu’est ce que c’est pour vous qu’un prix raisonnable ?
    Jean-daniel

  3. Alain Lavallée dit :

    Bonjour à tous,

    Bonjour Monsieur le Premier ministre,

    aucun doute le modèle de développement coopératif permet de pallier certains excès du capitalisme actuel (où spéculation et impératif du rendement à court-terme étouffent trop souvent l’économie réelle des régions périphériques, voire de pays entiers).

    Les coopératives ne sont pas des organisations à la merci d,actionnaires parfois cupides exigeant des rendements irréalistes. Dès les origines, les parties prenantes (« stakeholders ») s’y engagent. Comme vous le soulignez , même si coopératives et mutuelles, se sont développées, au XIXe siècle, elles ne sont pas pour autant passéistes, elles fournissent une alternative crédible de développement, en particulier parce qu’elle cultive la pratique de l’intercoopération.

    Vous avez mentionné qu’elles peuvent apparaître dans les régions agricoles, et souvent elles peuvent profiter du soutien (du capital patient) des coopératives d’épargne et de crédit, d’où origines ces grandes institutions françaises que sont le Crédit Agricole et le Crédit mutuel.

    2012 a justement été proclamée par l’ONU , « Année internationale des coopératives » » et c’est justement pour souligner cette année que des institutions coopératives que des institutions coopératives québécoises (Mouvement Desjardins) et internationales préparent la tenue d’un
    «  »Sommet international des coopératives » » » qui aura lieu à Québec du 6 octobre au 11 octobre prochain. Des représentants de toute la planète seront présents dont les Présidents du Crédit Agricole et du Crédit mutuel de France qui y feront des conférences.

    Vous avez raison de souligner leur importance en France car elles y réalisent un chiffre d’affaires combiné de 181 milliards d’euros. Ce modèle de développement a aussi jouer un rôle majeur dans l’évolution de la société et l’économie québécoise qui longtemps fut à l’écart des grands circuits financiers internationaux.

    Bien cordialement,

    Alain Lavallée

    (pour un portrait des coopératives en France:

    http://www.sommetinter2012.coop/site/accueil?template=newsDetail&newsID=6481

    pour une description de ce Sommet international et des activités et conférenciers (dont quelques prix Nobel):

    http://www.sommetinter2012.coop/site/accueil

  4. Jacques D'Hornes dit :

    Bonjour à tous,

    Cher Jean-Daniel,

    Est-il nécessaire de devoir toujours justifier ce que l’on écrit ?

    Pour en venir à vos réflexions. Ne me faites pas passer pour une personne qui porte un mauvais jugement sur nos agriculteurs et nos éleveurs. J’ai un profond respect pour ces corporations de la France profonde, celle de nos terroirs, pour qui j’ai une réelle admiration, j’y retrouve d’ailleurs une partie de mes origines et mes racines. Toutefois, je ne vais pas faire du « Jean-Pierre Coffre » mais vous n’avez pas toujours des produits de qualité, dorénavant il y a différentes manières de produire, l’agriculture ou l’élevage de tradition régulièrement de qualité et la production en quantité industrielle (culture intensive, élevage en batterie, etc. : synonymes de rendements) qui ressemble à « de l’à peu près », mais les goûts et les parfums des produits sont différents. Un produit de qualité est par exemple un fruit ou un légume cueilli à maturité et non muri en chambre de conservation, c’est un poulet de grain nourri en plein air et non avec des farines alimentaires, etc…

    Je ne sais pas où vous vivez, ni comment vous faites vos achats (sur le marché, dans la petite alimentation du quartier ou en grandes surfaces). Je pense toutefois que lors de vos sorties de détentes ou de vos vacances, il vous arrive de vous promener dans nos campagnes, vous voyez régulièrement des écriteaux aux abords de fermes isolées sur lesquels est inscrit « vente de produits à la ferme », là vous avez des produits de qualité, ils sont difformes, de couleurs différentes et non calibrés et bien souvent à des prix raisonnables, ce sont bien souvent des productions de tradition en quantité limitée et non des productions en quantité industrielle, là je retrouve le goût et le parfum des productions de mon Père ou de l’agriculteur ou de l’éleveur des « petits pays » d’il y a plus d’un demi siècle. Produits que vous retrouvez en coopérative ou en groupement d’initiatives citoyennes quand une bourgade en est pourvue.

    Chacun a besoin de vivre, et ces « paysans » comme les autres, et ils le font avec leurs produits, fruits de leurs labeurs, ils ont fait cela toute leur vie et nous démontrent tout l’amour qu’ils vouent au chemin qu’ils ont choisi. Et si vous voyez fleurir ces pancartes aux abords de leur domaine, c’est tout simplement parce qu’ils ne peuvent pas toujours se regrouper en coopérative ou dans des groupements d’initiatives citoyennes bien souvent en raison de l’isolement ou de l’éloignement, de déplacements qui leur occasionneraient des dépenses supplémentaires et que leurs produits arrivés à maturité ne peuvent pas attendre, tout comme leur énorme travail à la ferme.

    Quant au prix raisonnable, c’est un prix où chaque partie en retire un bénéfice, le producteur qui rentre dans ses dépenses en faisant quelques bénéfices (fruits de son travail) sans exagération et le consommateur qui en a comme l’on dit « pour son argent » avec des produits frais de qualités. Chacun y retrouve son compte dés lors où l’on supprime les intermédiaires…

    Un dernier mot. J’ai en bouche toutes ces saveurs que dégageaient les produits de culture et d’élevage de mon Père, un bon poulet de grain que préparait ma Maman, accompagné aux premiers jours de l’été d’une jardinière faite de tous les légumes primeurs du jardin, c’était autre chose que ce que l’on peut trouver de nos jours dans nos villes ou alors il faut mettre le prix et ce n’est pas à la portée de toutes les ménagères si ce n’est qu’en se rendant directement chez un « petit producteur » bien souvent trop éloigné de nos centres villes. J’habite en pleine agglomération toulonnaise, il m’arrive très souvent le vendredi matin (jour de marché) de me rendre dans un village situé à une bonne vingtaine de kilomètres et j’y trouve des produits de qualité vendus directement par les producteurs et je peux vous dire que je suis pleinement satisfait du rapport qualité/prix (y compris l’essence que je mets dans mon véhicule). Vous voyez bien que dès l’instant où nos agriculteurs et nos éleveurs produiront des produits de qualité à des prix raisonnables, ils recevront des soutiens de la population.

    Bien amicalement

    Jacques

  5. galanga dit :

    Bonsoir M. Raffarin,
    ce serait vous faire injure que de ne pas reconnaître votre intérêt de longue date et votre action idoine concernant la promotion et la protection de l’artisanat et l’agriculture de qualité contre la puissance de l’industrie, avec par exemple cette loi que j’aime beaucoup, la très efficace « Loi Raffarine » qui permet aujourd’hui de manger en France du pain qui mérite ce nom.
    Par ce billet sur les coopératives agricoles, vous persistez, fort heureusement, à faire cette mise en valeur du savoir-faire dit « du terroir » et de son organisation par ceux qui en sont les acteurs réels (et pas par la finance ou l’industrie).

    Néanmoins, ce soutien que vous exprimez me surprend un peu, venant d’un tenant d’une politique de droite comme vous, puisque la « droite » prône normalement la prééminence du pouvoir du capital sur le pouvoir du travail, et abhorre toute organisation structurée des travailleurs contre la main-mise capitaliste.

    Bien sûr, je ne rate pas la dimension « d’entrepreneurs indépendants-de-la-France-qui-se-lève-tôt » (notion très aimée à droite) des agriculteurs, ce qui pourrait suffire à expliquer votre soutien aux coopératives agricoles.
    Mais j’ai l’impression (euphémisme) qu’il s’agit de bien plus, et j’aimerais en conséquence savoir quel est votre point de vue en ce qui concerne plus généralement « les coopératives ouvrières », telles que celles que prônent le Front de Gauche, par exemple sur le thé Eléphant à Géménos (ou avec Doux, Petroplus, SeaFrance…) et encore plus du principe de droit de préemption des ouvriers sur leur entreprise, dans les diverses conditions de cessation prévue d’activité indiquées fréquemment par M. Mélenchon.
    Vous dites ici même « NOTAMMENT par les agriculteurs » en parlant du système coopératif ; est-ce qu’il faut comprendre que vous ne seriez pas contre ce que propose le Front de Gauche (en se cantonnant à ce sujet, bien sûr), à savoir la promotion des coopératives dans les domaines économiques les plus variés, y compris dans certaines conditions contre les règles du capital ?

    Si je pose la question, c’est que j’ai l’impression que vous ne seriez pas totalement contre ce que propose le FdG… Ce serait cocasse mais très intéressant.
    Veuillez m’excuser si vous vous êtes déjà exprimé ailleurs là dessus, mais je n’ai pas souvenir d’avoir lu ou entendu votre position à ce sujet.

    En fait, sur ces sujets et sur bien d’autres (notamment en géopolitique mondiale), je vendrais un rein (façon de parler, hein…) pour pourvoir avoir le plaisir intellectuel d’un bon long débat télévisé entre vous et M. Mélenchon (et sans « journaleux » au milieu pour tout gâcher). Sur le fond vous êtes tous les deux avec des idées politiques précises, cohérentes, et qui ont été construites sur le long terme ; sur la forme vous avez tous les deux un talent certain de la précision de la formule et de la répartie.
    Chiche que vous le faites, M. le Premier Ministre ?

    Bien à vous
    galanga

  6. Zwartepiet dit :

    Un petit bouquin intéressant qui vient de sortir…

    Gouverner le capitalisme?
    Pour le bicamérisme économique

    Septembre 2012, Presses Universitaires de France – PUF, Paris
    Hors collection, 336 pp.

    http://www.isabelleferreras.net/Books_gouverner-FR.html

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