- Euro, dette et croissance
J’ai choisi l’expression « l’euro est dans le coma » pour aider à la prise de conscience de la gravité de la crise. Nombreux sont aujourd’hui les experts qui ont une vision sombre de l’avenir. Le patron d’une grande banque française me disait tout récemment « l’euro vit sans doute ses dernières heures ». L’homme est sérieux même si, comme tout les banquiers, il gagne en silence et perd bruyamment.
En réalité, nous conjuguons simultanément trois crises qui rendent « la sortie de crise » difficile et longue. Mais possible.
La crise initiale est celle de la croissance. C’est elle qui, de mon point de vue, a créé la nervosité. Pour la première fois, depuis longtemps, »l’Occident » est, partout, en panne de croissance. Sa contribution à la croissance mondiale est pratiquement nulle. Le « demain on rase gratis » n’est plus possible. Les déficits budgétaires ne peuvent plus être légitimés par la croissance. L’Amérique n’est pas innocente de cette crise, ni des manoeuvres collatérales.
Sans croissance la dette est évidemment menaçante. Le déficit est le présent de la dette. Les difficultés qu’ont les pays européens à revenir rapidement à l’équilibre budgétaire inquiètent. Le temps semble bien long à ceux qui financent la dette. Plus ces derniers seront inquiets, plus notre dette sera coûteuse à financer. Nos prêteurs intègrent notre gouvernance. Toute générosité, au-dessus de nos moyens, sera payée par la hausse des taux d’intérêt, malgré nous.
Dans un tel contexte, autrefois, l’ajustement se faisait par la dévaluation et l’inflation. La banque centrale européenne a été construite pour ne pas tomber dans ce panneau. Les Allemands, traumatisés par l’expérience de l’hyperinflation de l’entre-deux-guerres, ont veillé à l’indépendance de la banque vis-à-vis de ces « médecines douces ». Le problème est qu’aujourd’hui, dans la compétition des continents qui caractérise la globalisation, chaque continent, l’américain comme le chinois, utilise l’arme monétaire. Les Européens se l’interdisent, au point de mettre en danger leur monnaie.
- La bonne stratégie de « Toulon II »
A Toulon, le Président de La République me semble avoir défini la bonne stratégie. D’abord lucidité et vérité. Les Français comprennent très bien la gravité de la crise. Face à la crise de l’euro il n’y a pas d’issue sans l’Allemagne, sans un accord franco-allemand élargi. Malgré les bonnes raisons des désaccords, le Président maintient l’accord. La condition est nécessaire. Le rôle de la banque centrale doit évoluer, mais il ne peut évoluer que parallèlement aux progrès de l’union budgétaire. Il faut donc créer une dynamique intergouvernementale pour faire évoluer nos traités. La gouvernance de la zone euro doit en sortir renforcée. Face à la crise de la dette, la meilleure réponse européenne est bien « la règle d’or ».
Quant à la croissance, j’approuve les choix du Président : investissements d’avenir, partenariat avec les émergents, stratégie de l’emploi (priorité aux PME), reconquête industrielle…
La stratégie est difficile, la critique est facile, mais c’est la stratégie qui peut nous faire gagner.
- La mauvaise stratégie de « Tonton II »
François Hollande choisit une stratégie symétrique à Nicolas Sarkozy. Face à la crise de l’euro, à la solidarité franco-allemande, le candidat socialiste mais aussi Martine Aubry et de nombreux « responsables » de gauche, semblent préférer une stratégie de tensions. Face à la crise de la dette, les socialistes préfèrent la dépense (recrutement de fonctionnaires… ) à la règle d’or et à sa discipline. Dans la crise de la croissance, les socialistes s’opposent à l’impératif de compétitivité par l’augmentation du coût de l’énergie. En matière européenne, « Tonton I » était plus clairvoyant.
L’avantage de cette situation est que les Français seront placés, en avril prochain, face à une vraie alternative, avec deux options radicalement différentes, ce qui devrait réduire les tentations extrémistes au nom du « tous les mêmes ».
Je forme le vœu que, le week-end prochain, les Etats membres de l’Union européenne adopteront les orientations proposées ce lundi par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.
jpr
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J’ai posé une question à Eric Besson hier au Sénat, à l’occasion de la séance de questions au gouvernement, à propos de Fonderie du Poitou.
M. Jean-Pierre Raffarin . - (Applaudissements à droite) Ma question s’adresse à M. Besson à propos de l’entreprise de la Fonderie du Poitou. C’est un dossier très important car il est emblématique d’un dialogue social bâclé. Le tribunal de Nanterre a accordé à l’entreprise une prolongation de son redressement judiciaire. Je vous remercie d’avoir suivi ce dossier. Il reste quinze jours pour sortir l’entreprise de cette situation et trouver un repreneur. Renault doit tenir ses engagements face à ces professionnels responsables, salariés d’une entreprise dont l’outillage technique est performant. Renault et ses commandes sont indispensables. Je compte sur vous : les salariés et le territoire méritent notre aide. (Applaudissements sur les bancs UCR et UMP)
M. Éric Besson, ministre auprès du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, chargé de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique . – La mobilisation du Gouvernement est totale. Depuis la table ronde réunie à votre demande le 27 octobre, nous avons commandé un audit extérieur. Celui-ci montre que la Fonderie du Poitou a de solides atouts. Enfin, le président de Renault a pris des engagements précis : il a tenu parole.
Le marché de l’automobile, hélas, ralentit, avec une baisse des immatriculations en France. Malgré une conjoncture qui pèse sur ses besoins, Renault maintiendra ses commandes. Devant le tribunal de Nanterre, ses engagements ont permis de prolonger le redressement judiciaire. Reste à trouver un repreneur, dans une conjoncture maussade. Nous activerons pour cela tous les soutiens publics pour donner à la Fonderie du Poitou un avenir solide : comme vous l’avez dit, elle le mérite ! (Applaudissements sur les mêmes bancs)
Voir la video sur le site du Sénat
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Jacques : « Je pense que nous n’avons pas intérêt à entrer dans des polémiques »
Je partage tout à fait cet avis.La crise accélère la fragilité de la société,ceux qui attisent les tensions nous mettent en danger.Il faut au contraire apaiser la société.De la brutalité nait la violence.C’est pour cela que je me méfie des extrêmes.Je n’apprécie pas les attaques personnelles ni contre Sarkozy ni contre Hollande…Comme vous ,Cher Jacques,je suis pour « la réciprocité du respect ».
Jany : « Le discours de Nicolas Sarkozy doit être celui d’un Président rassembleur »
C’est en effet le cas depuis quelque temps. Il faut, selon moi, qu’il poursuive sa campagne de pédagogie engagée à l’occasion du G20. Mieux vaut un diagnostic partagé de la crise pour rassembler sur les projets d’avenir. Je trouve que la pratique des institutions s’est améliorée. Merci de votre engagement sur notre blog.
Ernest « Pourquoi avoir attendu pour s’intéresser aux fraudeurs ? »
La réponse est difficile. Je pense que les outils de contrôle (inspections, sécurité sociale…) ont senti une nette accélération des fraudes depuis 18 mois environ. Ajoutons que nous n’avons eu que très récemment des statistiques régionalisées concernant notamment les départs à la retraite anticipés, les arrêts de travail… c’est édifiant. Les fraudeurs sont souvent très créatifs, au détriment des honnêtes gens.
Claude : « Je suis content que vous intégriez enfin et sans ambiguité la gravité de la crise »
Il me semble avoir écrit ici il y a plusieurs mois que « l’élection présidentielle française se ferait dans un contexte d’une extrême gravité ». Nous sommes en effet sur le point de cumuler trois crises :
- la crise américaine et le ralentissement de la croissance mondiale,
- la crise européenne et la refonte du projet européen,
- la crise économique en France et ses impacts sur l’emploi.
Carole : « Les verts veulent revenir à la dynamo et à la bougie »
Et oui ! Le plus grave est que François Hollande se laisse manipuler par eux. Il y a trois vérités qui vont s’imposer à cette alliance rose et verte, malgré elle:
- Il ne sera pas possible d’ajouter des emplois publics dans les 5 ans à venir,
- l’énergie nucléaire est indispensable à la société française pour l’emploi mais aussi le pouvoir d’achat,
- l’Etat devra faire des économies plutôt que d’augmenter les impôts et taxes.
Je note que les verts doutent de leur candidate, Eva Joly. Ils doutent tellement de leur premier tour qu’ils ont déjà passé leur accord pour le second tour avec le PS.
Mistral : « Les politiques de droite n’ont pas le courage de s’attaquer à la fonction publique »
J’ai bien entendu sur ce sujet votre « ras le bol » souvent partagé par Carole dont « les salves »sont appréciées notamment d’Ernest et par quelques autres tels que Sirius. En ce qui me concerne, j’ai aligné les durées de cotisation pour les retraites du public sur les durées du privé. Avec le non remplacement d’un retraité sur deux dans la fonction publique, Nicolas Sarkozy a engagé une reforme majeure. Je me permets aussi de dire qu’il ne faut pas faire, dans notre société, des fonctionnaires des accusés perpétuels, c’est très injuste.
J’ai bien noté aussi les « appels à l’exemplarité de la classe politique » lancés par Dominique M, la dénonciation par Ernest des « bonimenteurs de foire » et par Carole des « incompétents »qui ne méritent pour Noël qu’un « établi de bricoleur » ! L’article du Devoir que nous a envoyé notre ami Alain Lavallée était éloquent quant à l’exigence démocratique. Michel Castelin y va fort quand il nous lance : « Vive La Grèce, Vive La France ». Le parallélisme dans ce message, par ailleurs sympathique, est naturellement provoquant.
Je partage l’analyse de Dussauge concernant « l’utilité des réseaux d’étudiants biculturels », c’est la raison pour la quelle je suis allé voir Claude Guéant et François Fillon pour demander un assouplissement de la circulaire sur l’emploi en France d’étudiants étrangers.
J’ai également écouté les silences de Mélusine et de J’ane Pedro ainsi que le soutien fidèle de Sylviane Valente.
jpr
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Le mardi 15 novembre, la Fondation pour la Prospective et l’innovation organise un colloque sur « la prospective et le leadership », dans la salle de conférence du Palais de la découverte à Paris.
Henri Guaino, Michel Godet, Bernard Bigot, René Ricol, Jean-Louis Chaussade, Dominique Bussereau, Jean-Pierre Chevènement, Christophe de Margerie… participeront à nos débats.
Les questions à l’ordre du jour nous intéressent tous : le courtermisme s’impose-t-il au leadership ? Quelles sont les qualités d’un bon leader ? Les entreprises peuvent-elles avoir une stratégie à plus d’un an ? Les hommes politiques français ont-ils une vision stratégique de long terme suffisante ? Entreprises et politique, quelle place pour la prospective ?
Ces sujets me paraissent être au coeur des problèmes d’aujourd’hui : les questions sont de plus en plus complexes et exigent de plus en plus de temps et les échéances sont de plus en plus courtes, les impatiences de plus en plus nombreuses. La demande de leadership est de plus en plus forte (l’exemple de l’Europe est manifeste), mais les Leaders sont de plus en plus soumis à la dictature de l’urgence. Comment concilier incarnation et prospective ? Les Démocraties doivent inventer de nouveaux modèles pour rester maîtresses de leur avenir.
jpr
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Le Parti socialiste a réussi une belle opération : organisationnelle, politique et médiatique.
Pour un parti dont » la chef » avait été élue à Reims dans le trouble et l’extrême confusion, l’opération « légitimité » mérite d’être saluée. Avec cette campagne le PS a occupé les écrans plusieurs semaines durant, notamment pendant les élections sénatoriales, habituellement moins politisées.
Le niveau de participation, pour une première, est significatif. De nouveaux visages sont apparus sur la scène politique. La crédibilité de Ségolène Royal a été mesurée. Le choix du candidat socialiste, d’évidence, intéresse les Français, qu’ils envisagent de voter pour lui (ou elle) ou qu’ils espèrent le « meilleur » adversaire face à leur candidat.
Malgré ces succès, le PS a tort de » vendre la peau de l’ours »…
- La tension entre les deux tours va accentuer les crispations à gauche ;
- La primaire se gagnera à gauche alors que la présidentielle se gagnera au centre ;
- Le PS (et les médias ?) semble se tromper de ligne d’arrivée. Octobre est loin de Mai ;
- Le discours socialiste dans cette primaire a révélé ses faiblesses et génèrera les ripostes.
Rien n’est donc joué d’avance mais, pour la majorité présidentielle, ces événements appellent à l’unité et à la mobilisation.
jpr
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C’est le thème du débat auquel j’ai participé cette semaine à La Rochelle à l’invitation de Dominique Bussereau, Président du Conseil général de la Charente-Maritime.
Mon diagnostic est que le Monde est déboussolé, à la recherche de nouvelles boussoles. Les richesses passent d’Ouest (l’Amérique ) en Est (l’Asie), la croissance du Nord au Sud. L’émergence est centrée sur des Pays « Continents », seule l’Europe semble se refuser à son destin continental. La compétition est globale, notamment sur les stratégies d’avenir : intelligence ajoutée, croissance verte, cohésion sociale et politique… La crise a redonné du pouvoir aux Etats, avec ce retour des Etats, le nationalisme et le protectionnisme sont aussi revenus.
C’est sur cette scène agitée que se jouent les principales préoccupations des Français : l’emploi, la sécurité, le pouvoir d’achat. Avec l’internationalisation de nos stratégies, la proximité est, aussi, une bonne réponse.
La proximité qui s’appuie sur l’enracinement, le lien social, la responsabilité locale, la subsidiarité, est une réponse humaniste. Notons que la majorité des Etats continents sont fédéraux. Pour être une stratégie d’avenir la proximité a besoin de puissantes politiques complémentaires : l’attractivité pour accueillir talents, capitaux et initiatives, le réseautage pour accéder aux informations mondiales et créer des solidarités ouvertes, la créativité pour stimuler les projets locaux… La démocratie des proximités agit contre les peurs et les fantasmes, la condition de sa survie est sa propre ouverture.
A cette occasion, j’ai débattu avec un jeune et brillant professeur de l’université de Poitiers, Olivier Bouba-Olga (http://obouba.over-blog.com) dont les travaux et recherches dédramatisent l’impact des délocalisations sur l’évolution de l’emploi.
La Charente-Maritime s’est affirmée, au cours de nos échanges, comme une terre attractive conjuguant deux valeurs de la proximité : une identité forte et une culture de l’ouverture.
jpr
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Merveilleuse exposition à ne pas manquer au Louvre jusqu’au 9 Janvier. « Deux palais, deux histoires, deux visions du monde, mais une seule ambition : cristalliser le génie économique, politique et artistique de deux civilisations au sein d’écrins prestigieux » (Jean-Pascal Tricoire, Président de Schneider, principal mécène de l’expo).
Le rapprochement des règnes des empereurs de Chine et des rois de France est riche d’informations pour nos histoires comparées, pour la concordance des temps mais aussi pour les échanges entre nos deux civilisations plus nombreux que généralement décrits.
Les peintures livrent de multiples secrets de l’art du pouvoir : « contenir l’harmonie, suivre le milieu », « tous les jours, annoncer la paix », que « l’esprit se concentre pour atteindre le juste milieu »… Edgar Morin dirait « pouvoir des arts et arts du pouvoir » !
jpr
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Que ce fut une faute, nous le savions. Que sa famille ait souffert, nous le savions. Que son rendez-vous avec les Français ait été manqué, nous le savions… Cette interview ne nous a apporté aucune information, aucune explication. Nous ne pouvions juger que le ton, l’émotion, la conviction. Au total, déception ! Ce ne fut pas convaincant. La compétence ne pouvait remplacer la sincérité.
Dans ces circonstances, par respect pour toutes et tous, la décence eut été le silence.
jpr
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La France reçoit cette semaine le Patriache maronite d’Antioche et de tout l’Orient, Sa Béatitude Bechara Boutros Rai. Au Liban, dans » ce pays qui est plus qu’un pays mais un message et un exemple le Patriarche met son charisme et son leadership au service de la necessaire unité des Chrétiens. Dans cette région du monde où les tensions sont particulièrement vives entre les Sunnites et les Chiites, les Chrétiens apparaîtront peut être un jour prochain comme les médiateurs de l’Espoir, si ce n’est de la Paix.
C’était aujourd’hui, au Senat, ma seconde rencontre avec le Patriarche, je confirme ma première impression, l’Homme possède la dimension de sa mission.
Il y a 4 ans, à Angliers, dans la Vienne, le jeune Quentin Bonnet perdait tragiquement la vie dans un accident de car scolaire en rentrant de l’école. Ses Parents, sa sœur et son frère, ont progressivement transformé leur profonde douleur en ENERGIE positive pour la sécurité dans le transport scolaire. Avec eux dans les débuts de ce long combat on a surtout rencontré a la fois solidarite et scepticisme. 4 ans après, à Angliers, nous avons organisé, la semaine dernière, une table ronde sur ce sujet en présence de tous les acteurs du transport scolaire pour la première fois et sous la présidence du Ministre des Transports, Thierry Mariani. Résultats : en 2015 tous les cars de transport scolaire seront équipés de ceintures de sécurité et, dans la Vienne, cette décision est déjà appliquée par le Conseil Général.
Fidèle au Président, je ne pouvais – comme lui – que souhaiter que son procès aille à son terme. L’absence de procès était impossible, le procès en son absence devient difficile. J’ai de la tristesse face à ce paradoxe. Je sais bien que la Justice dispose déjà de 25 heures d’audition de Jacques Chirac et que les données de l’instruction sont connues. Il est donc possible de délibérer, en présence de ses avocats, mais en l’absence du premier concerné.
Au moment où les Français semblent mesurer les points forts de son bilan notamment en ce qui concerne la cohésion et la justice sociale, cet événement judiciaire apparaît néanmoins fort décalé.
jpr
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Dans quelle Republique vivons-nous ?
La mise en cause du président de la République par le juge Prévost-Desprez est inacceptable pour un Républicain :
- Si un juge a des accusations à formuler, la Justice lui offre toutes ses voies d’actions. Un juge n’accuse pas dans un livre, écrit par d’autres, sur un dossier pas encore jugé.
- D’autre part, le juge est assisté d’un greffier pour que les déclarations faites dans son bureau soient authentiques. Notre droit veut ainsi se protéger des déclarations clandestines. La campagne ainsi engagée contre le président s’appuie sur des déclarations non fondées.
Au final, Mme Prévost-Desprez pratique le droit de manière oblique et prend des libertés avec l’Etat de droit.
jpr
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Malgré un ton parfois pessimiste, souvent critique pour la politique, notre ami Jany nous adresse quelques messages bien sentis et fort justes comme celui que j’ai placé en titre de ce billet.
En effet, raboter le système social ce n’est pas le gérer. La bonne nouvelle du temps présent c’est la prise de conscience des impasses budgétaires, la mauvaise c’est le goût ambiant pour cet outil primitif qu’est la hache. Tous les postes de notre politique sociale ne sont pas à mettre sur le même plan. L’honneur de la politique, c’est de faire des choix, de fixer des priorités.
La recherche d’économies budgétaires est nécessaire, le débat sur les choix aussi. Il ne peut y avoir cohésion politique sans cohésion sociale. Le social n’est pas une variable d’ajustement économique. C’est un choix politique à impact économique. Nuance.
Les milliards accordés aux grandes entreprises en compensation des 35 h sont-ils toujours légitimes, à ce niveau ? Les marges de la grande distribution ne devraient-elles pas contribuer à l’effort national ? Peut-on considérer le seuil de 500.000 €/an comme le seuil pertinent pour une taxation des hauts revenus ou faut-il le baisser ? Quel est le rapport coût/efficacité de notre système éducatif ?
Je pose ces questions parce que les réponses sur de tels sujets se comptent en milliards. Aujourd’hui l’Etat compte en dizaines de millions (un exemple : 90 millions pour la TVA sur l’entrée dans les parcs à thèmes), avec cette méthode on risque de porter atteinte à plusieurs catégories sociales fragiles sans aucun bénéfice pour la Nation. Je proposerai dans le débat que l’effort nécessaire porte sur des choix suffisants, sur des priorités publiquement débattues.
Je ne crois pas qu’une économie budgétaire de 11 milliards sera suffisante, il faudra donc poursuivre l’effort, cela ne se fera pas sans la Nation, sans une délibération nationale. Sinon il nous arrivera ce que Jany nous annonce !
jpr
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