Le rendez-vous d’avril pour l’anniversaire de l’OTAN sera d’une densité exceptionnelle : au bord du Rhin, il mettra en valeur la relation franco-allemande en matière de sécurité, il exprimera la volonté des européens de renforcer ou non la politique de sécurité et de défense, il sera l’occasion d’accueillir en Europe le nouveau Président américain qui présentera sa vision de l’avenir de la sécurité du monde, il validera la stratégie nouvelle de la France…
Depuis 2003, date toute récente où l’Union Européenne menait sa première intervention de police en Bosnie de réels progrès ont été enregistrés en matière de diplomatie et de défense. Concordia, Althéa, Artemis on été des opérations européennes difficiles et les interventions extérieures de l’Union sont restées principalement civiles.
En avril, la France sortira d’une certaine ambiguïté en assumant, à la fois, ses choix européens et son alliance transatlantique. La plus mauvaise situation serait d’avoir deux systèmes de défense faibles : un qui reste une promesse politique, un espoir la défense européenne et l’autre qui est une forme d’intervention de l’OTAN qui ne serait pas aboutie. Pour franchir avec succès cette étape décisive, il faudra progresser simultanément sur la gouvernance de l’OTAN et sur les progrès de la défense européenne. Sur ce terrain, le rapprochement de la France et de la Grande-Bretagne ne devrait pas nuire à la toujours nécessaire proximité politique franco-allemande.
Nicolas Sarkozy a raison de penser que les nouveaux membres de l’Union européenne ne feront pas le choix de la défense européenne tant que subsistera une suspicion française sur l’OTAN. Je me souviens de Vaclav Havel me parlant d’un sommet de l’OTAN comme s’il s’agissait d’un sommet européen, au fond pour lui c’était à peu près la même chose, l’Europe et l’OTAN c’était cette liberté qui était de l’autre côté. Les pays de l’Est aujourd’hui, des pays membres de l’Union, attendent beaucoup de la France vis-à-vis de l’OTAN pour pouvoir avancer sur la sécurité commune et la défense européenne.
L’OTAN se définit plus par des valeurs que par un territoire. C’est pourquoi, il est nécessaire de rapprocher le G20 du 2 avril à Londres consacré à la refonte du capitalisme et le sommet de Strasbourg et Kehl, les 3 et 4 avril. La véritable question est au fond de savoir si nous sommes capables d’avoir des visions communes. Parce que le retour aux valeurs c’est cela aussi. C’est de faire en sorte qu’il apparaisse clairement que malgré nos histoires différentes, nos traditions différentes il y a des valeurs qui nous sont communes. Ceci n’exclut nullement la possibilité pour la France de bâtir d’autres solidarités, notamment avec les grandes puissances émergentes afin de préserver la diversité cultuelle ou de promouvoir le développement durable.
Nous devons profiter de ces circonstances, du débat sur les valeurs, de la nécessité de faire vivre une Europe à 27 pour faire comprendre aux pays qui ont gagné la liberté en regardant vers l’Ouest que nous n’avons pas le souci de diviser l’Ouest mais d’être capable de partager une vision commune.
Jean-Pierre Raffarin,
Ancien Premier ministre, Sénateur de la Vienne,
Président délégué de la Fondation Prospective et Innovation,
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- En ma qualité de Premier Vice-Président de l’UMP en charge de la politique internationale, j’ai établi avec Axel Poniatowski, Secrétaire Général adjoint un programme d’actions pour animer la réflexion diplomatique de l’UMP
Plusieurs initiatives sont ainsi lancées :
- création d’une commission nationale de la politique internationale (avec notamment tous les anciens ministres des affaires étrangères et de la défense) ;
- lancement de débats d’actualités animés par Axel Poniatowski au siège de l’UMP : le premier débat a eu lieu sur l’OTAN le 4 mars ;
- Relance de nos relations avec les partis amis (responsabilités de Th. Mariani) ;
- Investissement diplomatique, culturel, politique et économique sur « les pays émergents », les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine).
- Succès du dîner-débat de Dialogue et Initiative le 10 mars avec plus de 60 parlementaires, une dizaine de ministres dont Michel Barnier et Rachida Dati et plus de 250 participants
« EURO-GIRONDINS »
A cette occasion, j’ai défini notre club, le premier de l’UMP, comme celui des « Euro-Girondins » fidèles à nos engagements européens, la décentralisation fait aussi parti de notre identité politique.
Pour moi l’apport des « Euro-Girondins » à l’actuelle « éthique du mouvement » est de proposer une dynamique de la sagesse. La sagesse pour nous ne relevant ni de la prudence, ni de l’immobilisme, ni naturellement du conservatisme.
Notre sagesse consiste à vouloir anticiper l’avenir tout en ayant conscience des complexités de la France. Anticiper en conscience.
Cette dynamique de la sagesse nous conduit
- à dire OUI au commandement intégré de l’OTAN en mettant un terme aux hypocrisies. Peut-on mobiliser plus de moyens, plus d’argent, plus de soldats en maintenant des responsabilités limitées ? Le premier argument est clair : d’abord notre place dans le commandement intégré de l’OTAN est une nécessité militaire. C’est aussi une opportunité politique. Celle qui consiste à faire avec B. Obama le pari de l’avenir. Grâce à un dialogue euro-atlantique renouvelé, nous devons tenter de sortir l’Occident du piège du manichéisme. Yes we can. Evidemment l’Alliance atlantique pour la sécurité ne doit pas être la seule alliance dans laquelle la France s’engage. L’Alliance pour une régulation financière qui se dessine à Londres, au sommet du G20, l’Alliance pour Kyoto qui, je l’espère, se formera à Copenhague, et l’Alliance pour la diversité culturelle qui se construit à l’Organisation internationale de la Francophonie et plus largement à l’UNESCO, sont aussi des espaces politiques dans lesquels la France peut espérer exprimer sa liberté. On est plus libre dans les 4 Alliances que dans une seule.
- A dire OUI aussi à l’acte III de la décentralisation selon 3 principes :
- diminuons le nombre d’élus et le coût des structures
- répondons à l’échec économique des actuelles régions en leur donnant la puissance européenne.
- Maintien d’une compétence générale à au moins deux échelons pour ne pas tomber dans les travers d’une administration locale gérée d’en haut.
D’autre idées notamment avancées par Marc Laffineur, Dominique Bussereau, Valérie Pécresse, Michel Barnier, Nadine Morano et Rachida Dati relèvent bien sur de cette dynamique de la sagesse que nous voulons, dans ce Club, injecter dans notre débat national. Nous avons besoin de soutien car chacun de nous a lu La Rochefoucauld : « C’est une grande folie de vouloir être sage tout seul ».
jpr
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Voici quelques réflexions que je voulais partager avec vous depuis Munich où je participe à la conférence sur la sécurité.
- Une alliance atlantique rénovée
Angela Merkel a lancé un appel à Nicolas Sarkozy lors de son discours devant la conférence sur la sécurité en affirmant que « les relations franco-allemandes seront renforcées par l’intégration de la France au commandement de l’OTAN ». Elle a aussi considéré que le nouveau concept stratégique de l’OTAN devait dépasser la seule alliance militaire en déclarant que nous devions façonner la mondialisation par la coopération.
Nicolas Sarkozy a répondu aux attentes de la Chancelière en s’interrogeant « L’Europe veut-elle la paix ou veut-elle qu’on la laisse en paix ? ». Il a pris position en souhaitant à la fois un renforcement de l’OTAN et de la PESD européenne. La France manifestera en avril son nouveau rôle dans l’OTAN en accueillant un sommet de l’Alliance à Strasbourg.
Le président de la République a également adressé un message d’apaisement à la Russie en évoquant un concept de « sécurité paneuropéenne » en prolongement d’un « espace économique et humain » commun à la Russie et à l’Europe.
- Une relation France-USA au beau fixe
Avant d’intervenir à la tribune, Joseph R. Biden, le vice-président des Etats-Unis a montré son discours à Nicolas Sarkozy pour s’assurer que la défense européenne y tenait la même place que la rénovation de l’OTAN. La place accordée à la défense européenne constituait, en effet, une condition nécessaire au retour de la France au sein du commandement intégré de l’OTAN.
jpr
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Je vous présente ici quelques réflexions avant l’annonce prochaine d’un plan de relance de l’économie française. Il s’agit d’une réflexion qui se veut globale. D’autres textes suivront.
La crise selon la définition qu’en donne le « Grand Larousse illustré » est un
« changement rapide qui se produit au cours d’une maladie et qui est presque toujours de bonne augure et présage la guérison ». La crise dépasse donc la dialectique optimisme-pessimisme car elle signifie à la fois un présent difficile, rude mais aussi généralement un avenir meilleur en gestation, dont on perçoit les prémices. La crise est une période particulière : le choc est survenu même si son ampleur et sa durée sont incertaines, il devient alors possible d’établir un diagnostic et d’envisager le futur. C’est précisément ce à quoi je voudrais m’employer.
La crise que nous connaissons est singulière. Elle est totalement déconnectée des traditionnelles évolutions cycliques de nos économies alternant phases d’expansion et de ralentissement. Elle est d’une nature radicalement différente de la crise de 1929. En effet, en 1929 l’Amérique a dû affronter une crise nourrie par la surproduction et la sous-consommation tandis qu’aujourd’hui les Etats-Unis subissent une crise de sous-production et de surconsommation.
Toutefois, par ses malheurs la crise actuelle ressemble à celle de 1929, c’est pour cela qu’elle peut être fondatrice. En effet, la crise financière s’est propagée à l’économie réelle. Le chiffre le plus symbolique est sans doute celui des 200 000 emplois supprimés à Wall Street depuis le début de la crise. Les perspectives françaises sont aussi bien sombres : hausse du chômage de 7,2 à 8,5%, multiplication des faillites (60 000 PME en 2009 !), baisse du prix de l’immobilier de 15% …. Aussi, la responsabilité et le rôle du politique sont engagés.
Le politique n’est pas innocent de la crise que nous traversons. Permettre à des électeurs américains non solvables de devenir propriétaires, c’était objectivement une trop belle promesse électorale. Le politique a souvent davantage cherché à accompagner le surendettement qu’à le freiner. Il serait donc mal venu et un brin populiste d’imputer aux seuls banquiers la responsabilité de la situation que nous connaissons. La ligne « déréglementation maximale et Etat minimal » s’est imposée avec l’accord tacite ou explicite du politique. En revanche, il faut saluer la grande réactivité des politiques, particulièrement celle du Président français, Président de l’Union européenne, qui ont immédiatement renoncé à certains dogmes de l’orthodoxie financière pour éviter que la crise ne se transforme en cataclysme. La force du politique aura été aussi de proposer une grande ambition : la refonte du capitalisme qui comporte une part d’utopie mais permet de réfléchir à une nouvelle gouvernance économique mondiale et d’engager des ripostes concertées.
Cette crise amorce donc un retour du politique, sommé de produire du sens, de susciter de nouvelles espérances. L’élection de Barack Obama en est la manifestation la plus éclatante. Le « yes we can » fait écho au « ensemble tout devient possible ». Mais ce besoin de projet collectif, ce retour au primat absolu de l’intérêt général ne doit pas être le prétexte pour hypertrophier le périmètre d’action de l’Etat, surtout dans notre contexte français de révision générale des politiques publiques. D’accord pour une meilleure régulation, oui aux garanties bancaires, à un nouveau mix des normes comptables, au contrôle des agences de notation, à la transparence des fonds souverains. Mais non aux nationalisations, l’intervention de l’Etat doit conserver un caractère stratégique et exceptionnel, comme ce fut le cas pour Alsthom en 2004. Le tout politique ne doit pas se confondre avec le tout étatique. Le secteur privé assume aussi une part d’intérêt général. Le retour à la « religion du politique » appellerait une réaction ressemblant à une certaines « laïcité économique ».
Pour affronter la crise économique, la relance est nécessaire. Elle est d’autant plus urgente que la crise se répand à la vitesse de l’image sur toute la planète. Entre la crise de Washington et les licenciements à Châtellerault, il n’y a que quelques semaines. Chaque gouvernement prépare son propre plan. La condition de l’efficacité est bien entendu que cette relance soit concertée et coordonnée. Dans ce domaine, d’énormes progrès ont été faits, souvent à l’initiative de la France. Au niveau européen, une gouvernance quadripartite Présidence – Commission- Eurogroupe-BCE s’impose. Toutefois, la situation des finances publiques et l’ampleur de la dette nous contraignent impérativement à maitriser les dépenses, même si le désendettement du secteur privé nous laisse quelques marges. Il devient donc possible d’investir pour des projets qui procureraient des services nouveaux aux générations futures mais aussi du travail aux générations d’aujourd’hui. Une politique de grands projets est nécessaire. Il faudrait dès à présent identifier et sélectionner en Europe mais aussi en France, des projets pertinents qui accompagneraient et dynamiseraient la relance.
Quels en seraient les critères ? Tout d’abord apporter du mieux vivre à la prochaine génération, seule légitimité d’une dette nouvelle. Ensuite, le projet doit être globalement conforme à la fois au Grenelle de l’Environnement et la stratégie de Lisbonne. Son financement peut être métissé, à la fois public et privé, sa dimension doit aussi être régionale. Les infrastructures de transport, les équipements éducatifs et de recherche, le logement à haute qualité environnementale, les projets de véhicules électriques, l’économie numérique, l’indépendance énergétique, les investissements touristiques pourraient être les secteurs privilégiés par de tels projets.
La promotion du capital développement, le partenariat entre fonds souverains, l’amélioration du haut de bilan des PME sont aussi des urgences pour notre prochain plan de relance.
La grande question, à la fois technique et politique, sera celle de la légitimité des financements. L’Etat et tous ceux qui bénéficieront des fonds publics doivent se préparer à justifier leur choix en matière de financement, pour les engagements comme pour les refus. En se faisant l’ardent défenseur de nouvelles régulations, l’Etat doit s’attendre aussi à être évalué, tout comme les collectivités territoriales qui s’engagent dans la relance.
Aujourd’hui, dans les turbulences, il nous faut une pensée pour guider notre action. Quatre visions principales de la mondialisation existent. Je voudrais en présenter une cinquième.
La première est celle que je qualifierais d’opti-pessimisme d’Edgar Morin. C’est le scénario de « la communauté de destin » qu’a connu l’Europe après les extrêmes hontes et terribles horreurs de la première moitié du XXème siècle. C’est la pensée complexe ou paradoxale : « plus le risque s’accroît, plus la chance devient possible ». L’espoir né dans l’annonce de la catastrophe. C’est un peu un chantage au destin. C’est un pari trop risqué : le sursaut est trop incertain.
La deuxième est celle de la globalisation politique, défendue un temps par George Bush. Il s’agit de généraliser dans le monde le modèle démocratique occidental. Les limites de ce projet sont avérées : clivages entre sunnites et chiites en Iraq, victoire électorale du Hamas dans les Territoires palestiniens, désuétude du « Projet de Grand Moyen-Orient », incompréhensions chinoises….
Le troisième scénario est celui de « la mondialisation métissée ». C’est à la fois le projet moderne de J.C. Guillebaud et le projet historique de la société des nations. C’est la réponse à Samuel Huntington et à son choc des civilisations : les cultures se parlent, s’inspirent, se fertilisent au sein d’une société mondiale de plus en plus métissée. C’est un projet qui s’apparente au multilatéralisme. ONU, OMC, Kyoto, FMI, …C’est la paix kantienne par la règle de droit internationale. Ce scénario reposant uniquement sur le multilatéral et qui élude la question du rapport de force me parait utopique.
Quatrième piste celle de «la compétition continentale ». C’est la pensée développée par Emmanuel Todd. Le continent serait l’échelon pertinent : assez vaste pour être un marché dynamique et suffisamment étroit pour protéger les solidarités internes. C’est le scénario du protectionnisme continental, celui-là même auquel s’est opposé le G20 dans son soutien apporté au libre échange. C’est, en fait, un retour au tout bilatéral, continental.
Je privilégie le scénario que je qualifierais de «planète des diversités » à la fois le singulier et le pluriel, à la fois le multilatéral et la bilatéral. La valeur de ce début de XXème siècle, c’est la diversité. Mais avec la diversité apparait le risque de fragmentation, de balkanisation, de « narcissisme des petites différences ». Il faut donc réfléchir à l’équilibre entre respect de la diversité et unité. Ma vision est articulée autour de quatre fondamentaux : le respect des nations (le retour du politique), la solidarité continentale (l’exigence de l’Europe), l’équilibre intercontinental (Europe- Chine- Etats-Unis), la conscience planétaire (post-Kyoto). Parce qu’elle est « complexe », cette perspective est ouverte.
Cette « planète de la diversité » a vocation à être promue par l’humanisme européen fondé lui-même sur le respect, l’équilibre et le dépassement grâce auquel la personne humaine s’élève par des projets qui la dépassent.
La crise locale ne pourra se résoudre sans une stratégie globale.
Au fond, dans la crise, n’abandonnons pas la pensée. E. Orsenna constatant que dans les nouvelles villes chinoises on plantait des arbres déjà grands, répond à la question « Qu’est ce que le futur ? Un pays où les arbres sont déjà grands ». La culture européenne, l’humanisme français, parce qu’ils sont déjà grands appartiennent à la nécessaire pensée du futur.
jpr
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Je regrette profondément le report du sommet Europe-Chine.
Voilà 45 ans, le général de Gaulle anticipait le réveil de la Chine. Au moment où ce réveil marque l’état du monde, il serait incompréhensible que l’Europe ne tienne pas sa place à ce rendez-vous de l’Histoire.
Que les acteurs de l’amitié franco-chinoise se mobilisent, de part et d’autre, pour lever les ambiguités.
jpr
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La crise est profonde. Le passage du clash financier au choc économique est engagé. Les Chinois ont tiré les premiers avec un plan de 600 milliards $ pour lutter contre le ralentissement économique déjà perceptible à Pékin. Barack Obama travaille à « son » plan, Gordon Brown au sien, Angela Merkel résiste mais, le moment venu, l’Europe suivra Nicolas Sarkozy qui ne restera pas les bras croisés face à la désindustrialisation qui menace. Je n’ai pas d’indications particulières mais je pense qu’il est de notre devoir de réfléchir dès maintenant au contenu d’un inéluctable plan européen de relance. Evidemment, notre niveau de dette exclue, selon moi, une relance par la demande. La priorité pourrait aller à une politique de l’offre, de l’investissement qui apportera des services à la prochaine génération et du travail à l’actuelle. Nous pouvons envisager des investissements stratégiques publics d’autant que le secteur privé se désendette. Quels seraient les bons investissements ? Infrastructures de transport, équipements éducatifs et de recherche, éco-industrie, numérique… Je travaille à des propositions concrètes que je présenterai prochainement. Merci de vos réflexions car, dans la crise, le temps n’est pas un allié.
jpr
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L’avion présidentiel a longé le Saint-Laurent, illuminé par ses deux rives, rouges, oranges, jaunes… flamboyantes. Discussion passionnante avec Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso sur l’avenir de l’Europe. Les amateurs d’initiatives politiques de l’Europe ne vont pas être déçus. Nicolas est formidablement détendu à la veille de 5 sommets européens avec le Canada, le Québec, la Francophonie, les Etats-Unis et l’Asie ! La bataille pour l’emploi reste la première préoccupation de notre président. Malgré cela, la bonne humeur caractérise la délégation française. L’accueil québécois est toujours un bonheur.
jpr
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Nous avons fait le point ce matin avec Nicolas Sarkozy sur ce week-end européen particulièrement important.
L’européen que je suis ne peut être que satisfait de voir l’Europe de retour face aux crises du monde telles que la crise georgienne ou la crise financière.
Plusieurs éléments décidés ce week-end sont décisifs :
- Au total l’Europe fera plus que les Etat-Unis pour sauver le système financier mondial ;
- Cette intervention n’est pas faite pour les banques, qui rémunèreront les prestations de l’Etat, mais pour les épargnants ;
- L’objectif est de « tuer » la crise financière pour se consacrer à la crise de croissance ;
- L’Europe a, enfin, défini une gouvernance de crise avec un carré d’urgence : Président de l’Union, Président de la Commission, Président de la Banque Centrale, Président de l’Eurogroupe (et le Parlement européen).
Nous reprendrons ces sujets prochainement.
jpr
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La globalisation favorise une forme particulière de pouvoir : le leadership. L’Europe est contaminée par le phénomène venu des USA. George Bush avec son point presse quotidien semble s’occuper de tout. Son équipe est relayée au second plan, et Wall street ne l’écoute plus.
Sarkozy, Merkel et Berlusconi sont aujourd’hui enfermés dans des schémas voisins. Dans un système global de communication, parler c’est agir… sur les médias. La parole puissante, parce qu’à la fois mondiale et fréquente, fait l’actualité. Les mises en scène des paroles se multiplient mais le nombre d’émetteurs reste limité et, donc, les messages s’accumulent, se répètent, plus qu’ils n’éclairent. La garantie est dépôts bancaires est un message qui perd de sa force dans la répétition. Le fait qu’une petite dizaine de personnes dans le monde soit surexposée inquiète. Des instances collectives moins théâtrales et moins bavardes seraient peut-être plus convaincantes.
Le leadership est indispensable pour le mouvement. Dans l’offensive, le pouvoir d’un seul est rassurant, dans la crise, dans la défensive, la sécurité apparaît dans la collégialité authentique. La crise de confiance ne se résout pas par l’événement mais par une pensée réfléchie, constante et partagée.
Attentif à ces sujets, je souhaite que le président Sarkozy, avec ses collègues de l’Eurogroupe, donne dimanche à la parole de l’Europe une force, sur les événements, que la parole américaine a perdue. La confiance est aussi une question de gouvernance.
jpr
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J’étais aujourd’hui à Strasbourg pour participer à l’université des chambres de commerce et d’industrie. Mon intervention portait sur le thème suivant : « Dans un monde ouvert, quelle voie pour l’Europe ? ». Vous, ici, qui connaissez mes idées, je vous livre le plan de mon argumentation :
I. Les lignes de force de la mondialisation
A. L’avenir du monde est asiatique
B. La diversité est une des grandes valeurs du XXIème siècle
II. Les atouts de l’Europe
A. Le retour du multilatéral dans un monde multipolaire
B. La dynamique des grands projets (UPM)
C. Le modèle de la République décentralisée (diversité/unité)
Conclusion sur l’Humanisme européen
A l’occasion de cette conférence, j’ai eu le bonheur de déjeuner avec quatre de mes collègues sénateurs du Bas-Rhin : Philippe Richert, Fabienne Keller, Esther Sittler et Francis Grignon. A cette occasion, nous avons débattu de mon projet « Pour un Sénat libre et moderne ».
A ceux qui voudraient savoir comment se déroule ma campagne sur le terrain, je veux dire que je suis confiant. Une grande majorité de mes collègues souhaite que l’on mette les trois années à venir pour mettre en oeuvre « un nouveau Sénat » plus indépendant, plus international, avec une meilleure politique de communication et mieux reconnu, au total plus utile pour reprendre le commandement de Victor Hugo « Sénateurs, montrez que vous êtes nécessaires ! ».
jpr
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C’est pour moi un grand plaisir d’arriver à Pékin à l’occasion de ces XXIXème olympiades en ma qualité de Grand Témoin de la Francophonie.
Voilà maintenant près de deux années que j’assume cette mission, confiée par le Secrétaire général de la Francophonie, le Président Abdou Diouf que je remercie de sa confiance.
J’ai la lourde tâche de succéder à M. Hervé Bourges, ancien président de France Télévision qui exerça cette fonction aux Jeux d’Athènes en 2004, et à Mme Lise Bissonnette, Présidente de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Grand Témoin pour les jeux olympiques d’hiver de Turin en 2006. C’est sur la base de leurs expériences et de leurs rapports que j’ai travaillé avec les autorités chinoises.
Pour moi, exercer cette fonction s’est fait naturellement car j’ai commencé à observer la Chine, il y a plus de 30 ans et lorsque la communauté internationale a décidé d’attribuer les jeux olympiques à la Chine, j’ai eu la conviction que cet engagement accélèrerait son intégration dans le monde multipolaire. Cette ouverture au monde, la Chine l’espère depuis longtemps afin de rejoindre les grands pays modernes et développés.
J’ai repris le flambeau, avec pour objectif principal, pérenniser le partenariat de l’Organisation internationale de la Francophonie avec le CIO et le COJOB.
J’ai suivi, aux rythmes de mes 4 visites préparatoires, la métamorphose de la ville de Pékin : sa modernisation, le développement d’une nouvelle dynamique urbanistique autour des remarquables installations sportives intégrant, ainsi, les préoccupations du XXIème siècle ; lutte contre la pollution et protection de l’environnement.
C’est un moment historique que nous allons vivre à la cérémonie d’ouverture des jeux, qui veut montrer que la Chine est au rendez-vous et tient ses engagements.
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Le dernier classement des blogs politiques réalisé par Wikio confirme que ce blog est le premier des responsables de l’UMP en terme d’influence.
Le propre des classements est d’être contestables c’est pour cela qu’il ne faut pas les surestimer mais c’est néanmoins l’occasion de remercier tous ceux qui par leurs messages font de ce carnet un lieu d’échanges et de rencontres. C’est aussi un signe de bon augure avant le mois de septembre qui sera très actif sur ce blog !
jpr
NB : lire cet article intéressant de France soir sur les blogs politiques pendant les vacances
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J’ai publié aujourd’hui une tribune dans Ouest France dans laquelle je reviens sur les raisons pour lesquelles il me semble important que les autorités françaises soient présentes à Pékin pour les Jeux olympiques.
jpr
« On ne boycotte pas un quart de l’humanité », j’approuve cette position de Nicolas Sarkozy.
En effet, avant de s’adresser à la Chine, il faut penser aux Chinois, à cette population à la fois massive et diverse pour qui la réussite des Jeux Olympiques de Pékin est une question de fierté.
Partisan ou adversaire du régime, tous les Chinois souhaitent que ces jeux soient les plus beaux de l’histoire olympique.
Souvent les occidentaux font l’amalgame entre le pouvoir et le peuple, mais on ne peut s’adresser au pouvoir en mésestimant le peuple. Ne méprisons pas ces centaines de millions de Chinois qui ont appris, au cours de leurs études, que la France du Général de Gaulle a été la première à reconnaître la Chine en 1964, qui voyagent dans le monde, en réel ou par internet, qui vivent de plein pied dans le 21ème siècle. Ces Chinois sont convaincus qu’en bousculant la flamme on veut faire vaciller la Chine.
La France a une position singulière, elle ne peut décevoir. Respectons l’histoire, la culture et les ambitions de cette nation qui, déjà à la veille de la révolution industrielle, était la première puissance mondiale. La relation Europe – Chine est constituante de ce que doit être la diversité culturelle de ce siècle.
J’ai recommandé à Nicolas Sarkozy de se rendre à Pékin pour ne pas blesser le peuple chinois.
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