A 50 km, des Amis se joignent à nous pour partager la joie de l’arrivée à Saint-Jacques. Depuis Le-Puy-en-Velay, nous avons parcouru environ 1650 km, en une soixantaine de jours de marche, répartis sur 7 ans. Le chemin donne de multiples bonheurs et laisse quelques cicatrices. Ces dernières sont encore un peu douloureuses deux jours avant l’arrivée. Mais bientôt elles ne seront que la marque, la trace, d’un morceau de vie, ouvert sur la Vie. A Saint-Jacques-de-Compostelle la ligne d’arrivée, ouvre sur un nouveau départ.
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Une semaine de vacances parlementaires passée sur le chemin de Saint Jacques. L’arrivée en Galice annonce maintenant la destination finale, sept ans après le départ du Puy-en-Velay. La joie du finistère et l’inquiétude de la fin se mêlent comme les vagues de l’Océan.
- 1650 km à pieds, pourquoi ?
Parce que la marche est le meilleur ennemi de la peur. Peur de la longueur, peur de la profondeur, peur de ne pas être à la hauteur, peur de l’ennui, peur du monde, peur des rencontres, peur de la Rencontre, peur des ruptures…
« Notre vie est une marche », c’est une bonne réponse.
La marche est personnelle sans être solitaire, elle est communicante sans être bavarde, elle peut être douloureuse et aussi joyeuse, elle est physique et spirituelle, elle exige mais elle donne, elle réconcilie le pas avec l’horizon, elle rassure plus qu’elle n’inquiète, elle est équilibre, elle transforme le randonneur en Pèlerin, elle rappelle que l’Espagne est aussi atlantique…
Le Pèlerin arrive en Galice, face au vent, en vue de Saint-Jacques… en Paix avec lui-même et avec l’autre, celui, visible ou invisible, qui marche à côté de lui. Il a appris la confiance. Cela ressemble plus à la conquête d’une « assurance » qu’à l’affirmation d’ une performance. Ultreia.
jpr

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- La Justice spectacle n’est pas la meilleure Justice.
- Il est possible de dire son soutien à Nicolas Sarkozy sans injurier la Justice.
- L’exécutif a tort de mépriser les foules que la famille mobilise.
- La taxe à 75% a déjà fait son œuvre néfaste contre l’attractivité du Pays.
- Le Front de Gauche semble rechercher le parallélisme des Fronts.
- Port du voile : chacun ses responsabilités. L’Etat, dans l’espace public, est à sa place.
- C’est à Chypre que les Européens devraient discuter de leur soutien. On ne négocie plus à distance dans notre monde moderne.
- Quel paradoxe que d’envoyer nos armées au Mali et de réduire leur budget.
- Oise : si les électeurs du PS votent FN, la gauche morale est très mal.
- Mieux vaut rassembler la France contre les records du chômage, plutôt que de la diviser sur le mariage .
jpr
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La question qui nous est imposée par les circonstances, économiques et budgétaires, est simple : comment développer davantage nos territoires tout en faisant des économies ?
Les quartiers urbains, les grandes métropoles, les villes moyennes, les périphéries rurbaines, les intercommunalités, les communes rurales… sont l’objet d’approches de développement multiples et différenciées. Cependant, je crois pouvoir dire que c’est sur la ruralité que le déficit d’attention est le plus fort. L’Etat rêve d’un Grand Paris, les Régions concentrent la part la plus importante de leur budget sur les villes, l’action locale de l’Europe est peu lisible, il n’y a guère que le département pour défendre la ruralité par l’équilibre de son territoire.
Mon expérience m’amène à conclure aujourd’hui que quiconque veut défendre la ruralité doit défendre le département.
Si on renforce le potentiel d’action des départements où peut-on faire des économies ?
Le gisement d’économies réside, selon moi, dans les chevauchements de compétences et les doublons qui caractérisent la relation, concurrentielle, qui existe entre départements et régions.
Dans de nombreuses régions, la collectivité région n’est qu’un gros département supplémentaire (dont le budget est généralement inférieur à celui du département le plus important). Depuis quelque temps on assiste à une cantonalisation de l’action régionale, les conseils régionaux se posant souvent en concurrents des conseils généraux. Le tourisme est sans doute le secteur où la compétition est la plus vive et les doublons les plus massifs, mais il n’est pas le seul.
La solution est de changer la région de dimension. En divisant par deux le nombre de régions, on donne à chacune la dimension européenne et on réalise des économies de gestion. La nouvelle grande région, en se concentrant sur les questions majeures de développement et d’infrastructures économiques, technologiques et scientifiques, n’aura plus la tentation de marcher sur les terres du département qui, lui, pourra se consacrer à la cohésion sociale et territoriale (dont la ruralité).
À la région les choix stratégiques au département la proximité.
Le débat vient bientôt au Sénat, votre contribution nous sera très utile.
jpr
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En Castille et Leon, à une dizaine de jours de Saint-Jacques-de-Compostelle, on entrevoit la certitude qu’on ira jusqu’au bout. Le paysage n’a plus à lui seul la force de porter le projet ! L’action s’impose à la contemplation. Depuis le départ les incertitudes sont nombreuses tout au long du chemin : l’ennui peut dévorer la vie intérieure, les pieds peuvent se révolter dans la douleur, les rencontres ne sont pas mécaniquement fertiles… Le doute rode autour du chemin. Et puis d’un seul coup le Pèlerin sait qu’il ira jusqu’à Santiago. Il veut au plus profond de lui même que « les choses soient ce qu’elles sont ». Tous, autour de lui, marchent de manière décidée comme si le Finistère était tout près, juste derrière la colline. Très vite, tout prend la lumière, les visages, les églises, les étapes… Les kilomètres trouvent leur unité et deviennent fil de mémoire, fil de vie. L’effort devient cohérent, la fraternité s’affirme, la paix pénètre entre les pas et les pauses. La joie s’avance progressivement, à son rythme, telle les tours de la Cathédrale d’Asterga que l’on aperçoit à plus de 6km. Elle est à la fois encore loin et toute proche. Le coeur du Pèlerin comprend très bien ce qui lui arrive, il lit l’humeur des autres, il a appris à les écouter. Il a confiance. Son bonheur c’est sa foi.
jpr
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La conférence des Évêques de France a pris l’heureuse initiative de relancer la tradition d’une prière pour notre pays. On ne peut pas reprocher aux Catholiques de prier. On ne peut pas, non plus, demander aux Eglises d’être indifférentes au devenir de nos sociétés, de notre pays. Nos racines chrétiennes légitiment cette prise de position. Notre attachement à la Laïcité nous a appris à distinguer l’éclairage spirituel et la décision politique. L’appel à la générosité, le recours à la conscience, le rappel de la mission d’amour de la famille sont des repères utiles pour ceux qui ont à décider de l’avenir. Dans ce texte, il ne s’agit pas de voter, mais de penser. Dans ce XXIème siècle religieux, la pensée catholique, à côté des autres religions, doit se faire entendre.
jpr
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Sur la pression amicale de Jacques D’Hornes, je profite d’une pluie d’orage à Combloux pour commenter vos commentaires.
Je suis toujours attentivement les brillantes joutes entre Jany et Claude, elles sont le plus souvent pertinentes, utiles et malicieuses sauf quand elles sont trop personnellement ciblées.
- Politique étrangère : grand merci à Ernest Gransagne qui pose la bonne question : « qui s’occupe vraiment de sauver la Syrie ? ». Libye-Syrie, la comparaison Sarkozy-Hollande est cruelle pour les socialistes. Très intéressante est l’analyse de Zwartepiet sur « la géopolitique triangulaire ». Cela devrait servir une stratégie africaine de l’Europe face à la compétition entre la Chine et l’Amérique. Pour la Francophonie, je partage le constat d’Alain Lavallée : « trop peu de Français réalisent qu’ils sont aussi Francophones ». Au-delà des enjeux politiques n’oublions pas tous ces Peuples qui ont, avec nous, le Français en partage. La pensée unique française est sur ce sujet un frein puissant : toute initiative, toute ambition, toute présence française en Afrique restent suspectes pour l’intelligentsia de notre Pays. C’est désolant car notre proximité linguistique est source d’une vraie fraternité. Les comparaisons culturelles que nous proposent souvent Jany me paraissent justes. Exemple : « En Asie le sourire fait partie de l’éducation, chez nous c’est la soupe à la grimace ».
- Politique intérieure. Dominique M. et Carole ont des analyses voisines quant au socialisme. Il s’agit de vérités maintes fois vérifiées : « le socialisme c’est le partage, il n’y aura bientôt que la misère à partager » (DM), « Jamais dans ce pays on ne trouve d’autres solutions que l’augmentation d’impôts et de taxes » (C). Dans mes randonnées alpines je rencontre de nombreux professionnels, notamment du secteur touristique, l’inquiétude est immense et parfois même existentielle : « Pensez-vous que je devrais vendre ? ».
- Pour l’avenir de l’UMP, je trouve sage cette remarque de Jacques D’Hornes : « l’idéal serait sans doute un Président qui ne soit pas candidat à la Présidentielle de 2017″. C’est difficile d’interdire l’ambition présidentielle à un leader, mais en tout cas, oui il faut distinguer, séparer, différencier l’élection du Parti en 2012 et les Primaires de 2016. Les aptitudes, les qualités, les circonstances sont distinctes pour ces 2 échéances. Quant à la vie de l’UMP on peut s’inspirer à la fois de Jany et de Claude, et oui c’est possible ! En effet, l’UMP doit être à la fois un grand espace pour le dialogue et les échanges d’idées pour demain et, aussi, un espace de loyauté et de solidarité capable de préparer une alternance courageuse et lucide.
Face aux défis qui s’imposent à nous, suivons la recommandation de Sylviane Valente/ de Gregorio : » ne jamais lâcher, ne rien abandonner ».
jpr
NB. J’ai passé trois jours en Montagne avec Jean-Francois Copé. L’accueil fut chaleureux, l’homme est généreux. Convivialité, humour, accessibilité… JFC fait partie de ceux qui gagnent à être connus.
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Malgré un ton parfois pessimiste, souvent critique pour la politique, notre ami Jany nous adresse quelques messages bien sentis et fort justes comme celui que j’ai placé en titre de ce billet.
En effet, raboter le système social ce n’est pas le gérer. La bonne nouvelle du temps présent c’est la prise de conscience des impasses budgétaires, la mauvaise c’est le goût ambiant pour cet outil primitif qu’est la hache. Tous les postes de notre politique sociale ne sont pas à mettre sur le même plan. L’honneur de la politique, c’est de faire des choix, de fixer des priorités.
La recherche d’économies budgétaires est nécessaire, le débat sur les choix aussi. Il ne peut y avoir cohésion politique sans cohésion sociale. Le social n’est pas une variable d’ajustement économique. C’est un choix politique à impact économique. Nuance.
Les milliards accordés aux grandes entreprises en compensation des 35 h sont-ils toujours légitimes, à ce niveau ? Les marges de la grande distribution ne devraient-elles pas contribuer à l’effort national ? Peut-on considérer le seuil de 500.000 €/an comme le seuil pertinent pour une taxation des hauts revenus ou faut-il le baisser ? Quel est le rapport coût/efficacité de notre système éducatif ?
Je pose ces questions parce que les réponses sur de tels sujets se comptent en milliards. Aujourd’hui l’Etat compte en dizaines de millions (un exemple : 90 millions pour la TVA sur l’entrée dans les parcs à thèmes), avec cette méthode on risque de porter atteinte à plusieurs catégories sociales fragiles sans aucun bénéfice pour la Nation. Je proposerai dans le débat que l’effort nécessaire porte sur des choix suffisants, sur des priorités publiquement débattues.
Je ne crois pas qu’une économie budgétaire de 11 milliards sera suffisante, il faudra donc poursuivre l’effort, cela ne se fera pas sans la Nation, sans une délibération nationale. Sinon il nous arrivera ce que Jany nous annonce !
jpr
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Je ne parle pas ici de l’affaire judiciaire, sur ce plan nous ne souhaitons que l’émergence de la vérité. D’ici là nous nous devons de respecter la présomption d’innocence comme la présomption de crédibilité.
Ce matin devant plus de 1000 cadres de l’UMP réunis pour une séance du « Collège des idées », j’ai essayé d’anticiper sur l’impact du choc national « DSK » sur nos débats démocratiques.
Je laisse de côté la question « à qui profite le choc ? » ou « comment le PS va-t-il gérer cette « absence »? ». Mais je pense qu’il y aura un « après DSK »…
Au moins 3 questions nous sont collectivement posées :
- Nos systèmes politiques ne favorisent-ils pas des excès de la personnalisation ?
Le leadership est une pratique de la gouvernance mondiale. On reproche même à des entités telles que l’Europe de manquer de leadership… Les idées sont plus fortes quand elles sont incarnées… La fragilité des personnes cause, parfois, la fragilité de leur projet.
Ainsi me semble t il nécessaire pour les grand combats de réunir un leader,mais aussi une equipe et des alliances.
- Peut-on demander aux leaders autre choses que l’exemplarité ?
Sur notre terre les saints, les sages et les savants sont rares. Pourtant les responsables sont et doivent être nombreux. Alors, comment peut-on définir une éthique de la responsabilité ? A mon avis, oui, par la cohérence entre la pensée, le projet, la parole et l’action, le comportement ou les attitudes ! Les valeurs doivent être alors affichées, mises en cohérence et pratiquées par l’engagement. Nous avons des exemples positifs : le travail et les heures supplémentaires, le mérite et les auto-entrepreneurs, l’autonomie et les universités… Nous avons aussi à être plus vigilants parfois : Peut-on à la fois être pour la famille et fragiliser les emplois familiaux ?
- L’ambition personnelle peut-elle effacer le projet collectif ?
Un projet ne peut se réduire à une personne. Le leader doit donc être identifié par son projet. La bataille politique ne se réduit pas à celle des candidats, elle oppose aussi des projets qui concernent directement la France, les Français et les générations futures. Une famille sans projet s’abandonne aux aléas des luttes de personnes. Le travail de Bruno Lemaire prend ici tout son sens.
Au cours de ce séminaire Luc Ferry nous a proposé sa pensée pour « un deuxième humanisme », sujet développé dans son livre, »la révolution de l’amour ». L’économiste Lionel Zinsou nous a apporté les preuves chiffrées que « l’Etat français pouvait s’affirmer stable, conquérant et protecteur ». Jean-François Copé a levé le premier voile sur ce que sera le projet de l’UMP. Nous reviendrons ici sur tout cela.
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Le débat vu par Le Figaro et par le JDD
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Une Francophonie nouvelle s’est exprimée à Montreux. Une Francophonie moderne incarnée par Doris Leuthard et Nicolas Sarkozy. Une Francophonie d’ambition, une Francophonie politique. J’en suis heureux parce que c’est la stratégie que j’ai recommandée au Président français quand il m’a désigné comme son représentant personnel sur le sujet. En effet j’avais commencé ma mission en faisant réaliser un étude d’opinion approfondie pour savoir quelle était la perception des Français quant à la Francophonie. Les résultats de cette étude étaient clairs et nets : 90% des Français sont attachés au combat francophone, 71% considèrent que cette cause n’est pas dépassée, parce qu’il s’agit, en priorité, de défendre la paix et de promouvoir la liberté. Pour nos compatriotes, la Francophonie est un espace politique pertinent pour traiter les grands défis du nouveau siècle.
C’est la nouvelle stratégie de la France pour donner un nouvel élan à la Francophonie.
- La politique, facteur de modernité
A Montreux, Nicolas Sarkozy a déployé ces nouvelles orientations en proposant que le sommet de la Francophonie soit en quelque sorte le sommet amont de la Gouvernance mondiale (G8, G20, multilateralisme) où les grandes questions mondiales sont débattues : régulation financière, prix des matières premières, réforme de l’ONU, croissance verte, méthodes et représentativité des sommets, place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale… Cette nouvelle orientation a été bien reçue à Montreux car la Francophonie ne peut guère intéresser l’opinion si elle ne traite pas des sujets qui sont au cœur de l’actualité. Montreux avant Seoul !
- Politique mais aussi coopération
Il doit aller de soi que ce nouveau pilier de la Francophonie doit s’ajouter, et non de substituer, au premier pilier de notre combat : la coopération entre pays francophones, coopération prioritairement linguistique et culturelle. Dans cet esprit, la France soutient les initiatives de l’OIF et de AUF ainsi que celles (IFADEM, ELAN…) de nombreux pays membres. Pour l’avenir de notre langue nous avons, activement, soutenu l’initiative québécoise, proposée par Jean Charest, pour un forum mondial de la langue française en 2012. Les Suisses ont également proposé des initiatives très positives pour la Francophonie scientifique.
Pour notre part nous continuerons notre travail pour « l’intransigeance francophone » (ça c’est mon âme québécoise) dans les institutions multilatérales dont le Français est l’une des langues officielles et où les francophones auraient tendance à se résigner !
La coopération signifie aussi la solidarité telle que celle de L’OIF pour la reconstruction de Haïti.
Pour mener à bien cette nouvelle dynamique de la Francophonie notre confiance dans notre Secrétaire général est totale. Le Président Diouf possède la hauteur de vue pour donner du relief à la dimension politique de la Francophonie, notamment au débat des valeurs, avec cette difficile question de l’équilibre entre notre attachement aux valeurs universelles et notre respect des diversités culturelles. Le Président Diouf incarne aussi cette humanité nécessaire pour que vive la solidarité francophone.
Aux 50 millions d’élèves qui apprennent le français dans le Monde, la Francophonie à Montreux a montré son vrai visage, « une force qui va et qui sait ou elle va » !
jpr
Retrouver ma vidéo sur le site de l’Elysée
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 De Saint-Jean-Pied-de-Port à Ronceveaux les pèlerins s’échelonnent sur une vingtaine de kilomètres et se saluent dans de multiples langues parmi lesquelles le français reste minoritaire. Tous cheminent fraternellement, chacun à son rythme ; chez les pèlerins, il n’y a pas de podium. La course se gagne en soi, en faisant du projet de Santiago une vérité. Chaque Ascension annonce sa Pentecôte, ce temps où les forces de l’intérieur reçoivent un « concours extérieur » grâce auquel elles deviennent plus fortes, plus vraies, plus justes. Chacun peut donner à ce « concours » le sens qu’il voudra, certains parleront de l’Esprit Saint, d’autres de saines rencontres… tous font un voyage en Humanité. Le message de Roland dans ce col n’est pas paradoxal : le son de son cor a été entendu par Charlemagne, c’est la trahison des hommes qui l’a abandonné sans secours. Je sais bien que les temps d’aujourd’hui sont peu propices à la prise de recul, à l’écoute du temps et pourtant on renouvellle aussi dans ses moments les sources de l’action, l’appétit du service, et le goût de la vérité. Dès lundi je serai au front pour la loi de modernisation agricole (LMA), au Sénat.
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J’ai accordé hier un entretien à l’hebdomadaire L’Express dont vous trouverez le contenu ci-dessous.
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Une joie profonde. Une victoire au Sénat est toujours positive et Gérard Longuet est l’homme qu’il fallait pour que la voix de la majorité sénatoriale puisse s’exprimer avec force et talent, liberté et loyauté. Il représente tout à fait ce que je défends au Sénat depuis de nombreuses années. Gérard Longuet s’est imposé avec ses soutiens et ses talents dans une compétition qu’il a emportée brillamment, puisque son adversaire, Eric Doligé, s’est retiré avant le premier tour.
D’abord, j’ai été entendu sur la Commission nationale des projets, qui était l’une de mes propositions, etje me réjouis qu’elle soit coprésidée par Alain Juppé et Michel Rocard. C’est un élément très important. Mais je reste très vigilant dans la mesure où un emprunt en soi n’est pas une valeur. S’il sert à rembourser la dette, cela s’appelle de la cavalerie et nous n’en voulons pas.
Ce que nous souhaitons, c’est un emprunt qui crée les richesses d’avenir, qui finance des grands projets d’intérêt national. Le gouvernement doit donc lancer un appel à projets auprès des collectivités locales, des entreprises, des universités et de toutes les forces vives de la nation.
J’aurais préféré que la commission soit chargée de la labellisation de ces grands projets plutôt que d’un énième rapport sur l’investissement durable. Nous avons déjà dans les tiroirs de l’Etat de très nombreuses expertises qui nous permettent de savoir quelles sont les lignes d’avenir.
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Je vous présente ici quelques réflexions avant l’annonce prochaine d’un plan de relance de l’économie française. Il s’agit d’une réflexion qui se veut globale. D’autres textes suivront.
La crise selon la définition qu’en donne le « Grand Larousse illustré » est un
« changement rapide qui se produit au cours d’une maladie et qui est presque toujours de bonne augure et présage la guérison ». La crise dépasse donc la dialectique optimisme-pessimisme car elle signifie à la fois un présent difficile, rude mais aussi généralement un avenir meilleur en gestation, dont on perçoit les prémices. La crise est une période particulière : le choc est survenu même si son ampleur et sa durée sont incertaines, il devient alors possible d’établir un diagnostic et d’envisager le futur. C’est précisément ce à quoi je voudrais m’employer.
La crise que nous connaissons est singulière. Elle est totalement déconnectée des traditionnelles évolutions cycliques de nos économies alternant phases d’expansion et de ralentissement. Elle est d’une nature radicalement différente de la crise de 1929. En effet, en 1929 l’Amérique a dû affronter une crise nourrie par la surproduction et la sous-consommation tandis qu’aujourd’hui les Etats-Unis subissent une crise de sous-production et de surconsommation.
Toutefois, par ses malheurs la crise actuelle ressemble à celle de 1929, c’est pour cela qu’elle peut être fondatrice. En effet, la crise financière s’est propagée à l’économie réelle. Le chiffre le plus symbolique est sans doute celui des 200 000 emplois supprimés à Wall Street depuis le début de la crise. Les perspectives françaises sont aussi bien sombres : hausse du chômage de 7,2 à 8,5%, multiplication des faillites (60 000 PME en 2009 !), baisse du prix de l’immobilier de 15% …. Aussi, la responsabilité et le rôle du politique sont engagés.
Le politique n’est pas innocent de la crise que nous traversons. Permettre à des électeurs américains non solvables de devenir propriétaires, c’était objectivement une trop belle promesse électorale. Le politique a souvent davantage cherché à accompagner le surendettement qu’à le freiner. Il serait donc mal venu et un brin populiste d’imputer aux seuls banquiers la responsabilité de la situation que nous connaissons. La ligne « déréglementation maximale et Etat minimal » s’est imposée avec l’accord tacite ou explicite du politique. En revanche, il faut saluer la grande réactivité des politiques, particulièrement celle du Président français, Président de l’Union européenne, qui ont immédiatement renoncé à certains dogmes de l’orthodoxie financière pour éviter que la crise ne se transforme en cataclysme. La force du politique aura été aussi de proposer une grande ambition : la refonte du capitalisme qui comporte une part d’utopie mais permet de réfléchir à une nouvelle gouvernance économique mondiale et d’engager des ripostes concertées.
Cette crise amorce donc un retour du politique, sommé de produire du sens, de susciter de nouvelles espérances. L’élection de Barack Obama en est la manifestation la plus éclatante. Le « yes we can » fait écho au « ensemble tout devient possible ». Mais ce besoin de projet collectif, ce retour au primat absolu de l’intérêt général ne doit pas être le prétexte pour hypertrophier le périmètre d’action de l’Etat, surtout dans notre contexte français de révision générale des politiques publiques. D’accord pour une meilleure régulation, oui aux garanties bancaires, à un nouveau mix des normes comptables, au contrôle des agences de notation, à la transparence des fonds souverains. Mais non aux nationalisations, l’intervention de l’Etat doit conserver un caractère stratégique et exceptionnel, comme ce fut le cas pour Alsthom en 2004. Le tout politique ne doit pas se confondre avec le tout étatique. Le secteur privé assume aussi une part d’intérêt général. Le retour à la « religion du politique » appellerait une réaction ressemblant à une certaines « laïcité économique ».
Pour affronter la crise économique, la relance est nécessaire. Elle est d’autant plus urgente que la crise se répand à la vitesse de l’image sur toute la planète. Entre la crise de Washington et les licenciements à Châtellerault, il n’y a que quelques semaines. Chaque gouvernement prépare son propre plan. La condition de l’efficacité est bien entendu que cette relance soit concertée et coordonnée. Dans ce domaine, d’énormes progrès ont été faits, souvent à l’initiative de la France. Au niveau européen, une gouvernance quadripartite Présidence – Commission- Eurogroupe-BCE s’impose. Toutefois, la situation des finances publiques et l’ampleur de la dette nous contraignent impérativement à maitriser les dépenses, même si le désendettement du secteur privé nous laisse quelques marges. Il devient donc possible d’investir pour des projets qui procureraient des services nouveaux aux générations futures mais aussi du travail aux générations d’aujourd’hui. Une politique de grands projets est nécessaire. Il faudrait dès à présent identifier et sélectionner en Europe mais aussi en France, des projets pertinents qui accompagneraient et dynamiseraient la relance.
Quels en seraient les critères ? Tout d’abord apporter du mieux vivre à la prochaine génération, seule légitimité d’une dette nouvelle. Ensuite, le projet doit être globalement conforme à la fois au Grenelle de l’Environnement et la stratégie de Lisbonne. Son financement peut être métissé, à la fois public et privé, sa dimension doit aussi être régionale. Les infrastructures de transport, les équipements éducatifs et de recherche, le logement à haute qualité environnementale, les projets de véhicules électriques, l’économie numérique, l’indépendance énergétique, les investissements touristiques pourraient être les secteurs privilégiés par de tels projets.
La promotion du capital développement, le partenariat entre fonds souverains, l’amélioration du haut de bilan des PME sont aussi des urgences pour notre prochain plan de relance.
La grande question, à la fois technique et politique, sera celle de la légitimité des financements. L’Etat et tous ceux qui bénéficieront des fonds publics doivent se préparer à justifier leur choix en matière de financement, pour les engagements comme pour les refus. En se faisant l’ardent défenseur de nouvelles régulations, l’Etat doit s’attendre aussi à être évalué, tout comme les collectivités territoriales qui s’engagent dans la relance.
Aujourd’hui, dans les turbulences, il nous faut une pensée pour guider notre action. Quatre visions principales de la mondialisation existent. Je voudrais en présenter une cinquième.
La première est celle que je qualifierais d’opti-pessimisme d’Edgar Morin. C’est le scénario de « la communauté de destin » qu’a connu l’Europe après les extrêmes hontes et terribles horreurs de la première moitié du XXème siècle. C’est la pensée complexe ou paradoxale : « plus le risque s’accroît, plus la chance devient possible ». L’espoir né dans l’annonce de la catastrophe. C’est un peu un chantage au destin. C’est un pari trop risqué : le sursaut est trop incertain.
La deuxième est celle de la globalisation politique, défendue un temps par George Bush. Il s’agit de généraliser dans le monde le modèle démocratique occidental. Les limites de ce projet sont avérées : clivages entre sunnites et chiites en Iraq, victoire électorale du Hamas dans les Territoires palestiniens, désuétude du « Projet de Grand Moyen-Orient », incompréhensions chinoises….
Le troisième scénario est celui de « la mondialisation métissée ». C’est à la fois le projet moderne de J.C. Guillebaud et le projet historique de la société des nations. C’est la réponse à Samuel Huntington et à son choc des civilisations : les cultures se parlent, s’inspirent, se fertilisent au sein d’une société mondiale de plus en plus métissée. C’est un projet qui s’apparente au multilatéralisme. ONU, OMC, Kyoto, FMI, …C’est la paix kantienne par la règle de droit internationale. Ce scénario reposant uniquement sur le multilatéral et qui élude la question du rapport de force me parait utopique.
Quatrième piste celle de «la compétition continentale ». C’est la pensée développée par Emmanuel Todd. Le continent serait l’échelon pertinent : assez vaste pour être un marché dynamique et suffisamment étroit pour protéger les solidarités internes. C’est le scénario du protectionnisme continental, celui-là même auquel s’est opposé le G20 dans son soutien apporté au libre échange. C’est, en fait, un retour au tout bilatéral, continental.
Je privilégie le scénario que je qualifierais de «planète des diversités » à la fois le singulier et le pluriel, à la fois le multilatéral et la bilatéral. La valeur de ce début de XXème siècle, c’est la diversité. Mais avec la diversité apparait le risque de fragmentation, de balkanisation, de « narcissisme des petites différences ». Il faut donc réfléchir à l’équilibre entre respect de la diversité et unité. Ma vision est articulée autour de quatre fondamentaux : le respect des nations (le retour du politique), la solidarité continentale (l’exigence de l’Europe), l’équilibre intercontinental (Europe- Chine- Etats-Unis), la conscience planétaire (post-Kyoto). Parce qu’elle est « complexe », cette perspective est ouverte.
Cette « planète de la diversité » a vocation à être promue par l’humanisme européen fondé lui-même sur le respect, l’équilibre et le dépassement grâce auquel la personne humaine s’élève par des projets qui la dépassent.
La crise locale ne pourra se résoudre sans une stratégie globale.
Au fond, dans la crise, n’abandonnons pas la pensée. E. Orsenna constatant que dans les nouvelles villes chinoises on plantait des arbres déjà grands, répond à la question « Qu’est ce que le futur ? Un pays où les arbres sont déjà grands ». La culture européenne, l’humanisme français, parce qu’ils sont déjà grands appartiennent à la nécessaire pensée du futur.
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