Un événement mondial s’est déroulé à Boao (Chine) cette semaine en l’absence véritablement de regards occidentaux, en dehors d’un petit nombre d’invités et en l’absence des médias occidentaux, à l’exception du Point et de l’AFP.
La Chine, le Brésil, l’Inde, la Russie et l’Afrique du Sud ont affirmé leurs ambitions en tant que premiers acteurs de la croissance mondiale. Ce G5 ouvert entend bien prendre sa place au sein de la gouvernance mondiale. Trois caractéristiques me font prendre cette initiative très au sérieux :
- Ces 5 Pays sont dirigés par 5 leaders mondiaux reconnus sur l’ensemble de la planète. Autrefois les leaders des Pays en développement ne bénéficiaient pas de notoriété mondiale telle que celle de D. Medvedef ou de D. Roussef, la pourtant nouvelle Présidente du Brésil… La portée des message n’a évidemment pas la même puissance. Le nouveau leadership n’est pas réservé aux pays développés.
- Le programme commun de ces forces nouvelles est centré sur la recherche d’une nouvelle croissance. Croissance moins gourmande en carbone et moins génératrice d’inégalités que la croissance traditionnelle occidentale. Le XIIème plan chinois priorise la croissance verte et la croissance sociale (logement, protection sociale, santé…). Le consensus entre les 5 est fort sur ce point. Des efforts communs de coopération mettront en œuvre ces orientations partagées. « L’Esprit asiatique » joue, ici, un rôle d’influence visible à l’oeil nu.
- L’approche de ce G5 se veut délibérément pacifique.Ce qui naturellement fait contraste avec la multiplication des théâtres d’operation sur lesquels les armées occidentales sont engagées. Ce message est subliminal mais il existe. Le concept »d’émergence pacifique » s’étend donc.
Comme la France, la Chine se place à l’intérieur de nombreux cercles à l’intersection desquels elle est avantageusement située au milieu. L’émergence des BRICS ne devrait pas poser trop de problèmes à la diplomatie française qui entretient des relations constructives avec chacun de ces 5 « nouveaux » Grands. Cependant nous devrions davantage impliquer nos intérêts dans ce monde en mouvement très rapide. Je reste sur mon constat, la France a trop les volets clos. Attention la mondialisation devient plurielle !
jpr
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Superbe discours de Nicolas Sarkozy à l’inauguration de la « Maison de la Francophonie », avenue Bosquet à Paris. « La diversité, c’est le respect de l’identité de l’autre » – sur ces sujets je recommande la lecture du dernier livre d’Edgar Morin, « La Voie »-. Notre Identité francophone est une ouverture au Monde. Notre patrimoine en partage, le français, véhicule les valeurs dont le XXIème siècle a besoin. Ce n’est que maintenant que nous prenons conscience que nous avons changé de siècle. Certains archaïsmes sont morts avec le siècle passé. La stabilité est un mot, qui dans la diplomatie d’aujourd’hui, apparaît dépassé tellement le monde bouge et tellement les aspirations aux changements sont fortes et multiples. Soulignons le aspirations à la Liberté au sud de la Méditerranée et les Progrès démocratiques en Afrique, par exemple, en Guinée, au Niger et… en Côte d’Ivoire où des élections libres ont été organisées et où, maintenant, il faut en faire respecter les résultats ! Nicolas Sarkozy a dédié au Peuple Ivoirien cette belle inauguration.
La France a tenu sa promesse à Abdou Diouf, Secrétaire Général de l’OIF en offrant cette maison du verbe et du droit. J’ai, en ce jour, une Pensée pour Jacques Chirac qui tenait beaucoup à ce projet.
jpr
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Le peuple égyptien vient de montrer au Monde la profondeur de sa sagesse historique. Dans les révolutions la violence guette toujours au coin de la rue. Au Caire la place a voulu la paix.
L’armée s’est montrée pacifique. Le Peuple s’est exprimé à la fois fortement et patiemment.
La leçon s’adresse à tous.
Mais l’Histoire n’est pas finie, la révolution est un chemin qui ne conduit pas toujours à bon port. L’idéal qui a levé l’Egypte est démocratique, la destination de cet élan ne peut être que la Démocratie. Il est arrivé cependant que la dictature soit fille de la révolution… Que donc les Démocrates laïcs veillent !
Souhaitons aux Egyptiens la Démocratie, elle portera le Progrès et la Paix, pour eux mais aussi pour leurs voisins. Ils méritent notre confiance.
jpr
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C’est le message essentiel que Nicolas Sarkozy a voulu adresser aujourd’hui aux pays africains. Un message sous forme d’appel :
« J’ai besoin de vous ! Faites entendre votre voix pour que les promesses de Copenhague soient tenues. Sans financements innovants -taxe à débattre sur les transactions financières, sur le tabac, sur les conteneurs ou sur les ventes d’armes…- les Pays développés ne tiendront pas leur objectif d’aide de 120 milliards de $ par an. Vous devez exiger la vérité. Le President du G20 a poursuivi en dénonçant l’excessive volatilité des prix agricoles et en s’affirmant pour une place renforcée de l’Afrique dans la gouvernance mondiale. Le programme du G20 est clair.
Il y aussi derrière ce message une conviction forte du Président Français, les milieux financiers et bancaires qui sont responsables de la crise doivent contribuer significativement aux efforts de développement et d’infrastructure des pays les plus fragiles.
En proposant ainsi une cause politique commune à l’Afrique, Nicolas Sarkozy place l’Eurafrique comme axe stratégique des nouveaux rapports mondiaux.
Les crises géopolitiques ont bien sûr été au cœur des discussions. Pour beaucoup, dans les couloirs, un renforcement des initiatives du Tribunal Pénal International serait de nature, dans certains cas, à limiter les comportements illégitimes et
illégaux.
Tunisie, Egypte, Liban, Soudan, Côte d’Ivoire, Somalie, Niger… les circonstances sont spécifiques mais les risques socio-politiques sont contagieux. Le Secrétaire Général de l’ONU, M.BAN Ki Moon, a rappelé, sur chaque crise, la détermination de son organisation, « sans faiblesse ».
Message politique de la France : « Qui ne veut pas subir les changements doit les anticiper, ils sont inéluctables quand ils correspondent aux aspirations universelles ».
Nicolas Sarkozy a conclu : « l’Afrique, c’est la jeunesse du Monde ».
Le public a accueilli chaleureusement ce Président du G20 dont les successeurs seront probablement moins ouverts aux aspirations du continent africain.
jpr

NB : première visite à l’occasion de cette mission dans l’avion présidentiel.
L’appareil est sobre. Très fonctionnel avec une salle de travail connectée par internet en vol et un petit bureau pour le President équipé d’un réseau de telecom qui a permis au chef de l’Etat de suivre la crise égyptienne heure par heure en vol. Le service est équivalent à celui d’Air France.
Ayant fait 15h de vol en moins de 24h je peux confirmer que les normes de confort sont bonnes sans excès.
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Départ ce soir (23h30) avec Nicolas Sarkozy pour le sommet de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA) à Addis Abeba (Ethiopie). Le Président présentera le rôle de l’Afrique dans son projet de gouvernance mondiale tel qu’il le proposera au G20. Les nombreuses crises politiques sur le continent donnent une acuité particulière a ce sommet. Je serai de retour lundi pour mes étudiants de l’ESCP.
jpr
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Le film québécois, « Les Amours imaginaires », du réalisateur Xavier Dolan vient d’être sélectionné pour concourir aux Césars dans la catégorie du meilleur film étranger. C’est déjà une performance !
J’ai beaucoup pensé au titre de ce film lors de mes toutes récentes rencontres politiques au Québec, dans une période plutôt tendue.
En effet, le début était très consensuel :
- Jean Charest : « c’est bien que tu rencontres Pauline Marois et que tu débattes avec Bernard Landry ».
- Pauline Marois : « Jean Charest a bien réussi a l’extérieur, notamment en France… ».
Le senario de la rentrée s’annonce plus complexe, moins « affectueux ».
Voici la distribution du film de cette rentrée québécoise 2011 :
- L’HOMME CONCENTRE : Jean Charest a préparé avec son caucus son discours inaugural, chez nous le discours de politique générale. L’ambiance était celle de la mobilisation : déficit zéro, grands projets dont « le plan Nord » (avec visite de Francois Fillon), équipements de santé, résultats économiques… La concentration n’exclut ni la courtoisie ni la gentillesse. Il sait qu’il peut compter sur de solides amitiés. C’est un cœur vaillant.
- LA FEMME PRUDENTE : Madame Marois ne veut pas vendre la peau de l’ours… Elle prépare le rendez-vous de son parti en avril 2011, préalable à toute perspective. En multipliant ses interventions toutes les fins de semaines devant son parti, le travail de préparation se veut professionnel. Le ton est serein… La question de la souveraineté revient en force, dans une demarche construite et selon un calendrier maîtrisé. Ce parcours réfléchi passera aussi par Paris.
- UN HOMME CONSTANT : j’ai retrouvé Bernard Landry comme je l’avais connu quand nous étions tous les deux Premier ministre :cultivé, chaleureux et toujours… souverainiste ! La cause lui semble toujours juste et nécessaire. Les espoirs de victoires du PQ relancent le débat.
- UNE FEMME EXPERIMENTE : Louise Baudouin reprend du service (si l’on peut dire). Sans renier ses amis socialistes l’ancienne Ministre des Relations internationales du Québec souhaite élargir ses réseaux parisiens et souhaite des contacts avec l’UMP. Bonne nouvelle ! La relation France-Québec ne peut se réduire, en effet, à une relation partisane puisque c’est une relation de Nation à Nation.
- UN HOMME HEUREUX : confidence de Regis Labeaume, le Maire de Québec : « le plus beau job au Canada, c’est maire de Québec » ! A voir le Maire parler et agir on est certain que dans ces propos il est sincère. Les Projets ne manquent pas, notamment en ce qui concerne la francophonie en Amérique. Le Projet de l’OIF, proposé à Montreux par Jean Charest concernant « le forum mondial de la langue francaise », sera aussi une belle opportunité pour la Capitale nationale.
- UNE FEMME HEUREUSE : Pour Hélène Le Gal, le Consulat Général de France à Québec est l’un des plus beaux postes de la Diplomatie française. Il faut dire qu’elle l’occupe avec élégance et compétence. Les ententes pour la mobilité professionnelle, signées par les deux gouvernements donnent, en effet, à ce poste exceptionnel une dimension nouvelle.
Tous les ministres et parlementaires (PLQ, PQ, ADQ) que j’ai rencontrés ne parient pas pour une grande période d’amours parlementaires au cours de 2011. Au fond, d’ici 2012, au Québec comme en France « tout est possible » comme dit Nicolas Sarkozy sur ses affiches.
Puisque les années à venir seront finalement, de part et d’autre, peu propices aux amours politiques, poursuivons notre politique d’amitié et de fraternité.
jpr
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Mes étudiants de l’ENAP à Québec, m’ont rendu leurs travaux sur les différents sujets que je leur avais proposés à propos du « leadership » :
- la campagne d’Obama était-elle trop belle ?
- la présidence du G20 peut-elle générer un leadership mondial ?
- le prix Nobel confère-t-il un leadership
- Obama et Sarkozy peuvent-ils être amis ? Etc…
La qualité de l’ensemble travaux est excellente, les démonstrations sont structurées, la documentation nourrie, les réflexions denses.
Les étudiants sont exigeants pour leurs professeurs mais aussi pour eux-mêmes. Au total je les trouve très sympathiques.
Lundi je reprends le cours devant les étudiants de l’ESCP Europe à Paris : unité des jeunesses, diversité des cultures.
Ici il apparaît difficile que B.Obama et N.Sarkozy puissent être amis pour de multiples raisons. Les Canadiens sont bien placés pour parler de la conception américaine de l’amitié. Pour eux un Ami ne discute pas, il s’aligne. La confiance, c’est souvent le silence. En Europe, l’amitié c’est la franchise, la confiance c’est souvent la vérité. Nicolas Sarkozy développe, à l’extérieur, une conception européenne de l’amitié. Le bon sens québécois explique, aussi, qu’il est bien difficile de faire cohabiter deux leaders dans le même espace ! Ici on n’hésite pas à faire appel au Général de Gaulle pour trancher les débats : « la France n’a pas d’amis, mais des intérêts ».
Le peuple français, lui, a des amis, mais aussi des frères : les Québécois !
jpr
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9h30/14h30 : Vienne, Jaunay-Clan, Assemblée Générale de l’Association des Maires de la Vienne en présence de Philippe Richert
15h-18h : Poitiers, RDV à la permanence
8h30 : Elysée, réunion de la majorité
11h : Sénat, réunion de groupe en présence de F.Fillon
18h: UMP, reunion de travail
20h: Palais Brongniart, diner de gala IBC, Industrial and Commercial Bank of China
8h30 : UMP, Bureau Politique
Après-midi : Départ pour Montréal/ Québec
- Jeudi 20 janvier : Québec
7h30 : Hôtel du Parlement, petit-déjeuner du cercle de la Haute Fonction Publique
10h : Entretien avec Régis Labaume, maire de Québec
12h/13h : ENAP, conférence sur « le leadership français»
13h : Déjeuner avec les professeurs de l’ENAP
15h30 : Entretien avec Jean Charest Premier Ministre
16h45 : Entretien avec Pauline Marrois, chef de l’opposition officielle
18h/21h : cours à l’ENAP.
8h30/11h : ENAP, cours
11h30/13h30 : Déjeuner-conférence organisé par la Chambre de Commerce française au Canada, section Québec ;
13h30/17h30 : cours à l’ENAP
18h : Réception à la résidence de la consule générale
8h30/15h30 : cours à l’ENAP
Soirée, retour Paris
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Confiance aux Tunisiens… et aussi aux Tunisiennes dont l’éducation et la libération sont des atouts historiques de ce Pays ami. L’un de mes amis de Tozeur m’a dit, au téléphone : « la misère c’est dur, l’injustice c’est inacceptable ».
Le peuple tunisien est sage. Il sait ce qu’il doit à la laïcité. Ici, j’entends beaucoup de craintes et de peurs.
N’est-ce pas des circonstances idéales pour les fondamentalistes et les extrémistes ? Je ne le crois pas, ce n’est pas parce que les jeunes Tunisiens veulent des emplois qu’ils accepteront l’obscurantisme. Ils espèrent le bond en avant et pas le saut en arrière.
Il y a dans la société civile tunisienne, mais aussi dans les élites publiques, beaucoup de talents.
Le Pays ne manque pas de responsables intelligents, fins, généreux, cultivés et non corrompus.
J’ai pour la Tunisie et pour les Tunisiens respect et tendresse. Je leur fait confiance pour trouver, eux-mêmes, le chemin de la Démocratie.
De la France, ils attendent davantage de la solidarité, politique et économique, que des leçons d’avenir.
jpr
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Je viens de rencontrer à Alger les Ministres M. Benmeradi, M.Tou, M.Medelci et le Premier Ministre M. Ouyahia. Les options économiques des Autorités algériennes sont compréhensibles et correspondent aux attentes des peuples qui, partout sur la planète, veulent des emplois industriels qualifiés, de bonnes qualités de service et des investissements durables qui ne portent pas atteinte à la souveraineté nationale.
Sur la douzaine de dossiers d’investissements français dont nous avons pu débattre, de manière approfondie, une bonne moitié est en voie de finalisation. Pour les autres, je vais transmettre aux entreprises les attentes des Autorités algériennes. Quand il y a incompréhension je pense que des espoirs de compromis existent, mais il nous faut aussi mesurer qu’il nous reste des efforts à faire.
Je retournerai dans quelques semaines rencontrer mes partenaires algériens. Je suis confiant dans les nouveaux et significatifs progrès à accomplir ensemble pour que les projets réunissent les conditions pour leur aboutissement : entraînement de PME, formation professionnelle, transferts de savoir-faire, retombées en termes d’emplois qualifiés… Sur tous ces sujets, je suis prêt à apporter ma contribution dans la durée car toute coopération nécessite du temps pour faire vivre le respect mutuel. Après ce premier contact, je sais que la volonté d’avancer est là.
jpr
Lire l’article d’Algérie Soir
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Une Francophonie nouvelle s’est exprimée à Montreux. Une Francophonie moderne incarnée par Doris Leuthard et Nicolas Sarkozy. Une Francophonie d’ambition, une Francophonie politique. J’en suis heureux parce que c’est la stratégie que j’ai recommandée au Président français quand il m’a désigné comme son représentant personnel sur le sujet. En effet j’avais commencé ma mission en faisant réaliser un étude d’opinion approfondie pour savoir quelle était la perception des Français quant à la Francophonie. Les résultats de cette étude étaient clairs et nets : 90% des Français sont attachés au combat francophone, 71% considèrent que cette cause n’est pas dépassée, parce qu’il s’agit, en priorité, de défendre la paix et de promouvoir la liberté. Pour nos compatriotes, la Francophonie est un espace politique pertinent pour traiter les grands défis du nouveau siècle.
C’est la nouvelle stratégie de la France pour donner un nouvel élan à la Francophonie.
- La politique, facteur de modernité
A Montreux, Nicolas Sarkozy a déployé ces nouvelles orientations en proposant que le sommet de la Francophonie soit en quelque sorte le sommet amont de la Gouvernance mondiale (G8, G20, multilateralisme) où les grandes questions mondiales sont débattues : régulation financière, prix des matières premières, réforme de l’ONU, croissance verte, méthodes et représentativité des sommets, place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale… Cette nouvelle orientation a été bien reçue à Montreux car la Francophonie ne peut guère intéresser l’opinion si elle ne traite pas des sujets qui sont au cœur de l’actualité. Montreux avant Seoul !
- Politique mais aussi coopération
Il doit aller de soi que ce nouveau pilier de la Francophonie doit s’ajouter, et non de substituer, au premier pilier de notre combat : la coopération entre pays francophones, coopération prioritairement linguistique et culturelle. Dans cet esprit, la France soutient les initiatives de l’OIF et de AUF ainsi que celles (IFADEM, ELAN…) de nombreux pays membres. Pour l’avenir de notre langue nous avons, activement, soutenu l’initiative québécoise, proposée par Jean Charest, pour un forum mondial de la langue française en 2012. Les Suisses ont également proposé des initiatives très positives pour la Francophonie scientifique.
Pour notre part nous continuerons notre travail pour « l’intransigeance francophone » (ça c’est mon âme québécoise) dans les institutions multilatérales dont le Français est l’une des langues officielles et où les francophones auraient tendance à se résigner !
La coopération signifie aussi la solidarité telle que celle de L’OIF pour la reconstruction de Haïti.
Pour mener à bien cette nouvelle dynamique de la Francophonie notre confiance dans notre Secrétaire général est totale. Le Président Diouf possède la hauteur de vue pour donner du relief à la dimension politique de la Francophonie, notamment au débat des valeurs, avec cette difficile question de l’équilibre entre notre attachement aux valeurs universelles et notre respect des diversités culturelles. Le Président Diouf incarne aussi cette humanité nécessaire pour que vive la solidarité francophone.
Aux 50 millions d’élèves qui apprennent le français dans le Monde, la Francophonie à Montreux a montré son vrai visage, « une force qui va et qui sait ou elle va » !
jpr
Retrouver ma vidéo sur le site de l’Elysée
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A Montreux, Nicolas Sarkozy a fait un discours courageux et chaleureux. Quand il sort de ses notes, le Président français sait trouver les mots qui sonnent au cœur des francophones, cela surprend même ceux qui fréquentent les couloirs diplomatiques.
Le courage consiste a dire clairement que les Pays pauvres ne peuvent compter éternellement sur les pays riches, tous riches de dettes et de déficits. L’urgence est d’inventer des financements innovants pour faire face aux engagements que les Pays riches ont pris et qu’ils doivent tenir (taxe sur les transactions financières, les connexions internet ou les conteneurs…).
Le vote du Sénat a libéré… l’humeur du sommet…
A suivre…
jpr
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J’ai publié ce jour une tribune dans le Figaro sur la francophonie à l’occasion du sommet de Montreux. Je vous laisse en prendre connaissance et me faire part de vos réactions.
jpr
Les Français sont attachés à Francophonie. Selon une récente étude d’opinion (février 2010), il ressort que celle-ci est une idée moderne (pour 71 % d’entre eux) qui devrait être davantage défendue dans le monde (90 %) car elle est aujourd’hui menacée (52 %). Pour y remédier, nos concitoyens proposent d’inciter les hommes politiques francophones à parler français, notamment à l’étranger, et à développer l’enseignement du français.
Pour prospérer, la Francophonie doit éviter deux écueils. Elle doit échapper et dépasser le débat entre les intégristes qui proposent de « boycotter » le classement- reconnu- de Shanghai des principales universités mondiales sous prétexte que les publications en langue française n’y sont pas réellement prises en compte. Mais la Francophonie doit également se préserver de ceux qui, pour être à tout prix dans le vent, commencent par nous proposer de renoncer à parler français.
Un pays membre de l’Organisation des Nations Unies sur trois est membre de plein droit, associé ou observateur de l’Organisation internationale de la Francophonie(OIF). Dans le même temps, les demandes d’adhésions à cette organisation ne cessent de se multiplier. La Francophonie c’est aussi 900.000 professeurs de français dans le monde qui enseignent chaque année notre langue commune à plus de 50 millions d’élèves.
Jamais autant de personnes n’ont parlé français dans le monde. Le problème n’est pas la demande, toujours forte, de français « cette langue adaptée par excellence au caractère universel de la pensée » (Senghor). C’est l’offre que nous ne sommes plus en mesure de proposer.
A cet égard, nous devons veiller à préserver l’instrument principal de diffusion de la langue française, ce réseau piloté par l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE) de près de 461 établissements implantés dans 130 pays qui rassemble 250 000 élèves. Dans le contexte budgétaire tendu, nous devons veiller à ce que l’engagement pris par le président de la République de sanctuariser les moyens de la Francophonie, soit respecté. Et ce d’autant que la promotion du Français n’a pas encore été incluse dans le grand emprunt.
A la suite de la 15ème édition de la Semaine de la langue française et de la Francophonie, des initiatives novatrices intéressantes ont été prises ou pourraient être prises. Ainsi, une association rassemblant les Anciens élèves des lycées français du monde (ALFM) a été créée en avril 2010. Elle vise à développer un réseau de tous les anciens élèves des lycées français à l’étranger mais aussi à faciliter l’orientation et l’accueil des lycéens dans les établissements supérieurs français. Pour cela, je propose d’étudier la création d’un visa simplifié et de longue durée pour les élèves étrangers ayant effectué leur scolarité complète (jusqu’à l’obtention du baccalauréat) dans un établissement français à l’étranger. Cette politique très ciblée n’irait pas à l’encontre de la politique globale de maîtrise des flux migratoires.
Le nouveau Service civique devrait également offrir des perspectives intéressantes. Ne pourrait-on pas envisager qu’un certain nombre de jeunes volontaires viennent renforcer le réseau d’enseignement français à l’étranger ou soient mis à disposition des systèmes éducatifs des pays francophones qui le souhaiteraient ?
.N’oublions pas que « la langue n’est pas seulement un moyen de communication, elle est un instrument d’incarnation et de transmission de valeurs » comme l’a énoncé le président de la République le 20 mars dernier.
J’ai eu l’occasion au cours de mes déplacements auprès des grandes organisations internationales (ONU, Institutions Européennes) de développer « le concept d’intransigeance francophone ». Il ne s’agit pas d’un combat vain et stérile contre l’anglais mais de défendre l’emploi et l’usage du français dans les institutions internationales, ce qui revient à prôner le multilinguisme avec ses prolongements naturels : la diversité culturelle, le multilatéralisme.
L’intransigeance francophone, c’est aussi le rappel de quelques règles : dans une enceinte internationale où le français est la langue de travail, il est inadmissible que les Français (qui doivent souvent leur élection aux pays francophones) s’expriment exclusivement en anglais ; alors que la France n’a jamais compté autant de ses ressortissants à la tête d’organisations internationales : FMI, OMC, Union Postale Universelle, Banque des règlements internationaux, FAO….Cette attitude est choquante pour notre famille francophone.
La Francophonie est une communauté de nations qui dépasse les blocs géographiques ou politiques, puisqu’elle nous réunit autour de notre langue et des valeurs dont elle est porteuse. Ce caractère transversal s’est affirmé tout au long de la construction institutionnelle de la Francophonie. L’OIF, grâce à l’autorité et l’action déterminées de son Secrétaire général, Abdou Diouf, est de plus en plus entendue.
Le véritable défi qui nous est posé aujourd’hui est de parvenir à réconcilier l’universalité de nos valeurs et la diversité de nos cultures. Nous devons pour cela éviter deux écueils : le relativisme relâché et l’unilatéralisme arrogant. C’est ce que j’appellerais un « humanisme de la diversité ». L’espace francophone me parait pertinent pour mener ce débat. Là est sa modernité.
Jean-Pierre Raffarin
Ancien Premier Ministre
Représentant personnel du Président de la République pour la Francophonie
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Je quitte Le Québec après une rencontre avec Jean Charest, le Premier Ministre. Nous avons notamment discuté du sommet de Montreux où nous nous retrouverons dans quelques jours et plus particulièrement des initiatives à développer pour promouvoir notre langue commune. Sur ce sujet comme sur les deux autres qui sont à l’ordre du jour de ce sommet de la francophonie, la gouvernance mondiale et la protection de la planète.
La France et le Québec partagent des positions très voisines.
Avant d’ arriver à l’aéroport P.E Trudeau, je vous laisse apprécier l’automne, si beau ici.
jpr
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