Le Président français fera les 25 et 26 avril son premier voyage en Chine. Il sera le premier chef d’Etat reçu à Pékin par la nouvelle équipe chinoise. Au moins, les pages de son journal personnel sont blanches. Là-bas et maintenant, les rencontres sont essentielles pour entendre, comprendre et défendre. Une dizaine d’enjeux marqueront cette première rencontre entre les nouveaux dirigeants français et chinois :
- Etablir une ligne directe de communication présidentielle
La différence des cultures, des régimes et la complexité du Monde exigent que les Présidents français et chinois se parlent directement et souvent. Leur dialogue est à la fois « global et stratégique ». Pour cela, il faut qu’ils s’apprivoisent, s’écoutent et se comprennent. Avec Nicolas Sarkozy Il a fallu 2 ans pour construire une relation de grande qualité notamment au sein du G20.
- Confirmer notre vision commune du Monde : « l’Equipolarité »
« La paix du Monde ne se gagne pas par la domination d’un État sur les autres mais par l’équilibre des pôles ». En tant que membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, nous échangeons de manière quasi-quotidienne. La Corée, l’Iran, la Syrie… sur ces crises la Chine est généralement dans le camp de la stabilité. Là aussi, la confiance est un préalable à l’influence.
- Prolonger le dialogue politique par le débat culturel
Nos deux vieilles civilisations ont appris à se respecter et la dimension culturelle est fondatrice de la proximité des deux peuples. Partageons davantage nos choix de valeurs, ici, Liberté , Égalité, Fraternité et laïcité et, là-bas, Unité, Progrès, Paix et Harmonie.
- Multiplier les initiatives pour les 50 ans de la déclaration de de Gaulle
Le 27 janvier 2014 nous célébrerons le 50ème anniversaire de la reconnaissance de la République Populaire de Chine par la France. C’est la meilleure date d’anniversaire de notre Amitié. Cette vision du Général a donné un grand avantage à la France dans les cœurs chinois. Nous devons faire vivre cet heureux héritage notamment par l’apprentissage des langues mais aussi les échanges de jeunes.
- Clarifier la stratégie française en matière de nucléaire
Les Chinois comprennent mal le choix allemand contre l’énergie nucléaire. Pour eux, le nucléaire est la seule véritable alternative à leur hypertrophique consommation de charbon. Ils veulent connaître quel sera l’avenir du nucléaire en France. Ils s’interrogent aussi sur notre volonté de partager, à l’avenir, cette industrie pour laquelle la France est un leader mondial très respecté. Cette attente concerne aussi l’amont et l’aval de la filière.
- Impliquer les entreprises françaises au cœur de la croissance chinoise
Notre principal enjeu économique est de porter nos échanges économiques au niveau de notre dialogue politique. Les grandes entreprises françaises sont très présentes en Chine mais toutes demandent un plus large accès au marché chinois. De même, des entreprises chinoises ont le sentiment de ne pas être toujours bienvenues en France (ex: ZTE). L’expression chinoise « gagnant-gagnant » se dit en français réciprocité.
- Corriger notre faiblesse en Chine, la taille des PME
La meilleure façon de faire grandir les PME, c’est de les internationaliser. Pour ce faire, elles ont besoin de capitaux, il faut donc que des fonds d’investissement binationationaux financent leur croissance dans les deux pays. L’exemple du fonds Cathay construit avec la Caisse des Dépôts et la China Development Bank pour aider ces PME doit être maintenant démultiplié. Des projets de nouveaux fonds métisses existent. Plusieurs initiatives publiques et privées soutiennent, globalement, les actions des PME française en Chine, telles qu’Ubifrance ou France-Emergeants-Entreprises (FÉE).
- Attirer les investisseurs chinois en France
Les capitaux étrangers sont aujourd’hui nécessaires à l’économie de la zone Euro. GDF-Suez, le Club Med et beaucoup d’autres ont bénéficié de tels investissements d’avenir. L’énergie, les transports, les services, la ville durable, (l’Harmonicité)… offrent des perspectives de projets communs, franco-chinois. Le premier levier de l’attractivité des capitaux, c’est la confiance . La France doit convaincre ses partenaires qu’elle est mobilisée pour sa compétitivité et donc qu’elle mérite leur confiance.
- Promouvoir les échanges d’étudiants
L’accueil d’étudiants étrangers est un formidable investissement culturel mais aussi économique. Il est fréquent de constater que, le plus souvent, se trouve, à la base d’une réussite de la coopération sino-française, une personnalité biculturelle. L’importance des réseaux dans la culture chinoise imposera à nos futurs leaders d’intégrer des Chinois, dans leurs réseaux mondiaux. La Fondation pour la Prospective et l’innovation développe plusieurs programmes de coopération dans cette direction.
- Jeter les bases d’une coopération franco-chinoise en Afrique
La Chine connaît quelques déboires dans son approche du continent africain. Pourtant l’Afrique est un partenaire essentiel de son avenir, elle y investit beaucoup. La France a moins de moyens, mais plus d’influence. Un trilogue Afrique-France-Chine pourrait être fertile pour toutes les parties.
Évidemment, les ambitions de la coopération franco-chinoise sont encore plus larges en ce début de XXIème siècle, mais les venues probables de Xi Jinping et Li Keqiang en France dans un avenir proche seront certainement l’occasion d’approfondir et d’élargir cette coopération.
jpr
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J’ai rencontré le nouveau Président Chinois à 3 reprises au cours du forum de Boao. L’homme est direct et chaleureux. Il a le contact facile. Tout est fait pour que Xi Jinping renforce l’image de ses premières semaines : « Homme proche des gens ». D’évidence, il veut contrer certaines critiques sur l’arrogance, la distance ou la puissance. La Chine exprime clairement qu’elle souhaite la réussite de la visite du Président François Hollande les 25 et 26 avril. Avec son épouse, l’atout charme du régime, le Président Xi Jinping se montre disponible et attentif à ses hôtes, une quinzaine de leaders mondiaux venus s’exprimer devant lui.
Le président du Pérou met en avant son Pays en insistant sur l’immigration asiatique, le Mexique assure la promotion de son jeune Président de 37 ans ! La Zambie, l’Algérie , la Mongolie, la Nouvelle Zélande… ont fait, à cette occasion, un appel aux investissements chinois dans leur pays. Le Président du Kazakhstan a tiré partie de la géopolitique pour s’affirmer comme un Pays « passerelle » entre l’Asie et l’Europe. Deux leaders,selon moi, se sont distingués : Julia Eilen Gillard, la Première Ministre d’Australie, qui a fait une belle plaidoirie pour l’écologie responsable et Sauli Niinistō, le Président de Finlande, qui a, courageusement, vanté davantage les mérites de l’Europe que ceux de son pays.
La délégation d’entrepreneurs européens, que je conduisais avec la « Fondation pour la Prospective et l’Innovation » a su jouer groupée pour tenter de redonner confiance aux asiatiques. Laurent Burelle, Jean Louis Beffa, Jean Pascal Tricoire, Bernard Charles et plusieurs autres… ont su convaincre leurs interlocuteurs. Pour l’Europe il est clair que le discours des entrepreneurs est plus crédible que celui des leaders politiques ! Exception faite de Christine Lagarde qui sait se faire entendre dans ce genre de conférence internationale. Sur ces sujets, l’ancien Président du Parlement européen Enrique Baron Crespo a porté la parole du sud de l’Europe de manière à la fois responsable et sympathique.
Je retiens de mes rencontres plusieurs propos du Président Xi Jinping :
- « Jamais, dans l’histoire les intérêts de la Chine n’ont été aussi liés à ceux du Monde, pour le développement comme pour la Paix. »
- « Dans cette période d’incertitudes mondiales, l’Asie fait bonne figure en représentant 50% de la croissance mondiale. »
- » le renforcement de la coopération asiatique est nécessaire à l’Asie et utile pour tous. »
- « La Chine reste très attachée à une politique de bon voisinage. Personne ne peut prendre le risque de fracturer la communauté asiatique. » Ce message peut s’adresser autant à la Corée du Nord qu’à ceux qui pourraient être tentés de diviser l’Asie, les USA ?
- « Le développement de La Chine sert aussi les intérêts du monde »
- « Notre objectif principal est de multiplier par deux le revenu moyen pour atteindre 10.000$ en 2020. »
- « Notre projet est de construire une société de moyenne prospérité ».
L’ensemble des débats à été très libre. Chacun a pu évoquer ses sujets de préoccupation. Au total 2500 personnes ont participé à ce Davos de l’Asie et 1000 journalistes en ont suivi les travaux. La France tient son rang dans ce grand rendez-vous mondial. J’ai été, lors de l’édition 2013 du « Boao Forum for Asia », réélu membre du Board du BFA pour 3ans (activité non rémunérée).
Prochaine étape de la relation franco-chinoise : la visite du Président de la République les 25 et 26 avril prochains. Bien préparée par les deux diplomaties, elle devrait être une réussite.
jpr
Nb : Après un week-end asiatique, dès ce lundi, je reprends ma place au Sénat pour débattre de chacun des articles du projet de loi sur le mariage homosexuel.
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L’air est irrespirable à Paris. Je m’envole pour 3 jours, direction le forum asiatique de Boao où j’ai été invité à conduire une délégation de chefs d’entreprises européens. Notre mission est de tenter de redonner confiance aux investisseurs asiatiques quant à l’avenir de la zone euro. J’y mettrai toute mon énergie, mais je mesure les difficultés. Je rencontrerai, à cette occasion, le nouveau Président chinois Xi Jinping et une quinzaine de chefs d’État et de gouvernement.
Les grands acteurs de l’économie asiatique sont ainsi rassemblés (3000 personnes) à l’occasion de ce rendez vous auquel je participe tous les ans. Cette année, je mettrai aussi en valeur la visite officielle que le Président français doit effectuer dans 15 jours en Chine et la préparation du 50ème anniversaire de la reconnaissance par le Général de Gaulle de la République populaire de Chine.
jpr
NB. Je serai de retour dès lundi pour participer, jours et nuits, aux débats et aux votes du projet de loi sur le mariage.
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Il y a juste 10 ans, en 2003, j’étais aux côtés de la Chine pendant la terrible crise du SRAS.
Je voulais dire ma confiance dans le courage du Peuple chinois. Je reste fidèle à cette confiance.
Bonne année du Serpent.
Sincèrement.
jpr
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L’entreprise chinoise ZTE a confirmé son implantation sur le site du Futuroscope. Au-delà des 20 millions d’euros déjà engagés, l’entreprise
poursuit son investissement.
C’est une bonne nouvelle pour notre technopole de nature à remobiliser ceux que le doute avait gagné. L’attractivité doit être une force de la Vienne, une force qui doit rassembler.
Évidemment, le dossier n’est pas simple comme tous les dossiers internationaux notamment dans le secteur de la téléphonie oà la conjoncture mondiale est très morose.
Le projet de développement sur le site du Futuroscope sera « calibré » au cours de l’année 2013. Avant la fin 2012, ZTE formulera aux collectivités de la Vienne ses attentes spécifiquement locales.
J’ai pris contact avec nos autorités gouvernementales et européennes pour que le groupe ZTE puisse disposer d’une bonne visibilité sur son développement en Europe.
Pour l’emploi, il faut tenir bon.
jpr
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Pourquoi les Français s’intéressent-ils davantage à l’élection américaine qu’au 18 ème congrès du parti communiste chinois ? Cette question m’est posée tous les jours en ce moment.
Première réponse, l’élection US intéresse plus parce que c’est une élection. Même si le système électoral américain est complexe nous le comprenons mieux. A la fois démocrates et républicains nous sommes attirés par la compétition des idées et des hommes au point où certains d’entre nous ont même l’impression d’être électeurs américains. Ajoutons que la personnalité d’Obama est celle aujourd’hui d’un leader mondial et que, pour de nombreux citoyens africains ou indonésiens, sa nationalité américaine est presque secondaire. Le Président américain est une personne physique que de nombreux citoyens du Monde ont le sentiment de connaître personnellement. L’incarnation est une composante majeure du Leadership.
Deuxièmement l’influence mondiale des Américains est davantage perçue par les peuples. Les USA continuent à poser certains sujets en terme de suprématie et leurs interventions opérationnelles pénètrent la vie quotidienne dans de nombreux endroits du monde. Les entreprises américaines sont bien connues au-delà même de leurs produits et de leurs services. L’Amérique apparaît simple quand la Chine reste complexe, pour nous.
En Chine la sélection politique n’est pas transparente. Il faut être expert pour identifier les processus de désignation et d’arbitrage. La sélection est pourtant rigoureuse. A l’intérieur du parti il y a même de multiples élections. La compétition y est vive. Mais il faut en percer les secrets. Quand on interroge un chinois sur la démocratie il répond en général que la démocratie progresse rapidement à l’intérieur du parti, mais qu’à l’extérieur c’est la loi du parti qui s’impose ! Il est vrai qu’il y a plus de membres du PCC que de Français (8O millions). Il y a peut-être plus de communistes en France qu’en Chine !
Cette sélection des dirigeants est un processus très collectif, la personnalisation y est moins forte et souvent les excès de « starisation » sont vigoureusement condamnés…
Malgré ses défauts, ce système arbitral et secret a un atout : il permet de designer les dirigeants bien en amont de l’ exercice de leur fonction. Ils ont ainsi le temps de se préparer au pouvoir et au monde. Chez eux l’improvisation est impossible. Je connais bien les futurs dirigeants chinois, ils ont eu 5 ans pour se préparer !
Évidemment l’ésotérisme des systèmes et des langages rend la compréhension de la situation chinoise difficile. Cependant, non seulement l’économie chinoise est l’une des locomotives du monde mais derrière, dans les wagons, les idées chinoises, la pensée chinoise circulent également. Nous n’en avons pas suffisamment conscience en Europe. Et ces idées sont souvent d’une réelle modernité. La culture de la Chine influencera le monde largement autant que son économie.
Pour cette raison je considère qu’une mission importante de notre pédagogie nationale est de prevenir les jeunes Français de la part d’Asie de leur avenir. Sans naïveté, sans peur avec confiance.
jpr
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Je conduis cette semaine une délégation de 25 PME françaises à Pékin et Chengdu. Nous avons choisi le Sichuan, province de l’Ouest, dont le développement est une priorité de Pékin, pour soutenir la création d’une plateforme de services aux PME. L’idée est de promouvoir le lien entre les grands groupes français déjà implantés et les PME qui peuvent devenir leurs partenaires. On entend si souvent : « les Allemands, eux, chassent en meute ! ».
La Fondation pour la Prospective et l’innovation lance ainsi un programme de trois ans de soutien à la plateforme « France Emergeants Entreprises » (F2E) à Chengdu. La grande foire de l’Ouest fournit pour ce faire une bonne opportunité.
Je profiterai de cette mission pour retrouver mes interlocuteurs officiels chinois et ainsi les interroger sur la situation économique et la préparation du prochain congrès du PCC. A suivre.
jpr
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Comme tous les ans, les meilleurs spécialistes de la Chine se réunissent fin août pour le séminaire annuel du Futuroscope à l’invitation de la Fondation pour la Prospective et l’Innovation. Cette année, le thème est centré sur « La Chine et Les BRICS » ( Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).
Il s’agit de poser les questions de « l’émergence » : les valeurs de l’émergence, la stratégie de l’émergence et la place de La Chine dans ces mouvements.
L’émergence
Trois « valeurs » rassemblent les Pays qui se définissent comme les Emergents dont le réseau leader est celui des BRICS : les ressources straté giques, l’atout continental et le développement « complexe ».
Ces Pays ont en commun une certaine confiance dans la l’avenir car ils disposent des richesses du Futur : la jeunesse de la population, l’accès aux ressources d’avenir, l’attractivite de leur croissance… La Chine avec les terres rares, le Brésil avec sa forêt et son pétrole, l’Inde avec ses jeunes ingénieurs, la Russie et son gaz… Les Emergents n’ont pas peur de demain. Ils disposent aussi, en général, de l’atout continental. Quand ils lancent un produit, la dimension du marché domestique est telle qu’ils atteignent les normes de la compétitivité internationale dès l’échelon national. Ces Pays-Continents ont les moyens de promouvoir leurs cultures et leurs méthodes nationales. Les BRICS, il y a trente ans, entraient dans la catégorie des Pays sous-développés, certains d’entre eux étant condamnés éternellement à ce statut ! Aujourd’hui, ce sont des « Emergents-Emergés »(1). Comme Edgar Morin parle de « pensée complexe » nous pouvons parler, à leur propos, de « développement complexe ». Riches et pauvres à la fois, centralisés et décentralisés (souvent fédéraux), nationalistes et internationaux, planificateurs et opportunistes… les BRICS ont un pied dans chaque monde, la pensée du yin et du yang leur est commune. Quand dans ces Pays vous avez découvert une vérité absolue, vous pouvez être certains que la vérité contraire existe aussi.
La stratégie
Quand les réalités les séparent, la stratégie les rassemble. Croissance, influence, puissance structurent la vision commune des BRICS.
En 2011, le Forum de Boao, le Davos de l’Asie, en présence des chefs d’Etat des BRICS, a fixé le cap : « la croissance inclusive ». Le message est clair, la croissance de l’Occident est en voie d’épuisement, en quantité mais surtout en qualité. Les Emergents se doivent d’inventer la croissance nouvelle, plus inclusive, plus protectrice. La réalité du « développement complexe » permet à la fois d’être leader en matière de pollution, mais aussi d’énergies nouvelles !
Sur le plan politique, la stratégie des BRICS est une stratégie d’influence progressive. Le registre n’est pas celui de la domination mais celui de l’évolution. Maintenant que les BRICS ont conquis leur place à la table du G20, ils se concertent pour faire progresser leur plateforme commune comme on a pu le constater lors de le conference de « Rio+20″. Prochain objectif : la réforme de l’ONU.
Cette recherche d’influence multilatérale est tout à fait en harmonie avec leur conception de la puissance sur la planète. Dans un monde multipolaire – multicontinental- la force, c’est la capacité de créer des équilibres. Les BRICS, leaders sur leur continent, constitueront les « Pylônes » des réseaux multipolaires pour les équilibres du Monde a venir. Ils savent que la paix se gagne par l’équilibre plus que par la domination.
La Chine
La Chine est à l’aise dans ces schémas. Elle a confiance dans ses valeurs : le temps, l’harmonie, l’effort. Pour de nombreux chinois le Leadership de la Chine est un destin, pas une urgence. Ainsi la Chine se sait forte quand elle affiche son PIB national mais se reconnaît faible quand elle annonce son PIB par tête, c’est « l’émergence paradoxale ». Ainsi pendant que l’Occident soigne son présent, la Chine pense et travaille son avenir. Ce qui n’est pas sans risques pour elle.
Premier risque le dossier africain. Au coeur du monde émergent, en Afrique, la Chine joue les premiers rôles. Elle y trouve les matières premières nécessaires à son futur, elle y investit massivement en infrastructures, elle y propose aussi un modèle politique nouveau qui n’est pas sans séduction. On a souvent tort, à l’Ouest, de contester globalement la présence chinoise en Afrique qui n’est pas sans lien avec le nouveau « Temps de l’Afrique »(2). L’Europe aurait tout intérêt à construire un « trilogue, Afrique-Chine- Europe », pour réussir l’émergence de l’Afrique. Sinon le risque d’un rejet de la Chine en Afrique n’est pas nul (3).
Le second risque c’est que le temps ne soit plus l’allié inconditionnel du développement chinois. En effet, une course est maintenant engagée entre la poussée des aspirations politiques et sociales du peuple chinois et la politique de réformes des autorités. Croissance qualitative, protection sociale, politique de santé, développement régional… Le rythme des initiatives est rapide, sera-t-il suffisant ? Le nouveau pouvoir, issu du congrès de l’automne, devra bousculer son traditionnel allié, le temps. Dans ce contexte, ce qui frappe l’observateur attentif c’est la conscience des risques et la lucidité de tous les acteurs de la société chinoise. Ne mésestimons pas leur passion de l’unité, leur sens de l’efficacité (4).
L’émergence paradoxale, remet en cause notre goût de l’absolu, notre recherche de la vérité unique. La pensée de l’émergence est duale, dans le monde à venir elle sera, sans doute, dominante.
jpr
(1) Laurent Fabius devant la commission des affaires étrangères du
Sénat.
(2) Jean-Michel Severino et Olivier Ray. Editions Odile Jacob.
(3) Richard Dowden. Africa. Editions Nevicata.
(4) Francois Jullien. La pensée chinoise dans le miroir de la
Philosophie.Seuil.
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Comme chaque année, nous débattrons au Futuroscope de « La Chine et des BRICS » (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), ce sera vendredi 31 août. Les meilleurs spécialistes de ces Pays parmi lesquels une dizaine d’Ambassadeurs mais aussi plusieurs Professeurs d’Université seront ainsi rassemblés pour analyser un phénomène qui concerne chacun d’entre nous, pour la paix, pour l’emploi, pour le développement.
Ces sujets sont particulièrement d’actualité face à la crise de croissance de l’Occident. Comment analyser cette nouvelle force mondiale qu’est l’émergence, quelle est la stratégie des Emergents, quel rôle joue la Chine au sein des BRICS, comment pouvons-nous participer à cette dynamique, quelles sont les perspectives du commerce mondial, en quoi les Français sont concernés ? Je m’exprimerai prochainement dans le Figaro pour répondre à ces questions.
Cette manifestation annuelle organisée par la Fondation pour la Prospective et l’Innovation, en partenariat avec le Conseil général de la Vienne et son Président, Claude Bertaud, répond à un double objectif, d’une part créer un rendez vous annuel de réflexion stratégique sur le monde nouveau et d’autre part faire du Futuroscope une adresse mondiale repérée par les Pays à forte croissance.
jpr
Voir le programme 2012 du séminaire annuel sur « La Chine et les BRICS »
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Trois rencontres une conclusion !
Au cours de mon actuel voyage en Chine j’ai eu l’occasion de rencontrer successivement, le Premier Ministre, Wen Jiabao, le Vice Premier Wan Qishan et le Maire de Pekin, Guo Jinlong.
Ma conclusion est simple, la Chine développe avec tous les continents des relations spécifiques mais d’intensité équivalente : l’Europe comme les USA, l’Afrique comme l’Amérique Latine… Si la crise européenne est suivie de manière très attentive et la confiance dans la solidité de l’économie de la Zone euro
réaffirmée fortement et régulièrement, la Chine ne met pas tous ses oeufs dans le même panier.
La stratégie chinoise est vraiment globale, sans ennemis, sans alliés privilégiés. Le raisonnement est le « gagnant-gagnant ». La Chine avance avec ceux qui veulent avancer avec elle. Rares sont ceux qui ne veulent pas progresser avec elle. La Chine fredonne : « aimer et se sentir aimé … »
jpr
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Je pars quelques jours en Chine. Après cette dure campagne je vais changer d’air. Je vais faire quelques conférences sur les relations Occident-Emergeants, devant des diplomates chinois à Pékin et devant des étudiants à Shanghai. Je participerai également à un Forum économique mondial sur les échanges commerciaux et la crise de la dette en Europe. Une rencontre avec le Premier Ministre chinois Wen Jiabao est prévue mardi. Dans toutes ces interventions je veillerai, comme je l’ai toujours fait, à être en totale cohérence avec notre Diplomatie. A cette occasion, j’apporterai aussi mon soutien à quelques entreprises françaises qui développent leurs échanges avec la Chine.
Que mes Amis ne s’inquiètent pas, je reviens vite pour enchainer les meetings pour les législatives : La Ciotat, Rochefort, Saint Jean d’Angely, l’Aigle (61), Senlis, Fecamp, Bressuire, Chambéry, Fillinges(74), Vivonne (86), L’Isle-Adam, Angoulême, Richelieu…
Je reviendrai avec des horizons élargis, et un grand besoin, renouvelé, de France.
jpr
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Une maison des arts à Pékin, une coupe Franco-Chinoise de golf, de multiples partenariats universitaires, une nouvelle usine de PSA à Wuhan, un pôle commercial franco-chinois en Lorraine, un projet d’hôpital français à Shanghai, la cité du cinéma créée par un architecte français, le développement de ZTE en France, un musée du vin français à Hangzou, la Banque de Chine qui renforce sa position sur la place de Paris, Van Cleef qui prépare une grande exposition à Shanghai… les projets franco-Chinois sont innombrables. Ici, en Chine, les Français n’ont pas froid aux yeux. L’expression « positive attitude » est utilisée en français dans le texte.
C’est dommage que Monsieur Hollande ne soit jamais venu en Chine, il aurait trouvé mille occasions d’être fier de son Pays. Ici, la France est active, ambitieuse et généreuse. De très nombreux jeunes compatriotes sont en Chine pour leurs études ou pour leur première expérience professionnelle. Si on veut les revoir, un jour, en France participer au dynamisme national, il ne faudrait pas ajouter beaucoup de socialisme à notre gouvernance. C’est en effet le paradoxe : beaucoup de Français viennent chercher ici les libertés économiques qu’ils ne trouvent plus chez nous. Les Chinois ont bien compris ce qu’était l’attractivité de leur Pays pour les Jeunes du Monde entier.
Un Pays qui attire tant d’étrangers actifs mérite-t-il toutes les critiques qui lui sont adressées ? La Chine, pour un étranger, présente des similitudes avec l’Amérique de mes 20 ans.
jpr
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Les rumeurs les plus folles courent sur la situation politique en Chine. Le récent limogeage du charismatique Bo Xilai provoque des supputations très diverses, retour de la lutte des clans, coup de force, anticipations du prochain congrès du PCC, protestations sociales… Au-delà des incertitudes économiques, cette agitation est aussi le signe qu’un choix présidentiel et gouvernemental, en Chine comme ailleurs, est très disputé. Si les premiers postes semblent attribués, les discussions seront vives pour les autres.
Réciproquement, en Chine, on s’inquiète beaucoup de la situation de l’Europe et plus particulièrement de la zone Euro et de ses dettes. Les pronostics sont souvent pessimistes. La propagande de la presse anglo-saxonne contre l’euro marque des points en Asie.
C’est dans cette période d’inquiétudes réciproques que j’ai le bonheur de conduire en Chine une délégation d’une vingtaine d’entreprises parmi lesquelles Suez, Danone, Vinci, Air France, Schneider, Seb, PSA, Dassault, CCIP, Saint Gobain, KPMG, Vanatome…
A l’occasion de cette session annuelle du Comite France-Chine, que préside Jean-Pascal Tricoire, nous rencontrerons plusieurs hauts dirigeants chinois dont notamment le Vice-Premier, Wang Qishan, le Gouverneur de la Banque centrale ZHOU Xiaochuan et nous serons reçus aux Ministères des Affaires étrangères, de l’Environnement et du Commerce.
Cette mission sera, pour moi, l’occasion d’inaugurer la Maison des Arts de Pékin, « Yishu 8″, avec sa Fondatrice Christine Cayol, et de nombreuses personnalités chinoises et françaises engagées pour l’amitié entre nos deux peuples.
Je représenterai également la France au Forum de Boao, le Davos asiatique et, dans ce contexte, j’aurai un entretien avec Li Keqiang le probable futur Premier Ministre de la RPC.
Ces multiples et très divers contacts, y compris avec la société civile, me permettront de rassurer les autorités chinoises sur l’état de l’Europe et me donneront, je pense, la possibilité d’apprécier la réelle situation politique et économique d’un Pays, revenu en quelques décennies au premier rang des Nations du Monde ! Rien de telle que la vérité du terrain, avec des dossiers concrets, pour mieux comprendre.
jpr
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Le Panda, animal très chinois découvert par un Français, est le symbole de l’amitié sino-française. Le 8 août 2008 dans la grand salle du Palais du Peuple, après de longues discussions sur la crise, le Président français Nicolas Sarkozy a demandé au Président chinois HU Jintao un geste amitié, pour clore une période de tensions. La France de Pompidou avait obtenu ce geste, la France du XXI siècle souhaitait aussi accueillir un couple de Pandas. C’est entendu, deux Pandas ont quitté leur vallée du Sichuan, tout près de la ville de Chengdu. Ils sont les bienvenus en France.
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