Malgré un ton parfois pessimiste, souvent critique pour la politique, notre ami Jany nous adresse quelques messages bien sentis et fort justes comme celui que j’ai placé en titre de ce billet.
En effet, raboter le système social ce n’est pas le gérer. La bonne nouvelle du temps présent c’est la prise de conscience des impasses budgétaires, la mauvaise c’est le goût ambiant pour cet outil primitif qu’est la hache. Tous les postes de notre politique sociale ne sont pas à mettre sur le même plan. L’honneur de la politique, c’est de faire des choix, de fixer des priorités.
La recherche d’économies budgétaires est nécessaire, le débat sur les choix aussi. Il ne peut y avoir cohésion politique sans cohésion sociale. Le social n’est pas une variable d’ajustement économique. C’est un choix politique à impact économique. Nuance.
Les milliards accordés aux grandes entreprises en compensation des 35 h sont-ils toujours légitimes, à ce niveau ? Les marges de la grande distribution ne devraient-elles pas contribuer à l’effort national ? Peut-on considérer le seuil de 500.000 €/an comme le seuil pertinent pour une taxation des hauts revenus ou faut-il le baisser ? Quel est le rapport coût/efficacité de notre système éducatif ?
Je pose ces questions parce que les réponses sur de tels sujets se comptent en milliards. Aujourd’hui l’Etat compte en dizaines de millions (un exemple : 90 millions pour la TVA sur l’entrée dans les parcs à thèmes), avec cette méthode on risque de porter atteinte à plusieurs catégories sociales fragiles sans aucun bénéfice pour la Nation. Je proposerai dans le débat que l’effort nécessaire porte sur des choix suffisants, sur des priorités publiquement débattues.
Je ne crois pas qu’une économie budgétaire de 11 milliards sera suffisante, il faudra donc poursuivre l’effort, cela ne se fera pas sans la Nation, sans une délibération nationale. Sinon il nous arrivera ce que Jany nous annonce !
jpr
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Je ne parle pas ici de l’affaire judiciaire, sur ce plan nous ne souhaitons que l’émergence de la vérité. D’ici là nous nous devons de respecter la présomption d’innocence comme la présomption de crédibilité.
Ce matin devant plus de 1000 cadres de l’UMP réunis pour une séance du « Collège des idées », j’ai essayé d’anticiper sur l’impact du choc national « DSK » sur nos débats démocratiques.
Je laisse de côté la question « à qui profite le choc ? » ou « comment le PS va-t-il gérer cette « absence »? ». Mais je pense qu’il y aura un « après DSK »…
Au moins 3 questions nous sont collectivement posées :
- Nos systèmes politiques ne favorisent-ils pas des excès de la personnalisation ?
Le leadership est une pratique de la gouvernance mondiale. On reproche même à des entités telles que l’Europe de manquer de leadership… Les idées sont plus fortes quand elles sont incarnées… La fragilité des personnes cause, parfois, la fragilité de leur projet.
Ainsi me semble t il nécessaire pour les grand combats de réunir un leader,mais aussi une equipe et des alliances.
- Peut-on demander aux leaders autre choses que l’exemplarité ?
Sur notre terre les saints, les sages et les savants sont rares. Pourtant les responsables sont et doivent être nombreux. Alors, comment peut-on définir une éthique de la responsabilité ? A mon avis, oui, par la cohérence entre la pensée, le projet, la parole et l’action, le comportement ou les attitudes ! Les valeurs doivent être alors affichées, mises en cohérence et pratiquées par l’engagement. Nous avons des exemples positifs : le travail et les heures supplémentaires, le mérite et les auto-entrepreneurs, l’autonomie et les universités… Nous avons aussi à être plus vigilants parfois : Peut-on à la fois être pour la famille et fragiliser les emplois familiaux ?
- L’ambition personnelle peut-elle effacer le projet collectif ?
Un projet ne peut se réduire à une personne. Le leader doit donc être identifié par son projet. La bataille politique ne se réduit pas à celle des candidats, elle oppose aussi des projets qui concernent directement la France, les Français et les générations futures. Une famille sans projet s’abandonne aux aléas des luttes de personnes. Le travail de Bruno Lemaire prend ici tout son sens.
Au cours de ce séminaire Luc Ferry nous a proposé sa pensée pour « un deuxième humanisme », sujet développé dans son livre, »la révolution de l’amour ». L’économiste Lionel Zinsou nous a apporté les preuves chiffrées que « l’Etat français pouvait s’affirmer stable, conquérant et protecteur ». Jean-François Copé a levé le premier voile sur ce que sera le projet de l’UMP. Nous reviendrons ici sur tout cela.
jpr
Le débat vu par Le Figaro et par le JDD
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Une Francophonie nouvelle s’est exprimée à Montreux. Une Francophonie moderne incarnée par Doris Leuthard et Nicolas Sarkozy. Une Francophonie d’ambition, une Francophonie politique. J’en suis heureux parce que c’est la stratégie que j’ai recommandée au Président français quand il m’a désigné comme son représentant personnel sur le sujet. En effet j’avais commencé ma mission en faisant réaliser un étude d’opinion approfondie pour savoir quelle était la perception des Français quant à la Francophonie. Les résultats de cette étude étaient clairs et nets : 90% des Français sont attachés au combat francophone, 71% considèrent que cette cause n’est pas dépassée, parce qu’il s’agit, en priorité, de défendre la paix et de promouvoir la liberté. Pour nos compatriotes, la Francophonie est un espace politique pertinent pour traiter les grands défis du nouveau siècle.
C’est la nouvelle stratégie de la France pour donner un nouvel élan à la Francophonie.
- La politique, facteur de modernité
A Montreux, Nicolas Sarkozy a déployé ces nouvelles orientations en proposant que le sommet de la Francophonie soit en quelque sorte le sommet amont de la Gouvernance mondiale (G8, G20, multilateralisme) où les grandes questions mondiales sont débattues : régulation financière, prix des matières premières, réforme de l’ONU, croissance verte, méthodes et représentativité des sommets, place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale… Cette nouvelle orientation a été bien reçue à Montreux car la Francophonie ne peut guère intéresser l’opinion si elle ne traite pas des sujets qui sont au cœur de l’actualité. Montreux avant Seoul !
- Politique mais aussi coopération
Il doit aller de soi que ce nouveau pilier de la Francophonie doit s’ajouter, et non de substituer, au premier pilier de notre combat : la coopération entre pays francophones, coopération prioritairement linguistique et culturelle. Dans cet esprit, la France soutient les initiatives de l’OIF et de AUF ainsi que celles (IFADEM, ELAN…) de nombreux pays membres. Pour l’avenir de notre langue nous avons, activement, soutenu l’initiative québécoise, proposée par Jean Charest, pour un forum mondial de la langue française en 2012. Les Suisses ont également proposé des initiatives très positives pour la Francophonie scientifique.
Pour notre part nous continuerons notre travail pour « l’intransigeance francophone » (ça c’est mon âme québécoise) dans les institutions multilatérales dont le Français est l’une des langues officielles et où les francophones auraient tendance à se résigner !
La coopération signifie aussi la solidarité telle que celle de L’OIF pour la reconstruction de Haïti.
Pour mener à bien cette nouvelle dynamique de la Francophonie notre confiance dans notre Secrétaire général est totale. Le Président Diouf possède la hauteur de vue pour donner du relief à la dimension politique de la Francophonie, notamment au débat des valeurs, avec cette difficile question de l’équilibre entre notre attachement aux valeurs universelles et notre respect des diversités culturelles. Le Président Diouf incarne aussi cette humanité nécessaire pour que vive la solidarité francophone.
Aux 50 millions d’élèves qui apprennent le français dans le Monde, la Francophonie à Montreux a montré son vrai visage, « une force qui va et qui sait ou elle va » !
jpr
Retrouver ma vidéo sur le site de l’Elysée
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 De Saint-Jean-Pied-de-Port à Ronceveaux les pèlerins s’échelonnent sur une vingtaine de kilomètres et se saluent dans de multiples langues parmi lesquelles le français reste minoritaire. Tous cheminent fraternellement, chacun à son rythme ; chez les pèlerins, il n’y a pas de podium. La course se gagne en soi, en faisant du projet de Santiago une vérité. Chaque Ascension annonce sa Pentecôte, ce temps où les forces de l’intérieur reçoivent un « concours extérieur » grâce auquel elles deviennent plus fortes, plus vraies, plus justes. Chacun peut donner à ce « concours » le sens qu’il voudra, certains parleront de l’Esprit Saint, d’autres de saines rencontres… tous font un voyage en Humanité. Le message de Roland dans ce col n’est pas paradoxal : le son de son cor a été entendu par Charlemagne, c’est la trahison des hommes qui l’a abandonné sans secours. Je sais bien que les temps d’aujourd’hui sont peu propices à la prise de recul, à l’écoute du temps et pourtant on renouvellle aussi dans ses moments les sources de l’action, l’appétit du service, et le goût de la vérité. Dès lundi je serai au front pour la loi de modernisation agricole (LMA), au Sénat.
jpr
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J’ai accordé hier un entretien à l’hebdomadaire L’Express dont vous trouverez le contenu ci-dessous.
jpr
Une joie profonde. Une victoire au Sénat est toujours positive et Gérard Longuet est l’homme qu’il fallait pour que la voix de la majorité sénatoriale puisse s’exprimer avec force et talent, liberté et loyauté. Il représente tout à fait ce que je défends au Sénat depuis de nombreuses années. Gérard Longuet s’est imposé avec ses soutiens et ses talents dans une compétition qu’il a emportée brillamment, puisque son adversaire, Eric Doligé, s’est retiré avant le premier tour.
D’abord, j’ai été entendu sur la Commission nationale des projets, qui était l’une de mes propositions, etje me réjouis qu’elle soit coprésidée par Alain Juppé et Michel Rocard. C’est un élément très important. Mais je reste très vigilant dans la mesure où un emprunt en soi n’est pas une valeur. S’il sert à rembourser la dette, cela s’appelle de la cavalerie et nous n’en voulons pas.
Ce que nous souhaitons, c’est un emprunt qui crée les richesses d’avenir, qui finance des grands projets d’intérêt national. Le gouvernement doit donc lancer un appel à projets auprès des collectivités locales, des entreprises, des universités et de toutes les forces vives de la nation.
J’aurais préféré que la commission soit chargée de la labellisation de ces grands projets plutôt que d’un énième rapport sur l’investissement durable. Nous avons déjà dans les tiroirs de l’Etat de très nombreuses expertises qui nous permettent de savoir quelles sont les lignes d’avenir.
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Je vous présente ici quelques réflexions avant l’annonce prochaine d’un plan de relance de l’économie française. Il s’agit d’une réflexion qui se veut globale. D’autres textes suivront.
La crise selon la définition qu’en donne le « Grand Larousse illustré » est un
« changement rapide qui se produit au cours d’une maladie et qui est presque toujours de bonne augure et présage la guérison ». La crise dépasse donc la dialectique optimisme-pessimisme car elle signifie à la fois un présent difficile, rude mais aussi généralement un avenir meilleur en gestation, dont on perçoit les prémices. La crise est une période particulière : le choc est survenu même si son ampleur et sa durée sont incertaines, il devient alors possible d’établir un diagnostic et d’envisager le futur. C’est précisément ce à quoi je voudrais m’employer.
La crise que nous connaissons est singulière. Elle est totalement déconnectée des traditionnelles évolutions cycliques de nos économies alternant phases d’expansion et de ralentissement. Elle est d’une nature radicalement différente de la crise de 1929. En effet, en 1929 l’Amérique a dû affronter une crise nourrie par la surproduction et la sous-consommation tandis qu’aujourd’hui les Etats-Unis subissent une crise de sous-production et de surconsommation.
Toutefois, par ses malheurs la crise actuelle ressemble à celle de 1929, c’est pour cela qu’elle peut être fondatrice. En effet, la crise financière s’est propagée à l’économie réelle. Le chiffre le plus symbolique est sans doute celui des 200 000 emplois supprimés à Wall Street depuis le début de la crise. Les perspectives françaises sont aussi bien sombres : hausse du chômage de 7,2 à 8,5%, multiplication des faillites (60 000 PME en 2009 !), baisse du prix de l’immobilier de 15% …. Aussi, la responsabilité et le rôle du politique sont engagés.
Le politique n’est pas innocent de la crise que nous traversons. Permettre à des électeurs américains non solvables de devenir propriétaires, c’était objectivement une trop belle promesse électorale. Le politique a souvent davantage cherché à accompagner le surendettement qu’à le freiner. Il serait donc mal venu et un brin populiste d’imputer aux seuls banquiers la responsabilité de la situation que nous connaissons. La ligne « déréglementation maximale et Etat minimal » s’est imposée avec l’accord tacite ou explicite du politique. En revanche, il faut saluer la grande réactivité des politiques, particulièrement celle du Président français, Président de l’Union européenne, qui ont immédiatement renoncé à certains dogmes de l’orthodoxie financière pour éviter que la crise ne se transforme en cataclysme. La force du politique aura été aussi de proposer une grande ambition : la refonte du capitalisme qui comporte une part d’utopie mais permet de réfléchir à une nouvelle gouvernance économique mondiale et d’engager des ripostes concertées.
Cette crise amorce donc un retour du politique, sommé de produire du sens, de susciter de nouvelles espérances. L’élection de Barack Obama en est la manifestation la plus éclatante. Le « yes we can » fait écho au « ensemble tout devient possible ». Mais ce besoin de projet collectif, ce retour au primat absolu de l’intérêt général ne doit pas être le prétexte pour hypertrophier le périmètre d’action de l’Etat, surtout dans notre contexte français de révision générale des politiques publiques. D’accord pour une meilleure régulation, oui aux garanties bancaires, à un nouveau mix des normes comptables, au contrôle des agences de notation, à la transparence des fonds souverains. Mais non aux nationalisations, l’intervention de l’Etat doit conserver un caractère stratégique et exceptionnel, comme ce fut le cas pour Alsthom en 2004. Le tout politique ne doit pas se confondre avec le tout étatique. Le secteur privé assume aussi une part d’intérêt général. Le retour à la « religion du politique » appellerait une réaction ressemblant à une certaines « laïcité économique ».
Pour affronter la crise économique, la relance est nécessaire. Elle est d’autant plus urgente que la crise se répand à la vitesse de l’image sur toute la planète. Entre la crise de Washington et les licenciements à Châtellerault, il n’y a que quelques semaines. Chaque gouvernement prépare son propre plan. La condition de l’efficacité est bien entendu que cette relance soit concertée et coordonnée. Dans ce domaine, d’énormes progrès ont été faits, souvent à l’initiative de la France. Au niveau européen, une gouvernance quadripartite Présidence – Commission- Eurogroupe-BCE s’impose. Toutefois, la situation des finances publiques et l’ampleur de la dette nous contraignent impérativement à maitriser les dépenses, même si le désendettement du secteur privé nous laisse quelques marges. Il devient donc possible d’investir pour des projets qui procureraient des services nouveaux aux générations futures mais aussi du travail aux générations d’aujourd’hui. Une politique de grands projets est nécessaire. Il faudrait dès à présent identifier et sélectionner en Europe mais aussi en France, des projets pertinents qui accompagneraient et dynamiseraient la relance.
Quels en seraient les critères ? Tout d’abord apporter du mieux vivre à la prochaine génération, seule légitimité d’une dette nouvelle. Ensuite, le projet doit être globalement conforme à la fois au Grenelle de l’Environnement et la stratégie de Lisbonne. Son financement peut être métissé, à la fois public et privé, sa dimension doit aussi être régionale. Les infrastructures de transport, les équipements éducatifs et de recherche, le logement à haute qualité environnementale, les projets de véhicules électriques, l’économie numérique, l’indépendance énergétique, les investissements touristiques pourraient être les secteurs privilégiés par de tels projets.
La promotion du capital développement, le partenariat entre fonds souverains, l’amélioration du haut de bilan des PME sont aussi des urgences pour notre prochain plan de relance.
La grande question, à la fois technique et politique, sera celle de la légitimité des financements. L’Etat et tous ceux qui bénéficieront des fonds publics doivent se préparer à justifier leur choix en matière de financement, pour les engagements comme pour les refus. En se faisant l’ardent défenseur de nouvelles régulations, l’Etat doit s’attendre aussi à être évalué, tout comme les collectivités territoriales qui s’engagent dans la relance.
Aujourd’hui, dans les turbulences, il nous faut une pensée pour guider notre action. Quatre visions principales de la mondialisation existent. Je voudrais en présenter une cinquième.
La première est celle que je qualifierais d’opti-pessimisme d’Edgar Morin. C’est le scénario de « la communauté de destin » qu’a connu l’Europe après les extrêmes hontes et terribles horreurs de la première moitié du XXème siècle. C’est la pensée complexe ou paradoxale : « plus le risque s’accroît, plus la chance devient possible ». L’espoir né dans l’annonce de la catastrophe. C’est un peu un chantage au destin. C’est un pari trop risqué : le sursaut est trop incertain.
La deuxième est celle de la globalisation politique, défendue un temps par George Bush. Il s’agit de généraliser dans le monde le modèle démocratique occidental. Les limites de ce projet sont avérées : clivages entre sunnites et chiites en Iraq, victoire électorale du Hamas dans les Territoires palestiniens, désuétude du « Projet de Grand Moyen-Orient », incompréhensions chinoises….
Le troisième scénario est celui de « la mondialisation métissée ». C’est à la fois le projet moderne de J.C. Guillebaud et le projet historique de la société des nations. C’est la réponse à Samuel Huntington et à son choc des civilisations : les cultures se parlent, s’inspirent, se fertilisent au sein d’une société mondiale de plus en plus métissée. C’est un projet qui s’apparente au multilatéralisme. ONU, OMC, Kyoto, FMI, …C’est la paix kantienne par la règle de droit internationale. Ce scénario reposant uniquement sur le multilatéral et qui élude la question du rapport de force me parait utopique.
Quatrième piste celle de «la compétition continentale ». C’est la pensée développée par Emmanuel Todd. Le continent serait l’échelon pertinent : assez vaste pour être un marché dynamique et suffisamment étroit pour protéger les solidarités internes. C’est le scénario du protectionnisme continental, celui-là même auquel s’est opposé le G20 dans son soutien apporté au libre échange. C’est, en fait, un retour au tout bilatéral, continental.
Je privilégie le scénario que je qualifierais de «planète des diversités » à la fois le singulier et le pluriel, à la fois le multilatéral et la bilatéral. La valeur de ce début de XXème siècle, c’est la diversité. Mais avec la diversité apparait le risque de fragmentation, de balkanisation, de « narcissisme des petites différences ». Il faut donc réfléchir à l’équilibre entre respect de la diversité et unité. Ma vision est articulée autour de quatre fondamentaux : le respect des nations (le retour du politique), la solidarité continentale (l’exigence de l’Europe), l’équilibre intercontinental (Europe- Chine- Etats-Unis), la conscience planétaire (post-Kyoto). Parce qu’elle est « complexe », cette perspective est ouverte.
Cette « planète de la diversité » a vocation à être promue par l’humanisme européen fondé lui-même sur le respect, l’équilibre et le dépassement grâce auquel la personne humaine s’élève par des projets qui la dépassent.
La crise locale ne pourra se résoudre sans une stratégie globale.
Au fond, dans la crise, n’abandonnons pas la pensée. E. Orsenna constatant que dans les nouvelles villes chinoises on plantait des arbres déjà grands, répond à la question « Qu’est ce que le futur ? Un pays où les arbres sont déjà grands ». La culture européenne, l’humanisme français, parce qu’ils sont déjà grands appartiennent à la nécessaire pensée du futur.
jpr
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Benoît XVI a trouvé le ton juste pour parler à notre Nation. En choisissant le terrain culturel, il a montré son respect et son affection pour le patrimoine culturel de « la fille aînée de l’Eglise ». Au collège des Bernardins comme à l’Institut, le Saint Père a affiché ses racines culturelles françaises. La rigueur de sa pensée comme celle de son enseignement le protègent de toute accusation de séduction « promotionnelle ». Son appel aux vocations sur l’esplanade des Invalides lors de la grandiose messe de dimanche ne sera pas sans effet, j’en suis sûr. Les jeunes ont été touchés par la puissance sereine de ce pape.
Ce week end m’aura permis une courte pose dans mon agenda sénatorial chargé. J’ai fait parvenir aux sénateurs mon livre « Pour un Sénat libre et moderne », il sera en ligne demain. Hier j’étais l’invité de dimanche + et en déplacement dans l’Ain.
A bientôt,
jpr
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J’ai participé il y a peu en tant que Président délégué de la Fondation pour la Prospective et l’Innovation à une conférence organisée Madrid à l’occasion du Campus 2008 de la Fondation pour les analyses et les études sociales (FAES) que préside mon ami José-Maria Aznar.
Je vous propose de retrouver, ci-après, mon intervention prononcée à cette occasion dans laquelle je reviens sur l’articulation nécessaire entre diversité et unité dans nos sociétés modernes.
jpr
Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les élus, Mesdames, Messieurs, je voudrais exprimer une profonde gratitude à José Maria Aznar. Je n’ai jamais eu un accueil aussi chaleureux que celui qui m’a été rendu hier soir : sitôt sorti dans les rues, tout le monde klaxonnait et brandissait des drapeaux ! Cela m’a beaucoup touché. Merci vraiment de cette chaleur et bravo à l’Espagne pour cette belle Coupe d’Europe…
C’est pour moi un honneur que de répondre, mon cher José Maria, à ton invitation. Nous avons pour votre président un profond respect. Il a été un grand chef du gouvernement espagnol, un grand président du Conseil européen. Nous retenons ses performances et le président Sarkozy y trouve un certain nombre de repères dans la politique qu’il mène aujourd’hui : la réduction du déficit de 7 % à 1 % du PIB, la création de 6 millions d’emplois, l’augmentation du revenu par tête de plus de 50 % entre 1996 et 2004. Nous avons une admiration pour les résultats mais nous avons aussi beaucoup de considération pour la pensée de l’homme d’État.
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Sénateur blogueur depuis 2005, je me réjouis chaque fois que l’un de mes collègues du Sénat rejoint l’espace de débat démocratique et interactif que représente la blogosphère. Permettez-moi donc de saluer la création du blog de Louis de Broissia, sénateur de la Côte d’ Or.
Il est utile que mes collègues sénateurs s’intéressent davantage à ce mode de communication moderne et directe avec nos concitoyens. Il constitue, en effet, pour chacun d’entre nous, une occasion de mieux faire connaître notre action au Sénat et sur le terrain, dans nos départements et dans nos régions.
Peut-être d’ailleurs qu’à l’avenir il faudrait que chaque sénateur puisse disposer d’un blog ou de pages personnelles directement sur le site du Sénat lui permettant ainsi de donner une visibilité à son action quotidienne au Sénat ? De même, il me semblerait opportun de développer encore les blogs de rapporteurs à l’image de ceux de Philippe Dallier et David Assouline. Pourquoi, enfin, ne pas imaginer que les commissions permanentes et les délégations décident de tenir des blogs thématiques qui permettraient de mieux mettre en valeur leur action ?
jpr
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Je me réjouis que l’entreprise chinoise ZTE vienne d’acheter 13 ha à Chesseneuil (86) pour y implanter son centre européen de recherche et développement (50.000 m2). Nous travaillons depuis plusieurs années sur ce dossier avec le président du Conseil général, Alain Fouché, et aussi avec l’Université. Ce dossier était mentionné dans l’accord d’Etat que j’avais signé en 2004 à Matignon avec M. Wen Jiabao.
Sur un autre sujet, j’ai eu le plaisir de retrouver le Premier ministre tunisien, Mohamed Ghannouchi, pour parler notamment du projet d’Union méditerranéenne que propose Nicolas Sarkozy. La Tunisie sera un partenaire engagé de ce projet.
J’ai participé ensuite à la conférence annuelle des entreprises maghrébines présidée par Chekib Nouira. Débat de haut niveau dont il ressort que cette région du monde ne manque ni de talents, ni d’argent pour se développer. Il suffirait d’un peu de volonté politique pour répondre à l’appel des entrepreneurs pour l’Union du Maghreb.
J’ai commencé mon cours d’hier à l’ESCP sur la morale et la politique. Je vous livre ici mes cinq têtes de chapitre :
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La cohésion entre la pensée et l’action contre le populisme
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Les alliances contre l’exercice solitaire du pouvoir
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L’ouverture contre les nationalismes
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Le temps maîtrisé contre le temps manipulé
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La gouvernance "jacogirondine" contre le dirigisme
Je développerai sans doute tout cela lors d’une prochaine occasion.
jpr
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Je viens de publier aux éditions Michalon un petit ouvrage intitulé « 10+1 questions à JP. RAFFARIN sur la décentralisation » qui développe 10 convictions que j’ai sur la décentralisation.
1) La décentralisation est un débat moderne
Parce que j’ai constaté lors de multiples voyages que l’un des pays les plus centralisés est aussi l’un des plus décentralisés, la Chine, je me suis convaincu de l’actualité mondiale de ce débat.
2) La décentralisation reste un projet politique
Un projet essentiel et inséparable de notre projet démocratique. Une démocratie qui s’exerce au plus proche du citoyen. La complexité administrative de la décentralisation ne doit pas masquer son ambition démocratique.
3) La subsidiarité est une valeur constitutionnelle
Le nouvel article 72 de notre constitution stipule que « les collectivités territoriales ont vocation à prendre les décisions pour l’ensemble des compétences qui peuvent le mieux être mises en œuvre à leur échelon » (réforme constitutionnelle de 2003).
4) La guerre département-région n’aura pas lieu
L’acte II de la décentralisation a établi et stabilisée les vocations différentes du département et de la région. Le département, collectivité aînée, est le lieu premier de la cohésion : sa vocation sociale et sa dynamique de proximité sont ses forces. La région est d’abord une collectivité de stratégie, à la fois de prospective et de programmation. Les grands choix de l’économie territoriale sont de son ressort. Cette clarification des compétences s’impose progressivement.
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J’ai accepté la proposition de l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris (E.S.C.P.) d’être professeur pour un cours intitulé : « Pensée, action et pouvoir ».
Pour ne pas me laisser enfermer dans le système politique, j’ai souhaité être au contact des jeunes, notamment parce que je crois que l’entreprise est le lieu privilégié de la création, moteur nécessaire à une croissance durable en Europe.
Parmi les questions au programme de cours : la cohérence de la pensée et de l’action, l’ambition et le projet, les questions du désintéressement, la maîtrise du temps pour la réforme, la solitude et le besoin d’alliance, la fonction et la liberté, les équilibres et le mouvement, l’autorité et les décentralisations, la diversité et l’unité, le besoin d’identité dans l’action, les logiques du dépassement et de l’affrontement…
La création sera au cœur de cet enseignement qui, je l’espère, trouvera son équilibre dans le couple audace et expérience. C’est avec bonheur que je vais retrouver l’école à laquelle je souhaite rendre en retour ce qu’elle m’a donné.
jpr
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