Le coup d’éclat de Dominique Souchier sur Europe1 est révélateur de la dérive militante de l’expression politique. En effet, parce que l’on voulait lui imposer des invités selon des logiques statistiques, le journaliste a préféré interrompre son émission. J’ai de la sympathie pour une telle attitude courageuse.
Cette règle comptable, qui veut que chaque invité politique soit au bilan de tel ou tel candidat, limite fortement l’esprit de distance que peut exprimer un responsable politique. Une personnalité politique n’est pas nécessairement d’accord à 100% avec celui pour lequel elle votera. Avec cette méthode exprimer une réserve sur un point d’un programme revient à être coupable de faux en écriture. Cette logique déroule un tapis rouge au militantisme le plus sectaire : on vous tend un micro, votre propos est prédéterminé, votre temps de parole est imputé, l’important n’est pas l’idée mais le chronomètre !
Je comprends, bien évidemment, que les media doivent assurer l’équité puis l’égalité entre les candidats, mais j’ai plus confiance dans l’éthique que dans la statistique pour assurer et assumer l’équilibre. Ne peut-on pas conjuguer les deux approches ? Merci de votre avis.
Bien sûr, le milieu politique a ses responsabilités dans ces dérives, mais n’encourageons pas à l’excès le sectarisme électoral, le débat a besoin de liberté, parfois de distance.
jpr
|
On entend souvent la critique selon laquelle les responsables politiques ne sont pas courageux. C’est parfois vrai, c’est souvent injuste.
Je trouve aujourd’hui Nicolas Sarkozy plutôt courageux. Il dit la vérité sur l’état du Monde. C’est le courage du diagnostic. C’est aussi le courage de l’action et celui du temps. Ne pas attendre la campagne, l’élection présidentielle, les élections législatives, les vacances d’été…
L’initiative en période électorale est, évidemment, un risque, mais la victoire récompense rarement le manque de courage !
jpr
|
Bonsoir Michel Field, bonsoir à vous, chacune, chacun,
Je souhaite vous parler aujourd’hui de la relation entre la France et l’Allemagne. Le sommet de crise, tenu ce jour à l’Élysée est particulièrement significatif sur ce sujet.
• Sur le fond, ce sommet affiche avec succès la position franco-allemande dans la crise : plus de compétitivité et peu de dépenses
• Sur la forme, en revanche, un tel sommet, une telle dramatisation de la discussion syndicale serait complètement impensable en Allemagne.
Notre relation est faite de différences profondes et d’intérêts communs.
Michel Field : Pourquoi, dans cette crise, faire de la relation franco-allemande une telle priorité ?
Pour trois raisons :
1) D’abord parce que la crise montre que les Pays émergents sont des Pays continents. L’économie est de plus en plus dominée par des Pays à taille continentale : Chine, Inde, Brésil, Russie et bien sur États-Unis.
Pour faire continent, la France et l’Allemagne doivent s’entendre.
N’oublions pas que, quand la voix de Jacques Chirac a tant porté contre la guerre en Irak, il avait le soutien de Gerhard Schroeder.
La voix était française,
la puissance franco-allemande.
2) Ensuite, parce que la crise menace la qualité de la relation franco-allemande.
Les agences de notation qui font de l’Allemagne un bon élève, ne servent pas nécessairement le bon équilibre, les uns pouvant devenir arrogants et les autres agressifs.
Dans ce contexte, on a entendu des déclarations mal venues.
Les stratégies de tension sont inopportunes.
3) Enfin, parce que les projets franco-allemands sont rares.
Airbus n’a pas fait vraiment école. Dans le monde, nous sommes plus souvent concurrents que partenaires.
Michel Field : comment progresser dans la relation franco-allemande ?
Pour moi, il y a trois manières :
1 – Nous devons nous inspirer des bonnes pratiques allemandes : baisse des dépenses publiques, culture industrielle des syndicats, développement de l’alternance, de la décentralisation…
2 – Il nous faut aussi défendre certaines singularités françaises : démographie familiale forte, attractivité territoriale, créativité du secteur des services, performance agro-industrielle…
En revanche, il y a des singularités, telle que la bureaucratie sociale que l’on pourrait alléger !
3 – Relancer l’Europe par un projet commun. L’Europe des cercles, dont le cercle central est la zone euro. Dans ce cercle, une nouvelle gouvernance intergouvernementale est à inventer dans le sillage des propositions communes de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel.
Dans la crise, il y a une fierté à mesurer l’action européenne de la France.
Avec l’Allemagne, le conflit est interdit. La germanophobie, une faute.
Michel Field : Quelle palme de la clarté ce soir ?
Je décerne la palme de la clarté à Claude Allègre pour son livre «Sarko, ou le complexe de Zorro». Voilà un socialiste qui a l’œil perçant.
|
Bonsoir Michel Field, bonsoir à vous, chacune, chacun,
Je voudrais vous parler ce soir du Leadership, c’est-à-dire de l’exercice moderne du Pouvoir.
Tony Blair, Gerhard Schroeder, Barack Obama, Angela Merkel,… ont exercé ou exercent « un vrai Leadership » dans la conduite des affaires de leur Pays.
Michel Field : qu’est ce que le Leadership ?
C’est l’aptitude que possède une personne pour conduire un groupe, une équipe, en politique, conduire un peuple, une nation.
Cette capacité est fondée sur 3 qualités personnelles :
1. La vision d’avenir. Pour conduire, diriger, il faut savoir ou on va.
2. Le caractère. Pour décider, pour tenir le cap il faut de la fermeté.
3. Le Relationnel. Pour entrainer, convaincre, il faut le goût des autres.
Michel Field : pourquoi a t on besoin de leadership aujourd’hui ?
Le Leadership est nécessaire pour INCARNER, MOBILISER et ASSUMER.
3 raisons que la société de communication accélère :
1. INCARNER – Pour être identifié, compris, un Pays a besoin d’être incarné. On se plaint assez que l’Europe n’ait pas de visage !
2. MOBILISER – Pour libérer les forces vives d’un Pays, pour entrainer, il faut un entraineur.
3. ASSUMER – Le chef assume. Il est responsable devant le peuple, devant l’histoire, face à l’avenir.
En France, le Leadership est institutionnel. Le Président de la République, élu au suffrage universel, est « l’homme en charge de l’essentiel ».
Cette personnalisation a de nombreux avantages, notamment face à l’impuissance politique. Elle a aussi des défauts, tel que l’exercice solitaire du pouvoir.
Michel Field : peut-on définir le leadership des candidats à la présidentielle ?
Oui, bien sur, par exemple :
• Nicolas Sarkozy, c’est le leadership « intégral ».
En première ligne, il impose mais il s’expose.
Il préside et gouverne à la fois.
Sa vision est celle du combat contre la crise.
Son caractère, fort, influence son relationnel.
• François Hollande, c’est l’inverse.
Son relationnel, fort, influence son caractère.
C’est le leadership » sceptique », un peu à contre-cœur.
Sa vision est très bariolée, rouge, rose, verte.
• François Bayrou, c’est le Leadership « solitaire ».
Il est convaincu que son jour viendra. Sa vision est le ni-ni, ni a gauche ni a droite.
Le caractère et le relationnel sont plus fermes que la vision.
• Marine Le Pen, c’est le Leadership » en héritage ».
La vision est sombre. Le caractère rigide. Le relationnel discriminant.
Ici, le chef c’est un culte, il n’incarne que ses fidèles.
Avec les difficultés financières importantes qui sont devant nous, il faudra à la France, un Président dont le Leadership sera, à la fois, décidé et humaniste.
Michel Field : à qui la palme de la clarté ce soir ?
Je la décerne à Erik Izraelewicz, un collègue ! Pour son édito dans Le Monde du week-end. Il a notamment écrit que la perte de la note triple A « était a la fois un non-événement financier et un véritable électrochoc politique ».
C’est clair, c’est un électrochoc pour tous !
|
Le Président a raison d’appeler les élus locaux à l’effort. En effet, toute la Nation a besoin de s’engager dans la mobilisation nationale contre la crise et pour la maîtrise des dépenses.
Toutefois, le gouvernement doit bien garder à l’esprit qu’il a besoin de l’investissement des collectivités locales dans son action contre le chômage. Sur ce plan, la situation bancaire est très préoccupante et de nombreux projets restent dans les cartons en raison du manque de liquidité.
L’annonce, par le Président d’une non décision quant à la direction générale de la Caisse des dépôts et consignations est surprenante. Les communes votent leur budget au plus tard fin mars, le dossier CDC-Banque postale prend du retard, les 5 milliards annoncés par le gouvernement tardent, et les PME du bâtiment s’inquiètent… La CDC ne peut tourner au ralenti dans cette période cruciale ! L’emploi a besoin d’investissement.
jpr
|
« La France a trop les volets clos »
Bonsoir Michel Field, bonsoir à vous, chacune, chacun,
Les Français ont trois préoccupations principales :
• L’emploi
• Le pouvoir d’achat
• La sécurité
I – Ils ne savent pas toujours que ces problèmes ont principalement des racines internationales. Ouvrons les fenêtres de la France et regardons le monde :
1) L’emploi, chez nous, est fortement affecté par l’industrialisation des Pays pauvres. La lutte contre le sous-développement s’est faite par le partage des emplois avec l’Inde, la Chine, le Brésil…Plus chez eux, moins chez nous. C’est une réalité mondiale.
2) Le pouvoir d’achat dépend notamment de la parité monétaire, du taux d’inflation, de la redistribution et évidemment de la croissance. L’international agit ainsi fortement sur le pouvoir d’achat.
3) La sécurité est souvent liée à la concentration démographique et donc aux flux migratoires. Le terrorisme international est toujours une menace. Là, encore c’est un fait mondial.
Michel Field : Regarde t-on assez à l’extérieur de nos frontières
II – Non la France a trop les volets clos.
1) On a peur de la Chine, mais on ne voit pas que les Allemands eux n’ont pas peur de la Chine. A Shanghai une voiture sur trois est allemande.
2) On croit que les pays émergents font leur réussite grâce aux bas salaires mais on ne voit pas qu’ils investissent comme nous pour l’intelligence : innovation, recherche et pôle de compétitivité.
3) On veut limiter le nombre d’étudiants étrangers mais on ne voit pas que les diplômés étrangers en France sont de formidables créateurs de richesse.
4) On croit qu’il suffit que la France décide, par exemple, l’interdiction des OGM ou la création de la taxe Tobin, mais on ne voit pas que le monde est souvent hostile à ces décisions.
Michel Field : Quels changements le monde nous impose t-il ?
III – Trois changements sont inéluctables :
1) Les déficits, c’est fini. Les Pays à croissance faible, c’est-à-dire les pays dits développés sont à l’avenir interdits de déficit. Pas de croissance, pas d’emprunt bon marché.
2) La compétition des emplois fait rage. Pour développer l’emploi, il ne faut pas qu’il soit trop couteux. Il faut donc progressivement décharger l’emploi des cotisations et donc repenser le financement de notre modèle social.
3) La finance ne peut continuer à faire la pluie et le beau temps dans nos sociétés. L’Italie qui emprunte à 7%, cela ne peut pas durer ! Les transactions financières sont les seuls actes commerciaux non taxés. La finance devra redevenir raisonnable, de gré ou de force.
—————-
En résume, la crise, au sens asiatique du mot, c’est un mélange de dangers et d’opportunités. Elle est devant nous.
Protégeons nous des dangers, sachons profiter des opportunités.
Je souhaite que pour cette campagne présidentielle les candidats ouvrent les fenêtres de la France sur le monde. Dans la clarté.
Michel Field : Quelle palme de la clarté ce soir ?
Je la décerne ce soir, avec humour, à Philippe Douste-Blazy qui dit clairement dans Le Monde que puisqu’il n’a pas pu faire sa place à l’UMP, il va la faire au Modem.
A lundi.
|
Bonsoir Michel Field, bonsoir à vous, chacune, chacun,
- Je participe ce soir à la première de « Parole de premiers ».
- Je salue cette initiative de LCI et je m’y engage avec mon éthique personnelle, fondée sur la sincérité de mes convictions et le respect de celle des autres.
- Dans la République, la « Présidentielle » est le temps fort de la démocratie. Il ne faut pas rater ce rendez-vous.
- Pour moi rater une élection, c’est passer à côté des enjeux du Pays. Bien sur, j’ai ma préférence, comme vous avez la vôtre. J’espère que nous nous rejoindrons : Mais ce n’est pas le sujet ici.
- Je m’engage ici pour tenter de faire émerger les choix qui comptent pour la France et les Français.
Rater une présidentielle, c’est voter pour des programmes flous, proposés par des candidats racoleurs.
- Mon expérience de l’État m’a appris que ce qui est clair avant l’élection devient possible après, même si c’est difficile :
• Nous avions promis avec Jacques Chirac d’engager la réforme des retraites.
• Lionel Jospin, mon partenaire dans cette émission, avait promis les 35 H.
• Nicolas Sarkozy avait promis l’autonomie des Universités.
Malgré les contestations, ces projets ont été réalisés parce que l’élection les avait légitimés.
- A la mi-janvier, le débat présidentiel est confus. Le flou domine
Il y a beaucoup trop d’ambigüités.
• Le Président sortant ne souhaite pas être candidat dès maintenant – aujourd’hui son combat, c’est la crise – je le comprends, mais ainsi sa parole est ambigüe : engagement d’un candidat ou réflexion d’un dirigeant ?
• Le candidat socialiste ne souhaite pas anticiper, au mieux il se réserve. Il applique une pensée de Kierkegaard :
« le meilleur moyen de se taire, c’est de parler ». Il multiplie les interventions mais reste secret sur ses choix.
Des idées sont lancées, mais les propositions ne sont pas précises.
C’est pourquoi, je reviendrai, sans polémique, sur les 5 questions qui me paraissent prioritaires :
1 – L’emploi en France ?
2 – Le financement de notre modèle social et environnemental ?
3 – L’éducation ?
4 – La dette?
5 – L’Europe et l’équilibre du monde ?
MF : Que faire pour recentrer le débat sur ces enjeux majeurs ?
Sur ces priorités, nous devons interpeler les candidats pour obtenir des réponses claires.
Par exemple :
- Demandons à Nicolas Sarkozy, de combien de points il faut augmenter la TVA pour augmenter les salaires nets de 10% ?
- Demandons à François Hollande de combien il faut augmenter notre facture d’électricité pour faire baisser la part du nucléaire à 50% de notre énergie ?
Dépenses sociales, indépendance énergétique… : voilà des débats stratégiques pour lesquels nous attendons :
Clarté de pensée et cohérence d’engagements
MF : Vous voulez aussi décerner une palme de la clarté
Oui, il faut encourager les bonnes pratiques.
Ma première palme de la clarté est décernée à Jean-Luc Mélenchon.
En refusant le front anti-Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon, protège la clarté du premier tour par rapport aux alliances du second.
A mercredi.
|
Nicolas Sarkozy était aujourd’hui particulièrement à l’aise, à Chasseneuil, avec les enseignants. Sa pensée sur ces sujets est singulièrement claire : excellence, justice et unité.
Plusieurs réflexions du Président sont convaincantes :
- un paradoxe caractérise notre système éducatif, il génère à la fois mécontentement et conservatisme. Une seule solution, inventons des idées nouvelles ;
- l’égalité ce n’est pas traiter de manière unique, dans un collège unique, des élèves différents. Il faut faire plus pour les plus fragiles. L’égalitarisme peut être injuste ;
- dans la classe on fait de l’enseignement, dans l’établissement on doit faire de l’éducation. Pour cela nous devons repenser le métier d’enseignant pour accompagner davantage ;
- dans la situation financière de notre Pays il faut choisir : soit payer davantage les profs actuels en repensant leur mission, soit recruter encore plus de profs. Les deux propositions ne sont pas compatibles. Pour nous, la priorité est la revalorisation du métier d’enseignant au bénéfice de la relation maître-élève…
Nous reviendrons sur ces sujets pendant la campagne.
jpr
Nb1. Je suis personnellement très heureux que le Président ait visité, ce jour, le Centre national de documentation pédagogique -CNDP- établissement public qui a fait l’objet des délocalisations de l’Île-de-France en Région, politique que j’avais conduite avec détermination à Matignon. Le Futuroscope s’affirme ainsi comme un pôle éducatif national majeur. Aujourd’hui, on a pu en mesurer le succès. Merci à l’ensemble des personnels.
Nb2. Nicolas Sarkozy a annoncé aux syndicalistes de la Fonderie du Poitou Alu qu’il avait chargé Rene Ricol de traiter ce dossier en liaison direct avec lui.
|
Ces voeux s’adressent d’abord aux fidèles du blog « carnetjpr.com », aux habitants de la Vienne et, plus généralement, à « mes chers compatriotes de métropole et d’outre mer » comme disait le Président Jacques Chirac.
Je souhaite un « sommet social » qui soit aussi entrepreneurial, notamment en faveur des PME. Dans la crise, alors qu’il n’y a pas d’argent à distribuer,
c’est le moment de faire glisser les seuils et d’alléger les contraintes. En 2012 le chômage sera l’ennemi public numéro 1.
Je souhaite un bon succès pour Flammarion avec… mon livre, « J’ai toujours marché à l’affectif « ! Livre de souvenirs, ce sera aussi une galerie de portraits politiques, un parcours au sein de la génération des Babyboomers et, bien sûr, des traces, très libres, pour l’avenir.
Avec ce Printemps 2012, je souhaite que l’Europe et la France sortent de la crise économico-financière qui blesse beaucoup de nos concitoyens, que la misère et le chômage reculent. J’ai la conviction que cette échéance de sortie de crise est crédible. Je fais confiance à « notre » gestion de crise.
Message de Pâques pour les Chrétiens du monde entier : que partout où ils sont minoritaires les Chrétiens soient traités comme aujourd’hui sont traitées les autres religions dans les pays de Culture chrétienne.
Je souhaite pour la France la victoire de Nicolas Sarkozy !
Je souhaite à Nicolas Sarkozy une France plus rationnelle qu’émotionnelle. Dans la foulée, souhaitons que les législatives lui donnent une majorité
pour agir. Confiance à Jean-Francois Copé pour conduire cette mission.
Je souhaite que la conférence de » Rio+20 « , au Brésil, prenne une position claire sur l’énergie nucléaire. Le développement durable caractérisera la nouvelle et nécessaire croissance qui devra être à la fois réaliste et inclusive.
Je souhaite que Laurent Blanc mène l’équipe de France à la victoire dans l’Euro 2012 et efface l’humiliation de 2010. Dans cette période de crise les victoires sont bonnes pour le moral. Pas de regrets pour les JO, cela nous aurait coûté trop cher.
Je souhaite à la France une excellente saison touristique, bonnes vacances aussi aux responsables politiques, les dernières avant le grand rush de 2014 :
municipales, territoriales, européennes, sénatoriales. Bonnes vacances aussi aux perdants de 2012.
Je souhaite que la France célèbre « 2012, l’année internationale des coopératives » décidée par l’ONU. Organisations essentielles au développement social,
économique et culturel, les coopératives doivent aussi se moderniser. Dans cette perspective je souhaite, en Charentes-Poitou, le rapprochement « Eurial-Glac », nos deux grandes coopératives laitières régionales.
A l’occasion du XIVème sommet de la Francophonie, je souhaite que « l’exigence francophone » se développe partout au sein des Pays membres de l’OIF et que se confirme « le temps de l’Afrique » où démocratie et croissance doivent continuer à progresser.
Dans cette année particulièrement présidentielle, je souhaite la réélection de Barack Obama, une élection réellement démocratique en Russie et la relance en Chine d’une politique de reformes et d’ouverture avec la succession du Président HU Jintao.
Dans la suite des voeux à la Vienne formulés par Nicolas Sarkozy à Chasseneuil, le 5 Janvier, je souhaite le début des travaux pour le Centerparcs du Loudunais, de bons résultats 2011 pour la Fonderie du Poitou Alu, un bilan positif du « réseau de l’attractivité », agence en projet au Conseil General 86 et au total une bonne année pour la Vienne et ses habitants.
Chasseneuil le 31 décembre,
jpr
|
- « La candidature de Dominique de Villepin ne fragilise pas Nicolas Sarkozy » Jany
Aujourd’hui non. On dirait en marketing, qu’à ce stade, elle élargie le marché, de nombreux citoyens n’étant pas encore entrés dans l’espace électoral. Mais dans la phase finale de la campagne elle peut être « fragilisante » selon la manière dont elle est menée. Je me souviens de la candidature de Marie-France Garraud contre Giscard en 81. Les flèches décochées par la candidate ne lui profitaient en rien, mais affaiblissaient le Président sortant.
- « Les créanciers des Pays de la zone euro doivent se méfier de ne pas mettre l’Europe dans une impasse qui risquerait de leur faire tout perdre »… « Nous vivons en France une crise de la production » Claude
C ‘est, en effet, la limite du légitime intérêt des prêteurs. Il faut être assez sévère avec les Pays de l’euro pour qu’ils engagent les réformes structurelles nécessaires, mais pas trop pour que le système n’explose. En réalité c’est la position de la Chancelière qui veut être tout à fait sûre que l ‘on a bien pris conscience de la gravité de la crise. Cher Claude, je ne pense pas que la source de la crise soit la consommation, notre crise de croissance, en effet, est plutôt une crise de l’offre. Je partage donc la priorité du Président : « produire en France ». C’est la raison pour laquelle je fais de « l’attractivité » un axe stratégique majeur. Le Canadien Bombardier, le Japonais Toyota ont participé au redressement du Nord-Pas-de-Calais et le Chinois ZTE bientôt à l’économie picto-charentaise. L’emploi chez nous est naturellement bienvenu.
- « Il paraitrait que le nouveau Président du Sénat, Jean-Pierre Bel, aurait une photo de Che Guevara dans son bureau » Carole
Je n’ai pas vu cette photo quand il m’a reçu. Je tiens cependant à dire que Monsieur Bel se comporte en republicain à la Présidence du Sénat. Bien sûr, nous avons des désaccords, mais je dois reconnaître que l’alternance au Sénat s’est déroulée démocratiquement et sereinement. Pour l’élection présidentielle prochaine il n’y a pas que des inconvénients à cette nouvelle situation : la majorité sénatoriale socialiste nous indique clairement ses choix, multiplication des taxes nouvelles, contraintes supplémentaires pour les entreprises, vote des étrangers, refus de la règle d’or… Monsieur Hollande ne sera pas innocent de ses amis sénateurs.
- « Chirac : la classe politique doit prendre conscience de son éloignement des citoyens » Mistral
Cher Mistral, pourquoi vouloir toujours mettre tout le monde dans le même sac ? Les élus politiques sont aussi divers que l’est la société. En ce qui me concerne, je passe assez de temps sur le terrain pour réajuster en permanence mes impressions et mes réflexions. Vous verrez que la dérive sera bien plus forte quand nous aurons adopté le mandat unique. Les Maires ne sont pas éloignés de leurs électeurs. Quant à ma position à propos de Jacques Chirac, quand je lis le dernier Match (No 3265) à la page 122 je ne me sens pas éloigné de l’opinion publique.
- « Si la France ne s’aide pas elle-même, personne ne le fera à sa place » Dominique M
C’est exact. Je vais même un peu plus loin si vous me le permettez. Je crois que la crise va nous permettre de mener des actions que des temps plus calmes rendraient impossibles. Fondamentalement, en matière d’économies budgétaires significatives, les pistes ne sont pas très nombreuses. Je parle d’économies qui se comptent en milliards d’euros et non en millions. Trois postes sont prioritaires : les allégements de charges sociales en compensation des 35 h, les salaires des 3 fonctions publiques correspondants à des sureffectifs, les prestations sociales gaspillées ou détournées. Pas d’économies significatives sans reformes dans ces trois secteurs. La crise nous y oblige.
- « Ne cherche-t-on pas à nuire au bloc continental européen qui se forme ? » Jacques D’Hornes
Je le crains cher Jacques. A lire la presse anglo-saxonne on ne peut que s’étonner des commentaires gourmands relatifs à la crise de l’euro. Tout se passe comme si, « là-bas », on s’acharnait à détourner l’opinion des difficultés domestiques en focalisant l’attention sur les risques européens. Pourtant la crise de la croissance vient bien des Etats-Unis, l’Angleterre n’est pas non plus exemplaire en matière de dettes souveraines et surtout qui peut penser, dans notre monde interdépendant, que la crise en Europe pourrait être utile a quiconque ?
- « En France on préfère encore le modèle de l’Aristocrate savant à celui de l’immigré génial » Zwartepiet
Je partage votre analyse sur les raideurs de la société française, peu ouverte à l’innovation sociale. RVR dit quelquechose de voisin dans un commentaire : « la société du futur reste à inventer, il faut désormais trouver des Steve Jobs et Bill Gates ». De ce point de vue, aussi, la décision récente sur les étudiants étrangers en France est bien peu pertinente.
- « Pendant qu’on va dresser des barrières, le monde va continuer de changer et d’ inventer autour de nous, et va le faire vite » Sirius
Le débat sur le protectionnisme est très important. J’entends des jeunes ministres qui cherchent à se positionner sur ce thème. Attention Danger ! Si l’objectif est de rechercher avec nos partenaires la réciprocité, d’accord ! (encore que les Pays où notre balance commerciale est excédentaire pourraient nous demander la même chose !). Mais si la question est de présenter les Pays émergents comme des menaces, revenons alors au sous-développement brésilien ou à la révolution culturelle chinoise… L’air extérieur est nécessaire à la vie et à son progrès.
- « Avant tout je regrette que M. Raffarin ne commente pas davantage nos billets » Dominique M
Ce n’est ni par prudence ni par distance mais juste par manque de temps. Je lis tous les commentaires et aussi les messages spécifiques comme ceux de Christine Drugmant, de la famille de Mainguet ou d’Alain Roussel… Pour commenter des commentaires il faut en plus du temps, une disponibilité d’esprit dont, en fait, je ne suis pas maître. En tous cas les échanges sur notre blog sont essentiels à ma réflexion personnelle. Sur de nombreux sujets mes positions, par vos arguments, évoluent.
- « Vive l’humour d’Ernest Gransagne …. »
François n’a pas l’air d’apprécier, moi si. L’humour est indispensable à la relation humaine.
Qu’il soit provocateur, dérisoire, comique, tragiquement noir, juif, arabe, british…Cc’est bon pour réfléchir. Quand Ernest nous dit que « Les femmes politiques font tout ce qu’il faut pour montrer qu’elles sont aussi mauvaises que leurs collègues masculins », c’est une tentative originale de définition de la parité. Merci aussi au docteur SIMONNET pour sa prescription medicalopolitique, légèrement moins euphorisante que celle proposée par Carole. Pour terminer je veux dire à mon Ami Jacques que j’applique personnellement déjà l’un de ses préceptes : « je préférerais que les hommes politiques s’occupent de foot et de sport en général… »
Merci à tous. Bonne semaine de Noël.
jpr
NB : j’ai appris avec tristesse la mort de Vaclav Havel. Je l’avais longuement reçu à Matignon.
Il avait une telle soif de Liberté que parfois en rêvant de l’Ouest il mêlait un peu les horizons faisant d’un sommet de l’Otan à Prague un grand rendez-vous européen… Personnage d’une immense profondeur.
|
J’ai participé aujourd’hui à un intéressant colloque de l’association FRANCE-ALGERIE, fondée par Edmond Michelet et aujourd’hui présidée par Jean-Pierre Chevènement à l’Assemblée Nationale. J’étais interrogé sur la place de l’Algérie dans les tensions géopolitiques actuelles.
La nouvelle donne mondiale est, selon moi, plus particulièrement caractérisée par trois paramètres:
- Le paramètre dominant des nouveaux rapports de force me semble être la croissance. C’est parce que l’Occident a de très faibles perspectives de croissance que son rapport de force, notamment avec l’Asie se dégrade.
- L’émergence des Pays Continents est le deuxième paramètre de la mondialisation moderne.
- Le retour des Etats après une période de dérégulation a caractérisé les ripostes à la crise. Le dialogue intergouvernemental en a été renforcé, les stratégies d’alliance aussi. C’est le troisième paramètre.
Sur ces trois terrains, les positions de l’Algérie me paraissent fortes. Son potentiel de croissance reste puissant : le 3ème plan (2010-2014) mobilisera 286 milliards de dollars pour créer 3 millions d’emplois. La position intercontinentale de l’Algérie, Nord de l’Afrique et Sud de l’Europe, est particulièrement stratégique, elle peut être le centre de gravité de « L’Eurafrique ». Le pluralisme des Alliances, africaines, maghrébines, arabes, francophones… présente de multiples opportunités.
Dans ce contexte géopolitique, je tire de ma mission de bons offices, que m’a confiée le Chef de l’Etat, que la France et l’Algérie peuvent et doivent bâtir une nouvelle coopération, pertinente au XXIème siècle. Des dossiers comme celui du Métro d’Alger -le respect-, celui de Renault -le pragmatisme- ou celui du secteur pétrochimique avec Total -la vision- montrent les valeurs à suivre pour réussir cette coopération nouvelle. La politique étrangère ne se résume naturellement pas aux projets économiques, mais ils y contribuent.
La France et l’Algérie pourraient ainsi assumer ensemble la part commune de leur destin.
jpr
|
|
 |
|
CarnetJPR sur iPhone